chapitre 26

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Alors que le temps m'emportait,  des écritures défilèrent sous mes yeux. Je les déchiffrais :

Après un mois de long combat, je décidai de faire la première trêve pour préparer le mariage de Lucia. Mais durant les festivités, nous apprîmes de Locksmith que Blaire était venu lui voir car elle voulait la clé. La clé qui lui permettrait de retourner dans notre monde. Lock l’avait refusé bien entendu, mais pour il ne savait quelle raison, il s’était réveillé le lendemain avec une atroce migraine et la clé avait disparu. Blaire l’avait volé, et elle était retourné dans le monde d’avant. Je connaissais ce qui allait se produire. Je parlais donc à Asrid du dieu Ténébras. Même si nous ne savions pas ce qu’il restait de notre monde, je savais que là-bas, ils étaient les derniers survivants et que leur combat entre eux était lui aussi sans fin. L’heure était arrivée pour que nous rencontrions Ténébras. Asrid et moi partîmes donc à sa recherche. Revenir dans ce bas-monde me rappelait ma chère mère. Tout avait changé, le ciel était toujours noir, les arbres dénudés, plus aucun animal survolait le ciel. Tout était mort. Nous trouvâmes Ténébras dans son palais. Il était resté tellement seul depuis des années qu’il en avait oublié les bonnes manières, et était devenu un rustre. Pourtant, lui seul pouvait nous aider.

  •  Je te donnerai une partie de mon pouvoir si tu me donnes ce qui t’es le plus cher au monde, annonça-t-il.

Asrid écarquilla les yeux puis me regarda. Je compris que malgré mon sort, il était toujours amoureux de moi. Je lui souris et lui caressa le visage.

  •  Mon frère, n’ait pas peur. Donne-lui ce qu’il désire. C’est le seul moyen que nous avons de combattre Nil et sa mère.

Il me baisa les doigts avant de m’offrir à Ténébras. Une lumière noirâtre s’empara alors de mon frère et il reçu une nouvelle force. Nous retournâmes dans notre monde, mais cette fois, Ténébras était avec nous. Je devins sa femme et nous construisîmes notre maison de l’autre côté du lac.

Malgré la nouvelle force qu’il avait reçue, Nil était toujours aussi fort qu’Asrid, les combats duraient des jours et des nuits, sous les yeux narcissiques des deux dieux qui se servaient maintenant de leur sous fifre pour leur combat jadis délaissé. Sans compter que Luminaria sous l’apparence d’une belle jeune fille était devenue la femme de Nil.

J’eus le temps d’accoucher de mon premier enfant- Asbjorn, le guerrier des dieux- qu’Astrid vînt demander une nouvelle faveur à Ténébras. Même si ce dernier était devenu moins grossier, et que j’avais réussi à le rendre plus sociable et aimable, il restait un dieu qui aimait le pouvoir. Il demanda le spectre du roi. Je n’avais pas compris sur le moment, mais ce qu’il souhaitait était de le protéger de Luminaria.

Ainsi Asrid devînt plus puissant. Mais de son côté, Nil le devenait aussi.

Les combats avaient changé mon frère. Je regardai ses enfants Almarick, son fils et Adelaih, sa fille grandir sans qu’ils puissent connaître l’amour d’un père. Ils passaient leur temps à la maison, et appréciaient Ténébras. Lucia était elle aussi triste. Je voyais que la vie ne lui plaisait plus, et elle commençait à se languir de la forêt. Seuls ses enfants lui donnaient la force de rester. Almarick avait hérité des pouvoirs de mon père et Adelaih, pouvait faire appelle à la brume sanguinaire, comme ma défunte mère. Ténébras les apprit à maîtriser leurs pouvoirs ainsi qu’à notre fils qui maniait les ténèbres comme son père.

Les enfants grandirent. Asrid avait commencé à devenir vieux, quant à moi, j’étais toujours aussi jeune, et j’attendais mon deuxième enfant. Pourquoi était-ce ainsi ?

  •   Le pouvoir, me répondit Ténébras. Le pouvoir a un prix. À force de courir après, on en périt.
  •  N’y a-t-il pas un moyen pour arrêter tout ceci ?
  •  Luminaria a joué avec votre destin. Qui crois-tu que Blaire est ?

Je le regardais. Je ne connaissais pas la réponse.

  •  Sa fille, avoua-t-il. Et Nil est bien votre frère, c’est juste qu’il n’a hérité d’aucun dont de votre père. C’est pour cela que vous pensez qu’il est le fil d’un autre, il n’a pas votre odeur.
  •   Mais pourquoi ?
  •  Je ne sais pas… c’est comme avec l’enfant que tu portes aujourd’hui. Il ne portera ni ton odeur, ni la mienne. Peut-être est-ce à cause de ce monde qui nous transforme, ou peut-être à cause des gênes des Alks. Mais, la seule chose dont Nil sera capable, sera de tenir le spectre. Luminaria en est incapable, le spectre lui infligerait des brûlures… Mais pas à Nil. Et quiconque le possède gouverne.
  •  Je le sais. C’est pourquoi j’ai préféré le confier à ma tante. Mais, tu n’as toujours pas répondu à ma question. Comment mettre un terme à tout cela ?
  •   Il n’y en a pas. La lumière appelle les ténèbres, tout comme les ténèbres appellent la lumière. Nous avons besoin d’un équilibre, et Asrid et Nil sont un équilibre. Jamais aucun d’entre eux ne gagnera. Ils mourront tous deux sans en ressortir vainqueur.

Les larmes me montèrent aux yeux. Je savais que l’heure était proche, et je ne pouvais rien faire pour aider mon cher frère.

La mort l’emporta quelque temps après. Nil et lui s’étaient effondrés sans se toucher une seule fois. Almarick devînt le nouveau chef, mais il brisa cette maudite tradition de combat pour devenir le roi, d’autant plus que nous étions devenus les esclaves de Ténébras. 

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