6.2. L'avant-soirée

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Aldrick repassa tout en revue. Il circula dans les différentes pièces de sa maison, vérifia que chaque objet fut à sa place. Des serpentins décoraient le salon et la salle à manger dans une ambiance festive, des verres attendaient patiemment les convives et les boissons étaient au frais. Tout était prêt et il se félicitait pour son organisation millimétrée. S'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'était de préparer ce genre d'événement à la dernière minute. Il avait consacré la journée entière à tout mettre en place pour ce moment tant attendu. Cette soirée représentait beaucoup à ses yeux. Aldrick espérait de tout pouvoir concrétiser un de ses souhaits durant celle-ci.

Un coup d'oeil à l'horloge lui indiqua qu'il était 18h23. Son invitée ne devrait plus tarder. Aldrick dressa la petite table de sa cuisine, loin des décors de fête dressés dans les autres pièces. Il plaça une bougie au centre qu'il alluma avec son briquet et vérifia la cuisson des lasagnes au four, faites maison.


Lorsque la sonnette retenit, le blond prit une grande inspiration. Il attrapa la rose rouge achetée au petit matin et accueillit sa privilégiée.


« Pour une fois dans ma vie, je ne suis pas arrivée en retard ! »


Aldrick esquissa un sourire à cette remarque. Il détailla alors ce joli brin de femme devant lui. Elle portait une robe noire au décolleté échancré et aux manches en dentelle. Le contraste avec sa peau faisait ressortir son teint doré par les longues heures passées au soleil. Elle sentait le sel de la plage de Santa Monica avec une pointe de jasmin, sans oublier ses yeux bleus dont les nuances s'apparentaient à la kyanite. Une si belle créature méritait toute l'attention du monde.


« Bonsoir Houna, joyeux anniversaire. »


Il lui présenta la fleur. Houna leva la tête et un sourire radieux étira ses lèvres.


« Waw, merci, elle est belle, répondit-elle, toute chose.
— J'ai cru comprendre que tu arrivais souvent en retard, alors c'est moi qui te remercie. Ca me fait plaisir de savoir que tu as fait de ton mieux pour être à l'heure. »


Elle lui adressa un regard en biais, mutine.


« Il paraît que tu cuisines comme un dieu, alors je me disais que je ne pouvais pas rater ça. »


Aldrick s'esclaffa tout en l'accompagnant à l'intérieur.

Il lui proposa de se mettre à l'aise. Ils s'installèrent dans la cuisine et burent un verre de champagne avant de déguster le repas.


Au départ quelque peu sur la réserve, les deux jeunes gens se détendirent. Aldrick perçut les quelques regards qu'elle lui portait et n'hésita pas à la complimenter lorsque l'occasion se présentait, entre deux boutades.


« Ha ! C'était super bon ! J'ai tellement mangé que mon bidou va exploser ! plaisanta Houna en se tapotant le ventre.
— Il reste encore le dessert.
— Hm. De quoi s'agit-il ? Je pourrais peut-être faire un peu de place... minauda-t-elle.
— Du tiramisu au speculoos.
— Au speculoos ? Ca m'intrigue, ça !
— Super, tu me diras ce que tu en penses. »


Le jeune homme se leva pour prendre les assiettes vides sur la table et les disposer dans le lave-vaisselle.


« Tu veux de l'aide ?
— Non, ne te tracasse pas, c'est ta soirée. »


Houna n'hésita cependant pas à prendre le plat et le déposer sur l'évier. Lorsqu'Aldrick voulut reprendre le contenant pour le ranger, elle laissa volontairement ses mains traîner sous les siennes avant de le lâcher.


Malgré l'innocence qui perçait à travers son regard, Aldrick devina sa parade. Sentir la chaleur de sa peau sous ses doigts éveilla les papillons dans son ventre. Leurs regards s'accrochèrent, comme un ralenti. Il répondit d'un simple sourire en coin tout en rangeant la vaisselle.


« Comment ça s'arrange avec Spencer ? demanda-t-il pour couper le silence entre eux et éclaircir le flou autour de leur relation.
— Il peut aller se faire foutre, dit-elle en baissant les yeux. Il voudrait que j'arrête de chanter, alors qu'on vient juste de décrocher un contrat. Ca le saoule que je fasse des concerts, mais ça risque pas d'aller en s'améliorant... Du coup, je vais me casser, ça vaudrait mieux pour tout le monde.
— Tu pourras compter sur ton groupe pour te soutenir. Hayden et Edvin n'attendent que ça, ils en ont marre de ce mec. Et je pense également que tu mérites mieux... »


Aldrick referma la porte du lave-vaisselle et se tourna à nouveau vers Houna dont les yeux parcouraient le plan de travail, songeuse.


« Hé Houna, l'interpella-t-il doucement, tu n'as pas besoin d'un pauvre type comme lui dans ta vie, d'accord ?
— Oui, tu as raison, souffla-t-elle en relevant la tête.
— Et si tu as besoin d'aide, ou de quoi que ce soit, n'hésite surtout pas.
— Merci... Aldrick. »


Il s'avança d'un pas, réduisant la distance entre leurs deux corps.

Houna détailla son visage, comme si elle désirait imprégner ses traits sous ses paupières. Elle patientait. De même pour lui, il avait longtemps attendu cette occasion tant espérée. Entre leurs œillades, les attentions particulières qu'ils offraient l'un à l'autre et cette étincelle chaque fois qu'ils se frôlaient, il naissait un sentiment particulier derrière cette osmose.


« Si Spencer te fout dehors, ou que tu décides de partir et que tu cherches un endroit où crécher... Tu es toujours la bienvenue chez moi. Ma porte est toujours ouverte. »


La jeune femme laissa planer ce léger silence, savourant cette timidité qui flottait dans l'air.


« J'y penserai, murmura-t-elle sans le quitter des yeux.
— Dès ce soir, si tu veux... » insinua-t-il, l'estomac noué.


Un léger sourire illumina Houna et ses yeux brillèrent d'une lueur malicieuse. Aldrick se pencha alors vers elle, lentement. Leurs lèvres s'effleurèrent, leurs souffles se perdirent sur leurs visages. Il ferma les yeux et sa bouche se posa délicatement sur la sienne.

Leur baiser fut profond, langoureux. Le Sen'nyu Futae enveloppa la blonde de ses bras, l'attirant tout naturellement contre lui. À son tour, elle posa les mains sur lui, laissant courir ses doigts sur son torse. Aldrick gémit de plaisir contre sa bouche et raffermit son emprise sur elle, fiévreux et impatient. À bout de souffle, il dût cependant mettre fin au baiser.


Front contre front, ils restèrent là, immobiles, à profiter de leur ivresse. Aldrick aurait voulu profiter de ce moment, seuls, avant l'arrivée des invités,mais l'heure avançait dangereusement. Aussi ne voulait-il pas prendre le risque d'être découvert lorsque le premier invité viendrait. Chaque chose en son temps, pensa-t-il. Il aurait tout le loisir de profiter de cette intimité avec elle, plus tard.


« Prête à goûter mon tiramisu alors ? » Glissa Aldrick tout en enfouissant son visage dans son cou.


Elle rit et ils reprirent place à table. Aldrick lui présenta le dessert quand son téléphone portable vibra frénétiquement dans sa poche.


« Allô ?
— Ouais, gros ! C'est moi, je suis devant ta porte.
— Jal' ? » se surprit Aldrick.


Il quitta Houna en s'excusant et ouvrit à son ami.

Jalmani entra tel une tempête dans la maison. Il râla contre son téléphone qui ne cessait de sonner et le mit en silencieux pour être tranquille. Il stoppa sa course dans le salon, entre les banderoles multicolores "Happy Birthday" et les canapés garés le long du mur.


Décontenancé, Aldrick le suivit dans la pièce.


« Il paraît que tu ne veux pas que Dréogène vienne ? » Fustigea Jalmani sans préambule.


Ébahi, son interlocuteur ne sut quoi répondre, mais Jalmani ne lui en laissa pas l'occasion non plus.


« Pourquoi t'es comme ça avec elle ? Qu'est-ce qui te prend à vouloir la rabaisser tout le temps ?
— Jal, s'il te plaît, baisse d'un ton, voulut-il le calmer. On ne va pas en parler maintenant. Une prochaine fois, tu veux bien ?
— Pourquoi ? Qu'est-ce qui te fait peur ?
— Jal, c'est pas le moment, répondit Aldrick d'un ton ferme.
— Tu as peur qu'elle grille ta couverture ? Alors je vais te dire deux choses : de un, Dréogène y arrivera parfaitement, secundo...
— Elle arrivera parfaitement quoi ? »


Derrière Aldrick, la copie-conforme de Dréogène apparut. Sa voix cristalline provoqua des sueurs froides chez Jalmani. Il la dévisagea comme s'il s'agissait d'un fantôme, ses yeux prêts à sortir de leur orbite. En venant chez Aldrick, il ne s'attendait absolument pas à se retrouver face à la double de sa meilleure amie, mais maintenant qu'il la voyait pour la première fois, il se rendit compte à quel point cette jeune femme était rayonnante. Sa personne dégageait une certaine sérénité, une assurance désinvolte qui vous donnait envie de l'épier rien que pour son attitude pétillante.


« Euh... Houna ? » Articula-t-il, complètement déboussolé.


La jeune femme acquiesça avec un grand sourire.


« C'est bien moi.
— Je... J'ai... Enchanté ! »


Jalmani se reprit et exécuta une légère courbette qui fit rire Houna. Aldrick cependant conservait une expression sérieuse et crispée, les bras croisés sur la poitrine.


« Je ne savais pas que tu étais accompagné, se justifia le Sen'nyu Futae à l'attention de son ami.
— Jal, je ne préfère pas que Dréogène vienne...
— Pourquoi pas ? Demanda Houna dont la portée de la conversation échappait.
— Oui, pourquoi pas ? Enchérit Jalmani, innocemment.
— Parce que... on fête l'anniversaire de Houna aujourd'hui. Et Dréogène ne fait pas partie de ses amis...
— Ca ne me dérange pas qu'elle vienne, certifia-t-elle. Invite-la, je serais super heureuse de la rencontrer. », précisa Houna à Jalmani.


La blonde lui lança un clin d’œil tout en prenant la main d'Aldrick, comme pour le rassurer. Elle posa sa tête contre son épaule, mais le jeune homme se recula pour éviter ce rapprochement devant son ami.

La scène n'échappa à Jalmani. Il se pinça les lèvres en hochant la tête d'un air entendu.


« Bon ! Super alors, on se revoit plus tard ! »


Jalmani se fit une joie de sortir et de passer devant Aldrick, victorieux. Il vit son ami le fusiller du regard, mais ignora superbement son expression courroucée. En passant la porte, il attrapa son téléphone. Au même moment, il recevait un énième appel de Dréogène. Il décrocha tout en descendant les marches du perron.


« Allô Dréo ? Dis, tu as une robe noire avec des manches en dentelle ? »

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