Chapitre 1

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I PUT A SPELL ON YOU !

L'histoire commence bien, avec cette musique qui m'explose déjà les tympans. Je baisse le volume de mon portable pendant que j'essaie de dompter ma coiffure sauvage. Cette frange est vraiment merdique et moche, faudrait que je pense à changer cette coupe de coquer.

Cependant aujourd'hui je dois penser à autre chose, je dois me préparer au plus vite pour rattraper une des conneries de Mademoiselle Kavanagh, ma colocataire. J'adore Kate, mais cette blondasse fait vraiment honneur à la stupidité attribuée à la femme blonde. Cette grognasse est « tombée malade » pile le jour où elle devait interviewer l'homme qui est sans doute le plus influant de Seattle. « Oh Ana, remplace moi je t'en prie !! » avait-elle dit en se foutant à genoux.

Tss, cette porteuse d'MST ambulante m'avait, je l'avoue, fait un peu de peine. Un peu, hein...
Elle me le rendra cette pauv' fille, elle a intérêt ! Enfin satisfaite de mon reflet dans le miroir, je... me mords la lèvre comme une bonne salope. Me demandez pas pourquoi, c'est un tic de ma personne, ô combien gênante.

Franchement physiquement je ne suis pas un canon. Du moins je ne suis pas censée l'être dans le bouquin (à première vue), mais dans le film je suis quand même pas mal, attendez je suis Dakota Johnson quand même !

Toujours avec la lèvre inférieure prise au piège de ma dentition aiguisée, je me fixe un long moment, des fois je me fais flipper avec mes yeux bleus globuleux de poisson. Pâle et menue, je me dis une nouvelle fois que je ne trouverai jamais le prince charmant de mes romans, je suis une fan inconditionnelle des Disney littéraires et de la collection Cœur Grenadine. Ma mère dit que je lui ressemble sur le côté romantique. Kate, elle, me dit que je suis surtout « une grosse gamine coincée du cul ». Ça c'est sûr que cette godiche n'a pas le cul coincé, au contraire. Ah oui, ça aucun doute, toutes les parties de son anatomie ont forcément déjà été fourrées. Comme une dinde. Voilà c'est ça, cette guignole est une dinde. Vivante, dommage.

Ok je suis mauvaise langue avec elle, pas que je ne l'aime pas, mais elle m'a été bien utile quand il m'a fallu trouver un toit, dés ce jour, elle est devenue ma meilleure amie...

- Ana chérie, prends ma bagnole.

La moue irritée de mon visage s'efface pour afficher un beau sourire faux-cul, comme je sais si bien les faire, surtout avec cette potiche. Je retourne au salon, la trouvant encore plus pathétique que d'habitude, claquant des dents sur le canapé. Je la remercie de me prêter sa voiture pour ne pas non plus utiliser MON essence pour LUI rendre ce service.

- Non non c'est pas ça, je voudrais pas qu'on t'associe à moi si tu arrives dans ta caisse dégueulasse.

- Wanda n'est pas dégueulasse ! Elle est juste un peu âgée !

- Bref grouille-toi Steele ! Non attends... sérieux tu ne comptes pas y aller habillée comme ça ?!

- Bon allez, tu ferais peut-être mieux d'arrêter de discuter, et plus manger.

Elle plonge sa cuillère dans son bol de soupe et l'avale sur le champ. Inutile de lui préciser qu'en lui préparant ce bouillon j'ai volontairement craché dedans. Oui bon, elle me pourrit déjà la vie quotidiennement, je peux au moins lui pourrir sa soupe !

Je déguerpis au plus vite, je ne tiens pas à être en retard et énerver Monsieur Grey, qui doit être un bourgeois de merde, comme tous les autres. Quelle image j'ai de lui ? Je n'y ai pas vraiment pensé finalement, sûrement moche et gros, assez riche pour bouffer continuellement.

Sûrement un homme soi disant important qui s'habille en costard pour se faire bien voir, mais qui est ridiculisé par une grosse paire de lunette tartignolles. Merde, je me fait chier à l'avance. Les heures de route n'aident pas, habitant à des centaines de putain de bornes de Seattle je dois me taper toute la route, cette chère Katherine Kavanagh me revaudra définitivement ça !

Une fois entrée à Seattle je remarque bien vite qu'ils sont tous plus ou moins superficiels, quelle ville de riches ! Comparée à eux, moi la bouseuse, je faisais vraiment tâche. J'entre dans l'immense entreprise de Grey Holdings.

L'atmosphère surchargée de travail qui y règne me donne le vertige, plutôt intimidant à côté de la FAC de littérature. Les hôtesses (à remarquer, toutes blondes) me regardent avec une expression étrange. Ce sont toutes des canons de beauté ! Leurs tailles fines, leurs jambes vertigineuses et leurs coiffures impeccables me font paraître comme ce que je suis : un insecte à exterminer très vite. Le rouge me monte aux joues, je me sens ridicule.

Avant que j'atteigne le bureau de la secrétaire principale, une énième blondasse déboule de nulle part et se jette sur moi, l'air profondément dégoûté. Dégoûté mais aussi faussement compréhensif, comme si je n'étais qu'une pauvre chose égarée.

- Désolée, le refuge pour les sans abris se trouve deux rues plus loin...

- Non c'est que... je suis Mademoiselle Steele, j'ai un rendez-vous avec Monsieur Grey...

Pour me montrer encore plus ridicule, ma voix s'était affaiblie et s'était cassée à la fin de ma phrase. Je me sens tout simplement comme une conne. La blondasse semble partager mon avis.

- Bon très bien, suivez-moi. Mais je vous serais gréée de... ne rien toucher. Les femmes de ménage ont été virées récemment, et je ne tiens pas à ce que vous salissiez l'intérieur.

Je ferme ma bouche et je me contente de la suivre. D'où cette nana peut avoir un cul aussi gros que celui de Kim Kardashiante ? N'est-ce pas gravitationnellement impossible ?

- Je vais te la faire courte, c'est moi la chaudasse de secrétaire qui fantasme sur le patron. Il n'a pas de temps à perdre avec une fille avec des varices et des cheveux gras. Alors garde tes mains dégueulasses dans tes poches. Nous y voilà.

Arrivées à une immense porte entourée de murs d'un blanc de craie, elle me souffle grassement son haleine à la figure.

- Ça, imagine que c'est l'odeur de ses couilles après la bière et la pizza...

Elle inspire un bon coup, comme prise à de bons souvenirs. Elle me laisse là, pantelante. J'ouvre la lourde porte. Pour l'effet dramatique je me prend les pieds dans je ne sais quoi, et je tombe à genoux dans le bureau.

- Oh connasse ! Je suis vraiment une connasse !

- Mademoiselle Kavanagh ?

Cette voix suave me tire quelques secondes de ma honte écrasante et je lève immédiatement les yeux vers l'immense beau gosse qui essaie de me relever.

Oh.Mon.Gode, le mec... plus je le regarde plus je le trouve beau.

Bon, les paroles de pucelles en chaleur face à un mâle des plus sexy vous les connaissez, inutile que je m'extasie pendant tout un paragraphe. Il est sublime, c'est un fait.

- Oh bonjour, j'ai rendez-vous avec Monsieur Grey, est-il dans les parages ?

J'avoue ne pas vouloir détacher mes yeux de cet étalon parfait, mais le devoir m'appelle, ou est ce gros lard que j'en finisse enfin !

- Devant vous, rétorque l'élément sexy.

Non ! Pas possible ! C'est lui LE Monsieur Grey ?! Ce mec sexy qui doit pas avoir plus de 30 ans et qui dégage des phéromones par tous ses pores ?! Je rougis aussitôt.

- Je m'appelle Anastasia Steele, Mademoiselle Kavanagh est souffrante c'est moi qui la remplace.

- Hé bien c'est du joli ! Elle qui m'a ennuyé jusqu'à mes heures... privées pour me harceler d'accepter cette interview, soupire-t-il visiblement faché. Bon ben asseyez-vous Mademoiselle Steele!

Ce n'est pas dans mes habitudes de fantasmer sur les hommes (non non je ne suis pas gouine), mais étant une bonne petite vierge effarouchée, je ne m'étais jamais extasié sur les mecs, aucun ne m'avait vraiment plus. Mais la, mes hormones triomphent finalement de leur existence et me percutent l'entrejambe de plein fouet.

Le ton autoritaire de Monsieur Grey m'a gravement émoustillée. Je suis maintenant effectivement une pauvre chose perdue face à cet homme.

Après m'être assise, je me rends compte que j'ai oublié de prendre de quoi écrire, très professionnel de ma part...

Grey semble à demi amusé, son rictus n'a rien de très amical. Mon attirance n'est pas réciproque, comment une pouilleuse comme moi pourrait intéresser le mec le plus canon du pays ? Alors qu'en plus, toute son entreprise est un vrai débarras à prostituées !

Il me tend un crayon à papier (fabriqué à son nom) et je le remercie vaguement, ne sachant pas trop par où commencer. Il tape du pied, probablement exaspéré. Je me racle faussement la gorge -et m'étrangle au passage, ce qui me décrédibilise encore plus.

- Hum hum, vous êtes prêt ? ...

- C'est quand vous voulez.

Je me sens virer au rouge pivoine. Je me mords la lèvre.

- Alors cette interview doit paraître dans le journal des étudiants en fin d'année...

- Oui je le sais, c'est moi même qui remettrai les diplômes de fin d'année.

- Sérieux ?! dis-je d'une voix trop avenante.

Il lève un sourcil, je suis sensé savoir cette information, et voir que je ne me suis pas renseignée avant ma venue a l'air de l'agacer. Décidément, je ne suis pas prête d'avoir un premier bisou. J'aimerais pourtant, il a tout l'air d'un prince Disney.

- Vous êtes très jeune pour avoir bâti un pareil empire, à quoi devez vous votre succès ?

- C'est ça votre question ? Sérieusement ?

Il semble vexé que je remette en cause tout le travail qu'il a du fournir. J'imagine qu'il ne doit pas ça à un cul bordé de nouilles. Je m'empourpre de nouveau.

Et c'est ainsi qu'il se lance dans un discours dés plus barbant, m'expliquant comment il a fondé son entreprise. Je me retiens de bailler plusieurs fois, personnellement sa tronche m'intéresse plus que ses déclarations. Mais comme il est canon, je ferme ma gueule, acquiesce de temps en temps et écris ce que j'arrive à saisir.

Enfant adopté blabla, œuvrer contre la faim en Afrique blabla, soutiens de ses parents adoptifs blabla.

Honnêtement je m'en tape royalement, et je me paie une nouvelle fois l'air con quand il attend une réaction de ma part une fois son discours terminé, j'ai mis un peu de temps à sortir de mes pensées et réagir. Je regarde la question suivante et la lui pose sans réfléchir, trop impatiente de m'extirper d'ici.

- Etes-vous gay ?

Merde, je suis vraiment une connasse ! C'est quand même grave d'être assez conne pour ne pas filtrer ses paroles avant de les balancer comme ça ! Ah non pardon, c'est une invention débile de E.L James, autant pour ma gueule. Quant à la celle de Monsieur Autoritaire, elle a viré au violet.

- Non Anastasia, je ne suis pas... gay.

Dieu soit loué ! Ça je l'ai filtré avant d'ouvrir ma bouche. Satanée Kate, c'est quand même pas de MA faute si j'ai pensé à voix haute !

Encore des blabla, et puis soudain il déclare :

- Passons un peu à vous...

J'en lâche le crayon de papier, je glousse pour cacher ma gêne mais ça ne fait que me rendre encore plus ridicule.

- Heu, il n'y a rien a dire à propos de moi.

- Pourquoi ça ?

Je me sens soudain humiliée de devoir expliquer à voix haute. Comment me rabaisser sans me plaindre ? Je me détaille du regard d'un rapide geste de tête, puis plante mes yeux dans les siens, qui sont d'un gris glacial.

- Enfin, regardez moi.

- Je vous regarde.

Crotte alors, il doit sûrement se foutre de ma gueule. C'est un connard. Une fois l'interview terminée, il me raccompagne à l'ascenseur et me souhaite un bon retour.

- Merci d'avoir répondu à mes questions.

« Vos questions merdiques » il doit penser. L'ascenseur m'ouvre ses portes et je me place dans la cabine.

Sans doute pour se foutre une dernière fois de ma gueule, un sourire étire ses lèvres. Son premier depuis mon arrivée.

- Anastasia.

- Christian.

Les portes se referment sur ses yeux qui me détaillaient des pieds à la tête. Bien que mal poli, cela me fit palpiter le string. Je dois l'avouer.

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