Chapitre 1

8 minutes de lecture

La terre, enfin ! Après plusieurs mois de mer et de rapines, le Blizzard Chaud battait pavillon noir en vue de Nassau, la république corsaire. Ou pirate, c’était selon. Il était temps ! La coque de noix, ravagé par de trop nombreux combats n’auraient pas tenu face à une nouvelle tempête, ni supporté la disparition d’un nouveau membre d’équipage. Quoique… cela aurait fait une part de butin à se partager en plus.

Morann releva le tricorne anglais qui ornait sa tête. Cet horrible couvre-chef fut bien utile depuis que son précédent chapeau eut pris la décision de reprendre sa liberté lors du dernier abordage. Maintenant que le plancher des vaches s’étendait à perte de vue, plus besoin de se protéger du soleil. Sans grand cérémoniel, le très british oripeau fut envoyé par le fond depuis le nid de pie où Morann larvait depuis des jours, épuisée par une saison en mer trop courte, intensive, mais mal gérée. Bon, les bénéfices étaient substantiels, mais qui ne résultaient que de la disparition prématurée de compagnons à cause des biscuits pourris et de l’eau croupie.

— Hé moucheron ! tonna une voix depuis le pont.

La tête brune jeta un œil en bas, ses longues et fines tresses tombant comme des lianes dans le vide.

— Tu vas bouger ta grosse poupe et carguer les voiles avec les autres !

Morann regretta d’avoir envoyé son tricorne aux abîmes. Il aurait bien échu sur la tête de ce balourd de second qui se prenait pour le capitaine depuis la disparition de ce dernier – Neptune ait son âme —… surtout si le couvre-chef avait été lesté de plomb.

Mettant ses mains en porte à faux :

— Tu boufferas les pissenlits par la racine le jour où j’irai carguer les torchons de ta barque !

Il était temps que le rat quitte le navire. Morann jeta le baluchon qui contenait son butin sur son épaule. Puis, avec sa démarche de fée, s’engagea sur le gréement. Ah, il n’y avait pas de plus grand plaisir que faire un saut de l’ange depuis les hauteurs d’un navire. Surtout pour fuir un tas de planches vouées à s’échouer sur les bas-fonds.

Sur le pont, quelques gars connaissant bien la vermine qui s’apprêtait à les lâcher de manière si cavalière regardaient la scène d’un air dépité. Il n’y avait que leur autoproclamé capitaine arrogant pour tenter d’empêcher son départ en hurlant des insanités à faire pâlir un moine.

Morann, farfadet des voiles, se tenait droite comme le Christ en croix, prête à plonger avec sa grâce légendaire.

Pied-coupé, un vieux de la vielle ayant roulé sa bosse sur les navires des plus grands forbans, se gaussait de la situation.

— Je vous parie que je fais se ramasser l’ange.

Un comparse parieur ricana, mais accepta le jeu. Après tout, le coup bas, c’était la grande spécialité des pirates. Ils avaient une réputation à tenir, même au sein de leur communauté. Il arma sa fronde.

Morann s’élança dans le vide, un sourire amusé aux lèvres. Mais sa tête n’avait pas encore piqué vers la mer transparente que quelque chose lui percuta le front. Déséquilibrée, la gamine se transforma en boulet de six livres et s’écrasa dans l’eau comme une carcasse de vache morte sous les rires gras des autres marins.

— Un homme à la mer !

— Un homme ? On parle de Morann là ! ricana Pied-coupé.

Le marin regarda son compère et gloussa de rire.

— Allez bande de branles pagnots ! Assez rigolés ! Retournez à vos corvées ! Et plus vite que ça ! brailla le capitaine.

Il jeta un coup d’œil à l’ange déchu qui couinait comme un petit goret des dizaines d’insanités à l’encontre de ces anciens camarades.

Après que celle-ci eut vidé son sac d’insultes et récupéré son butin coulé, elle gagna la rive à la nage. Heureusement qu’elle savait nager, ELLE. Pas la moitié de ces ruffians ne savaient tenir la tête hors de l’eau plus de quelques minutes. Passer sa vie en mer et ne même pas savoir survivre si on passe par-dessus bord… Enfin, à la vue de l’état du navire, ils n’allaient peut-être même pas avoir besoin de passer par-dessus bord pour se retrouver le cul dans l’eau. Vraiment des abrutis de première.

Une fois au sec sur la berge, elle tâta sa tête là où la pierre l’avait heurtée. Un filet de sang dégoulinait au milieu des gouttes.

— C’est pas le pied qu’on aurait dû te couper ! Mais la main ! Tocard ! hurla-t-elle à l’encontre du navire qui accostait.

Elle balança son sac sur le dos et se dirigea vers la taverne la plus proche. Il était grand temps de commencer à dilapider son trésor. La douce odeur de porcelet grillant sur la broche fit dégouliner de la bave à la commissure de ses lèvres. Après des mois de gâteaux secs et d’eau vaseuse, une belle pièce de viande et une bonne bouteille de rhum lui apparaissaient comme plus précieuses que des centaines de pièces d’or. Ah, la taverne ! Ce haut lieu de calme et de sérénité, où tout homme pouvait y passer un moment paisible après des mois de mer…

Elle poussa la porte avec bonne humeur en hurlant :

— Tavernier ! Du porc et du rhum !

Mais son cri se perdit dans la cacophonie de la bataille. Au milieu des tables et des tabourets qui volaient de droites à gauche dans la pièce infernale, elle remarqua quelqu’un à l’allure singulière. Plus grande que la plupart des hommes présents, les cheveux coupés au carré avec un bandana cramoisi sur la tête, elle collait de grandes torgnoles de son bras gauche enfermé dans un fin coffrage de bois. L’étrange appareillage lui donnait l’impression qu’elle possédait une palme de tortue en guise de membre. Une nouvelle venue probablement, car Morann voyait pour la première fois cette étrange figure parmi la horde de ruffians de Nassau. Faisant fi des projectiles, la jeune déserteuse se faufila comme un serpent entre les belligérants.

Fatiguée, elle n’aspirait qu’à se siffler une bonne bouteille. Elle sauta par-dessus le comptoir pour atteindre le tavernier planqué dessous. Elle réclama à boire comme si de rien n’était. L’homme lui tendit un cruchon sans même solliciter de piécette. De toute façon, il n’était plus à ça près. Morann savoura chacune de ses gorgées, pariant de temps en temps avec les pochetrons du comptoir pour savoir qui serait le dernier bagarreur de debout. Et pour le moment, la côte de la grande étrangère était de 1 contre 10. Il faut dire qu’elle dépassait Titan, le noir-marron, d’une bonne tête alors que ce dernier dépassait déjà tout le monde d’une bonne tête. Quand enfin le calme reprit possession des lieux, il ne restait que la grande femme combattante debout.

— Tu me dois dix pots, mon ami, se moqua Morann, bien heureuse.

L’autre grommela dans sa vieille barbe malodorante, tandis que le tavernier réapprovisionnait son cruchon vide.

— Hep, l’étrangère !

La bagarreuse se retourna. La pirate lui lança une bouteille.

Hormis quelques ivrognes au comptoir, tous les autres individus gisaient au sol, gémissant ou comatant. Face à la tristesse de la situation, dont elle n’était pas responsable pour une fois, Morann se saisit du porcelet qui rôtissait à l’aide d’un torchon crasseux. Puis elle quitta les lieux, le cochon frit dans une main, un cruchon dans l’autre. Parfois, manger chez soi à du bon.

À Nassau, hormis le vieux fort anglais qui servait à beaucoup de choses sauf à tenir son rôle, toutes les bâtisses se constituaient de bric et de broc, parfois entassées comme un gros agglomérat de patelles, parfois isolées comme un îlet au milieu du corail. Morann, elle, avait bricolé une cabane dans un gros arbre. Vautrée dans son hamac, elle dévorait un cuissot un peu trop grillé, rotant et engloutissant son rhum comme du petit lait.

— Hé toi ! La crevette !

Morann releva la tête et eut juste le temps d’éviter le projectile qui s’éclata sur le mur derrière elle.

— Mais ça va pas non ! Putain gâcher ainsi du rhum !

— Je ne demande la pitié à personne ! grogna la grande étrangère en tournant les talons.

— Hé ho ça va ! Je voulais être juste sympa ! T’avais bien le droit à une récompense après avoir dérouillé tous ces peignes cul ! Hé ho ! J’te parle la grande perche ! Tu m’écoutes quand je te cause !

Morann faisait peut-être deux têtes de moins que son interlocutrice, mais elle avait le sang chaud. Elle ne se laisserait pas faire. L’étrangère s’approchait d’un coin du dédale du bidonville lorsque la petite nerveuse lui envoya un projectile dans le dos. Les petits yeux bridés de la colosse lui lancèrent un regard noir. Elle non plus n’avait pas l’habitude d’être ainsi traitée, et encore moins par une demi-portion.

— Oups, déglutit la jeune galloise lorsqu’elle se rendit compte de son erreur.

Elle se dépêcha de monter plus haut dans son arbre afin d’attendre des branches trop fines qui empêcheraient son assaillante de la poursuivre. Alors que son adversaire gagnait sa cahute, Morann constata que le bras gauche de cette dernière était atrophié. L’étrangère se stoppa sans son ascension quand elle fut dans la capacité de se hisser plus avant.

— Ha ha ! Tu fais moins la maline maintenant la grande, ricana l’oiseau perché.

Morann fut satisfaite de la voir redescendre, contrite de ne pas avoir atteint sa cible. Cependant, son adversaire ne quitta pas la cahute, bien au contraire.

— Hé, mais ça va pas non ! C’est mon hamac !

— Je suis une pirate, petit canari. Je m’approprie les affaires des autres. Et je suis curieuse de voir combien de temps tu vas pouvoir rester niché dans tes cimes.

Elle se saisit du petit cochon grillé et le boulota.

— Mais c’est ma bouffe !

— Plus maintenant, Crevette.

Du haut de son perchoir, Morann se sentait bien idiote. Elle ne pouvait pas rester là. Si elle descendait, elle se prendrait une peignée, sûre ! Une petite baston ne lui déplaisait pas, mais pour le moment, elle aspirait plus à un peu de repos, le ventre repu et le rhum bu. Dans ce genre de situation :

— Pourparler ?

La grande intruse lui lança un regard de triomphe tout en mastiquant.

— T’es pas vraiment en position de négocier, Vermisseau.

Morann fut tentée de lui répondre qu’elle en fera référence à son père, mais ce n’était pas digne d’elle. Cela l’était plus d’être accrochée à une branche pour éviter une branlée.

— On partage le cochonnet, un tonnelet et on est quitte ?

L’intéressée fit mine de réfléchir, comme une actrice qui hésite. Cette petite lui plaisait, elle avait du cran, et assez d’intelligence pour savoir quand se retirer. Marché conclu.

Une fois de retour sur le plancher – pas des vaches —, Morann sortit de sa réserve personnelle du rhum vieux, ainsi que des coupes en bois. Les femmes se rabibochèrent et burent jusqu’à ce que leur gosier ne soit plus en mesure d’accueillir quoi que ce soit.

— Au fait, c’est quoi ton nom ?

— Jia, et toi demi-portion.

— Morann, enchantée.

Les verres s’entrechoquèrent et la paix revint... du moins pour l’instant.

Annotations

Recommandations

Billy Octoober
Dans une Irlande du XXIeme siècle une jeune femme se bat contre ses démons et les choses inexpliquées qui l'entourent. Qui sommes nous pour juger de l'exactitude des phénomènes paranormaux avant de les avoir vécus ? Pourquoi cette jeune brune à l'histoire banale se retrouve embarquée dans un bourbier sans nom où la réalité et la fiction se mélangent ? Seul elle pourra le savoir et le découvrir. Bienvenu dans les songes d'une Irlande, où la terre de nos ancêtres cachent beaucoup de vérités fantastiques.
0
6
40
50
GEO


Ce matin du seize juin 1906, je compulsais de la paperasse, je devais rendre un rapport sur les affaires de la nuit. Le patron se montrait intraitable sur ce point.
Il devait être sept heures du matin quand Plantieu rentra dans mon bureau.
— Inspecteur, il faut que vous veniez.
Je pris un temps avant de lever les yeux de mon document. Sa lecture ne me passionnait pas, mais je souhaitais faire cogiter le nouvel arrivant sur son incorrection. Lorsque je remarquai le teint livide de sa grosse figure, un frisson me parcourut. Je me demandais ce qui pouvait mettre ce vieux briscard dans un état pareil. Il en avait vu depuis qu’il patrouillait dans la capitale, des suicides, des crimes conjugaux, des enlèvements d’enfants et bien pire encore. Qu’il ait été aussi choqué me déroutait. Je me levai et enfilai ma veste avant de prononcer le moindre mot.
Il me devança à la porte et commença à dévaler l’escalier du commissariat avant que je ne le rattrape.
— Que se passe-t-il, Plantieu ?
J’espérais adopter un ton rassurant, mais je discernai des trilles d’angoisse dans ma propre voix.
— Je préfère que vous vous fassiez votre propre idée, inspecteur.
Même si je le sentais content de me refiler la responsabilité de ses problèmes, je percevais à quel point il était perturbé. Son corps tremblait. Il manqua de tomber en enfourchant sa bicyclette et je me demandais s’il tiendrait le coup. Je pris mon propre vélo et le suivi.
Il me conduisit près de Montmartre, à l’entrée d’une impasse où deux hirondelles attendaient. Le plus jeune, Gilbert, avait taché sa capeline à force de rendre le contenu de son estomac. L’autre, Carmin, ne faisait pas non plus le fier et tirait frénétiquement sur un bout de cigarette éteinte.
Plantieu mit pied à terre et m’invita à le suivre. Je le voyais qui se tendait à l’idée de retourner sur place. Je dévisageais un instant Gilbert qui baissa les yeux et essaya de me cacher les traces de vomis de son uniforme.
Un poing implacable me serra les tripes. Une odeur empestait le fond du passage. La tête des trois hirondelles en disait trop long pour soulager ma soudaine angoisse.
Nous entrâmes dans la ruelle. Elle devait servir de dépôt au troquet du coin, à en juger aux emballages de Suze qui traînaient là. Des relents de chair morte s’insinuaient dans mes narines. Je les reconnaissais bien, ils peuplaient mes souvenirs les plus sombres.
Plantieu me guida jusqu’à un tas de caisses et s’immobilisa, en m’indiquant de la main que je devrais continuer seul.
J’entrai et me figeai, le cœur à l’arrêt. Mon regard ne pouvait se détacher de son visage. Je ne sais pas combien de temps j’étais resté paralysé. Des bourrades et des paroles indistinctes parvinrent à briser ma coquille.
— Qu’est-ce qu’on fait inspecteur ?
Au ton de sa voix, je comprenais qu’il avait dû se répéter avant que je réagisse.
— Empêchez les curieux de s’approcher, bredouillai-je.
Devant sa passivité, je pris sur moi de compléter mes instructions.
— Plantieu, éloignez les curieux et envoyez Gilbert au poste ! Dites-lui de convoquer Prévost. Qu’il vienne avec son carton à dessin et cinq hommes. Qu’il prévienne la médico-légale pour qu’ils expédient un fourgon. Plus vite que ça !
Heureux de quitter les lieux, le gros policier claqua des talons en saluant et partit d’un pas chancelant.
Laissé seul, je me tournai vers le fond de l’impasse et contemplai à nouveau la tragédie. Le corps mutilé gisait entre deux caisses, à demi enveloppé dans des vêtements déchirés. Le torse et l’abdomen béaient sur les entrailles. Une robe et un chemisier, imbibés de sang, se confondaient avec les blessures. Une des jambes, arrachée à hauteur du genou, se couvrait d’un jupon de coton désormais rouge.
Sans que je leur demande, mes yeux explorèrent la scène et tombèrent sur un pied sagement chaussé d’un petit soulier. La facture des vêtements témoignait d’une condition modeste. La victime n’appartenait probablement pas à ces filles des rues poussées par trains entiers sur les boulevards de la capitale. Mais elle n’en restait pas moins morte. Je retardai le moment d’affronter sa vision. J’allumai une cigarette. Je regardais du sol vers les murs borgnes, puis vers le ciel qui se découpait entre les toits. J’abandonnai ma contemplation pour descendre à nouveau sur le visage.
Elle devait être brune, n’avait pas plus de vingt ans et affichait une grande sérénité. Elle avait raison, plus rien ne pouvait désormais la toucher. On croit en général que la face d’un supplicié porte les souffrances subies avant de mourir. J’ai souvent constaté que leur expression ressemble généralement à celle d’une personne endormie et paisible.
Je sortis mon carnet de ma poche et commençai à écrire : 12 juin 1906, impasse du Bolivet, sept heures quinze du matin. Sont présents sur les lieux : Gilbert, Plantieu et Carmin. Victime : jeune femme 20 ans ou moins, condition modeste. Corps mutilé, pas de trace de lutte, violence extrême.
Les odeurs de déjection de moisi et d’ordures se mêlaient à celles du sang. Ensemble, elles me retournaient l’estomac. Je passai entre deux caisses et rejoignis les autres à l’entrée de l’impasse.
Je retrouvai Carmin et Plantieu. Ils me tournaient le dos et fumaient, muets. Devant eux, des badauds les dévisageaient, mais ne faisaient pas mine de s’approcher.
Nous attendions depuis une demi-heure quand le reste de la brigade arriva. Cinq agents commandés par Prévost, un jeune inspecteur au regard tendre et aux belles moustaches. Il n’avait pas encore eu l’occasion de faire ses preuves sur le terrain. Par contre, il avait démontré ses talents de dessinateur et son souci du détail. Dans l’immédiat, je souhaitais trois portraits de la victime et je l’accompagnai auprès d’elle.
Après quelques vomissements, ses tremblements cessèrent. Dix minutes plus tard, il me tendit les croquis. Il lui avait donné un beau sourire et des yeux pétillants. La voir si vivante, tracée de quelques traits de crayon sur une feuille blanche me laissa la sensation d’un coup de poignard glacé.
De son côté, Prévost s’était remis à l’ouvrage et cartographiait la ruelle avec précision et méthode. Son regard d’artiste lui permettait de se détacher, de se tenir à distance de l’horreur. Je l’enviais.
Quand le fourgon de la morgue arriva, tiré par un cheval bien nourri, je sortis de l’impasse pour accueillir les nouveaux venus.
— Bonjour, Lilien. De Lavigne ne se déplace pas ?
— Non, à cette heure, il prend le thé avec le préfet. Qu’est-ce que t’as ?
— Une jeune dame, pas belle à voir.
Lilien et deux infirmiers me suivirent. Prévost continuait de porter des détails sur son carnet. Il s’écarta, livide.
Lilien s’accroupit près du corps et commença son examen. Il regarda, huma l’air, trempa un doigt dans une flaque de sang sur le sol.
— Je dirais qu’elle est morte, dit-il en tournant la tête vers moi.
Je ne souhaitais pas répondre. Mon visage devait être effrayant et il changea tout de suite de registre.
— D’après la coagulation, le décès date d’hier soir. Sa cause semble évidente, mais je ne pourrai te dire quel type d’arme a été utilisé qu’après examen.
— Je passerai vers six heures.
— Viens plutôt à sept. Le patron dîne chez le maire et je ne crois pas qu’il t’aime beaucoup.
Je retournai auprès des autres. À l’entrée de la rue, de petits attroupements se formaient de temps à autre et nos concitoyens tentaient de se renseigner. Je pris deux agents à l’écart.
— Faites le tour du voisinage, boutiques, marchands de vin, habitants. Demandez s’ils ont entendu ou vu quelque chose vers neuf heures hier soir. S’ils reconnaissent la fille du dessin, notez les noms et adresses, je m’occupe des pensions et des hôtels.
5
23
73
8
Défi
Kae Morrigan
Voici ma réponse au défi « Le chant des sirènes » qui prend place dans mon univers Fantasy, plus particulièrement à mon roman « L’Exilé » qui est actuellement mis en privé car étant la suite d’une histoire dont je dois commencer la réécriture.

La poésie n’est pas mon genre de prédilection, j’espère donc m’en être bien sortie. ^^’

Bonne lecture ! :)
7
6
6
1

Vous aimez lire The_Terrible_Twins ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0