Chapitre 4

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— Voiles par bâbord avant !

Jia se précipita sur le gaillard pour apercevoir le navire. Mais malgré ses bons yeux, elle vit qu’un imbroglio de nuages. Anna Maria confia la barre à un homme avant de rejoindre la titanide, une longue vue à la main. La capitaine scruta l’horizon à la recherche du navire aperçu par sa vigie.

— Tu es sûre de toi, hurla-t-elle ? Je ne vois rien du tout !

— Qu’est-ce que tu crois ! À dix heures à bâbord ! BÂBORD !

Les joues d’Anna Maria prirent une teinte rosée. Elle lança un regard inquisiteur à Jia.

— De toute évidence, tu ne sais pas faire la différence entre bâbord et tribord, grommela-t-elle en se précipitant de l’autre côté du navire.

La capitaine pesta contre elle-même. Elle avait machinalement suivi sa passagère sur le gaillard de droite, alors que la voile se dessinait à gauche. Quelle erreur bête ! Pourtant, Morann avait bien crié bâbord.

Cette fois-ci, elle découvrit les voiles blanches d’un navire. Il ne présentait aucun pavillon à première vue. Mais à cette distance, même sa longue vue ne pouvait lui apporter des certitudes. De plus, beaucoup de bâtiments agissaient ainsi : les navires espagnols attiraient bien trop les convoitises et beaucoup d’entre eux avançaient masqué.

— Ça peut très bien un piège. Les Anglais adorent faire ça !

— Que fait-on ? s’inquiéta Jia.

— Messieurs, préparez vos pièces !

Le branle-bas de combat fut donné. Les marins se précipitèrent pour se saisir d’armes de tir et de poing, tandis que d’autres chargeaient les canons.

— Allons-nous l’aborder ?

— Ce n’est pas mon intention. Du moins pour le moment. Nous prendrons une décision dès que nous serons plus proches. Qu’est-ce que tu fous là ?

Morann resta coi sur le cordage. Son visage donnait l’impression que sa capitaine venait de lui parler dans une autre langue.

— Je viens prendre mes armes.

— Prends deux fusils et des munitions ! Si jamais nous l’abordons, tu nous serviras de tireuse embusquée.

Tel un petit singe, elle remonta sans son nid de pie.

Jia enfila sa palme de bois sur son bras atrophié. Elle observa l’horizon avec inquiétude. Plus les voiles grossissaient, plus son angoisse diminuait. C’était un navire européen sans aucun doute. Anna Maria fit hisser le drapeau à tête de mort sur le fond noir. Elle ne semblait pas nerveuse le moins du monde. Jia se demanda combien de fois sa capitaine avait donné l’abordage, et le nombre de fois où elle avait elle-même sauté d’un pont à l’autre pour massacrer l’équipage ennemi. Ce navire devait être imprégné de sang autant que de pois.

— Second navire !! Second navire !! brailla Morann tout en se jetant dans les cordages des voiles.

Alors que le vaisseau européen continuait d’avancer, un autre type d’embarcation apparut derrière ce dernier. De longues tiges zébraient les larges voiles gonflées par un vent transversal.

— Une jonque ! s’écria Jia en l’apercevant. Capitaine Anna Maria, faites demi-tour et fuyons avant d’être à portée de tir !

— Pourquoi ?

— Ils vont nous massacrer ! Il faut s’échapper pendant qu’il en est encore temps !!

Anna Maria lança des regards interrogateurs à Jia, puis au nouveau navire. Elle ne comprenait pas la terreur qui animait sa passagère. Elle se mordit les lèvres. D’un côté, il y avait le navire européen dont elle ignorait toujours la nature – si la jonque attaquait, l’aide d’un bâtiment militaire serait utile. De l’autre, cette étrange intrusion étrangère dans les eaux des Antilles. Pourquoi un tel bateau se trouvait aussi loin de chez lui ?

— Morann ! Analyse de la situation !

— Il faut fuir, je vous dis, insista Jia.

— J’ai déjà connu des batailles plus risquées, répliqua Anna Maria. J’ai mené l’abordage d’un Man-o-War avec une coque de noix plus mal en point que mon Queen Ethiopae. Alors ce n’est pas votre…

La Galloise haut perchée venait de hurler comme si elle venait de voir le cul d’une nonne.

— Capitaine ! Ils sont des canons encore plus grands que le poireau de Gargantua ! Il faut…

Un coup de tonnerre jeta tout l’équipage au sol. Avant que quiconque puisse comprendre ce qui venait de se passer, un boulet de canon chainé vint scier le grand mât.

Morann sentit la plateforme de la vigie se dérober sous ses pieds. Malgré un pied marin, elle bascula, heurta le plancher du nid de pie. Elle agrippa le rebord alors qu’elle basculait dans le vide avec le mât. Ses yeux analysèrent rapidement les alentours. Les gréements craquaient un par un. Si elle sombrait avec les voiles et les cordes, les poissons viendraient lui sucer les orteils.

Le mât tomba. Morann se laissa aller jusqu’à ce que ces pieds touchent le bois. Luttant contre l’apesanteur et le tangage, elle parvint à faire quelques mètres avant de bondir sur un cordage lâche. L’élan la propulsa contre le mât de misaine. Comme une grenouille venteuse, elle enlaça le tronc pour ne pas tomber, desserrant son emprise pour descendre doucement jusqu’à la première vergue. Mais là encore, tout ne se passe pas comme prévu. Un nouveau tir de canon sectionna le petit mât juste sous son arrière-train. Morann poussa un cri de souris. Des éclats de bois lui déchirèrent les jambes et les fessiers. Dans son malheur, le gréement bascula vers la proue du navire. La jeune pirate resta fermement attachée à son tronc jusqu’à qu’ils heurtent le pont. Juste avant le choc, elle se laissa choir et percuta violemment les lames du pont.

Bien qu’un peu sonnée et les jambes en sang, Morann se releva vite. Avant de se rejeter au sol alors que le navire adverse tirer une nouvelle bordée.

— Par toutes les couilles de…

Un homme explosa juste à côté d’elle, emporté par un boulet, alors qu’il tentait de recharger sa pièce d’artillerie. Tout l’équipage restait tapi pour ne pas être victime d’un tir.

— Qu’est ce qu’on fait ? hurla Jia lorsqu’un calme relatif s’installa.

La majorité des marins essuyaient les débris, de bois ou humains qui les couvraient. Anna-Maria rampa jusqu’à un trou béant laissé sur les bords du navire pour estimer la situation.

— Quelles sont les pertes ?

— Mon cul est comme un hérisson ! brailla Morann en serpentant vers sa capitaine.

— On s’en fout de ton derche ! Qui manque à l’appel ?

Quatre marins ne répondirent pas et les gémissements de certains ne laissaient guère espérer sur leur aide en cas d’abordage. Ce qui d’ailleurs ne sera tardé.

Jia rejoignit les deux femmes en se trainant comme une tortue. Morann fut étonnée de la voir trembler de tous ces membres et lire la peur dans ses yeux. Elle avait glissé son écrin de bois sur son bras.

— À qui on a à faire Jia ?

La géante baissa la tête et soupira :

— À mon frère.

— Sympa les réunions de famille, se moqua Morann en risquant un œil par-dessus le gaillard.

— C’est pas le moment ! Le navire est en perdition et ne nous sommes pas de tailles pour tenir un assaut. Il va falloir négocier !

— C’est lui qui va nous négocier ! Ses habitudes ne sont pas à la pitié, surtout s’il me trouve ici.

Anna Maria et Morann se jetèrent un coup d’œil complice. Sans hésitation, elles bondirent sur la titanide. Saisissant chacune un bras, elles la trainèrent jusqu’au gaillard opposé puis la balancèrent à l’eau. Cela fait, la capitaine regagna sa barre, aussi accroupie qu’une tandis que la jeune pirate tranchait les liens d’une chaloupe.

— Et surtout tu ne montes pas dedans ! Tu restes accrochée au bord, hurla Morann à sa comparse à la mer.

Jia suivit les consignes de sa camarade bien qu’elle ne comprenne pas vraiment ce qu’elle avait en tête avec Anna-Maria. Si elles voulaient se débarrasser d’elle ou la livrer à son frère – même morte —, elle ne serait pas en train de barboter au milieu de la mer des Antilles.

Elle tâta sa ceinture pour vérifier que la bouteille contenant l’œuf y était toujours. Horreur ! Elle ne s’y trouvait plus ! Son estomac se serra. Elle scruta les flots puis les profondeurs au cas où elle serait encore en vue. Rien. Pourvu qu’elle l’ait perdu sur le pont et pas lors de sa chute forcée. L’inquiétude la poussa à remonter sur le navire, mais la peur de son frère la paralysait dans l’eau. Pour le coup, elle obéit sans peine à Morann : hors de question de se trouver sur le même navire que son frère Manchou. Il n’aurait aucune pitié envers elle, et il y avait fort à parier qu’il n’en fera pas plus preuve envers la capitaine et ses hommes.

Le choc des deux navires pour l’abordage faillit lui faire lâcher la chaloupe. Les cris des pirates chinois la firent frissonner. Pourvu qu’ils ne les taillent pas tous en pièce sans autre forme de procès ou négociation. La bataille ne dura pas longtemps, en quelques minutes le calme revint à bord.

Morann et Anna Maria se tenaient à genoux, les mains sur la tête. Une lame glacée menaçait leur nuque. Un simple claquement de doigts de leur chef délesterait leurs épaules d’un poids.

Il n’y avait aucun doute possible sur le lien qui l’unissait à Jia. La taille et la ressemblance entre les deux sautaient aux yeux. La différence majeure concernait ses bras : les deux étaient valides. Il toisa les prisonniers pendant un instant.

— Qui est le capitaine ?

Seul le silence lui répondit. Les deux femmes du bord se jetèrent un coup d’œil furtif. Pas suffisamment pour qu’il échappe aux assaillants. Un claquement de doigts et une tête roula juste à côté d’Anna-Maria.

— Je suis la capitaine, répondit-elle enfin.

Manchu la toisa et le mépris se lisait sur son visage.

— Pas étonnant que ce navire fut si facile à arraisonner ! Diriger par une femme ! Et un esclave par-dessus le marché ! L’occident est vraiment un pays de sauvage !

— Pignouf, grommela Morann.

Le titan se retourna l’œil mauvais. Son visage exprimait toute la hargne, mais aussi tout le mépris qui l’habitait.

— Elle a dit quelque chose la limace ?

— La limace elle t’en….

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que le chinois la soulevait du sol d’une seule main. La pression sur sa gorge lui coupa immédiatement la respiration. Son visage devenait de plus en plus bleu et aucun coup qu’elle portait sur son assaillant n’avait le moindre effet. Anna-Maria hurla de la laisser et qu’elle fera ce qu’il ordonnait s’il la relâchait. Morann n’entendit pas l’aide de sa capitaine, car elle avait déjà tourné de l’œil. Manchu balança sa prise comme une simple poupée de chiffon.

— Je cherche une femme de ma race. La scélérate doit faire ma taille et son bras gauche est atrophié.

Morann sentait l’air revenir doucement dans ses poumons. Bordel, elle préférait encore boire la tasse. Ses oreilles perçurent vaguement la question de son agresseur. Elle espérait que Jia restait bien planquée à côté de la chaloupe, en silence. Si jamais le grand dadais la voyait, elle ne donnait pas cher de la peau de l’équipage… pour ce qu’il en restait.

La voix d’Anna-Maria répondit. Le bruit d’un sabre qui tranchait la chaire claqua à ses oreilles. Morann ouvra un œil, tremblante, de peur de voir la tête de sa capitaine roulée sur le pont. Elle ne sut pas si elle devait être rassurée de voir celle d’un autre marin rouler vers elle.

— Je sais que cette traitresse écume ces mers sur un navire !

— Bon courage, grinça la jeune pirate.

Manchu se retourna vers la limace qui peinait à se redresser un peu. Sans ménagement, il l’a saisie par une cheville et la souleva du sol tout aussi facilement que s’il l’avait prise au cou.

— C’est qu’elle est plus costaude qu’elle en a l’air la larve.

De par sa taille relativement petite – ou pas –, Morann se retrouva presque à hauteur des parties génitales du pignouf. Bien qu’elle ne soit pas une adepte de la sexualité buccale, elle hésita un moment à lui mordre les couilles jusqu’à lui arracher. Cependant, elle ne mit pas son plan à exécution, sa trachée souffrant encore de la rencontre avec la main du frère de Jia.

C’est alors qu’elle aperçut la bouteille avec l’œuf de tortue contre la bordée. Cette chose représentait leur sésame pour la fortune, hors de question de se la laisser piquer ou envoler avec Jia si son frère mettait la main sur elle. Elle réfléchissait à la meilleure option. Ignorer l’artefact en espérant que la bande de troufions ne la remarque pas, ou essayer de la récupérer discrètement au risque d’attirer l’attention dessus.

Le sang commençait à lui monter à la tête. Si elle ne se dégageait pas rapidement de cette position, elle pourrait bien y laisser les quelques parcelles d’intelligences qui lui restaient.

— Rate un plongeon depuis le haut du grand mât, puis on en reparle… se moqua-t-elle.

— Ah, mais je me demande comment tu t’en sortiras si tu refaisais la même chose, mais en sautant en direction du pont ! Qu’on la monte là-haut ! Amusons-nous un peu !

Oups.

Les pillards de Manchu hurlèrent leur joie. Deux outres saisirent la jeune pirate, la remettant à l’endroit, pointant des pistolets sur sa nuque.

— Allez grimpe, ricana l’un d’entre eux.

Morann lança un regard un peu inquiet à Anna Maria, puis un autre vers la bouteille que la capitaine remarqua alors.

Tout le monde suivant du regard le petit groupe qui escaladait les gréements. Morann, à l’aise avec ses cordages, montait sans trop de peine, tandis que ses deux geôliers ne montraient moins habiles. Les jonques ne possédaient pas ce type de matures. Elle vit là un moyen de tirer son épingle du jeu.

En bas, Anna Maria réfléchissait à la manière dont elle pouvait atteindre la bouteille sans se faire remarquer. C’est qu’elle était loin cette garce ! Même si Manchu et ses malandrins ne surveillaient plus leurs prisonniers du même œil, l’entreprise était risquée.

La capitaine remarqua alors la tête de Jia qui apparut discrètement. La titanide avait escaladé la coque pour voir ce qui se passait, désobéissait à la consigne de rester dissimuler par la chaloupe. Anna Maria lui lançait des regards noirs avec discrétion. La situation avec Morann se révélait préoccupante sans que Jia vienne envenimer les choses. Il ne faisait aucun doute que Manchu ne ferait aucun prisonnier et enverrait le navire par le fond. Son attention fut ramenée à Morann qui venait d’arriver en haut du moignon du mât de misaine. Les deux hommes chinois se trouvaient plusieurs mètres en dessous, visiblement légèrement pris de vertige et grimpant avec lenteur. S’il y avait quelque chose à tenter, c’était maintenant. La crevette galloise avait sans aucun doute lu dans ses pensées, car elle venait de se jeter dans le vide, une corde attachée aux pieds. Elle chuta de plusieurs mètres.

C’est la plus grosse connerie que j’ai jamais faite, pensa la jeune fille alors que le filin arrivait à son bout et qu’un violent choc la secoua. Un bruit de bois sec et une violente douleur lui envahissent une cheville. Un cri de douleur lui échappa. Voilà un événement qu’elle n’avait pas prévu et qui n’allait rien arranger à sa situation. Un balancement la ramena dans la mature. Elle dégagea la corde dans la douleur et trancha d’un geste vif le cordage qui permutait aux deux marins chinois de se maintenir. Ils s’écrasèrent en quelques secondes sur le pont.

Manchu vociféra dans une langue que seuls ses hommes comprirent. Tandis que certains continuaient de tenir en joue les membres d’équipages, d’autres jetèrent les corps de leurs camarades à la mer avant de grimper vers les gréements où Morann batifolait comme une lutine.

Anna Maria tenta sa chance. Elle hurla un avertissement à la jeune acrobate. Par réflexe, les pirates de l’extrême Orient levèrent la tête. Ni une ni deux, l’équipage prisonnier se rebellèrent contre leur geôlier. À coup de poings, de pieds ou de boules, les hommes d’Anna Maria et leur capitaine ne se laissèrent pas faire, tandis que Manchu continuait de cracher des ordres à tout va, mais n’agissant pas. Pas encore. Enfin, ne pas agir est un bien grand mot on le vit démonter un assaillant d’un simple revers de main.

Durant la panique à bord, Jia se glissa à bord.

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Défi
KimBean

Des frissons, c'est d'abord ce qui vient. Je n'ai pas encore mal, mais je tremble déjà. Je sais ce qui arrive, je sais que je vais me noyer, même si la voix de Tyler est là, même si le rythme de Josh me tient encore debout.
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Je me hais souvent quand j'écoute cette chanson, elle me donne une perspective violente de tout le bordel dans ma tête, et elle donne de la puissance à tout ce qui n'a pas de voix dans ma tête, tout ce qui est gris et noir rampe alors et ne noie sur mes joues. Putain, ça doit être niais à voir je me dis souvent: une pauvre adolescente qui fond en larme en chanson, et pourtant, elle met fait un effet boeuf moi, cette musique.
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Don't let me be gone.
J'entend sa voix un peu éraillée trembler à la fin de sa phrase.
Il répète cette phrase quatre fois. Et à chaques nouvelles fois, sa voix est un peu plus cassée et faible. Il va bientôt lacher. C'est ce que je pense, il va sombrer, il faut l'aider, il a besoin d'aide, j'ai besoin d'aide.

Puis tout implose.

Il se met à hurler, et toute la noirceur sursaute et devient violente. Elle s'acharne sur lui, et Tyler se débat, moi aussi. Je cours pour attraper sa voix et m'y accrocher, il frappe, hurle, pleure et s'enrage pour vivre: il me réveille.
Je fais de même, je m'énerve et frappe pour faire reculer toutes mes pensées; Josh martèle sa batterie, il voit bien que le chanteur à besoin d'aide, mais il ne voit pas qu'il m'aide aussi. Sa batterie effraie le noir qui recule, comme révulsé.
Tyler se met à chanter, et sa voix ne fait plus que faire reculer la noirceur, elle illumine aussi ma tête, et il y fait moins froid: je suis serrée auprès de ce feu quand il fait trop froid dand ma tête.
Je m'y accroche de toutes mes forces, et je me retrouve debout de nouveau, le corps ruiné et l'esprit en vraque, mais avec une nouvelle force de vie, puis quand il s'aperçoit qu'il est de nouveau debout, Tyler se calme instantanément et sur une dernière note de piano, je dis au revoir à mes Lumières et tiens bon jusqu'à la prochaine fois.
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Catherine et Gabriel se connaissent depuis qu'ils sont petits, mais ils ne se sont jamais vraiment fréquentés. Et aujourd'hui, alors qu'ils ont renoué le contact et décidé de faire une randonnée en forêt, leur vie va prendre un virage à 180°C et c'est côté à côte qu'ils vont découvrir que la vie humaine ne se limite pas seulement aux bords de l'univers qu'ils connaissent.
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