Morgane

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Je ne me souviens pas de grand-chose, en fait, plus exactement, je ne me souviens que du moment où je me suis réveillée dans le train et dans un silence et un froid glacial. J'ai regardé autour de moi et n'ai vu que de la neige. La vitre du wagon avait été explosée par une branche d'arbre qui m'avait frôlée de très près. J'avais très mal à la tête, une douleur lancinante et quelques notes de musique qui ne cessaient de me hanter et rien d'autres. Je ne me rappelais plus de rien, de mon prénom, de mon âge, d'où je venais, qui était mes parents. Une totale amnésie.

J'ai commencé à suffoquer, envahie par une angoisse terrifiante. Peu à peu, des bruits se firent entendre, des personnes implorant de l'aide, d'autres hurlant certainement après avoir découvert des morts. Le train était penché d'une drôle de façon et j'eus du mal à ouvrir la porte de mon wagon pour accéder au couloir. Et ce que j'ai vu m'a glacé le sang. On était au bord d'un ravin, avec une rivière rugissante en bas. Le train menaçait de tomber à tout moment. Une dame âgée est passée devant moi, le visage en sang, l'air perdu et désorienté. Il fallait que je sorte du train au plus vite, je sentais au fond de moi que c'était vital. Je suis retournée dans ma cabine et j'ai pu passer par la fenêtre éventrée. Je glissais un paquet de fois et je me suis rendue compte que je ne portais qu'une fine robe blanche, une robe de soirée très certainement aussi j'étais littéralement glacée, ma peau commençait à devenir violente. Je savais que je devais bouger sinon j'allais tomber en hypothermie mais je sentais le sommeil me gagner peu à peu sans que je ne puisse faire quoique ce soit.

Je suis tombée dans la neige et me suis laissée gagnée par la douce torpeur du froid. Je me sentais étrangement bien, comme si finalement ça devait se terminer ainsi, même si je ne savais pas ce qui devait se terminer. Au fond de moi, je sentais un soulagement terrible, comme si un poids venait d'être délivré de ma poitrine. Je me laissais sombrer.

Je fus réveillée presque aussitôt par un bruit terrible, le train avait finalement plongé dans le ravin. J'eus une pensée pour ceux qui étaient restés à l'intérieur, me demandant si ma propre famille, tant soit peu que j'en ai une, était toujours là-bas ou si j'étais partie seule.

J'ouvris mon sac du mieux que je pouvais avec mes doigts glacés par le froid. Mais je n'avais aucun papier d'identité sur moi, ce qui était quand même étonnant ou alors j'étais bel et bien accompagnée. Je n'avais qu'une boîte à musique, ancienne apparemment. Je l'ouvris et l'entêtante mélodie qui me hantait depuis mon réveil se mit à retentir. Je me rallongeais, épuisée, serrant la boîte contre moi, n'espérant plus rien. Qu'est ce que j'avais pu vivre de si terrible pour que je ressente ainsi le désir profond de mourir ?

J'allais abandonner, transie de froid lorsque je l'ai aperçu.

Sur le coup, je me suis dit que j'étais en train de mourir et qu'elle n'était qu'une hallucination. Mais pourtant, elle était bien là : une petite fille avec une robe rouge et une lanterne à la main. J'avais l'impression qu'elle essayait de me dire quelque chose, je voyais ses lèvres bouger mais je n'arrivais pas à comprendre. D'ailleurs, son visage ne m'était pas étranger, il me semblait la connaître mais ma mémoire me faisait toujours défaut. Je ne pouvais plus empêcher mes yeux de se fermer tout seuls. J'étais tellement fatiguée.

La dernière vision que j'ai eu fut celle de la petite fille qui me regardait avec un air désolé.

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