Lettre à Rose

Une minute de lecture

Le 18 mai 1847

Ma chérie,

Les patates pourrissent

La pauvreté perdure

Et ce n’est qu’une esquisse

Ma chérie, je t’assure

Je vois des gens qui meurent

De toutes maladies

Du mildiou dans le cœur

La famine est ici

Je t’écris cette lettre

Dans les dernières forces

Qu’il me reste et peut-être

Les liras-tu en morse

Peut-être y croiras-tu

Ou n’y croiras-tu pas

Tant de gens se sont tus

Marchent encore au pas

C’est vrai c’est difficile

De croire à tant de morts

La vie est en exil

Et l’Irlande s’endort

Et fait des cauchemars

Jamais je n’ai osé

Les voir entrer en gare

De la Réalité

Mais le pays d’en face

Ne nous a pas aidés

L’humanité s’efface

De toutes ses pensées

J’aime le peuple anglais

Il est trop innocent

Les Grands ont été laids

Comme ils le sont souvent

Chérie, je t’aime encore

Et tu en fais partie

De ce peuple qui dort

Dans des roses rougies

Ici, on meurt de faim

Et ce n’est pas Dieu

Qui envoie tous ces Saints

Massacrer nos aïeux

C’est d’un problème humain

Dont nous sommes victimes

Et nous tendre la main

Ne serait pas un crime

Mon amour je te quitte

Car je me sens si faible

Car la mort nous abrite

Et ne vient pas du ciel

Je t’…

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