Chapitre 43

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Talinn

Tout rêveur qu’il était, Hector disait ne pas vouloir d’enterrement. Il refusait que son cadavre nourrisse les vers, bien qu’il comprenne l’utilité de ces créatures au biotope. Il voulait sentir les derniers vestiges de sa vie terrestre danser avec le vent et parsemer la nature.

De nature, nous n’avons trouvé que les restes d’une forêt éteinte. Alors ses cendres virevoltent entre les troncs calcinés avant de retomber sur le sol desséché.

Os et Moelle m’ont accompagné. J’étais seul hier soir, après l’annonce de sa mort, dans le petit van que nous avions partagé ces derniers mois. Le souvenir de sa présence m’étouffait plus sûrement que la douleur de son départ. Je ne pouvais me résoudre à éprouver de nouveau cette solitude en allant adresser mes derniers adieux. Même si je n’espère trouver aucun réconfort en la présence d’un chien et d’un humain qui ne l’est pas tout à fait.

Je m’assieds en tailleur et déterre de ma sacoche l’épais carnet à la couverture matelassée de cuir. Hector y consignait tous les poèmes qui le touchaient. J’ai songé à le brûler avec son corps pour que son précieux bien puisse l’accompagner où qu’il aille. Finalement, je trouve plus judicieux de lui en lire quelques bribes en guise d’au revoir.

Hélas, je ne connais rien de la magie des vers. Je suis incapable de décider de l’extrait le plus percutant, le plus adapté à la situation.

— Est-ce que tu sais lequel il préférait ?

Os s’installe à côté de moi et hausse les épaules.

— S’il a recopié un poème dans son carnet, c’est qu’il l’adorait.

Cela ne m’aide pas beaucoup. L’un de ces amas de mots finit pourtant par se détacher de la masse. J’ignore ce qu’il a de particulier – à part le fait qu’il n’a ni titre ni auteur, au contraire des autres –, mais il fait écho à un sentiment que je ne comprends pas. Alors je le lis à voix haute. Trop rapidement pour que cela sonne de manière mélodieuse. Je n’ai pas son talent pour déclamer.

À mirer les étoiles dans les miroirs,
N’as-tu jamais rêvé de quitter ce mouroir ?
À errer comme un spectre cette terre grêle,
Où entendras-tu chanter les hirondelles ?

La nuit abat le fou ivre de savoir
Le jour se dévoilera à ceux qui ne veulent voir
Dans les prés, par les mers, je me lierai à toi
Aigre fleur d’hiver, qui fane entre les doigts

Détourne-toi de ta science, déleste tes obsessions
Éprouve l’abnégation avec passion
Dans la froideur figée d’une caverne ensevelie
Pars en paix, au jour éclôt ta vraie vie

Ma voix tremble sur la fin. Je referme le carnet d’un claquement sec.

— Te sens-tu mieux ? demande Os d’une voix neutre.

— Non.

Ma gorge se resserre et ne laisse s’échapper ce mot que dans un piètre sifflement. Je ne sais pas quoi faire. Toute la poésie du monde n’allégera pas cette douleur qui m’étreint la poitrine.

— Tu l’aimais, n’est-ce pas ?

Pourquoi pose-t-il la question alors qu’il le sait sans doute déjà ? Quoique je ne sais pas y répondre moi-même, alors peut-être qu’Os ne sait vraiment pas. Si je l’aimais ? Bien sûr que je l’aimais ! Plus que n’importe quel autre être humain. Plus que n’importe quel autre de mes camarades Rafales avec qui j’ai partagé des années de vie. Plus qu’Eden et son sourire pétillant. Mais de quel amour parle-t-on ? Je ne saurais le dire. Je crois que cela transcendait cette notion, bien au-delà de la triviale attirance charnelle.

Je sens des bras s’enrouler autour de ma poitrine douloureuse et une tête se nicher contre le battant de mon cœur. Je n’avais jamais vu Os adresser un câlin à quiconque. Je ne sais même pas s’il s’autorise ce genre d’affections avec Zilla. Alors je suis touché qu’il le fasse. Pour moi ? Pour lui ? Pour Hector ? Peu importe, j’enroule mes bras à mon tour sur lui. Ma main se pose sur le duvet de sa nuque et j’éclate en sanglots.

Un homme ne devrait pas pleurer. Surtout pas un Rafale. Mais je ne peux plus contenir les flots après que la digue vienne de céder. Alors je me laisse aller, longtemps, tandis que Moelle pose sa tête sur ma cuisse et qu’Os me berce inlassablement.

o

Delvin

Tu n’es qu’un imbécile, Hector. Pourquoi a-t-il fallu que tu retournes là-bas ? Non, tu n’es qu’une imbécile, Delvin. Pourquoi ne l’as-tu pas empêché alors que tu savais très bien ce qu’il ferait ? S’il avait été là, bien en vie, j’aurais frappé mes poings contre sa poitrine pour le conspuer de sa bêtise. Mais nous n’avons retrouvé que son corps. Je ne pouvais pas frapper un cadavre ! Tout comme je n’aurais pas pu empêcher sa soif de savoir de le consumer.

Je me dois de laisser tout ceci derrière moi. Avancer comme je l’ai fait après Marika. Comme je n’ai jamais réussi à le faire après Marika. Le deuil ne me sied pas. La bande ne nous a laissés qu’une journée pour porter le noir. Ce n’est pas assez. Ce ne sera jamais assez. Il faut pourtant avancer.

Nous ne savons pas qui l’a tué, ni pourquoi. L’assassin semble venir de l’Interstice. Alors le meurtre de l’exilé, puis la tentative de meurtre contre Os, ne peuvent sonner que comme un avertissement à nous tenir éloignés de cette ville mystérieuse.

Mais il est trop tard pour renoncer.

Nous sommes réunis, avec la plupart des têtes pensantes du groupe, autour du feu dans la nuit précoce, tandis qu’Os expose son plan pour mener l’assaut contre la cité. Il a retrouvé sa voix atone et son expression figée, à des lieux du Os que j’ai surpris en sanglots lorsque nous sommes revenus le chercher devant le corps de Hector.

Je connais déjà son plan dans les grandes lignes, puisqu’il compte m’y inclure. Je pensais que Zilla aussi était informé. J’avais tort.

— L’idée, c’est de rentrer à six. Moi, Alex, Yue, Talinn, Selmek et Delvin. Talinn sera chargé de se faufiler jusqu’aux commandes de contrôle de la barrière, pendant que Selmek et Delvin le couvri…

— Pour Alex et Yue, je comprends, mais pour les trois autres ? Quand est-ce qu’on a décidé qui vous accompagnait ? coupe Zilla.

— J’ai pris la décision tout seul.

Ses mots tranchent l’air sans concession. Avec une assertivité qui ne lui ressemble pas. Os a toujours été dans la suggestion, tandis que Zilla distribue les ordres. Ce dernier ouvre la bouche, comme choqué que son amant ose lui tenir tête.

— Pardon ?

— Talinn est nécessaire pour activer le mécanisme de la barrière, poursuit Os. Il est le plus apte à comprendre ces technologies. Delvin occupe la place féminine vacante, car elle est la seule femme volontaire pour s’y rendre à tout prix. De plus, ses compétences en combat pourront s’avérer…

— Ok, ok, je veux bien pour Talinn et Delvin. Mais Selmek ? Pourquoi ?

— Parce que je fais confiance à Selmek, parce qu’on a l’habitude de chasser ensemble et de fusionner nos esprits…

— Je repose la question autrement. Pourquoi lui plutôt que moi ?

On y est. Un blanc glacial s’installe dans notre cercle. Tout le monde connaît Zilla pour son calme et son pragmatisme. Il n’y a guère que lorsque quelqu’un ose contester ses décisions ou passer outre son commandement qu’il s’emporte, mais cela, personne ne se risque normalement à le faire.

Os soupire et tâche de s’expliquer avec pédagogie.

— Tes hommes auront besoin de toi pour mener l’assaut dès que la barrière sera tombée…

— Fen peut gérer ça à ma place. Il est hors de question que je te laisse t’aventurer seul dans ce guêpier !

— Je ne serais pas seul, puisqu’il y aura…

— Et puis ils ont dit deux hommes et une femme, est-on seulement certain que Selmek est… ? Enfin, est-ce qu’il a ce qu’il faut entre les jambes au moins ?

— Ils ne vont pas vérifier !

— Ce que j’ai entre les jambes ne regarde personne, croit judicieux de préciser Selmek.

— Tu sais que tu passes davantage pour une femme que Selmek, Zilla, lui précisé-je pour démontrer le ridicule de sa logique, tout en le piquant dans sa virilité au passage.

Il me darde de ses yeux verts. Je m’attendais à y lire de l’énervement, mais aucune trace de colère ne les embrume. Il ne pourrait pas avoir l’air plus solennel.

— Très bien. Dans ce cas, laisse-moi prendre ta place, Delvin.

Celle-là, je ne l’avais pas anticipé. C’est à ce point-là ? J’imagine bien que, du point de vue d’un Rafale, se déguiser en femme est une grande honte. Et leur chef est prêt à sacrifier sa fierté virile pour pouvoir veiller sur Os ?

— Tu n’es pas sérieux ! m’exclamé-je.

— Je ne l’ai jamais autant été. Je ne le laisserai pas y aller sans moi ! Pas alors qu’il a failli y passer quand je l’ai laissé seul dans ce bateau et qu’il ne serait sûrement plus là si Hector n’avait pas…

— Assez !

Os vient d’élever la voix. Phénomène suffisamment rare pour que l’on se rende bien compte qu’il a atteint la limite.

— Oui, ce qu’on s’apprête à faire est dangereux, et non, tu ne m’empêcheras pas de le faire ni ne m’accompagnera pour me couver comme une maman-poule. Il faut bien comprendre que Madolan, l’entité qui dirige cette cité, et probablement notre ennemi, est puissant. Très puissant. Tu te souviens de tous ces gens qu’Alex hypnotisait à Fun Town « pour s’amuser » ? Imagine Madolan pousser cela avec une population au centuple, en exerçant sur elle un contrôle permanent. Il ne joue pas, lui. Il a des pouvoirs similaires à Yue, Alex et moi réunis. Alors à partir du moment où on franchira cette barrière, il faudra que je fasse en sorte de vous protéger tous les cinq contre son influence. Et je n’ai pas confiance dans mes pouvoirs à ce point. Je mettrais une priorité sur Talinn. J’ai prévenu Delvin que je ne pourrais rien garantir pour elle. Quant à Selmek, je connais bien son esprit. Il est clair et concis. J’aurais beaucoup plus de facilité à le protéger que le tien, Zilla.

Sa diatribe a au moins touché le blond. Il n’a plus l’air vindicatif. Juste désespéré.

— Pourquoi ? Ne connais-tu pas le mien aussi, à force ?

— Je le connais par cœur, et c’est pour ça que je sais que ce serait trop difficile. Il est nerveux, imprévisible, explosif et…

— Et ?

— Et fragmenté.

Je hausse un sourcil d’étonnement. Je ne jalouse pas leurs pouvoirs télépathiques, mais parfois je me demande ce que ça fait de voir les pensées des gens et ce que représente un esprit « fragmenté ». Tel que je vois Zilla, il m’apparaît toujours frivole, simple d’esprit, borné et entier. Certainement pas fragmenté. Même si en plusieurs semaines d’entraînements quotidiens avec lui, j’ai bien compris qu’il est plus que ce qu’il laisse entrevoir. Je ne suis jamais parvenue à déterrer autre chose sous le vernis de l’apparence.

En même temps, je n’ai jamais essayé de m’intéresser à lui, le meurtrier de Marika.

— Qu’est-ce que ça veut dire ? demande-t-il aussi perplexe que nous.

— Ça veut dire que tu dois renoncer à nous accompagner et accomplir ton devoir de chef en menant l’assaut.

La réponse d’Os est sans appel. Sans ouverture. Aucune supplique ni menace ne le feront changer d’avis. La mine de Zilla se renfrogne et s’assombrit, alors qu’il se recule en dehors du halo.

— Bien.

Il s’en va. Comme un animal blessé qui irait panser ses plaies dans l’ombre.

J’ai le sentiment que cette altercation nous a tous rendus mal à l’aise. J’ose parler la première.

— Tu me fais peur, Os. À t’entendre, on dirait que vous n’avez aucune chance de vaincre Madolan. N’est-ce pas suicidaire de se rendre là-bas ? On peut encore faire demi-tour, tu sais. Personne ne t’en voudra pour la Terre Promise. On aura essayé.

Il m’adresse un de ses rares sourires timides.

— Il y a une chance. J’ai quelque chose que Madolan n’a pas. Je n’ai pas peur de perdre face à lui.

Non, il a peur de nous perdre. C’est pour cela qu’il refuse que Zilla vienne avec lui. Pas parce qu’il doit mener l’assaut, ni parce que son esprit est « fragmenté ». Mais avant tout parce qu’Os ne veut pas le sacrifier, lui.

Je devrais me sentir outrée qu’il accorde plus d’importance à ce malfrat qu’à nous. Mais c’est un fait que je connais depuis longtemps et ai intégré. Je connais les risques et j’accepte de faire partie de cette expédition. De la même façon que l’injonction divine pousse Os à affronter ce Madolan, je ressens, moi aussi, le besoin de découvrir ce qui se cache dans cette ville.

« Tu la reverras. »

Je repense aux paroles d’Os à propos de Marika et ne peux m’empêcher de caresser l’espoir que c’est dans cette cité hors du temps que cette prophétie s’accomplira.

o

Zilla

Une nuit sans nuages. Même les étoiles qui luisent de splendeur sont là pour me narguer. Je pousse la porte de mon camion dans un geste hargneux et m’écroule sur la couchette, face enfouie dans le matelas trop mou. Bon sang, t’as quel âge, Zi, pour bouder comme ça ? C’est plus fort que moi. Je déteste sentir n’avoir aucune prise sur les évènements. Ne pas pouvoir le protéger…

— Tu ne changeras jamais, Larry.

Encore cette voix. À la fois si familière et si étrangère. Un frisson me parcourt. Je tourne la tête lentement dans sa direction, sachant déjà que ce que je vais y voir ne sera pas réel.

Elle se tient assise sur mon lit. J’ai l’impression de voir un portrait de moi au féminin. Son ventre a dégonflé. Le bébé, elle le tient entre ses bras en le berçant distraitement. Ses cheveux de blé encadrent comme une cascade le paquet juvénile que ses yeux de jade couvent d’affection.

— Tu devrais écouter Élina, pour changer, poursuit-elle. Elle a raison. Tu devrais arrêter de vouloir sauver tout le monde et commencer à penser à te sauver toi-même. Qui pourras-tu aider le jour où tu finiras derrière les barreaux ?

— Qui es-tu ?

Pas de réponse. Son univers se cantonne au bébé qu’elle dorlote. Il se met à pleurer. Je m’énerve.

— Vas-tu me répondre à la fin ?

La portière qui claque dans mon dos me fait sursauter brusquement. Je me redresse comme si je venais d’être pris en flagrant délit de masturbation. Encore que j’aurais été moins gêné si cela n’avait été que ça. Os se tient dans l’encadrement et il n’a pas l’air surpris de m’avoir entendu crier. Comme si quoi que ce soit pouvait le surprendre…

Par acquit de conscience, je retourne mon attention vers la femme à l’enfant. Plus personne. Évidemment.

— C’est ce que tu voulais dire par « esprit fragmenté » ? demandé-je à Os.

Il se contente de hocher la tête. Ma question n’était visiblement pas assez spécifique pour l’inviter à en dire plus, alors je retente.

— Qui était-ce ?

Un sourire triste fane sur ses lèvres.

— Je pensais que tu le savais déjà.

— Ma sœur ?

Nouveau hochement de tête. Je déteste quand il fait ça.

— Je n’ai pas de sœur, tu le sais très bien, fais-je remarquer comme si cet argument plein de bon sens pouvait balayer cette hallucination.

— Le Zilla actuel n’en a pas, mais une autre version de toi-même, si.

— Une autre version de moi-même ? répété-je bêtement comme si cela pouvait donner un sens à ces mots.

Os commence à délacer sa veste en cuir et à se mettre à l’aise, comme si mes atermoiements ne le touchaient absolument pas. Ce qui est probablement le cas. De mon côté, je ne peux pas me contenter d’une conclusion aussi incomplète.

— Qu’est-ce que ça signifie ?

Je le suppliais presque de me répondre, alors peut-être me prend-il en pitié quand il s’assied à côté de moi et me caresse une joue de sa main si pâle.

— Je ne sais pas. C’est parce que j’espère le découvrir qu’on se rend à l’Interstice demain.

J’acquiesce. J’ignore quel genre de réponses il s’imagine trouver là-bas, mais s’il pense pouvoir en trouver, alors il en dénichera sûrement. Le souvenir de ma très récente éviction me pince encore. Je préfère ne pas revenir sur ce terrain glissant, alors je demande plutôt :

— Est-ce que tu as croisé d’autres personnes « fragmentées » comme moi ?

Il prend une moue réflexive tout en poursuivant sa caresse distraite sur ma joue.

— Nona l’était. Cela arrivait parfois à Hector, bien qu'il n'en gardât aucun souvenir. Yue aussi l’a été lors de sa plongée dans la tête d’Aulrek, mais ça ne l’impacte plus désormais.

— Et tu ne sais pas pourquoi ça arrive ?

Il sourit, presque tendrement.

— Je ne peux pas tout savoir, Zi.

Une mèche tombe négligemment devant ses yeux irisés de rouge, je ne peux m’empêcher de la rabattre derrière son oreille pour mieux les voir. Je ne me lasse pas de les regarder.

— Ça te va mieux, tu sais.

— De ne pas avoir les cheveux dans les yeux ? réplique-t-il taquin, en faisant semblant de ne pas être dans ma tête.

— De ne pas avoir réponse à tout. Ça te rend plus humain.

Il détourne le regard, rougissant légèrement, avant de soupirer. Puis il relève la tête pour mieux attaquer mes lèvres et m’embrasser. J’ai souvenir d’une époque où ce genre de gestes m’indifférait, la seule chose qui m’importait était de savoir si j’allais le prendre en levrette ou le pilonner sur le dos. Aujourd’hui, je prends le temps de savourer toute la douceur que peut déceler un échange aussi simple.

— Je suis désolé de t’avoir écarté pour demain, chuchote-t-il, les lèvres encore à deux centimètres des miennes.

Avec son souffle que je sens sur ma peau, je ne peux me retenir de récidiver avec ce baiser.

— Et moi, je suis désolé de t’imposer constamment mon avis, comme si je savais mieux que toi ce qu’il fallait faire. Tu es un adulte et je me comporte avec toi comme si tu n’étais qu’un enfant.

Ça le fait rire.

— Vraiment ? Et quand tu me baisais, tu me voyais aussi comme un enfant ?

Il a beau dire ça sur le ton de la plaisanterie, je n’arrive pas en rire autant de lui. Parce qu’il y a une part de vérité dans ce qu’il dit. Et même si ça ne m’avait jamais dérangé jusqu’à maintenant, ça me dérange, maintenant. Bon sang, depuis quand est-ce que j’ai ce genre d’états d’âme au juste ? Est-ce la « fragmentation » qui fait ça ?

Je n’ai pas le loisir de me poser plus de questions. Os s’est allongé sur le lit et m’a attiré vers lui, alors je lui rends ses caresses, laissant paresser ma main et mes lèvres sur chaque repli de son corps. Je ne ressens nullement le besoin pressant de me vider les couilles, je veux, au contraire, que cette nuit dure le plus longtemps possible.

Parce que je ne suis pas sûr qu’on en ait d’autres ensemble, après.

Ses lèvres s’accrochent une nouvelle fois aux miennes, tandis que ses mains agrippent mes cheveux.

— Je te promets qu’il y en aura d’autres Zilla. Je ne veux pas te perdre.

Je crois que c’est la plus belle déclaration que je n’aurais jamais de sa part. Nous roulons sur le lit, ôtons quelques vêtements pour mieux sentir le contact de nos peaux. J’égare mes doigts en lui avant de m’égarer dans ses gémissements. De mon autre main, je branle nos sexes l’un contre l’autre. Je pourrais me contenter de jouir comme ça, juste avec son souffle qui bat la mesure contre mon cou, mais je finis quand même par le prendre parce que je regretterais toute ma vie de ne pas m’être senti une dernière fois en lui s’il ne tient pas sa promesse. Puis, une fois dans son corps, j’essaye de ne plus penser à cette éventualité, car je ne veux pas ruiner le plaisir de l’instant présent.

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