Chapitre 7

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Aussitôt après ma sentence délicieuse, Christian décide de foutre le camps. Et je dois dire que cela me fait énormément de peine. Il vient, il prend son pied, et il se casse. Il en a rien à foutre de ma gueule. Quand vais-je réussir à comprendre que nous ne sommes pas compatibles ?! Je ne veux pas de ça, je ne veux pas de ses escapades sexuelles destinées à se vider les boules pour son plaisir ! Qu'en n'est-il de MON plaisir ?

Je veux cet homme, je veux Christian Grey, mais je le veux en entier. Bien que j'adore ses besoins sexuels je ne peux m'en contenter. Quand il claque la porte derrière lui, je m'effondre en larmes.

Je me sens comme... comme une merde. Puis-je le dire autrement ?

Une belle merde comme il faut, pas la molle qui descend sans problème, mais la dure qui peine à passer. Oui oui je suis très romantique pour parler de mes peines de cœur...

Dans ma crise de larmes silencieuse, mon téléphone se met à sonner. Je prie pour que ce ne soit pas cette crétine de Kate mais c'est ma mère, cette lâcheuse qui n'a même pas été là pour moi aujourd'hui.

- Quoi ? répondis-je sur la défensive.

- Qu'est ce qui te prend ma fille ? Je t'ai appelé deux fois aujourd'hui, je t'ai laissé des messages et tu n'as même pas répondu ! Fille ingrate !

- Et toi ! Tu n'es même pas venue pour la remise de diplômes ! C'est toi l'ingrate !

- C'est quand même pas de ma faute si mon quatrième mariage bat de l'aile, c'est de ta faute ! Je n'arrête pas de m'inquiéter et Bob dit qu'on s'en fou de toi.

Entendant ma voix trembler, elle devine aisément que je suis en train de pleurer. Elle croit que je pleure par rapport à ses paroles, pfff, j'en ai rien à battre si elle savait. Je ne fais que penser à la façon déplorable dont m'a laissé Christian. Justement à propos de lui, ma mère aborde le sujet en avouant que Ray lui avait beaucoup parlé de lui.

- Écoutes, viens donc passer quelques jours avec nous à Savannah, ça te ferait du bien. Promets moi d'y réfléchir.

- Ouais c'est ça, salut.

Je lui raccroche au nez, et je file me cacher sous mes couvertures. Le lendemain, Kate est déjà revenue lorsque je me lève, malheur. Elle est toujours aussi électrique, comportement que je peux de moins en moins supporter. Un jour très prochain, je finirai par la faire redescendre sur terre.

- Elliot m'a secouée toute la nuit, je suis morte, rit-elle à gorge déployée.

Je grimace, elle me soûle tellement.

- Christian dors toujours ?

- Non il est reparti hier soir.

- Ben à qui sont ces clés ?

Je vois seulement le trousseau qui languit sur la table, un ruban rouge y est encore accroché.

- Les miennes.

Kate rigole de nouveau et me traite de michetonneuse. Dans l'après-midi je suis chez Christian, ce guignol m'avait prit un rendez-vous avec le Docteur Greene, la meilleure gynécologue de la ville. Christian vient forcément aux nouvelles :

- Ça s'est bien passé avec elle ?

- Ouep mais je te préviens, elle m'a interdit tous rapports pendant un mois.

Je m'esclaffe à la vue de son visage soudain pétrifié par la peur. Il m'embrasse et m'annonce qu'il veut me voir dans sa « salle de Jeux ». Évidemment.

Mais j'éprouve une crainte, c'est la première fois que nous allons faire l'amour dans la Chambre Rouge de la Douleur. Non pardon, c'est la première fois que nous allons baiser dans la Chambre Rouge de la Douleur. Cependant, je lui fais confiance. Nous montons à l'étage et entrons...

L'endroit est tel que je me souviens, je trouve même l'odeur de la chambre agréable avec ce mélange de bois vernis et de cuire. Il me positionne droite comme un piquet et me retire ma robe. Je me retrouve seins nus, seulement vêtue maintenant de ma petite culotte. Puis il me tresse une natte. Heu, ok.

- Quand je te demanderai de venir dans cette pièce, tu t'installeras toujours à cet emplacement pour m'y attendre. Agenouilles-toi ! Mains à plat sur les cuisses. Voilà bon chien-chien.

Il s'éclipse et je me retrouve là, comme une conne, en plus mes mollets me tirent. Pfff, je suis pas du tout sportive, je sens que ça va être ma fête. Il revient cinq minutes plus tard, vêtu d'un jean déchiré hyper sexy qui lui descend sublimement sur les hanches, il porte dans ses bras tout un tas de cochonneries qui me font frémir d'avance. Il commence avec une cravache, une des choses qui me terrifie le plus.

- Tends la main...

J'obéis. Je sens l'embout de la cravache me tapoter la paume de ma main tendue vers lui.

- Tu as eu mal ?

- Hi hi, non.

Je suis toute contente.

- Tu vois, la douleur se trouve dans ta tête.

Et soudain la cravache me mord durement la main. Aie putain !

- Et des fois, la douleur n'est PAS dans ta tête ah ah.

Il me remet debout en me tirant par la natte. Il m'attache à un mur fait de barreaux et de fer, si bien que je me trouve exposée comme un vers à l'hameçon. Je vérifie l'attachement, non, mes bras sont solidement prisonniers au dessus de moi. Il fait des trucs ridicules, comme me chatouiller le corps entier de l'embout de la cravache et ça me fait plus rire qu'autre chose. Puis il porte l'embout à ma bouche et m'ordonne :

- Suce. Suce fort.

Heu, ok. Je m'exécute mais je doute de plus en plus de sa santé mentale. Sous l'air très sexy de Crazy in Love, il me cravache le cul d'un énorme coup. Je bascule, la tête en arrière, sentant mes jambes flageoler sous le choc. Je crois avoir néanmoins apprécié ça. Et ensuite ça y va, il me fouette le cul, les seins, et même l'entre-jambes. Une fois son numéro de psychopathe terminé, il se décide enfin à prendre son pied plus normalement. Ne m'épargnant pas, il me détache si vite que je crois défaillir, puis il me fait m'appuyer violemment sur le lit pour me prendre comme un fou. J'éclate en un millions d'orgasmes comme d'habitude, je devrais vraiment aller consulter pour ça. Puis égal à lui même, il jouit en moins de cinq minutes. C'était bon.

Ravagée de fatigue, je m'écroule dans ses bras, n'ayant presque plus conscience du monde qui m'entoure. Je sens qu'il me porte dans ses bras, mais je suis trop sonnée pour profiter de ce moment. Je perd conscience dans ses bras musclés.

Le lendemain je me réveille dans son lit, je suis heureuse de constater qu'il a encore dormi avec moi, alors qu'il soutient toujours ne jamais vouloir dormir avec quelqu'un. Ça fait plusieurs fois déjà, et il l'accepte. Je me lève de bonne humeur.

Ou est cette putain de Mme Jones ?! Qu'elle me fasse à manger je crève de faim !

Je retrouve Christian et il m'annonce que c'est ce soir qu'aura lieu le dîner prévu chez les Grey pour le retour de la cadette, Mia. Entre un premier enfant sadomasochiste, un deuxième débile et attiré par les MST, comment peut être le troisième enfant ? C'est une fille, elle sera sans doute normale. La journée se passe sans accroche, pas une seule. Christian s'est vraiment adouci avec le temps, ce qui me fait passer le plus belle journée de ma vie. Le soir arrive cependant trop tôt, et je dois dire que ça m'emmerde de devoir aller dîner chez les bourgeois, je me souviens de cette Mme Grey, insupportable ! Je m'apprête en m'habillant d'une robe rose ce qui me rajeunit considérablement, j'espère que Chri-Chri aimera. Je descend au rez-de-chaussée et j'y découvre Christian, sublime dans son costume noir, qui m'attend de pieds fermes. Il se dandine très légèrement au son d'une musique classique qui flotte dans le gigantesque salon. Je viens me coller à lui pour l'embrasser. J'ai envie de lui.

- Danse avec moi, me supplie-t-il presque.

Maudite par ma malchance habituelle, je n'échappe pas aux chutes dont j'ai l'habitude d'expérimenter. Je lui écrase les pieds et je l'entraîne même au sol avec moi dans une énième chute.

- Bon on va y aller je pense, dit-il agacé.

Quelques longues minutes plus tard, nous arrivons dans la grande demeure des Grey. Je vous laisse bien supposer que ce n'est pas une maison classique, non, c'est un véritable château, ce qui me hérisse le poil aussitôt. Grace nous ouvre la porte, le sourire qu'elle affichait s'estompe d'un seul coup lorsqu'elle me voit.

- Ah oui, Graziella bonsoir...

- Moi c'est Anastasia, mais appelez moi Ana.

Elle ne daigne même pas répondre, son sourire s'illumine de nouveau lorsqu'elle embrasse son fils. Plus hautaine et coincée que cette momie tu meurs. Nous entrons et soudainement une voix de crécelle s'écrie :

- Aaah ! Elle est là ! Elle est là !

Une fille (sans doute de mon âge) à la taille ridicule me saute dans les bras. Sa coupe de cheveux courts est ridicule, lui donnant l'impression qu'elle porte un casque fabriqué tout en poils. Sa voix est vraiment insupportable.

- Ana je suis tellement contente de te voir ! Christian m'a tellement parlé de toi ! Tu es trop belle ! C'est quoi ton rouge à lèvres ? Trop belle la robe, tu l'as acheté ou ? Comment on fait les bébés ? J'adore tes yeux ! On est copine ?!

Je la repousse comme je peux. Christian lui sourit, attendrit. Il adore sa sœur, ça se voit. Avant d'atteindre le salon, je rencontre enfin M. Grey.

- Appelle moi Carrick chérie, dit-il en réprimant un hoquet.

Ce n'est pas un verre à moitié vide qu'il porte à la main, mais toute une bouteille. Merde, Christian est finalement le plus normal de cette famille de malades. En passant dans le salon, j'entends cette voix avant même que je ne vois la personne qui en est propriétaire.

- Hey Ana ! On croirait que tu sors du jardin d'enfant !

Kate est là, en train de se goinfrer de tous les petits fours sans retenue. Elle a été invitée comme moi, arrivant au bras d'Elliot, je suis vraiment conne de pas l'avoir anticipé. Cette soirée sera définitivement pourrie.

- Gabriella, nous allons passer à table.

- Moi c'est Anastasia...

Le temps me paraît interminable, contrairement à Kate qui a l'air de s'amuser comme une petite folle. A tel point qu'elle nous offre à tous un flirt très langoureux avec Elliot, ne se privant pour lui rouler des galoches à table, et à lui lécher le cou entre deux plats.

- Mirabella, parlez nous un peu votre mère.

- Moi c'est Anastasia ! Ma mère, Carla Steele, vit à Savannah, je vais lui rendre visite dès demain d'ailleurs.

- Fort bien, fort bien.

Elle en avait rien à battre. Ce n'est pas le cas de Christian qui me fusille du regard, sans doute car je ne lui en avais pas touché un mot. Je vois sa main refermée en un point fort trembler, il a envie de me fesser comme jamais. Je ne lui prête pas attention.

- Oui ça faisait longtemps que je ne l'avais pas...

- Mia, utilises ta fourchette !

Ok je ferme ma gueule. Entre Grace qui ne me prête aucune attention, Mia qui s'extasie toute seule, les deux amants qui s'apprêtent à copuler sur la table et Carrick qui commence à hurler comme une vache, j'étouffe ! Heureusement, mon sauveur semble bien me connaître.

- Ana, viens je vais te faire visiter le hangar à bateaux.

Ouïe, il veut en profiter pour me mettre la raclée du siècle. Mais finalement il se retient et nous engageons une conversation soit disant profonde sur notre relation. Le hangar à bateaux est sublime, mais je ne compte pas me taire cette fois. Mes yeux s'humidifient rapidement.

- Christian j'en ai assez, pourquoi tu imposes ces règles ? Pourquoi tu essaies de me changer ?

- Crois moi ce n'est pas le cas, c'est toi qui est en train de me changer.

- Laisse moi te toucher je t'en prie !

J'appuie ma supplication en caressant doucement son visage de mes deux mains, s'il se laisse faire, il se crispe tout de même. Au début je trouvais ça agaçant mais aujourd'hui ça me fait souffrir.

Finalement, la soirée prend fin, ce qui me soulage grandement. La famille Grey nous raccompagne à la porte, excluant Elliot qui n'a pas pu résister au corps de Kate sur le canapé du salon, je crois que les autres sont contents de nous raccompagner en cet instant.

- Ana tu es trop gentille ! On s'appelle quand tu rentres ! Demain aussi ! Hé Ana, c'est quoi une péripatéticienne ? Tu me fais un bisou avant de partir ?

Je m'exécute pour faire taire cette foutue perruche, puis Carrick échappe un rot près de mon visage après avoir serré ma main. La momie égyptienne est la dernière à nous saluer.

- Au revoir mon chéri ! Isabella...

Comment cette femme peut-elle se tromper alors que sa fille a répété mon nom durant trois bonnes heures ?! Vieille morue.

Nous quittons enfin la demeure pour rentrer chez Christian. Cette nuit là encore, il s'endort avec moi.

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