Chapitre 14

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Fen

Cette face de rat grimée commence à me chauffer sérieusement la rate au court-bouillon. J'étais vraiment pas d'humeur à m'immiscer dans leurs affaires ce soir, mais il faut bien que quelqu'un le remette à sa place, ce fauteur de troubles. Et Wolf a raison.

— Il faut vraiment que je te copie-colle les règles sur ta face, Grimm ? En l'absence du chef, c'est moi, le second, qui prends les décisions.

L'empaffé s'esclaffe, sa cohorte avec. Je m'en contrecarre qu'ils me prennent pas au sérieux. J'étais intendant dans cette bande quand ils tétaient encore le sein de leur mère. Ils ont besoin de moi. Grimm le sait. Alors s'il lui reste une once d'intelligence, il ferait mieux de temporiser.

— Et quelle est ta décision, « chef » ?

Il ne manque pas d'abuser de sarcasme sur le dernier mot, mais je me tiens droit dans mes bottes, malgré la fatigue, malgré le ras-le-bol... Malgré la trouille ? J'ai pas l'habitude de renifler de ce parfum-là, mais des années de confort, ça t'endort les sens et la vigilance. Alors quand une balle en plein milieu de la poitrine te ramène d'un coup sec à la réalité, il faut bien encaisser et surmonter.

— On laisse la fille tranquille et demain on voit ce qu'on peut négocier avec nos ennemis.

Le torse de Grimm se gonfle comme un pigeon fier. Forcément, le mot « négociation » est inconnu à son vocabulaire. Ou alors sa définition se borne à un coup de savate dans les dents.

— Et puis quoi encore ? Qu'est-ce qu'il y a à négocier ? On va les massacrer ces grognasses ! On va les massacrer, les gars !

Les hurlements de bêtes féroces s'évaporent dans les flammes. En fond, d'autres hurlements, plus lointains rugissent. Je peine à les dissocier. Je tends l'oreille. Il y autre chose. Des coups de feu ! Grimm aussi les entend. Son poing se serre, intimant sa tribu au silence.

Le bruit pétaradant d'une moto surgit. Et je le vois. Ou plutôt, je vois sa tignasse blonde, salie de poussière, de sable et de sang coagulé, avant de voir le cavalier sur son destrier. Je me retourne vers Grimm. Sa main fourbe s'étire dans son dos pour attraper le magnum à sa ceinture.

Son sourire carnassier restera figé à jamais sur ses lèvres. La balle qui vient de traverser son crâne a visé pile entre les deux yeux. Mort sur le coup. Sans sommation. De l'autre côté, le canon scié de Zilla se dresse encore fumant.

Ok, message reçu. Je sais pas quelle épiphanie l'a frappé, mais il a la tête de quelqu'un qui s'apprête à commettre un massacre.

Ni une ni deux, je bondis en arrière et m'abrite derrière une grappe de caisses en alu. Après ça, tout se passe en un éclair.

Zi zigzague et tourbillonne sur sa bécane, fauchant au passage les hommes de Grimm qui ont pris la peine de réagir. Les balles semblent l'esquiver alors que chacun de ses coups fait mouche. Il n'est pas seulement vénère, il est habité.

À côté de moi, Wolf a d'autres préoccupations que celle de se choisir un camp. Il attrape la fille à moitié nue et l'entraîne à l'abri. Derrière lui, Daib semble avoir décidé du camp de Wolf à sa place. Il lève son arme sur lui. Dans le dos. C'est fourbe.

Tant pis, moi aussi, je dois choisir mon camp. Je lève mon colt et je descends Daib. Désolé gars. Tu l'auras cherché.

La bande est furax. Zilla est parti nettoyer ailleurs. Les douze gars restants se retournent sur moi. Ok, ça pue. Heureusement, je peux compter sur l'aide de Wolf. Déchaînée, sa carrure de bison charge sur la bande et les mate au corps-à-corps. À douze contre un, il fera pas le poids longtemps. J'essaye de le couvrir, mais pas facile dans la mêlée. Et bordel ! Je suis quand même pas en train d'aligner nos propres gars, là, si ?

Une aide inattendue déboule, pourtant. Talinn, suivi de Darek, Orobos, Luni et ce qu'il reste des gars de Wolf débarquent de l'ombre, encadrent la petite bande et les placent en joue. La température redescend d'un cran dans leurs cerveaux de brutes échauffés. Radical pour dessaouler en vitesse. Les mutins lèvent les bras en signe d'abdication. Qu'est-ce que tu veux faire d'autre ?

o

Talinn

Mon énergie s'est éteinte dans les derniers rayons de cette journée épouvantable. Pourquoi a-t-il fallu verser tout ce sang ? Quel était le sens de ces combats ? Et que signifiait cette vision ? Les chevauchées ardentes ? J'aimerais avoir leur simplicité d'esprit et leurs croyances mystiques, mais je suis un homme de science. Dont la rationalité est déjà mise à rude épreuve depuis un bon moment.

Je monte la garde, du haut de mon camion, vers l'horizon vide et noir. À l'opposé du camp des Vautours, établi dans la ville. Sur ce flanc, Grimm a posté des tireurs plus aguerris, mais il fallait bien laisser des effectifs réduits pour surveiller le désert à l'est. Le néant ? À moins que...

Je plisse les yeux. Difficile de faire encore confiance à ce sens après les facétieux tours qu'il m'a joué et pourtant, c'est bien des volutes de poussières que je distingue sur les crêtes osseuses et sous la lueur de la voute céleste. Un motard.

À ma gauche, Demeter l'a aperçu aussi. Son canon scié se lève dans la direction de la silhouette qui fonce droit sur nous. Je dois réagir. Et au quart de tour.

— Non Demeter, c'est peut-être Zilla !

Plus qu'un peut-être, c'est un sûrement. À mesure que le pilote se rapproche, je distingue le voile caractéristique de ses cheveux qui flottent au vent.

— Justement. Grimm a ordonné qu'on l'abatte à vue.

— As-tu perdu l'esprit ? C'est l'un des nôtres !

Et encore notre chef, me retins-je d'ajouter. La situation est passée hors de contrôle depuis les évènements du jour. La mutinerie n'en est plus au stade de projet, elle s'est concrétisée. Je pourrais rester sagement à ma position, laisser Demeter descendre Zilla... et risquer ma peau en obéissant à un sanguin comme Grimm qui n'accorde sa valeur qu'au sang et au massacre. Certainement pas à la science.

Je cours sur la planche – passerelle improvisée entre nos deux promontoires – pour arriver au niveau de Demeter et attrape le canon de son fusil. Il bascule au moment du tir et la balle se perd dans les étendues désertiques.

— À quoi tu joues ? Bouge de là, Talinn, ou je te bute aussi !

Demeter n'a jamais été mon meilleur pote, loin s'en faut, mais de là à l'imaginer capable d'appuyer sur la gâchette... Et pourtant, le chasseur s'est dégagé d'un bond et brandit son canon en plein sur ma poitrine...

Une détonation déchire l'air. Je sursaute. Ce n'est pas pour moi. La balle déchire le crâne de Demeter de part en part. Ma tête se tourne à droite. Zilla est là, en contrebas, à califourchon sur une Triumph, un simple colt à la main.

— Merci Tal.

Je secoue la tête. Pourquoi est-ce que j'ai l'impression de voir un fantôme ? Il n'est parti que quelques heures et il me donne déjà le sentiment d'avoir changé. Sa silhouette est crasseuse, maculée de sable et de sang, surtout son bras droit, blessé par balle. Comment pouvait-il conduire dans cet état ?

Je réalise que ce serait plutôt à moi de le remercier de m'avoir sauvé la vie. Mais nous n'avons pas le temps pour ça.

— Grimm a usurpé le pouvoir et a ordonné à ses hommes de tirer à vue.

— J'avais remarqué.

— Il est réuni avec une quinzaine de gars autour du feu.

Pas dur à trouver, il suffit de suivre les rires et les braillements. J'avise le canon scié de Demeter. Il n'en aura plus besoin. Zilla, en revanche... Je lui lance l'arme avec la sacoche de cartouches. Il rattrape le tout avec son adresse habituelle et hoche la tête en signe de reconnaissance. Son menton se dresse fièrement, prêt à livrer son commandement.

— Réunis tous les gars qui me sont encore fidèles et prenez-les à revers.

— Et toi ? Qu'est-ce que tu vas faire ?

Pourquoi est-ce que je m'inquiète ? Son sourire est sanguinaire, surnaturel presque. Il n'a pas l'air prêt à foncer au suicide dans un barouf d'honneur, plutôt lancé dans une furie qui ne trouvera de repos qu'après avoir exterminé suffisamment.

— Du ménage.

Je frémis, mais, pour une fois, je renonce à réfléchir à ce qu'il se passe. Je m'exécute, comme un bon soldat. Je file à l'hôpital improvisé, préviens Alvin, le toubib, récupère les gars de Wolf encore en état de se battre. Je bifurque vers la cahute des mécanos, Darek et Gregor s'arment aussi au quart de tour. Je chope Orobos et Luis qui montaient la garde à l'ouest. On dégomme Calvin et Nezz en passant. Pas de gaieté de cœur, mais dans la confusion, c'était eux ou nous.

Les cris et les coups de feu résonnent dans tous les sens, couvrant même le bruit des accélérations et freinage du bolide d'un Zilla déchaîné. Je ne discerne plus rien, juste un entremêlement insupportable de sons. Y'a plus à réfléchir, on arrive au feu où Wolf a déclenché une bagarre, à lui contre douze.

Pas besoin de se coordonner, moi et les huit gars qui m'accompagnent, on encercle la bande et on les braque. Si on peut éviter des morts supplémentaires, ça me va. J'en ai assez vu pour aujourd'hui.

Par chance, ils se rendent. Genoux à terre et bras levés. Faut dire que Zilla vient de faire son apparition dans le halo lumineux du feu et que sa stature impose le silence.

Les ombres des flammes et les nouvelles traces de sang frais brossent un portrait à vous glacer le sang. J'ai beau me savoir dans son camp, ça ne me rassure pas de le voir dans cet état. Il passe son fusil sur son épaule et gueule suffisamment fort pour que tout le camp l'entende.

— Que tous ceux qui sont encore en état de bouger rappliquent ici immédiatement ! Les demeurés qui restent planqués peuvent déjà se considérer comme morts !

Un frisson me parcourt l'échine et je crois que je ne suis pas le seul. Son ton donne moyen envie de se risquer à autre chose que fermer sa gueule et se coucher sagement.

On voit apparaître les rescapés des quatre coins du camp. Des gars comme Luth, Aristote... Les non-combattants. Zilla en laisse certains s'aligner avec notre groupe et fait mettre à genoux tous ceux qui ont participé à la petite mutinerie de Grimm, prouvant qu'il n'a jamais été dupe sur le sujet.

Il braque son canon sur le front de Luth. Le navigateur blêmit et bégaye.

— Je t'en supplie Zilla ! J'ai jamais voulu te trahir ! C'est Grimm qui m'a forcé à...

Le pauvre n'eut jamais le loisir de finir sa phrase. Le plomb de la carabine lui explosa la tête sans préavis. Même les plus aguerris de la bande font dans leur froc après avoir été éclaboussé des débris de cervelle de Luth.

Paix à ton âme, pauvre rêveur, toi qui a seulement tenté de survivre dans ce monde hostile. Que ton âme trouve le chemin des chevauchées ardentes... si elles existent quelque part.

Zilla ne s'arrête pas là, il dégomme aussi Rex, Flannagan, Ofgang, Delilah et Abrahim. Presque un insurgé sur deux. Ça calme. Il s'adresse aux rescapés de cette purge, avec la nonchalance de celui qui a enfin assouvi sa frénésie meurtrière.

— Si je vous laisse en vie, c'est parce que j'espère que vous pourrez encore avoir votre utilité. Jurez-moi allégeance et on passe à autre chose.

Les concernés s'apprêtaient à ouvrir leur bec au moment où Fen surgit de l'ombre et se plante devant Zilla. Le second a beau respecter son chef, il est en cet instant, le seul digne et capable de s'ériger en rempart contre sa folie épuratrice. Et il remplit son rôle.

— Mais t'as pété un boulon, Zi ! Qu'est-ce qui t'a cabossé la tête au juste ? Un tiers de nos hommes se sont fait laminer par des gonzesses et toi, tu pars pendant plusieurs heures. Puis tu reviens comme une fleur pour massacrer le tiers restant de la bande ? Redescends sur terre ou tu vas me faire regretter Grimm !

Une seconde, j'ai la trouille qu'il descende Fen aussi. Il pointe son canon sur son ventre. Fen ne bronche pas et tient tête les bras croisés. Quinze ans que ces deux-là se connaissent. C'est pas un gaillard comme Fen qui va trembler devant Zilla. Même un Zilla transfiguré.

Le sourire de son visage de poupée ensanglantée s'élargit dans un rictus sinistre avant d'éclater de rire. Son arme descend d'un cran et pointe le sol.

— Grimm vous aurait tous menés à votre perte ! Il aurait refusé de capituler contre des « gonzesses » comme tu les appelles. Quitte à ce que tout ça se termine en bain de sang, il serait allé au bout.

— Parce que t'as l'intention de capituler ? s'étrangle Fen.

Effectivement, le mot « capituler » a des accents d'inédit pour notre tribu.

— Pas capituler, non. Nous associer.

Encore pire. Autour tout le monde se regarde, se demandant qui se risquera à décocher un coup derrière la nuque du chef pour le ramener à la réalité. Mais il n'a plus l'air si fou que cela. Au contraire, il semble avoir retrouvé sa sérénité et son intelligence calme rayonne dans sa gestuelle lorsqu'il redresse un tonneau pour s'y asseoir. Canon du fusil calé contre ses paumes.

— Vous l'avez vu comme moi ! Cette vaste étendue de vert à perte de vue et surtout cette ville ! Tu ne le réalises pas, Fen ? C'est notre destination ! Le pillage ultime !

La colère cède la place à la confusion. Fen s'assoit à son tour près du feu. Il secoue la tête avec dépit, peinant à mesurer les implications de cette journée sanglante. Moi, je les saisis. C'est la fin des Rafales, du moins des Rafales tels qu'on les a connus jusqu'à présent. Et pour quelqu'un comme Fen, qui a dévoué sa vie à la bande, c'est un coup trop dur à encaisser.

— C'était juste une hallucination, Zi ! Une hallucination très réaliste et collective, mais une hallucination. Comment peux-tu dire que cette ville existe réellement ?

Le chef se penche à l'avant, faisant glisser de ses épaules ses mèches imbibées de sang. Ses prunelles de chat brillent d'un éclat mystique en reflétant les flammes.

— Je ne le sais pas, je le sens.

Un silence atterré pèse après ses mots. Après ce qu'il vient de se passer, même un rationaliste comme moi ne sait plus quelle part de magie et de folie il faut détricoter de cela. Zilla poursuit.

— Quelque chose ne tourne pas rond dans cet univers. Toutes nos actions jusqu'à présent, nos pillages de pacotilles, notre voyage semé de galères, même nos pauvres vies ne sont que des détails anecdotiques au sein d'un enjeu qui nous dépasse complètement. J'ai la conviction que les réponses à nos questions se trouvent dans cette vision.

— Mais quelles questions ? Tu nous paumes complètement avec tes délires mystiques. La seule question que je me pose, moi, c'est « est-ce que je vais survivre demain » ?

— On survivra. J'y veillerai.

Fen se relève brusquement, envoie valser son pied dans la terre qui arrose le feu d'une grande gerbe, puis cogne dans la souche de bois mort sur laquelle il était assis plus tôt. Elle craque dans un bruit étouffé, aussi piètre et vain que sa rage.

— Et comment tu comptes négocier avec elles ? (Fen se raccroche à ce qu'il persiste de tangible dans cette situation). Nous avons deux prisonnières, elles ont environ dix de nos gars en face ! Comment tu vas les convaincre de ne pas nous rouler dessus si tu nous affiches en position de faiblesse ?

Là encore, un sourire mystique et serein s'étire sur ses lèvres.

— Ce n'est pas moi qui vais les convaincre.

o

Sara

Oh, mais qu'ils parlent ! Qu'ils se disputent ! Pendant ce temps-là, plus personne ne se soucie de moi. Je m'enfonce à pas de lynx dans l'obscurité, derrière leurs tentes. Je ne sais pas à quoi je dois ce coup du sort, mais je ne compte pas m'attarder ici pour le découvrir. Fuir ! Retrouver Selmek, Elric, ma tribu au plus vite. Mais Rana ? Elle est encore prisonnière, je ne peux pas l'abandonner...

— Attends ! Ne pars pas, s'il te plaît.

Je sursaute alors que je sens quelqu'un attraper mon bras. Aussitôt, je replonge dans les méandres de la frayeur. Je revois leurs visages tordus par l'ivresse, leurs rires insupportables, leurs attouchements... Pas encore. Pitié. Laissez-moi en paix !

— Ne pleure pas, je ne te veux aucun mal, chuchote la voix.

Les sanglots s'étaient remis à couler sans que je le réalise. Je relève la tête et découvre le visage doux de tendresse et de nerfs de celui qui s'est interposé plus tôt. Du sang frais macule sa lèvre et son menton pour s'être bagarré avec ses camarades. Une impression de sécurité se dégage de ses yeux noirs et de sa crinière grisonnante. Je ne sais pas pourquoi, mais je tombe sur son torse pour étouffer mes larmes. Ses bras chauds et protecteurs me guident dans l'obscurité.

Quand je reprends mes esprits, je réalise qu'il m'a emmené dans une sorte de caravane. Une lampe à la lueur timide éclaire l'espace. L'intérieur est étroit. Au fond à gauche, une banquette fait office de lit et occupe toute la largeur. Le reste est un fouillis d'étagères dégoulinantes de pièces d'armes, d'outils mécaniques ou d'équipements et vêtements renforcés. Il me fait asseoir sur le lit et part fouiller dans une armoire. Je réalise que sa carrure est encore plus large que le meuble, plus large que celle de Selmek, même. Ses gestes entremêlent un savant dosage de grâce et de bestialité. Ses torsions font réagir mon ventre, des papillons semblent éclore dans mon estomac. Est-ce qu'il m'a sauvé pour me violer ici ? « Profiter du butin à lui seul » comme diraient ces rustres ?

Il se retourne et me tend un genre de châle très long. Je ne comprends pas. Il attend que je le saisisse ? Il rougit.

— Euh... Je suis désolé, je n'ai rien de mieux à te prêter... Pour remplacer tes vêtements...

Je baisse le regard et je réalise alors que je suis effectivement pratiquement nue. Ils m'ont enlevé mon pantalon et déchiré mon haut sur la poitrine. À mon tour de rougir. Je cache, dans un réflexe vain et tardif, ma poitrine exposée et me plie sur mes cuisses. J'attrape le châle et l'enroule aussitôt autour de mon corps.

— M... Merci.

— Reste ici, s'il te plaît. Personne ne viendra te faire du mal.

Le colosse s'apprêtait à repartir. Un pincement pique mon cœur. Est-ce parce que je redoute de retrouver l'insécurité et l'obscurité ? Je tends la main.

— Non, ne pars pas. J'ai peur.

Qu'est-ce que je raconte ? C'est un ennemi, un barbare ! Quel réconfort y a-t-il à récupérer auprès de lui ? Il se retourne, revient sur ses pas et se dresse comme une montagne, à la fois majestueuse et rempart naturel.

— Je reviens très bientôt, souffle-t-il d'une voix paisible.

— Dis-moi au moins ton nom.

Un sourire timide, mais si chaleureux qu'il me fait fondre malgré le froid qui glace mes os.

— Wolf.

Wolf... La porte se referme et je roule sur le lit, emmitouflée dans son châle. Je fourre mon nez dans le tissu, à la recherche de son odeur, de son essence. Wolf... repensé-je encore avant de m'endormir.

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