Chapitre 2

10 minutes de lecture

Je cours presque jusqu'à l'extérieur de cette usine à gaz. De mon pas pressé, je me croûte en plein milieu du grand hall devant les hôtesses blondes qui se foutent royalement de ma gueule. Plus honteuse que jamais, je me cache le visage et sors enfin de cet immense bâtiment.

Ouf ! Enfin à l'air libre je peux mieux respirer. Encore en chaleur après la présence divine de ce mec hyper sexy, je lève mon visage au ciel pour profiter de la pluie pour me rafraîchir. Ça ne marche pas, à ce stade, il faudrait me glisser des glaçons dans ma petite culotte hi hi. Voilà, j'ai enfin terminé ce putain de rendez-vous, encore merci à Mademoiselle Kavanagh ! Quoique, d'un côté, cela peut être un merci sincère, je me suis quand même bien rincé l'œil. Mais je me connais, ce Monsieur Grey correspond à mon type d'homme parfait, si je m'extasie sur lui comme je m'extasie devant les princes Disney, je ne cesserai jamais de penser à lui. Se pourrait-il que je sois... « piquée » comme on dit ? Je me torture l'esprit à essayer de trouver une réponse à cette question tout au long du trajet du retour : certes il est très beau, non, très beau c'est trop faible, il est extraordinairement absolument sublimement sexy. Mais son côté arrogant n'a pas du tout été apprécié ! Mais d'un autre côté, c'est ce qui le rend si... comment dire, dominant. Et purée, que c'est bon une telle virilité. Je m'imagine Christian Grey en dominant sexuel. Ah ah n'importe quoi, je suis tellement stupide que j'en ris toute seule, il ne doit même pas trouver le temps d'avoir une vie intime. Au fond, une femme ne pourrait pas être heureuse avec cet homme tellement obnubilé par son travail. Oublie le Steele, et fissa, ça vaut mieux pour toi. Et pour lui aussi, une crasseuse de mon genre ne l'intéresserait jamais, il préférerait sans doute Kate, blonde et belle. Mais ça serait à ses risques et périls, on chope une MST rien qu'à la regarder celle là.

D'ailleurs, lorsque je rentre à l'appartement, je trouve cette plante verte affalée dans le canapé à glousser, elle a l'air en pleine forme. En croyant que je ne l'avais pas encore vue, elle se recouvre de sa couverture et se met à claquer des dents, la garce. Elle tire sa grimace des jours malades et me lance d'une voix faible :

- T'es un warrior Ana, il m'a envoyé un mail avec toutes ses réponses aux questions ! Merci !

Ouais c'est ça. J'avoue que c'est une bonne actrice, j'ai été une grosse conne de la croire malade, ce n'est qu'une immense glandeuse. Je rirai bien lorsqu'elle se ratera pitoyablement aux examens de fin d'année. Vivement d'obtenir mon diplôme pour me casser d'ici ! J'ai failli avoir mon vœu exaucé récemment, je déménage sur Seattle après les examens, mais cette Kate a décidé de me suivre, au secours ! La voilà qui se met à me demander les moindre détails sur l'enfer de la matinée, inutile de lui préciser que je me suis tapé l'air con plusieurs fois.

- Je vais me faire un sandwich t'en veux un ? je lui demande en riant intérieurement.

- Grave, fais moi ça de suite.

Je m'exécute, et tandis qu'elle me demande plus d'informations sur le dit Christian Grey, je laisse ma salive s'écouler de ma bouche pour ajouter le dernier ingrédient à son sandwich au guacamole.

- Il faut dire qu'il est ridiculement sexy, rétorque Kate en se rinçant l'œil sur Google Images. J'en ferais bien mon 4 heures, au lieu de ce sandwich.

Voilà, je sers Madame et décide d'ignorer ses jérémiades de nymphomane. Elle finit par la boucler enfin et s'enferme dans sa chambre (je ne veux pas savoir pour quoi faire) et finalement je prends sa place devant l'ordinateur. Diable oui, il est vraiment HOT.

Je me passe la langue sur la lèvre puis la mord furieusement. Alors que durant toute ma vie j'avais écarté ma vie sexuelle, voilà que des centaines de scènes venues du plus profond de mon entre-jambe se construisent dans ma tête. Je décide de m'enfermer aussi dans ma chambre avec l'ordinateur. Je tente une première expérience solo pour la première fois, mais rien à faire je n'y arrive pas. Je ne cesse de glousser, car je suis une vilaine fille, hi hi c'est grisant!!

Mais je ne fais rien. Je prends donc le conte de Blanche Neige et le relis pour la centième fois. Le lendemain, je sors de cours et me dirige vers ma vieille voiture Wanda que j'aime tant, je dois me rendre au travail. Je passe mes fins de journées chez Clayton's, une quincaillerie qui vend toutes sortes d'outils que je trouve complètement tue-l'amour, on y trouve des pinces, des cordes, des liens en plastiques et tous ces genres de trucs qui ne me font pas du tout rêver ! Avant d'entrer dans ma voiture, je suis accosté par mon stalker d'ami, José Rodriguez De La Merguez. Je le connais depuis le début de la FAC, c'est mon meilleur ami. Lui au moins, contrairement à la blondasse, il me respecte. Normal il veut me mettre dans son lit depuis le premier jour, je fais mine de ne jamais rien remarquer, et il continue d'être un bon toutou. J'avoue que j'aime profiter de ses services. Il ne me dit rien de très spécial, il me couve des yeux c'est tout, ce qui me provoque un léger haut le cœur. José est sympa et tous mais physiquement il ne m'intéresse pas, il est mate, petit, mais musclé. Non non je ne parle pas de Jacob Black, mais c'est connu : mon histoire est inspirée de Twilight, donc il forme le troisième personnage prit dans le triangle amoureux. Sauf que j'en ai rien à foutre de lui...

Tandis que ça fait à peine dix minutes que je suis au travail, je reçois un appel de ma mère Renée... heu je veux dire ma mère Carla. Je lui dis que je ne peux pas parler, que je bosse comme une dingue (alors que je m'emmerde à biper les articles en caisse).

- Ana, je suis désolée, mais Bob s'est brisé le frein du pénis, on ne va pas pouvoir venir à la cérémonie de fin d'année.

- Mais c'est dans trois semaines ! je m'exclame.

- Heu, non mais on pourra pas c'est tout.

- Tu n'es pas obligée de tout le temps venir avec Bob !

- C'est mon quatrième mari, tu crois quand même pas que je vais le laisser me tromper, celui là aussi !

Je lui raccroche à la gueule, je suis déçue. Je vais devoir me contenter de mon père, le mari numéro deux, sauf que ce n'est même pas mon père. Ray est celui qui m'a élevé comme telle, il est donc mon père à mes yeux. Le jeune fils des patrons, Paul me tire de mes pensées suicidaires.

- Ana, tu peux venir m'aider s'il te plaît ?

Paul est un mec grand, musclé et blond. Ils sont tous pas mal autour de moi, mais je suis une fille superficielle et aucun ne me convient, bougresse que je suis.

- Ouais, laisse moi une minute.

- Je t'attends en bas. Dans la cave. Entre les poubelles, dit-il en me regardant avec insistance.

Après avoir rangé un dernier article, un soubresaut me parcours tandis que Christian Grey se tient devant moi, affichant le même sourire que lorsque l'ascenseur s'est refermé. Il se fout encore de ma gueule. Cela dit, il est tout aussi sexy en tenue citadine. Qui a le droit d'être aussi séduisant ? Ça devrait être interdit pour le respect d'autrui.

- Je me disais bien que c'était vous. Quel plaisir de vous revoir Mademoiselle Steele.

Oh shit, il se souvient de moi et de mon nom. Je m'étrangle avec ma salive, ce qui me fait entrer dans une crise de toussotements gênants. C'est ainsi, dés que le millionnaire du pays est dans les parages, je deviens une catastrophe. Il porte un pull qui moule ce qui doit être de saillants pectoraux, il ne m'en faut pas plus pour que ma déesse intérieure se mette a danser la samba. Ses cheveux épais en boucles ordonnées me donne envie d'y passer mes doigts. Je le désire d'une pulsion encore plus forte que la première fois. Que fout-il ici ? Pourquoi quitter sa ville scintillante pour arriver dans un des commerces les plus pourris de cette ville qu'est Vancouver ?

Toutes mes tortures d'esprit n'avaient duré que deux secondes, mais suffisamment longtemps pour avoir eu l'air con en le regardant bouche bée...

- Non c'est Ana, simplement Ana, dis-je pour le... mettre à l'aise ?

- D'accord Mademoiselle Steele.

- Heu. Vous êtes là donc ?

- Oui j'avais une réunion dans les environs et j'ai des petites bricoles à acheter. Vous êtes libre ?

Je m'étrangle à nouveau.

- Oh mais oui bien sûr !! En quoi puis-je vous aider ?

- Vous avez des liens en plastique ?

- Oh mais oui bien sûr !! Si vous voulez bien me suivre...

- Mais je vous suis Mademoiselle Steele.

- C'est Ana...

- D'accord Mademoiselle Steele.

Une fois ses liens en plastique en main, il me dit qu'il a aussi besoin de ruban adhésif. Pour faire la causette, je lui demande s'il a prévu des rénovations, mais je suis si mal à l'aise que je ne trompe personne. Je suis toujours ridicule. Il me répond simplement que non, il ne prévoit pas de rénovations. En quoi tous ça peut lui être utile dans ce cas ? Je l'imagine encore une fois en démon sexuel dominateur, ah ah ce que je peux être conne. Il choisit le ruban rouge au lieu du bleu. Est-ce un signe mystique du ciel pour me prévenir que c'est l'homme de ma vie ?! Ça se passerait comme ça dans un Disney alors peut-être oui !

- Vous désirez... autre chose ?

Est ce que vous me désirez moi ?

- Oui. De la corde.

Il choisit la rouge également, c'est donc bien l'homme de ma vie ! Ça y est je suis croc love ! S'il choisit le rouge c'est qu'au fond c'est un romantique ! J'imagine à quoi ressemblerait notre mariage. Et la lune de miel... Oh, mes hormones explosent.

- Vous avez fait ça bien, vous étiez scoute ? Me demande-t-il après que j'ai enroulé parfaitement la corde.

- Oh non, les activités de groupe ce n'est pas vraiment mon truc.

- C'est quoi votre truc ?

- Oh, ben la littérature, la Reine des Neiges, et ce genre là.

Une fois en caisse, Paul arrive, le pantalon à moitié baissé.

- Ana tu fous quoi ? Je t'attends depuis tout à l'heure !

Je l'envoie bouler. Une fois qu'il est repartit en bas faire je ne sais trop quoi, je me retourne vers Christian. Il a cette fois reprit son masque de chef d'entreprise sévère et arrogant.

- Merci pour le mail que vous avez envoyé à Kate, elle était toute folle. Il ne manquerait plus qu'une photo pour illustrer l'interview mais il est déjà parfait.

- Si ce n'est que ça ce n'est pas un problème, retrouvez moi à mon hôtel demain, l'hôtel Heathman, je serai encore là. Nous ferons cette photo, trouvez un photographe. Moi je suis riche et je pourrais trouver ça facilement mais je vous laisse vous en charger. Au revoir.

Après m'avoir donné sa carte de visite, il sort du magasin d'une démarche furieuse. Il est timbré ce mec. Heureusement que mon ami José Rodriguez De La Merguez est comme par hasard un excellent photographe. Du moins c'est ce qu'il croit, c'est pas bien de briser les rêves des amis.

Je lui téléphone, et il accepte de suite, en bon toutou qu'il est. Il commence à me parler de je ne sais trop quoi mais je raccroche. Me voilà comme une gamine à attendre le lendemain avec la plus grande impatiente. Je vais revoir Christian Grey, et même cette grognasse de Kate ne pouvait pas me pourrir ce moment.

Le lendemain, une fois le moment fatidique arrivé, cette blondasse trouve quand même le moyen de gâcher le moment puisqu'elle décide de me coller comme une mouche au cul des vaches. Elle va tous gâcher, Grey va évidemment la trouver à son goût, je n'ai aucune chance face à elle. Je me ressaisis : Steele, tu n'aurais même pas ta chance face à Momo le singe.

José prend quelques clichés de Christian (de plus en plus sexy chaque jour), mais il ne semble pas convaincu par son visage fermé. Kate me boude, elle dit que Christian ne regarde que moi et que c'est incompréhensible. Je lui rétorque pour lui clouer sa grande gueule qu'il m'a proposé d'aller boire un café une fois le shooting terminé. Et ça ce n'est pas une de mes inventions, hé oui, LE Christian Grey m'a réellement fait cette offre. Je n'avais pas compris sur le coup, que me voulait-il ? Outre le fait que j'étais méfiante, j'étais excitée comme une puce. Ce fameux fantasme arrive. Je dis fantasme car le « rapprochement » dans un café, j'y avais déjà pensé.

Il insiste pour que je prenne un muffin à la myrtille. Je suis allergique mais je n'ai pas su dire non. En plus il avait dit ça comme un ordre, ça m'avait grave émoustillée. Lui ne prête même pas attention à son café noir. Il doit le trouver dégueulasse lui qui a le palais habitué à bien meilleur. Il me demande toutes sortes d'infos sur mon père puis ma mère. Mais ça me cloue le bec lorsqu'il se met à bailler pendant mes récits. J'abrège donc et termine en expliquant que ma mère est une veuve noire, et qu'elle est inconditionnellement romantique.

- Et vous, êtes-vous une romantique ?

Je crache la purée de muffin de ma bouche car je crois que je sens déjà les plaques rouges arriver. Je lui assure avec fierté que oui, je suis une romantique.

- Bitch, I'm out.

Il se lève soudainement et quitte le café. Pour qui il se prend ce Monsieur ! Je le rattrape au plus vite et lui demande la vérité.

- Vous avez déjà quelqu'un c'est ça hein ?! Vieux con.

Tellement en colère, je trébuche du trottoir tandis qu'un énorme bus allait m'écraser dans une poignée de seconde.

- ANA !

Dans le cliché parfait du héros beau gosse il m'extirpe de là, et je me retrouve dans ses bras fermes. Oh, je défaille...

- Je ne suis pas l'homme qu'il vous faut. Vous devriez m'éviter.

- Vous êtes un vampire qui brille au soleil hein c'est ça ! Vous me dégoûtez, adieu Monsieur Grey !

Je le laisse en plan là, sur le trottoir, et tout en voulant faire une sortie théâtrale je me croûte de nouveau dans un cycliste. Rongée par la honte, je pars en courant.

Steele, il a raison. Retourne dans tes Disney, ça vaut mieux.

Annotations

Recommandations

Vous aimez lire MrParodies ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0