54. Antoine

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Chris finit par revenir. Il a l’air moins apathique que tout à l’heure. On parle un peu en évitant le sujet qu’on a sous les yeux. Pas trop galère les aller-retours à l’hôpital ? Et mes parents ça a été ? Et il paraît qu’Ariane est là aussi ?

— Bah oui, tu peux l’appeler je pense.

— Elle dort chez toi ? Je pensais rentrer ce soir mais on ne se croise pas souvent…

— Non, elle a pris un hôtel. J’imagine que tu voudras squatter chez moi ce soir du coup ?

Il est hésitant, je sais qu’il est encore moins sociable que moi, ça risque d’être gênant.

— Si ça te dérange pas, effectivement…

— Non, non t’inquiète…

— Cool, j’appelle Ariane et je te tiens au courant du coup.

Je vais dans le couloir. Par je ne sais quel miracle vaudou, j’ai un numéro d’enregistré à son nom dans mon téléphone. J’ai quand même largement le temps de douter du numéro avant qu’elle ne décroche.

— Allô ?

— Oui, salut Ariane, c’est Antoine.

— Ah, la fourmi ! Qu’est-ce que tu racontes ?

Jeu de mot de longue date sur le fait qu’Ant’ ça veut dire fourmi en anglais… Je n’ai jamais vraiment trouvé mieux comme surnom donc j’ai fini par me faire une raison.

— Je suis sur Paris pour voir Alice. Ça fait longtemps qu’on s’est pas vu, tu vas bien ?

— Je fais aller oui, un peu crevée…

Comme d’habitude, mais c’est pas comme si être fatiguée l’empêchait d’être une vraie tornade. On la surnomme la fusée de temps en temps, ça l’énerve beaucoup mais faut avouer que ça lui va bien.

— C’est parce que tu bouges trop pour bien dormir !

J’enchaîne avant qu’elle ne puisse protester, il n’y a presque pas de décalage horaire avec l’Afrique mais le voyage prend quand même toute une journée et si elle a dû gérer les parents pendant la semaine, c’est normal qu’elle ne soit pas fraîche :

— Et sinon, tu manges où ce soir ?

— J’ai rien prévu, tu veux faire un resto ? Il y a un Corse tout près de mon hôtel qui a l’air cool, c’est vers Gare de Lyon.

— Ça me va, c’est quoi ton hôtel ? Il y a Chris ici et j’aimerais autant te rejoindre tout de suite pour le laisser tranquille.

— Hôtel Chambon, chambre 122, dis-moi quand t’es en bas. A toute !

Une minute plus tard, je suis de retour, Chris s’est réinstallé à côté d’Alice et réactive son ordinateur.

— Je retrouve Ariane pour manger ce soir, on ira sans doute se poser dans un bar après pour discuter et se changer un peu les idées, tu voudras venir ?

— Heu… je ne suis pas très chaud non, désolé.

— Ouais, je m’en doutais un peu. N’hésite pas à nous prévenir si tu changes d’avis, et à ce soir du coup, je serai là entre dix et onze heures je pense. Ça te va ?

— Ouais pas de souci, à toute.

Je vérifie que j’ai bien son numéro et j’y vais.

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