Samuel

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Depuis tout petit, Samuel était habitué au grand air. Il aimait partir se promener en forêt, souvent seul, pour pouvoir profiter de la nature. Par la suite, ses parents avaient déménagé en ville et il avait vite dépéri. Il n'avait pas supporté cette vie trépignante, ce flagrant manquement au respect de la nature, cette pollution incessante. Alors, ses parents avaient décidé de le laisser à la campagne, chez sa grand-mère. Il y était resté et s'était marié avec la fille de la voisine de sa grand-mère.

Il se revit à l'âge de huit ans en train de partir en vélo pour faire une randonnée en forêt. Il était parti tôt le matin sous un soleil radieux mais malheureusement, le temps avait tourné. Le ciel s'était couvert de nuages noirs menaçants et Samuel s'était trop avancé, il ne pouvait pas faire demi-tour. Alors il préféra se mettre à l'abri dans une grotte attendant que la tempête qui s'était levée s'arrête. Il fut retrouvé le lendemain, à la limite de l'hypothermie, recroquevillé en larmes dans la grotte. La nuit avait horrible avec la tempête terrible. Jamais il n'avait pu oublier le bruit du vent dans les arbres, un gémissement incessant, comme si des milliers de fantômes chantaient un complainte sinistre.

Il se retrouva dans cette grotte, seul à nouveau et regarda le petit garçon qu'il était à l'époque grelotter de froid et d'appréhension. Par moment, il se bouchait les oreilles pour ne plus les entendre. Puis tout se brouilla et il se retrouva entouré d'arbres, dans un chemin boueux et sinistre. Il savait où il était. Il connaissait ce lieu depuis tout petit mais il lui était devenu impossible d'y remettre les pieds depuis le drame.

Il se mit à trembler de peur. Il ne devrait pas se retrouver là, pas après tout ce qu'il s'y était passé. Il aperçut le monticule de terre et il s'écroula par terre, n'osant s'avancer plus. Son pire cauchemar se matérialisa devant lui. Il vit la terre s'écrouler petit à petit de dessus du monticule. Quelque chose essayait d'en sortir, quelque chose qu'il savait être humain. Des doigts firent alors leur apparition, puis toute la main. Il pouvait voir les ongles vernis de violine. Sa couleur préférée… Il voulut hurler mais aucun son ne sortait de sa gorge. Il ne pouvait s'empêcher de croire que ce n'était qu'un cauchemar, un horrible cauchemar. Il se mit à reculer et son pied dérapa.

Il tomba de tout son long dans une fosse, qui n'était pas là avant, il s'en serait aperçu. Le trou était profond et s'adaptait pile à sa taille et à sa corpulence. Un tombeau. Il venait de tomber dans son propre tombeau. Il entendit quelque chose racler contre la terre glacée. Avant même de l'apercevoir, il en reconnut le bruit. Une pelle que l'on faisait traîner. Une pelle pour l'engloutir de terre. La terreur le terrassa et il essaya de se relever mais impossible. L'étroitesse de la fosse l'empêchait de se relever. Il entendit la pelle racler la terre et la première jetée lui tomba en plein dans le visage. Il allait être enterré vivant ! Il se pinça à plusieurs reprises, essaya de crier tant qu'il pouvait mais toujours aucun son… Rien n'empêcherait la fin inéluctable qui l'attendait. Il se mit à pleurer comme le petit garçon qu'il avait été lors de cette nuit de tempête. Il savait pourquoi on lui faisait vivre ça, il le savait sans pour autant comprendre comment ça pouvait lui arriver. Peu à peu, il fut recouvert et sa bouche suffoqua sous la pression de la terre. Il n'en avait plus pour longtemps. Il allait mourir étouffé. Lorsque tout fut noir, il sombra dans une nuit infinie.

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