Ne pas pleurer

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En PACES, j'ai pleuré trois fois.

La première suite aux résultats de ma première colle. 654 sur 800. 1ère confrontation à la réalité. Le temps de révision ne veut rien dire. Pour être bon, il faut de la méthode et la méthode clairement, je ne l'avais pas. Chaque jour, un peu plus je me noyais dans les cours.

Ce soir-là, lorsque j'avais reçu le mail m'annonçant mon classement, j'avais été plus terrifiée que déçue. Parce que pour la première fois, je prenais conscience qu'il était possible que tout ce que je faisais ne servait strictement à rien. Et la lycéenne que les bonnes notes avaient toujours sauvée ne pouvait pas le concevoir. Alors loin de me dégoûter, ce classement m'avait poussé à redoubler d'assiduité dans mes révisions.

La deuxième fois où les émotions m'ont submergé c'était un soir du jour de l'an. J'avais passé toute la journée, toute la semaine et les derniers mots à réviser. Le craquage a eu lieu exactement au moment où mes parents sont partis rejoindre leur ami pour le réveillon. Je me souviens vaguement des banalités qu'ils m'ont dit avant de partir, de mon sourire rassurant et de la clé qui se ferme dans la porte d'entrée. Une nouvelle fois, j'étais prisonnière de mes révisions. Et là, dans l'entrée, un stabilo à la main, je m'étais mise à pleurer comme je n'avais jamais pleurer auparavant.

D'ailleurs, j'avais oublié mais ce fameux soir compte double. Suite à ce premier craquage, je m'étais replongé dans mes révisions, évidemment. Et à minuit, j'avais reçu un appel. Vous savez, le genre d'appel que vous détestez, celui où quand vous décrochez vous entendez une dizaine de voix hurler "bonne année". Eh oui, ce n'est pas parce que vous avez mis votre vie en pause, que vos amis ont arrêté de vivre. De nouveau, mon cerveau s'était embrouillé et les larmes avaient coulées : eux étaient tous ensemble et moi, j'étais toute seule en train de réciter les différents écosystèmes aux noms barbares : rhizoïde, bromeliaceae ou fabacae.

La troisième fois où j'ai pleuré, c'était quelques jours avant mon dernier concours. A table, en face de ma mère, alors qu'elle n'avait rien dit de particulier, alors que je n'avais jamais été aussi proche de la fin, j'avais planté mes yeux dans les siens et les mots m'avaient échappé :

"Et si je rate, tu m'en voudras ?"

Evidemment, ses paroles avaient été rassurantes. Mais moi, le seul discours que j'entendais c'était celui de ses yeux qui se remplissant de larmes me confirmait ce que je savais déjà. Evidemment qu'elle sera déçue.

Et puis, il y a toutes ces fois où je n'ai pas pleuré alors que j'aurai dû. Toutes ces fois, où mes émotions ne sont même pas parvenues à mon cerveau et sont allés directement nourrir le monstre qui désormais m'empêche d’avancer.


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