I-

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Howlwraï était un magicien, pas un sombre nécromancien voulant soumettre le monde à la noirceur de ses obscurs désirs ni un mage bienfaisant agissant pour la lumière, en bref l’idée d’un « bien ». Non, Howlwraï était un sorcier sans réelle préférence. Il s’était, comme la plupart de ses congénères, d’abord découvert un don pour la magie et, se plaisant sur cette voie, avait décidé de se trouver un maître afin d‘avancer sur le chemin de l’apprentissage des arcanes magiques. Il s’est alors présenté à quinze ans au Palais Royal et demanda à la magicienne de la cours de le prendre sous son aile. La vieille magicienne décida de le prendre comme apprenti à condition qu’il signe un contrat magique :

Ce jour là, Isard Howlwraï prêta serment d’obéir à la voix de sa nouvelle maîtresse jusqu’à la mort de l’un des deux signataires du contrat. Une marque apparu alors sur son torse.

Une violente douleur transperça sa poitrine : le pacte allait sceller le reste de sa vie libre dans la douleur.

Isard se réveilla dans son lit, cela faisait dix-neuf ans qu’il souffrait, il avait espéré que son ancienne maîtresse meure de vieillesse mais celle-ci avait trouvé un moyen de rester en vie, son contrat resterait en vigueur. Pendant tout ce temps il était resté sous la montagne, c'était le seul endroit où il pouvait se sentir en sécurité. Les suppôts de la sorcière royale surveillaient le ciel, la terre.

Mais jamais le monde souterrain. Isard avait de toute façon, au cours des années, trouvé des moyens de se cacher plus profondément encore. Il marcha, le pas mal assuré, vers la glace, ses cheveux longs tombaient en cascade sombres et de grandes cernes pendaient à ses yeux injectés de sang; il poussa un grognement. Il se dirigea vers son laboratoire, la douleur à sa poitrine le lançait terriblement. Il alla allumer une lampe à huile, une petite flamme jaillit de son doigt et mit feu à la mèche huilée.

La lumière dévoila une grande salle où un nombre d’objets incroyable s’assemblait dans le chaos le plus total. Des alambics dégoulinaient sur des grimoires à moitié fondus, des amphores s’entassaient dans un coin, des poudres luisaient d’un rouge malsain, des crânes divers étaient accrochés aux murs qui n’étaient rien d’autre que l’intérieur de la montagne. Howlwraï se dirigea vers une petite cloche en verre abritant un curieux mécanisme combinant horlogerie et tuyauterie lilliputienne, de petites pompes étaient actionnées par des engrenages, le sorcier approcha sa tête du mécanisme et regarda avec attention; sa face déformée par l’effet de la cloche de verre. Il prit un petit verre qu’il plaça sous le robinet de la machine et une goutte d’un liquide bleu coula dans le récipient. Il l’avala d’une gorgée et frissonna : la marque faisait désormais moins mal.

Il sortit du laboratoire et alla se faire couler un bain, il se déshabilla et rentra dans l’eau chaude son corps se détendit. Isard regarda le rebord de la baignoire rouillée et soupira, il fallait mettre un terme à sa vie de souffrance, il n’éprouvait pas de haine particulière à l’égard de son ancienne maîtresse mais tout cela était en grande partie de sa faute. Il allait en finir; or le seul moyen était de tuer la magicienne. Il lui fallait pour cela quitter la montagne et atteindre la capitale, cela lui était impossible sans se faire repérer au préalable. Il avait quitté son domaine souterrain plusieurs fois déjà, en empruntant des rivières souterraines. Il s’était mêlé à la foule dans les villes, déguisé. Il sortit du bain d’un bond, se sécha et s’habilla. Il avait une idée, il descendit de long escalier sombre et se retrouva dans une salle immense dotée de grandes colonnades. Les parois de la grotte étaient percées de milliers de petites galeries. Howlwraï fit un mouvement de la main et les les flammes des brasiers se rallumèrent. Il siffla longtemps du grave vers l’aigu et petits êtres de couleur belge sortirent des galeries, d’abord une centaine puis des milliers. Ils n’avaient pas de cou,

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