You should see me in a crown

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À peine mon père le roi d'Inglend mort, que les cloches sonnèrent dans tout le royaume.

Ding. Ding. Ding.

Ce son était comme une mélodie à mes oreilles.

Habituellement après les cloches, on entendait des sujets dire en cœur: "Le roi est mort, vive le roi". Mais cette fois-ci personne ne sut quoi dire car mon père n'avait qu'une fille déjà mariée. Or, un conseiller de la cour eut la brillante idée de faire de mon époux le nouveaux souverain et de le sacrer dans les heures qui suivirent le décès de mon père.

Bien sûr j'étais relayée au second plan, femme que je suis. Et la haine envers mon époux produisit un brasier ardent en moi. Je le détestais lui et ses idées de s'étendre vers l'Est. Lui qui insultait sans arrêt mon père de roi passif.

Je le détruirais un jour ou l'autre.

Je les détruirais tous. Tout ceux qui m'ont prise pour du bétail, tout ceux qui maudissaient ma mère pour n'avoir enfanté que seulement une fille.

La mort de mon père ne m'attrista pas plus qu'un chagrin. Au contraire, elle m'offrait une occasion de prendre le pouvoir une fois pour toute. A vrai dire j'avais déjà tout préparé, c'était à en croire même que j'avais prévu sa mort. J'avais même rassemblé une garde personnelle nommée l'araignée, au cas où la garde royale tenterait de m'arrêter.

Alors que mon regard se perdit sur le cadavre froid de mon père, mon mari apparut derrière moi et me pris par le bras.

- Viens, mon amour. Tu dois être la plus jolie possible pour mon sacre.

- Je ne suis pas un objet que tu peux exposer. Protestais-je.

- Très bien, alors présentes-toi à nos futurs sujets dans cet état. Cette robe ne convient pas à un couronnement.

- Nos sujets? Répliquais-je fermement.

Il repartit de la pièce, sachant que je me débrouillais toujours pour avoir le dernier mot. Mais il avait raison sur un point, je devais trouver une tenue plus convenable pour mon sacre. J'ai eu alors la bonne idée d'aller chercher dans les appartements de mon père son armure royale. Une fois trouvée, j'enfila alors le plastron en argent. Il était très lourd, mais il fera de moi une femme forte et imposante qui impressionnera l'assemblée.

--

Le sacre n'allait pas tarder, et je m'étais débrouillée tant bien que mal pour m'habituer à marcher avec une armure. Ma garde personnelle m'attendait juste à l'entrée de la cathédrale et fut étonnée par ma nouvelle tenue. L'un d'eux essaya même de m'aider en me tendant son bras que je repoussa aussi tôt.

Le pseudo futur roi portait une lourde cape brodée de symboles de notre royaume, ironique pour un homme qui crachait autant dessus. Ses yeux océan me toisèrent, je ne le supportais définitivement pas. Il insista sur l'armure que je portais alors que j’avançais vers lui d'un pas décidé.

- Que fais tu habillée comme cela? Une armure? C'est ridicule...

- Et encore. Ricanais-je. Tu devrais me voir avec une couronne !

Sur ces mots j'ai sortit une dague incrustée de diamant des plis de ma robe. Et l'araignée suivit les ordres que je lui avais précédemment donnée: elle fondit sur les membres qui avaient participés au conseil extraordinaire et avaient votés en faveur du sacre de mon mari... ou feu mon mari... A présent le sang qui continuait de s'écouler par sa gorge entachait ma robe bleue. Ses râles d'agonie étaient couverts par les hurlements indignés de la foule. Je me mordis la langue de satisfaction, mon heure était enfin venue. Je me baissa pour ramasser la couronne que le prêtre avait fait tombé. Cette tiare d'or et de saphir se posa délicatement sur ma tête. Un léger ricanement s'échappa de ma bouche car le pseudo roi était à présent dans l'incapacité d'insulter mon royaume et de me contester.

- Ton silence est ce que je préfère. Dis-je à son cadavre.

Puis je me tourna vers la foule qui tentait de s'échapper par les portes principales du bâtiment que j'avais pris soin de fermer.

- Regarde moi depuis l'enfer les faire se prosterner un par un! L'araignée! Criai-je à travers la salle.

Mon armée, après avoir tué chaque conseillé, s'avança dans un bruit lourd de métal, leurs épée ensanglantées. Chaque homme et chaque femme présent s'agenouillèrent, terrifiés par cet élan de terreur. J'aimais vraiment la manière dont ils criaient tous, j'en voulais plus. Et d'un signe de tête j'ordonna à ma garde de les exécuter tous, sans remords.

Du sang couvrait le mur de marbre, les cadavres jonchaient le sol en bois, et un silence morbide s'installa dans la cathédrale.

Je me tenais debout du haut des marches de l'estrade, satisfaite par cette journée de sacre. L'araignée se prosterna devant sa nouvelle reine, et l'ensemble du royaume ne tardera pas à faire de même.

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