Léo

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Léo

Les étoiles dansent.

Ce fut la cloche de l'église qui me réveilla. Je regardais mon réveil, il était une heure du matin. Cela ne faisait que deux heures que je dormais. En soupirant, je mis mon oreiller sur mes oreilles mais en vain. Le son était trop puissant. J'ai entendu tambouriner contre ma porte et en pestant, je suis descendu. C'était la vieille dame aux chats, Annabelle. Elle avait ses bigoudis dans les cheveux. Un instant, j'ai eu peur. C'est idiot, je sais, mais il fallait voir sa tête… Je crois que j'ai trop regardé de films d'horreur avec toi… Maintenant, je vois des monstres de partout.

- Annabelle, qu'est-ce qui vous arrive ? Demandai-je la voix encore endormi. Pourquoi cette vieille folle venait me réveiller à une heure du matin ? Même si j'étais déjà réveillé, je sais.

- Venez voir, les étoiles dansent… C'est si beau.

Elle était définitivement folle. Malgré tout, j'ai pris ma veste et je suis sorti. Je n'étais pas le seul, la cloche de l'église avait réveillé tout le monde, ce qui était étonnant étant donné que personne n'y résidait. Elle avait été fermée à clé et les vitraux calfeutrés. Nous avions vite abandonné l'idée de la restaurer. Nous n'avions aucun homme d'église avec nous pour le justifier.

La cloche s'était tue maintenant et je regardai le ciel. Je n'arrivais pas à comprendre ce que je voyais. C'était indescriptible et incompréhensible. La vieille dame n'était pas folle. Les étoiles dansaient dans le ciel. Le terme exact serait qu'elles tourbillonnaient. C'était magique. Je n'arrivais pas à décrocher mon regard de ce spectacle grandiose. Je n'avais pas peur , je me sentais au contraire en confiance. J'aurai tellement aimé que tu vois ça. Mais peut-être le vois-tu toi aussi de là où tu es ?

Le tourbillon s'est alors arrêté net et je ne pus m'empêcher de laisser échapper un soupir de dépit. Je n'étais pas le seul. C'est alors qu'elles se sont remises à bouger et elles sont descendues. Oui, tu entends bien, elles sont descendues. Des étoiles qui rejoignent la terre. Qu'est-que j'aimerai que tu sois là avec moi en cet instant. C'est ce dont tu avais toujours rêvé.

Elles ont touché le sol, comme un feu d'artifice à l'envers. Au début, nous n'avons rien vu puis elles sont apparues. D'abord fantomatiques, puis plus terrestres. Je ne voulais pas y croire, pas encore. C'était si énorme. J'ai su par la suite que le même phénomène avait eu lieu sur la terre en même temps. Notre planète bleue embrasée par des millions d'étoiles. Inimaginable et pourtant…

J'ai entendu des cris de joie, des hurlements surtout et des personnes sont tombées à genoux à terre, en sanglotant. J'ai vu Nathan se pincer plusieurs fois le bras pour être sûr qu'il ne rêvait pas. Puis il a vraiment réalisé. Je ne connaissais pas sa fille, nous n'étions pas dans la même classe mais la ressemblance avec son père était si frappante que je n'ai eu aucun mal à la reconnaître.

Ils étaient revenus, nos disparus étaient de retour. J'espérais que demain, nous ne nous réveillerons pas en nous disant que ce n'était qu'un doux rêve… Ce serait si cruel.

Et puis je l'ai vu et j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter de battre, encore une fois. Elle était là devant moi, accompagné de mon père, encore en tenue d'infirmier. Ils se tenaient la main et me cherchaient du regard. Je n'arrivais même pas à mettre un pas devant l'autre. Je ne pouvais pas croire à ma chance. La chute risquait d'être brutale mais tant pis, je voulais y croire et en profiter tant que je pouvais. Mes pieds se sont reconnectés à mon cerveau et je me suis mis à courir pour me jeter dans leurs bras. J'arrivais enfin à sentir le doux parfum de rose de ma mère. Je n'arrivais pas encore à réaliser. Tout autour de nous, la même scène se déroulait. C'était stupéfiant. Peu après, la pluie d'étoiles s'est arrêtée et le ciel a retrouvé son aspect normal. C'était une belle nuit pour retrouver les siens.

Je suis rentré avec mes parents bras dessus dessous. Nous avions tellement de choses à nous dire que je ne savais pas par où commencer. Nous nous sommes installés dans le salon. Nous nous sommes regardés et nous sommes mis à rire, un fou rire terrible, libérateur de toutes les tensions de ces derniers jours. J'étais à cet instant le plus heureux, il ne manquait plus que toi pour que le bonheur soit parfait.

- Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'il s'est passé ? Demandai-je alors avide de savoir.

- Je me rappelle de l'explosion, de la lueur, l'hôpital qui m'appelle… Je sais que je n'y suis jamais arrivé.

- Oui, confirmai-je, la police a retrouvé ta voiture au bord de la route, dans le fossé. Tu n'étais plus là lorsqu'ils sont arrivés.

- Oui… En fait de ce moment là, je ne me souviens de rien, juste d'une étrange sensation de bien-être. C'est comme si je m'étais endormi et que j'étais resté dans le coma tout ce temps.

- Je me rappelle du tsunami. J'étais en train de dormir et j'ai été réveillée par un très grand bruit, un arbre avait traversé ma fenêtre et j'ai été emportée par le courant. Je me souviens avoir été ballottée dans tous les sens, c'était horrible. Je sentais des objets me heurter, je pense même des corps par moment. Puis un homme m'a rattrapé. Il était perché sur un arbre et a réussi à me faire monter. Je ne cessai de penser à toi, Léo, en priant que tu ais pu être épargné. Mes prières ont été entendues. Je me rappelle que tu as réussi à me retrouver, puis le trou noir. Et comme ton père, l'impression d'être dans une sorte de coma. Jusqu'à ce qu'on réapparaisse ici. D'ailleurs, on est où exactement ? Ce n'est pas notre maison.

- Non, c'est un village qui avait été abandonné. On n'en connaît pas le nom. Après le tsunami et les disparitions, l'armée a pris le relais et nous a emmené ici. On n'est pas très nombreux…

- Tu as eu des nouvelles de Morgane ? Me demanda alors ma mère, soucieuse comme toujours.

- Non, ils avaient retrouvé tous les corps, y compris ceux qui avaient été emportés par la rivière. Mais ils ne l'ont pas encore retrouvé alors il y a toujours un espoir, répondis-je les larmes aux yeux.

- Nous devrions peut-être aller dormir. Nous y verrons un peu plus clair demain, proposa alors mon père. Il avait raison, je dormais debout malgré l'excitation du moment.

Le lendemain, je me suis rué dans la chambre que j'avais laissé à mes parents pour vérifier si cette nuit n'avait pas été un mirage. Celle-ci était vide. J'ai eu un terrible pincement au cœur, oui, j'avais donc bien rêvé tout ça. Je commençais à en ressentir toute la peine lorsque j'ai senti l'odeur de pain grillé en bas dans la cuisine. J'ai descendu l'escalier à toute vitesse et ils étaient bien là, tous les deux et bien vivants. Le soleil radieux à travers les fenêtres rendait l'atmosphère féerique. On aurait presque pu croire que rien n'avait changé, que le monde ne s'était pas arrêté de tourner.

- Bonjour Léo, dit ma mère, en m'embrassant sur le front. J'ai préparé des toasts, il n'y a pas grand-chose à manger. J'imagine que la nourriture, avec ce qu'il s'est passé, doit être rationnée.

- Oui, c'est ce que nous ont laissé les militaires. On ne sait pas quand est-ce qu'ils vont revenir, expliquai-je, alors on fait très attention, d'autant plus que maintenant, avec votre retour, nous sommes plus nombreux. Et je ne sais pas s'ils reviendront bientôt. Il y a beaucoup de catastrophes climatiques, des tremblements de terre, des tsunamis comme on a eu, des volcans qui se réveillent… On suit les informations par la radio car impossible de capter les chaînes ici ou peut-être même est-ce le cas pour tout le monde… On est un peu coupé de tout, vous allez vite le découvrir.

Plus tard, dans la journée, après avoir revu un Nathan heureux d'avoir retrouvé sa famille, une Annabelle folle de joie de retrouver sa petite fille et tant d'autre, je me suis couché le cœur en joie.

Nous ne savions pas. Nous ne savions que ce n'était qu'un répit avant le pire.

Au dixième jour, l'horreur a commencé. Nous n'étions pas prêts.

Nous ne le sommes toujours pas.

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