Chapitre 16

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Fen

Je m'étais habitué, ou plutôt résigné, à cette petite routine tranquille. Enfin, tranquille, c'est relatif quand cette vie de chienne menace en permanence de s'achever avec un couteau dans le bide ou une balle à travers la gorge. Quand tu crèves la dalle à tout bout de champ et que les cafards grillés ressemblent à un dîner de luxe. Quand tu dors pas parce que tes os craquent et crissent comme une statue de craie à cause du manque d'eau. Mais cette chienne de vie, je l'aimais ! Parce que c'est la seule que j'ai jamais connue, la seule qui vaille !

Alors quand par-dessus tout ça, un Zi prophétique déboule de la nuit pour te raconter son illumination, flinguant au passage tout ce qui te raccrochait à ladite chienne de vie, qu'est-ce que tu veux foutre ? Le flinguer à son tour ? À quoi bon...

Les Rafales sont finis, mon vieux. Accepte, encaisse et passe à autre chose. C'est facile, mais pas faisable. J'ai le bide en vrac. Le melon en compote. On pourrait se relever de ça. Se casser de ces plaines de mort avec les vingt-deux misérables qui nous restent, abandonner nos dix autres potes entre les griffes de ces gonzesses burnées. Et oublier. Tourner la page. La honte des Rafales. La défaite. Putain, Grimm, heureusement que t'es mort avant de voir ça ! Et Auron, qu'est-ce que t'en penserais de tout ça ? Que vos âmes rugissent avec les chevauchées ardentes.

Auron, il serait de l'avis de Zi. Auron, c'était ce grand rêveur. Ce benêt qui s'imaginait qu'au bout de la route, elle serait là, cette contrée de vert et de vie. Qu'il y avait pas besoin de crever pour l'atteindre. Alors peut-être que je devrais y croire moi aussi. Accepter le deal, passer de Rafales des Dunes à Chasseurs de Mirages.

On ne sera plus cette bande de terreurs sanguinaires qui sèment la haine et la désolation dans leur sillage, juste une cohorte bigarrée de guerriers et guerrières traînant des viocs et des mioches dans leurs basques. Et après tout, pourquoi pas ? Tu les as vues ces gonz', Fen ! De vraies furies, pas le genre à se laisser culbuter. Cette valkyrie qui nous a ruiné la Grosse Bertha à la grenade... Pourquoi je repense à elle ? Son port altier, ses gestes sauvages, mais chirurgicaux, puis ce corps capable de te compresser les os d'une poigne. Y'a pas dire, ça impose le respect. J'aurais pas honte de me trimballer coude à coude avec elles.

Mais le voudront-elles, elles ?

À les voir s'avancer à l'horizon, elles ont l'air aussi vannées que nous. D'en avoir gros surtout. Pas le genre à facilement enterrer la hache de guerre après qu'on ait buté une trentaine des leurs. Ce matin, Zi a envoyé Ramsay comme messager. Elles acceptent de discuter. C'est que, finalement, elles doivent être en aussi mauvaise posture que nous. Ou bien Os leur a pas dit que notre chef a pété un boulon en zigouillant ce qu'il restait de nos combattants chevronnés.

On a descendu le canal du fleuve asséché avec nos motos et nos buggys, laissant dix gars pour surveiller le convoi et nos blessés. Ça fait qu'on n'est même pas une dizaine, avec nos deux prisonnières que Wolf et Memphis escortent. Quand en face, elles ont aligné nos dix gars, genoux à terre. Elles sont au moins une vingtaine, armées, bon ok, y'a des mecs aussi dans la bande, je devrais arrêter d'en parler au féminin, mais les paires de burnes ont l'air de faire figuration à côté de la prestance qu'elles dégagent. Notamment la plus avancée au centre. Une brune somptueuse dont les cheveux relevés en queue de cheval giflent le vent. Même ses traits tirés ne sauraient chasser la grâce et la classe qu'elle irradie. On fait pas les fiers en face, je vous dis. J'ai la rage.

Enfin, l'instigateur de cette hécatombe pointe son nez.

Direct, tu vois qu'il a changé. C'est pu la même coquille vide. Non, y'a de la matière là-dedans, en dépit de ses nippes trop grandes qui flottent dans le courant de vent. Dans sa manière de se tenir, d'escalader le monticule de débris du pont qu'on a pété hier et de s'y asseoir au sommet tel un prince. Un prince du chaos. De sa position, il marque physiquement la démarcation entre nos camps, à quatre, cinq mètres de distance. Tout en étant suffisamment en retrait, sur la gauche, pour laisser les forces hiérarchiques en visu.

Un silence s'installe. Ni la brune en face ni Zilla ne souhaitent commencer. Commencer, c'est faire des concessions, et faire des concessions, c'est céder du terrain, dévoiler notre faiblesse. Heureusement, c'est le p'ti Os qui prend la parole. Son ton me file des frissons, j'avais oublié cette capacité de sa voix frêle et fluette à résonner dans nos corps. Jusque dans nos caboches.

— Je vous dois des excuses. Vous vous êtes tous valeureusement battus, mais je suis au regret de vous annoncer que ces escarmouches étaient futiles et sans impact dans le grand dessein de ce monde...

— Futile ? Futile ! Espèce de putain de sac à merde ! Comment t'oses dire ça alors que t'as pas bougé ton fion pendant qu'on se faisait canarder ? J'ai vu mourir mes frères...

— Laisse-le parler, coupe Zilla d'une voix calme.

J'ai la rage. J'explose, mais ce con de Zilla lève une main. Un geste pas très subtil pour me rappeler à l'ordre et m'intimer de fermer mon clapet. J'aime pas la manière, mais je moufte pas. Il a raison. Si on veut pouvoir négocier, jeter de l'huile sur le feu, c'est pas l'idéal.

— À vrai dire, j'étais davantage désolé pour les Vautours. Pour vous, les Rafales, le combat et la mort font partie de votre ADN. Tes frères, Fen, sont sûrement déjà sur les traces des chevauchées ardentes. Vous auriez attaqué la ville et ceux qui s'y trouvaient dans tous les cas. Je ne m'excuse donc pas d'avoir permis aux Vautours de se défendre. Je m'excuse de ne pas avoir compris plus tôt qu'il y avait une autre voie que l'affrontement.

Cette fois, c'est la brunette en face qui le coupe. Je la voyais grincer des dents et serrer le poing sur la crosse de son fusil depuis tout à l'heure. Elle n'en regarde qu'un parmi nous : Zilla. Elle le pointe du doigt.

— Oublie ça, Os. Il n'y aura pas d'autre voie. Cette enflure a tué Marika. Je veux bien les laisser repartir loin, très loin et hors de ma vue. Vos dix hommes contre Rana et Sara, plus votre citerne d'eau, votre citerne d'essence et trois véhicules en bon état.

C'aurait été moi le chef, j'aurais probablement accepté le deal, en négociant sévère sur la citerne d'essence parce que c'est ce qu'on a de plus précieux, avant l'eau. Quitte à abandonner quelques gars, pardon Wolf. Mais Zilla, lui, se contente de sourire.

— Elle s'appelait donc Marika... C'était une très bonne combattante. Personne n'avait jamais tenu aussi longtemps en combat singulier contre moi.

Il dit vrai, mais je suis pas certain que la provoc' aide à apaiser la boule nerf en face. Tout son corps se tend, comme prêt à bondir pour étriper Zilla. Je la sens divisée. Entre son devoir de chef qui la force à penser au collectif et son désir solitaire de vengeance.

— Tu te crois invincible ? Je t'ai pourtant blessé hier. Avant que tu ne t'enfuies comme un lâche !

— Dans ce cas, permets-moi de proposer un autre deal. Tu es la cheffe des Vautours, c'est bien cela ? Je m'appelle Zilla et je suis le chef des Rafales. Un duel, à main nue, toi contre moi. La victoire se fait par KO d'au moins dix secondes ou abandon. Si tu gagnes, tu pourras me tuer et assouvir ta vengeance, puis négocier l'échange de prisonniers avec mon second, Fen. Si je gagne, alors vous ferez alliance avec nous et on cheminera ensemble jusqu'à cette ville de notre vision.

Comme s'il venait de lui renvoyer la balle, c'est au tour de la brunette de se mettre à sourire. De manière plus sinistre et moins guillerette que Zi, certes. Elle se tourne vers Os, toujours perché sur son promontoire.

— Tu t'es bien gardé de nous dire qu'ils étaient en si mauvaise posture, Os ? Ils doivent vraiment être au bout de leurs forces pour proposer une alliance !

Aïe. Touché gamine. D'un autre côté, ils doivent pas mieux assurer en face pour proposer d'emblée la négociation alors que ça se lit sur sa tronche qu'elle rêve de nous écraser en purée. Sur son perchoir, Os hausse les épaules.

— Ils sont en aussi mauvaise posture que vous, Delvin. Si vos forces s'affrontaient, j'imagine que vous finiriez simplement par vous entretuer. C'est pour ça que l'alliance est la meilleure des solutions, mais aussi la seule condition à laquelle j'accepterai de vous conduire à la Terre Promise. Zilla est juste raisonnable, il a compris que le destin lui réserve de meilleurs jours, là-bas.

La dénommée Delvin ouvre la bouche entre choc et fureur. Aïe dans leur camp cette fois. Elle l'avait pas vu venir la trahison du gamin. Et en même temps, nous non plus. Pourquoi il veut absolument nous inclure dans son projet ? Aller visiter ces jolis pâturages fertiles, moi je dis pas non. Surtout si on peut y trouver de jolies nymphes. Mais pourquoi le gamin y va pas juste avec ses Vautours ? Pourquoi a-t-il besoin de nous au juste ?

— Quand je pense qu'on t'a sauvé la vie, qu'on t'a inclus dans notre famille, qu'Hector et Selmek se sont occupés de toi... Que Marika te faisait confiance ! Et toi, tu roules encore pour ces salauds ! Ces soi-disant maltraitances, c'était du pipeau ? Pour mieux nous trahir ?

Zilla s'esclaffe, moi aussi j'aimerais bien pouvoir rire, mais je suis beaucoup trop largué pour ça. Ok, il a peut-être changé le gamin, mais il reste siphonné du bulbe.

— Non, pour le coup il ne vous a pas menti. Il n'a vraiment aucune raison rationnelle de vouloir nous intégrer dans son plan, rajoute Zilla. Alors pourquoi ?

— Parce que c'est sa volonté, rétorque Os.

— À qui ?

Je m'attendais à une réponse absurde. J'ai été gâté au-delà de mes espérances. Le gamin s'est levé, a tendu les bras vers le ciel et a répondu avec une puissance qui nous a tous traversés dans notre conscience. Même la butée de brunette en face, je parie.

— Dieu.

Dieu ?

— Dieu ? Quel dieu ? Tu vas arrêter de te foutre de notre gueule ? braille Delvin.

Je dois dire que je commence à apprécier son caractère.

— Dieu ou un être suprême, peut-être même plusieurs, je n'en sais rien, je parle de celui qui tisse les desseins de ce monde, en régit les lois... Il m'a envoyé cette vision pour que je la partage avec vous tous. Car nous sommes tous inclus dans un même destin. Mon rôle est de vous y guider. Je ne suis que le messager.

Les Vautours tirent des faces de balbuzards, mais j'avoue que de notre côté on n'a pas l'air plus éclairés. De quel dieu il parle ? Le Saint Chromé ? Mais le Saint Chromé ne s'occupe que des pillards et autres gangs à moteurs. Il se nourrit de violence et de vitesse. Qu'est-ce qu'il viendrait foutre dans ces histoires de destin universel associé à une bande de gonzesses ?

Dans leur camp, ça se réunit en cercle. Messes basses, arguments chuchotés, tons poussifs quand les bisbilles montent... C'est quand même fou qu'ils n'aient pas été foutus de se mettre d'accord avec Os pour les briefer dans les moindres détails. Quoique non, c'est logique en fait. Je me rappelle que ce gamin n'est pas foutu de donner une information qu'on ne lui a pas demandée, quand bien même celle-ci serait capitale. De notre côté, on a eu un chef qui ne nous a pas trop laissé le loisir de broncher ou de remettre en question sa décision. Au bout d'un moment, le cercle se défait et la Delvin s'avance.

— J'accepte ton duel, Zilla. Si je gagne, il n'y aura pas d'alliance. Si, je perds... Alors je voudrais bien croire le gamin et ses histoires de destin. Mais ça ne voudra pas dire que je ne vous haïrai plus.

— Très bien.

Le chef détache la sangle de son épaule pour laisser ses armes à terre et s'avance avec calme. Comment pourrait-il en être autrement ? En quinze ans, je n'ai jamais vu Zi perdre le moindre combat. Même moi, il m'a rétamé en moins de cinq secondes. Bon ok, j'avais bu ce jour-là, mais sobre j'aurais tenu quoi... Dix secondes de plus ? Alors forcément, si on avait ouvert les paris, j'aurais misé ma capsule sur le chevelu ! Enfin, sur le chevelu blond, j'entends.

Quoique de l'autre côté, ça respire pas la frayeur. Parce qu'elle se doute pas de ce qui l'attend ? Pourtant, elle a vu sa copine se faire rétamer, donc je suppose que si. À en juger par sa démarche féline, ses appuis souples, mais calculés, son corps petit et fin, mais tout sec et en muscles, le combat, elle maîtrise. Elle me ferait presque penser à un Zilla au féminin. Peut-être qu'elle a ses chances, finalement.

Hum... Non, je crois pas en fait. Au début, j'ai des doutes quand même. Elle attaque directement avec une feinte. Zilla l'esquive pas et encaisse le crochet dans l'estomac. Il réplique, la fille esquive et enchaîne à nouveau, coups de pied dans le tibia, Zilla met même un genou à terre. Ses contre-attaques sont molles et inefficaces.

Puis ce bon vieux Fen fait enfin marcher la noix qui lui sert de cerveau ! Zi ne fait jamais durer le spectacle. À moins que cela revête d'un intérêt diplomatique quelconque et là, en l'occurrence, il doit lui sembler primordial, pour leur future alliance, de ne pas humilier la fille devant ses copines. Que ça ferait mauvais genre de direct foutre une déculottée à la cheffe. Qu'elle ait au moins l'impression de s'être défoulée et d'avoir tâté de sa vengeance en foutant des grosses beignes à Zi.

Je me rends compte alors que Zilla esquive juste assez les coups pour les amortir et non les éviter, qu'il retient ses contre-attaques. Et je crois qu'elle commence à s'en rendre compte en face.

o

Delvin

Ce putain d'enfoiré se fout de ma gueule ! Il croit que ça m'amuse ? Qu'on est là pour se donner en spectacle ? Je ne rigole pas moi.

Je m'élance et je vise son bras blessé d'un coup de pied circulaire, il contre de sa main gauche avec vitesse et précision. Il aurait largement pu en profiter pour attraper mon talon et me faire tomber. Il ne me prend pas au sérieux. Très bien, très bien, continue comme ça et paye le de ta vie, connard !

Je pivote et renvoie une feinte sur la gauche pour mieux placer un balayage sur la droite. Ça marche, il tombe. Je le plaque, à califourchon sur son torse, et fais pleuvoir les coups sur sa belle gueule.

— Bats-toi vraiment, enfoiré !

Je cale un coup entre chaque mot pour être sûre de bien lui imprimer le message dans le crâne. Visiblement, c'est passé. Il bloque mon poing alors que je m'apprêtais à lui enfoncer l'arête du nez. Un sourire bestial étire sa bouche et dévoile ses dents de prédateur, abreuvées de sang. Il me fait basculer avec une force tirée de nulle part. Heureusement, j'ai des réflexes de chat, je roule et me redresse aussitôt. On se tourne autour quelques instants, je le laisse attaquer cette fois. Je veux le voir arriver.

Eh bien, je n'ai rien vu venir. Il s'est élancé, j'ai cru à un crochet, du gauche, car je le croyais blessé côté droit. J'ai brandi mes poings pour l'atteindre au visage, il s'est baissé et m'a soulevé par-dessus ses épaules pour me faire retomber de l'autre côté. Le choc de mon dos contre ce sol irrégulier et parsemé de pierres me décolle les poumons de la cage thoracique. Je suis secouée, mais je dois réagir en vitesse. Même si je soupçonne mon adversaire de me laisser tout le temps du monde avant de venir m'achever. Je roule sur le côté et me relève en titubant.

Et là, c'est probablement le moment où ce fils de chien a décidé que le spectacle avait assez duré. Il m'envoie coup sur coup, dans les côtes, sur les flancs, je bloque le maximum avec mes bras, recule pour esquiver, mais alors on arrive au niveau du tas de débris du pont.

Je manque de trébucher dessus, si je fais encore un pas en arrière, je perds l'équilibre. Quoique, pas besoin de ça en fait. Il m'achève d'un coup de coude en travers de la gorge. La percussion enfonce ma trachée et me coupe le souffle. Net. Là, je bascule sur le tas de débris. Sonnée.

Allez Delv... Du nerf ! T'as que dix secondes pour te relever et envoyer valser son sourire d'empaffé. Mais je ne peux pas, j'ai les côtes en miettes et mes bras me font mal d'avoir encaissé ses assauts. Quand je pense qu'il ne m'a frappé que de la main gauche... Et mes attaques du début ne l'ont même pas ébréché. Je veux bien reconnaître qu'il ne mentait pas. Il est réellement redoutable en combat rapproché. Je ne fais pas le poids. Marika ne faisait pas le poids.

— Tu déclares forfait ?

La question est rhétorique. Il voit bien que je ne peux pas poursuivre. Je l'attaque avec la seule arme qu'il me reste : mon regard noir. Puis je hoche la tête. Il a même le culot de me tendre une main pour m'aider à me relever. Plutôt crever. Je roule sur la pile de béton effrité et titube en essayant de me remettre sur pieds. Heureusement, Bonnie arrive à la rescousse et passe mon bras sur ses épaules.

Elle, et ce qu'il reste de figures importantes au sein de la colonie, pensent tous qu'une alliance ne peut qu'être en notre faveur. Ils ont plus de ressources que d'hommes, un arsenal, des véhicules. On y gagne, c'est sûr, alors la question est : qu'est-ce que, eux, y gagnent ? La perspective d'un butin colossal arrivé à destination ? Peut-être... Mais je me vois quand même mal accorder ma confiance à ce barbare déguisé sous des traits d'ange.

Je voudrais demander à Os si on peut lui faire confiance, leur faire confiance. Mais ma voix ne sort pas de ma gorge blessée. Il répond quand même à ma question. Pourquoi oraliser quand il suffit de lire dans la tête des gens ?

— Tu peux leur faire confiance, Delvin. Du moins, Zilla est sincère.

— Et les autres ? demande Bonnie en les balayant de la tête.

Zilla répond directement cette fois, en prenant soin de se retourner vers ses troupes et de les apostropher d'une voix puissante.

— Les autres feront ce que je dis. S'ils sont pas d'accord, ils peuvent se casser dans le désert ou rejoindre Grimm et sa bande.

J'ignore à quoi il fait allusion sur ce dernier point. Jusqu'à ce que je me rappelle qu'Os avait parlé d'une mutinerie. A-t-elle finalement éclaté hier soir ? Ce serait un sacré coup du sort... Et cela expliquerait leurs forces amoindries.

Je masse ma gorge. Je voudrais parler. J'ai sûrement mon mot à dire dans cette histoire. Mais Zilla reprend encore le flambeau de la parole.

— Soigne tes blessures. Nous reviendrons ce soir pour dîner ensemble. Là, nous discuterons plus confortablement. Prévoyez à manger. Nous ramènerons ce qu'il faut d'alcool.

Et sa silhouette hautaine fait volte-face pour s'évanouir à l'horizon. Comme il serait tentant de l'abattre d'une balle dans le dos. Mais ma vengeance prendrait alors un goût fade. Non, la seule réparation qu'il aura daigné m'accorder est celle de s'être laissé mettre à terre et rouer de coups. Maintenant, il me faut enterrer mon amertume avec Marika et penser à l'avenir de ma famille.

o

Wolf

Joie ! Félicité ! Camarades rentrés, humeur contentée. Petit bobo entre les os, tout de même, droit dans mon cœur quand ce soleil éclatant s'est glissé de ma main. Sara. Elle s'appelle Sara, m'a-t-elle dit. Elle laisse traîner son bras et un sourire mutin. Pour moi, rien que pour moi. Parfum d'enchantement. « On se reverra bientôt », me souffle-t-elle en rejoignant les siens. Et je n'ai que cette hâte.

Je console vite le vide laissé dans ma poitrine avec les accolades de mes acolytes. Doane, Rimm, Anon, vigoureux et chantoyants, Vaslow et Lindberg, blessés et braves. J'ai beau partager l'amour du combat, comme tous mes frères, mais je partage encore davantage la paix et la réconciliation.

Un peu chafouin tout de même de voir les Rafales fondre ainsi en peau de chagrin. Mais je suis persuadé que c'est pour profiter d'un nouveau – d'un meilleur ? – départ. Je me rêvasse déjà dans ces plaines verdoyantes, Sara à mes côtés. Calme tes illusions, Wolf. On est encore bien loin d'y arriver. Espérons que le dîner de ce soir ne nous réserve pas de sanglantes surprises.

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