Pierre

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Pierre

Pierre adorait les chats depuis qu'il était tout petit. Il ne savait pas vraiment d'où cela lui venait. Certainement pas de ses parents qui en avaient une totale horreur. Ils avaient toujours été ses seuls amis. C'était tellement plus facile de parler à des animaux qu'à des humains qui n'avaient de cesse de vous juger. La famille de Pierre était pauvre, même on pouvait dire misérable. Mais au départ, vu qu'il n'avait connu que ça, cela ne lui posait pas problème. Non, les problèmes vinrent plus tard, au moment de l'école. Il n'avait pas les dernières tenues à la mode, ne connaissait pas les chanteurs du moment. C'est à ce moment là qu'il se rendit compte qu'il vivait dans un monde différent. Il avait alors demandé à ses parents si il pouvait prendre un petit animal mais ils avaient refusé, arguant avec raison, que ce serait une bouche de plus à nourrir et à soigner, et qu'ils ne pouvaient pas se le permettre. Un froid matin de décembre, il se promenait au bord de la rivière lorsqu'il vit une voiture s'arrêter et un homme en descendre et jeter un sac poubelle. Il aurait juré avoir entendu quelque chose. Le sac passa près de lui et cette fois-ci il entendit nettement des miaulements. L'ordure avait jeté des petits chatons pour les noyer. Il réussit à les sauver à l'aide d'un gros bâton et à les ramener sur la berge. Heureusement, ils étaient tous vivants. Mais il savait qu'il n'avait pas le droit de les ramener chez lui. Alors il les ramena dans une vieille cabane qu'il avait trouvé et où personne ne venait. Il prendrait soin comme il pourrait de ses petits dons du ciel. Ils étaient au nombre de cinq, tous de couleur noire et les yeux verts. Ils étaient absolument magnifiques.

Tout se passait bien jusqu'au jour où un de ses tortionnaires habituels avec ses amis le suivirent jusqu'à la cabane. Ils attrapèrent les chats pour les jeter dans la rivière. Ils furent très vite emportés sous les rires des trois comparses. Pierre fut pris d'une rage terrible. Il attrapa une branche d'arbre et se mit à frapper le premier garçon de toutes ses forces. Les deux autres essayèrent de l'arrêter mais ils eurent le même châtiment. Il traîna leurs corps inconscients jusqu'à la rivière et les balança dans le courant.

Il fit une prière pour ses chats adorés, qu'il retrouva le lendemain vivants et en bonne santé. Ils avaient réussi par leur propre moyen à rejoindre la berge. Il y vit un signe divin.

Bien sûr, une enquête fut ouverte suite à la disparition des trois garçons, tous de bonne famille. Les parents jurèrent qu'ils n'avaient pas pu fuguer, qu'il leur était arrivé quelque chose de grave. La suite malheureusement leur donna raison. Les trois corps furent retrouvés plus en amont de la rivière. L'autopsie révéla qu'ils étaient morts par noyade mais surtout à cause des coups qu'ils leur avaient été portés à la tête. Sous la pression des parents, tout le monde fut interrogé, une longue et laborieuse enquête s'en suivit mais jamais ils ne surent la vérité. Et bien entendu, Pierre n'avait rien dit, trop heureuse de s'être débarrassé de ses tortionnaires à l'école et de ces garçons qui n'aimaient pas les animaux.

Ils s'appelaient Thomas, Jordan et Ryan et ils n'avaient que dix ans. C'était bien trop tôt pour mourir.

Pierre se retrouvait à nouveau devant la rivière et il revit à nouveau ses chats si précieux se noyer encore et encore. Ses pieds étaient collés au sol, il ne pouvait pas leur porter secours. Il vit aussi son chien Cerbère se débattre dans l'eau et il se mit à hurler, pas lui, son compagnon de toujours, son seul ami. Il ne pouvait pas finir ainsi. Il réussit à décoller ses pieds et à se lancer dans la rivière en furie tandis que les trois garçons de l'autre côté de la rivière, le crâne ensanglanté le regarder en le pointant du doigt, un sourire mauvais sur les lèvres. Le froid le saisit tellement sur le coup qu'il faillit s'évanouir de douleur. Il se sentit ballotté dans la rivière, coula à plusieurs reprises, peinant terriblement à reprendre sa respiration. Il sentait par moment les rochers lui déchiqueter les chairs. La sensation était atroce. Et toujours les trois garçons le regardaient moqueurs. Le courant devenait de plus en plus fort et il savait pourquoi. Un peu plus loin, il y avait la cascade et les nombreux rochers en contrebas. Il n'avait aucune chance, comme ceux qu'il avait condamné à mort en son âme et conscience. Il essaya de s'agripper à quelque chose, un rocher où il s'arracha la peau des mains, une branche d'arbre qui lui entailla le visage et toujours de plus en plus il se rapprochait de la cascade, il pouvait en entendre le rugissement foudroyant. Alors, il regarda une dernière fois les trois garçons qui suivaient sa progression au fur et à mesure et plongea, n'essayant plus de se débattre. Après tout, il méritait ce qui lui arrivait. Il les avait tués de sang froid. Toutes ces années, il revoyait chacune nuit leurs visages apeurés. Ils avaient voulu tuer des chats, lui avait tué des êtres humains, des enfants innocents. Il méritait leur châtiment.

Avant la chute mortelle, il ne cessa de fixer les visages des enfants. Puis il plongea la tête la première. Et il sombra dans le noir.

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