Léo

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Jour 2 : Les disparitions

Léo

Il se passe quelque chose de grave. La Terre ne tourne plus rond, le monde est en train de devenir fou.

Cela fait maintenant deux jours que cette lueur est apparue dans le ciel et que notre monde a changé.

Après les morts, nous avons eu les disparitions pures et simples.

Il est resté de cette étrange explosion une drôle d'impression dans l'air et des aurores boréales ont fait leur apparition dans tous les coins du globe. Ce qui bien entendu, en temps normal est impossible. Les scientifiques disent que le noyau de la terre et le champs de protection ont été durement touchés et que cela aura très certainement de tragiques conséquences par la suite. Enfin rien de bien réjouissant.

Papa n'est jamais revenu. Il a disparu comme tant d'autres avant lui. Personne n'est en mesure de comprendre ce phénomène. Des familles entières ont disparu de leur maison sans rien emporter, certains au moment du repas qui était encore chaud, d'autres carrément à la vue de tout le monde. Ils étaient là et la seconde d'après il n'y avait plus personne. Le phénomène a bien sûr était filmé de nombreuses fois sans qu'aucune explication ne puisse être donnée. Je vis dans la peur terrible comme beaucoup je pense de disparaître moi aussi. Personne ne sait où ils sont, même s'ils sont morts tout simplement. On va devoir vivre ainsi sans savoir. Maman garde espoir, je pense qu'elle se berce d'illusions. Il s'est passé quelque chose de terrible et notre terre va peu à peu disparaître elle aussi. C'est mon opinion et je sais qu'elle est partagée par beaucoup. Je n'en parle pas à maman, elle est assez inquiète comme ça sans en rajouter. Papa n'est plus là, c'est à moi de la protéger maintenant.

Je sais qu'ils ont retrouvé ton train renversé dans la rivière. Tout le monde est mort mais ils n'ont pas retrouvé ton corps. Alors j'espère. J'espère que tu t'en es sortie, que tu vas bien, que tu as été recueillie et que je vais bientôt te revoir.

J'aurai aimé que Grand-Mère soit encore de ce monde. Peut-être aurait-elle su ce qu'il était en train de se passer. Elle m'a toujours dit, jusque sur son lit de mort que le monde allait à sa perte. Je pensais que ce n'était qu'une manière de parler mais finalement non. Elle savait, tout comme elle savait que quelque chose de très grave allait t'arriver et c'est pour ça qu'elle ne voulait pas que je m'attache si profondément à toi. Grand-mère ne cessait de me dire que tu étais différente mais ça je le savais. Oui tu es unique en ton genre, à vivre dans ton propre monde bercé de magie, d'illusion et de croyance. Etais-tu folle pour autant ? Non certainement pas.

La deuxième fois que je t'ai vue, tu étais devant le portail de l'école, toute seule, si jolie dans ton manteau rouge. Tes yeux étaient rouges, et mon cœur se serra en me demandant pourquoi tu avais pu pleurer. Puis j'ai vu ton sourire s'éclairer. Ton visage en fut transformé et j'eus l'impression de voir un ange. Tu as fait signe à quelqu'un au loin, pourtant il n'y avait personne. Les autres élèves se sont alors mises à rire, te montrant du doigt et se moquant de toi. Je leur en ai voulu lorsque je t'ai vu te réfugier sous un masque glaçant de désespoir.

Grand-mère m'avait pourtant prévenu et menacé si je venais à te parler mais pourtant en cet instant j'en ai voulu à la terre entière de la manière dont il te traitait. Alors je me suis rapproché et je t'ai pris la main. On aurait dit alors que le ciel venait de s'effondrer. Les visages étaient choqués. La sonnerie de l'école a retenti et nous sommes rentrés en classe. Tu n'as lâché ma main que lorsque nous avons été installés. Tu t'étais mise au fond, certainement par habitude et je t'ai rejoint. De ce jour, nous ne nous sommes plus quittés.

Quelques temps plus tard, j'ai enfin osé te demander ce que tu regardais avec tant d'insistance ce jour là et pourquoi tu avais été si heureuse. Tu m'as répondu qu'un ange t'était apparu pour te dire au revoir et rejoindre le paradis. Sur le coup, je n'ai pas su quoi répondre. Peu après, j'ai appris que ta tante était morte d'une très longue maladie au jour et à l'heure exacte à laquelle tu as souri, que sa mort était une délivrance pour elle qui avait tant souffert. Dans ma famille, nous ne sommes pas croyants, que ce soit dans une religion ou dans le surnaturel. Mes parents m'ont appris à être terre à terre mais avec toi, j'ai appris à vivre dans les étoiles. J'ai plongé dans un monde si différent de celui que je connaissais. C'était notre secret. J'espère qu'au jour d'aujourd'hui, tu es dans ton refuge et que tu m'attends. Le fait qu'ils n'aient pas retrouvé ton corps me conforte dans l'idée que tu es à quelque part, assise peut-être au pied d'un arbre, attendant que l'on vienne te trouver. Telle Alice attendant que le lapin blanc vienne la chercher.

J'ai croisé ton oncle ce matin. Il a tellement vieilli mais comment pourrait-il en être autrement ? L'enterrement de tes parents doit avoir lieu demain après-midi. Après avoir perdu sa femme, il perd sa sœur et son beau frère. Quelle tragédie… Mais au moins, lui a des corps à enterrer. Pour mon père, il n'y aura rien, à part si par miracle il revient un jour. J'aimerai tellement y croire mais les scientifiques disent que c'est impossible. Même s'ils n'arrivent pas à expliquer le phénomène, ils pensent qu'ils sont partis pour toujours. Ont-ils rejoint tes étoiles si chères ? Je l'espère de tout cœur. Je veux, j'ai besoin de croire que malgré tout quelque chose subsiste de lui.

Un jour, je t'ai demandé si tu pensais qu'il pouvait y avoir quelque chose après la mort. Une petite fille de notre classe était morte dans un terrible accident de voiture où toute se famille avait péri. Je me rappelle que maman ne cessait de pleurer et que la maîtresse était restée pendant des jours les yeux rouges et le teint si pâle. Je n'ai pas eu le droit d'aller à l'enterrement, maman n'aimait pas parler de la mort.Tu as doucement rigolé et tu m'as regardé avec ce drôle d'air, mélange de compassion, de pitié ? Et de mystère. Tu m'as répondu que seuls ceux qui étaient partis le savaient. Mais que oui, l'univers était fait de telle sorte que l'essence de notre âme ne disparaissait pas mais venait fleurir le ciel étoilé. Tu aimais croire que les étoiles étaient les âmes de ceux qui étaient morts. Je t'ai répondu que tu croyais alors que l'univers était un immense cimetière d'âmes en peine. Tu m'as demandé pourquoi des « âmes en peine ». Je n'ai pas su répondre. Tu as pris mes deux mains dans les tiennes et tu m'as demandé de fermer les yeux. Je sentais ton souffle chaud contre moi et puis une douce torpeur m'a pris. Je t'entendais murmurer et je commençais à me sentir étrange, comme plongé dans un profond sommeil. Je me suis alors retrouvé entouré d'étoiles et j'ai compris. Je les entendais chuchoter entre elles, j'ai vu des images de la vie de certaines. Je me sentais si bien, en paix, serein, comme je ne l'avais jamais été. Je serai bien resté là-haut parmi toutes ces âmes qui me parlaient. Et puis, je suis redescendu et j'ai rouvert les yeux sur ton visage radieux.

Je me suis toujours demandé ce qu'il s'était vraiment passé ce jour là. Je n'en ai jamais parlé à qui que ce soit, de peur de paraître fou ou que l'on m'interdise définitivement de te voir. Depuis, tous les soirs, j'observe le ciel et murmure une prière muette à leur intention.

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