Epilogue: Une Présence

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Hector avait garé la Corvette sur le bas côté de la route depuis bientôt une demi-heure, et regardait maintenant dans le vide, droit devant lui. Un nuage de poussière, à l’horizon, ne le sortit pas de sa rêverie. La jeune Hélène était toujours présente dans son esprit, ça n’avait pas changé depuis cette gare de Bavière, un matin de début janvier, malgré ses aventures, malgré la séparation, malgré la famille qu’il avait fondée. Et aujourd’hui, tout était fini, il ne la reverrait plus.

Un véhicule utilitaire bleu et jaune ne tarda pas à passer devant Hector, suivi comme son ombre par la nuée poussiéreuse, le ramenant à la réalité, à cette adolescente qui lui rappelait tant la jeune fille dont il s’était épris dans ses jeunes années.

— Et merde ! Ça fait chier !

La Corvette effectua un spectaculaire demi tour en démarrant, laissant une large trace noire sur l’asphalte, et suivit la fourgonnette à pleine vitesse jusqu’à la villa. Trois hommes cagoulés sortirent du véhicule poussiéreux et filèrent dans la maison. Hector enfila une cagoule à son tour, se précipita, entendit des cris ; il vit John gisant dans une flaque de sang au pied d’un gigantesque escalier de marbre, qu’il monta quatre à quatre. Alors qu’un des assaillants le vit de la porte d’une chambre, tout à coup, Hector se volatilisa. L’intrus s’avança sur la mezzanine pour mieux voir ce qui lui sembla impossible… puis passa par-dessus la rambarde pour s’écraser en contrebas, sur le sol de marbre. Une flaque de sang s’étendit progressivement sous sa tête. Dans la chambre, l’un des deux complices retenait Joanie en otage, un couteau sous la gorge, alors que l’autre se tenait sur ses gardes dans l’encadrement de la porte. Tout à coup, l’homme debout vit à sa grande surprise son image le rouer de coups si violemment qu’il en perdit connaissance. Il fut alors balancé à son tour et s’écrasa à côté du premier cadavre, au rez-de-chaussée. Devant cette situation qu’un esprit rationnel aurait eu des difficultés à croire malgré l’évidence, le troisième intrus, pris de panique, laissa échapper les premiers mots qui lui vinrent à l’esprit.

— What the hell is going on here ?

Le soulagement de Joanie, qui venait de comprendre, contrastait avec les craintes de son agresseur.

— The angel of death is coming for you, asshole !

Un trait venu de nulle part transperça alors le crâne de l’individu, libérant ainsi Joanie. Soudainement, comme il s’était volatilisé, Hector reparut, ôta sa cagoule, confirmant ainsi l’espoir de la jeune fille.

— Hector !!!

Ce fut ainsi que Joanie exprima son soulagement après cet épilogue sanglant. Libérée instantanément de toute tension, elle se jeta dans les bras de celui qu’elle considérerait définitivement comme son sauveur. La tension avait aussi évacué l’esprit d’Hector.

— C’est fini, fillette ! Tu ne crains plus rien. Je suis désolé pour ton père. Je suis désolé pour ta mère, surtout, et tes sœurs. Je suis désolé pour tout ça.

Joanie, en larmes, lui demanda quelques explications.

— T’es revenu ? J’ai cru que tu m’avais abandonnée…

— J’ai croisé un livreur de machines à laver.

— Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ?, s’inquiéta-t-elle soudain, revenant à la réalité.

Hector avait déjà une ébauche de plan pour la suite à donner à cette aventure funeste.

— On va trouver mon équipe, on va t’aider à disparaître des écrans radars, pour ta sécurité. Ensuite, on va trouver le commanditaire, et on va lui faire cracher le pactole. Ça te va ?

Joanie venait en deux jours d’apprendre tellement de nouveautés qu’elle ressentit un besoin de réponses.

— T’étais quoi pour ma mère, en fait ?

— Elle te l’a dit, juste un ami.

Cette réponse n’était pas celle qu’attendait la jeune orpheline.

— Merde ! Si ça se trouve, tu étais le père de mes frangines ? Le mien ? Et mon père n’en savait rien ?

Mais Hector restait imperturbable.

— Rien de tout ça, ne salis pas ta pauvre mère. C’était une fille bien. Ton père était bien votre père, moi, je ne suis rien.

— C’est sûr, c’était toi, reprit-elle. Même si elle ne le savait pas, elle a bien dû se douter, pour la prise d'otages, et elle voulait que tu restes avec nous. T’aurais fait n’importe quoi pour elle. Et ça, elle le savait.

— Mais ça n’a pas suffi. La voix d’Hector trahissait des regrets et de l’amertume. Et maintenant, je dois faire ce qu’il faut. Pour ma famille, pour ta famille, pour toi…

Joanie avait-elle encore un doute ou voulait-elle simplement détendre encore l’atmosphère, avant de quitter la maison ? Elle appliqua son petit poing sur le Golem brodé du blouson marron, fixant Hector dans les yeux.

— Mais putain t’es qui, toi ?

Il la serra dans ses bras.

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