Morgane

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Lorsque je me suis réveillée au petit matin, j’ai un moment de panique totale. Je n’arrivais plus à respirer. Vous savez ce que c’est que de ne plus pouvoir vous rappeler qui vous êtes ? Ne serait-ce que votre prénom, celui de vos parents, votre adresse, ce que vous aimez boire le matin, ce que vous aimez manger… Toutes ces choses, j’allais devoir les apprendre à nouveau. A part si par miracle, ma mémoire ne décide à refonctionner un jour.

J’ai entendu des chuchotements entre plusieurs personnes. J’ai reconnu les voix du shérif et du médecin et les autres ne m’étaient pas totalement inconnues. J’ai essayé de faire fonctionner ma mémoire, j’ai leurs noms au bout de la langue mais ça ne vient pas. Elle reste irrémédiablement fermé. J’espère un jour réussir à en trouver la clé. En attendant, c’est extrêmement frustrant. Le médecin est alors entré, seul.

« - Nous n’avons pas eu vraiment le temps de se présenter hier soir. Je m’appelle Richard Paynes et je suis le médecin et le Maire de la ville de Littlestone où tu te trouves à présent. Le vieux monsieur qui t’a trouvé est Pierre, on ne l’appelle plus par son nom depuis très longtemps, je ne suis même pas sûr qu’il soit s’en souvienne lui-même. C’est le plus vieux du village mais il n’aime pas qu’on le lui dise. Donc chut !, se mit-il à rigoler, pour essayer de me détendre certainement, et le shérif Dawson, qui régente notre charmant village. Tu dois t’en douter, nous avons tous été très surpris que Pierre te trouve en vie après une sacrée marche depuis le lieu de l’accident. Tu aurais pu très facilement te perdre cent fois sans réussir à trouver le village. La forêt est très dense, tu as eu énormément de chance. Est-ce que tu te rappelles ce que tu faisais dans ce train ?

- Non. Comme je vous l’ai dit hier, je ne me souviens que de mon réveil dans le train et rien d’autres. Mais j’ai comme l’impression, dîtes moi que je me trompe, que vous en savez un peu plus que moi, tentai-je et j’ai bien eu raison.

- Oui effectivement. Nous devons parler car nous avons découvert ton identité. Mais ce n’est pas pour autant que je pourrais t’en dire plus. Je ne sais pas comment te le dire, alors autant y aller franchement. D’abord, tu t’appelles Morgane Taylor et tu as dix sept ans. Tu es née ici à Littelstone…

- Alors vous avez trouvé mes parents ! c’est génial, m’exclamai-je avant de me calmer face à son air grave.

- Oui, tes parents sont ici, plus exactement dans la pièce à côté. Ils sont très impatients de te revoir tu sais. Bon allez, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je me lance. Tu as disparu il y a maintenant deux ans Morgane. Tu es sortie du lycée dans la ville à côté Brooks, tu as pris le bus pour rentrer à Littlestone. Tu es descendue à ton arrêt comme d’habitude et après plus personne ne t’a revu.

Je l’ai regardé d’un air ahuri, ne pouvant croire ce que j’entendais. Disparue… J’ai disparu pendant deux ans...Alors c’était ça le papier qu’ils regardaient hier, un avis de recherche. Disparue… Qu’est-ce qu’il m’était arrivé pendant deux ans ? Je me mis à penser à plein de choses terribles… J’ai commencé à suffoquer.

- Morgane, regardez moi : inspirez et expirez doucement. Essayer de vous calmer même si je sais que ce n’est pas facile.

- Est-ce… Est-ce que vous êtes sûrs que c’est bien moi ? Enfin… Une photo des fois ce n’est pas évident, même si cela ne fait que deux ans...Tentai-je de croire, même si je savais pertinemment que je me trompais moi même.

- Oui je suis sûr Morgane. Tu as une cicatrice sur ton poignet, que tu t’étais faîte en tombant de cheval et tu as un grain de beauté reconnaissable sur le front, en forme de sablier. Et puis la photo, il n’y a aucun doute possible. C’est bien toi. Est-ce que tu veux rester quelques minutes seule ou je peux faire entrer tes parents ?

- Oui d’accord mais ils savent que je ne me souviens de rien ? Je ne veux pas leur donner de faux espoirs. Même si au fond de moi, j’étais terriblement angoissée. Je ne pouvais m’empêcher de penser au pire qui ait pu m’arriver pendant ces deux années.

Ils sont entrés tous les deux en se tenant la main. C’étaient les deux personnes que j’avais vu dans mon rêve. Mais pour autant, ils ne me parlaient pas. Ma mémoire restait hermétiquement fermée. Ils se sont avancés, l’air très émus. Ma mère avait des cernes noires et un visage si blême. Elle avait du être une belle femme malgré tout avant ma disparition, avec ses longs cheveux blonds qui lui tombaient au milieu du dos et ses yeux verts si magnifiques. Elle était mince, même un peu trop maigre, mais comment lui en vouloir ? Mon père, lui par contre, me faisait une drôle d’impression. Il était imposant par sa stature et son maintien droit, raide. Je pensais alors qu’il devait peut-être être militaire. Il avait comme une lueur de folie dans le regard, je n’arrivais pas vraiment à comprendre, il ne semblait pas particulièrement heureux de me revoir, contrairement à ma mère que je voyais devenir rayonnante de minute en minute. J’aurai voulu leur dire quelque chose, les serrer dans mes bras, paraître heureuse de les revoir mais je ne pouvais pas. C’étaient deux étrangers pour moi, deux parfaits étrangers.

- Bonjour Morgane, commença alors à dire ma mère. Je sais que tu te ne souviens de rien, elle ravala un sanglot, je suis ta maman, je m’appelle Clara. Je suis si heureuse d’enfin te revoir. Tu nous as tellement manqué. A côté de moi, c’est ton papa, Samuel. Je… Je n’arrive pas à croire que tu nous ai revenu… On t’a cherché de partout… Deux ans... »

Elle prit un mouchoir de son sac pour s’essuyer les yeux. Je ne pus m’empêcher d’avoir de la peine pour elle. Comme ça devait être terrible de retrouver son enfant disparu et de s’apercevoir qu’elle n’avait aucun souvenir d’eux.

- Clara, Samuel, Morgane a besoin de repos. C’est un véritable miracle qu’elle s’en soit sortie indemne. Je préfère la surveiller encore aujourd’hui et si bien sûr Morgane est d’accord, elle peut rentrer chez vous ce soir. Peut-être d’ailleurs ce sera une bonne chose pour ta mémoire Morgane. Être dans un environnement familier, ce sera plus simple. On te laisse dormir, profites en pour bien te reposer. »

Ils sont sortis de la pièce, Clara après m’avoir serrée dans ses bras et Samuel juste un petit signe de la main. Je n’arrive pas à les appeler papa maman. Je ne peux pas. Alors pour l’instant, je les appellerai par leurs prénoms. Je sens quelque chose de bizarre avec Samuel. Soit il cache super bien sa joie, soit il cache carrément quelque chose. Je me rappelle alors les paroles étranges de la petite fille à la robe rouge. Un secret que je dois découvrir et le plus gros pourquoi ai-je disparu ? Etait-ce délibérément ? Cherchais-je à fuir quelqu’un, un événement ? Ou m’avait-on enlevé ? Toutes ces questions ne cessaient de me trotter dans la tête, me laissant peu de répit. C’est alors que j’entendis la conversation dans le couloir. Peut-être pensait-il que j’étais endormie et que je ne pouvais pas les entendre.

- Elle ne nous reconnaît pas docteur, pour elle, nous sommes de parfaits étrangers ! s’exclama Clara, la voix chevrotante. Ma petite fille est revenue et elle ne sait même pas qui nous sommes !

- Cela viendra avec le temps. Elle a pris un coup sur la tête qui lui a créé une amnésie temporaire. Sa mémoire va revenir je vous le promets.

- Est-on absolument sûr qu’elle est bien Morgane ? Demanda alors Samuel, d’une voix dure, ce qui fit encore plus sangloter sa femme.

- Comment peux-tu dire ça ? Bien sûr que c’est Morgane ! Je sais bien que tu ne voulais pas qu’elle revienne, pas après la…

- Tais toi, tu m’entends ! Tais toi, !je ne veux plus jamais entendre parler de cette histoire! Plus jamais et cette fille n’est pas ma fille, vous m’entendez, ce n’est pas Morgane ! s’énerva Samuel.

- Mais enfin, comment peux-tu dire ça ! Bien sûr que c’est notre fille !

- Je peux vous proposer de faire un test ADN pour clore le débat même si je rejoins tout à fait l’avis de votre femme. Cette jeune fille est bien votre fille, ajouta le médecin, ne comprenant la réaction plus qu’étrange du père.

- Oui j’exige un test adn. Je suis d’accord pour qu’elle vienne chez nous ce soir, cette jeune fille doit avoir un toit temporaire, surtout avec tout ce qu’il se passe en ce moment. Personne ne devrait rester dehors, dans la rue, seul dans les temps actuels.

J’ai entendu une porte claquer et j’ai supposé que Samuel était parti. Je ne savais plus si je devais rire ou pleurer de ce qui était en train de m’arriver. J’avais perdu la mémoire, mon père ne voulait pas de moi pour une raison que j’ignorais et en plus on me cachait quelque chose. D’ailleurs, la suite de la discussion me donna raison.

- Il faut excuser mon mari, Richard. Il a tellement souffert de tout ce qui s’est passé… Il n’arrive pas à réaliser je pense. Ça passera lorsque Morgane sera chez nous.

- Qu’est-ce que je fais pour le test ADN ? Demanda-t-il indécis.

- Faîtes le, comme ça nous serons tranquilles auprès de tout le monde, y compris la loi. J’ai une question par contre. Vous nous connaissez, vous connaissez notre histoire…

- N’en parlez pas encore à Morgane, uniquement si la mémoire lui revient sinon le choc sera terrible. Il va vous falloir être très patiente avec elle. Tant qu’elle n’aura pas retrouvé la mémoire, ne lui dîtes rien. Je ferai passer le mot dans le village aussi. La situation est déjà assez compliquée comme ça sans en rajouter. Revenez vers 19 heures ce soir, elle sera prête. »

Richard revint dans la pièce et je fis semblant de dormir. Il posa sa main sur mon front, certainement pour vérifier ma température. J’eus le temps d’entendre ce qu’il murmura juste avant de sombrer : « pauvre enfant ».

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