Chapitre 6

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Jia reprit conscience d’un coup, prise de panique. Ses membres étaient enchainés dans la cabine du capitaine. La chambre reflétait l’opulence de sa famille. Des draps de soies, des paravents brodés d’or et toute une argenterie incrustée de pierres précieuses. La pièce était aménager avec soin et délicatesse, d’une élégance qu’un Occidental n’atteindrait jamais. Une belle armure couleur d’airain ornée d’une tortue trônait dans le fond. La bouteille avec l’œuf reposait sur un écrin de velours recouvert d’une cloche de verre, t fixé à la table de bois précieux.

Elle essaya de se dégager, mais rien n’y fit. L’angoisse lui nouait le ventre et la gorge. La porte s’ouvrit pendant qu’elle gesticulait pour se libérer.

— Inutile petite sœur.

Manchu pénétra dans la pièce et vint se placer face à elle.

— Comment as-tu osé déshonorer ainsi la famille ? Et pire que tout, t’allier avec des barbares occidentaux pour trouver un œuf de Gembu.

— Je ne l’ai pas trouvé, il est venu à moi.

Un rictus se dessina sur le visage de son frère.

— Et c’est toi qu’il l’a fait entrer dans la bouteille ? Comment l’en faire sortir ?

Jia répondit par un silence éloquent. Manchu répliqua par un terrible revers de main. Un filet de sang perla sur le menton de la jeune femme. Elle défia le regard de son ainé, mais ne dit rien. Le colosse n’insista pas. Il savait que sa sœur ne parlerait pas. Pour le moment.

*

Morann et Anna Maria cuisaient comme des homards dans une marmite. Le soleil tapait dur sur leur tête qu’elles recouvraient de leur chemise pour tenter de calmer leur peau brûlante. Mais le sel les desquamait autant que les rayons solaires.

Et puis la soif les rongeait. Elles économisaient le petit tonneau. Ah si seulement il pouvait pleuvoir !

— J’ai soif… se lamenta Morann pour la millième fois de la journée.

— Mais ta gueule putain !

— J’ai soifffeuuuuu, reprit la jeune femme comme une gamine capricieuse.

— Tu la fermes ou je te jette par-dessus bord !

— Essaie toujours, résidu de fausse couche !

Et pour la troisième fois de la journée, les deux femmes se battirent. Pas bien longtemps, juste de quoi échanger quelques coups comme deux limaces roussies.

— On va tous mourirrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr, se lamenta la petite Galloise.

Anna Maria ne prit pas la peine de répondre, surtout que ses paroles allaient se révéler prophétiques… Ses pensées se perdaient dans les pires scénarios possibles et imaginables. Un petit « plouf » la sortit de sa torpeur. Morann venait de laisser tomber sa main dans l’eau. Elle voulu lui dire de la remonter pour ne pas se la faire bouffer par un requin, mais elle n’en eut pas la force. Après tout, si elle se vidait de son sang provoqué par un arrachage en règle de son membre, cela lui ferait plus de vivres… et allongerait aussi son calvaire. La situation était inextricable. Elle ne remercia pas cette idiote de bâtarde de lui avoir sauvé la vie pour la faire mourir à petit feu sur un océan d’huile.

Un hurlement brisa le silence morbide.

— Y’a un truc qui m’a touché la main !

— Ho quelle surprise ! Maugréa Anna Maria. Y’a pas un moment où tu vas vraiment la boucler ? Je ferai mieux te balancer aux requins et finir ma misérable vie en paix.

— C’est pas un requin, c’est une tortue.

La capitaine bondit comme une furieuse.

— Mais choppe la putain ! On va la bouffer !

Anna Maria se jeta presque par-dessus bord pour tenter d’apercevoir ledit animal. Elle eut beau passer de bâbord à tribord, nulle trace du chélonien.

— T’as le cerveau givré ma parole ! Y a rien !

— Je te jure que j’ai bien senti sa carapace sous mes doigts.

La Jamaïcaine continua de scruter les flots, mais aucune bestiole ne planait entre deux eaux.

— Elle a pas une drôle de couleur la flotte ?

Anna Maria retint une remarque acerbe sur l’état mental de la Galloise, mais elle aussi remarqua le marron trouble de l’océan… organisé en losange…

— Par tous les saints !

La capitaine pâlit sous le regard inquiet de sa comparse. Morann examina bien avec attention ces eaux étranges, mais elle ne comprit pas ce qui mettait son acolyte dans cet état.

— Qu’est-ce qui y a ? On dirait que tu viens de voir le kraken.

A peine eut elle fini sa phrase qu’une énorme tête de tortue apparue à la proue de la barque. Un crâne si gros que la jeune femme aurait pu monter dessus sans problème.

L’animal ne semblait pas vouloir ne montrer que son bec. Sa carapace émergea à la surface des flots, aussi grande qu’une île. D’ailleurs, c’est bien de cela qu’il s’agissait. Morann et Anna Maria observaient la scène avec leur mâchoire inférieure sur les genoux. Une forêt avec des arbres tropicaux et autres cocotiers poussait en toute tranquillité sur le dos de l’animal immobile. Une petite plage de sable fin et blanc longeait le pourtour. Un petit paradis terrestre s’étendait devant leurs yeux ébahis.

— Tape-moi dans le dos Anna Maria, je rêve là…

Sans se faire prier, l’intéressée colla une violente tape à Morann qui passa par-dessus bord sous le choc.

— Non, mais t’es malade ! J’tai pas demandé de me couler ! Brailla-t-elle en émergeant sans que la Jamaïcaine ne l’entende.

Une île-tortue, comme dans les histoires de marins naufragés que lui comptaient ses parents dans les plantations. Un morceau de varech lancé par la petite Galloise qui barbotait toujours à côté de la chaloupe la ramena sur terre… enfin sur mer, puisqu’elle bascula à son tour par-dessus bord.

Aucune des deux femmes n’eut à remonter dans la barque pour regagner le plancher des vaches. En effet, la tortue émergea de la mer et elles se retrouvèrent au sec, de part et d’autre de leur embarcation.

— Il ne faut surtout pas s’éloigner, s’agita Morann ! Et surtout ne pas faire de feu !

Anna Maria inspectait déjà les alentours sans prêter plus d’attention aux dires de sa camarade. Son estomac criait famine. Elle espérait bien trouver quelques choses à se mettre sous la dent sur cette île providentielle.

— Tu m’écoutes quand je parle ?

— Non, jamais comme toujours ! C’est mon bide que j’écoute et il me dit qu’il boufferait l’île entière !

— C’est ça, amuse-toi bien ! Tu ferais moins la fière quand tu te retrouveras le bec dans l’eau, comme les moines de Saint Brendan !

— Saint Bandant ?

— Pffff, impie ! Saint Brendan ! En faisait un feu sur une île de ce genre, ils n’ont réussi qu’à la faire couler ! Donc pas de feu !

— Ouais OK ! Pas besoin de braises pour ouvrir une cocooooooooooooooo.

La jeune femme saisie plusieurs noix et s’installa à l’ombre pour entreprendre le pénible, mais salvateur, épluchage. Les gangues fibreuses entouraient la fameuse noix contenant le lait ainsi qu’un mucilage comestible. Heureusement, Anna Maria cachait toujours un petit couteau dans sa ceinture, facilitant la tâche.

Morann se joint à elle apportant un gros régime de banane, dont deux dépassaient de sa bouche.

— Il y a aussi une source d’eau douce ! s’exclama-t-elle une fois qu’elle eut avalé les fruits.

— Il faut agir vite, on ne sait pas combien de temps cette bestiole va rester à la surface !

Sans attendre, les deux femmes chargèrent autant de nourriture et d’eau fraiche possible dans le canot. Une fois cette besogne faite, elles s’attelèrent à fabriquer un petit mât pour installer une voilure de fortune.

— Cette nuit on observera les étoiles pour savoir où on se trouve, approximativement…

— Et on fera quoi ensuite ? demanda Morann en s’allongeant sur le sable. On part à la recherche de Jia ?

— Je récupère un nouveau navire et JE pars à la poursuite de Jia. Hors de question d’avoir la guigne incarnée avec moi.

Surprise du manque de réaction de la Galloise, Anna Maria regarda sa comparse. Cette dernière pleurait en silence. De grosses larmes embuaient ses yeux et lui dégoulinaient sur les joues. La capitaine tomba des nues et se sentit penaude.

— Te mets pas dans des états pareils…

Elle lui tapota doucement l’épaule, ne sachant pas de quelle manière cette situation.

— Je ne porte pas la guigne… C’est pas ma faute si mon paternel était un gros queutard… sanglota Morann.

Elle ne reçut pas de réponse à cela sachant pertinemment que sa capitaine croyait avec force que sa présence attirait les malheurs.

— J’suis une fille de la mer… J’ai pas d’autre destin que la mer…

Elle larmoyait, la tête entre ses jambes, cherchant à se cacher de sa capitaine, honteuse. Au fond de son cœur, elle savait qu’elle ne portait pas la poisse. Certes, elle avait été touchée par la malchance à sa naissance… et encore, pouvait-on reprocher à sa mère d’avoir été séduite par un homme marié qui se garda bien de lui dire ? Est-ce que la malhonnêteté d’un volage peut rejaillir sur son enfant ?

— Excuse-moi… finit par baragouiner la capitaine, embarrassée par la situation.

Certes, elle ne cessait de penser ce qu’elle avait dit. Mais elle n’avait pas eu l’intention d’autant troubler sa camarade.

Morann se tourna vers elle pour la prendre dans ses bras, comme une fillette le fait avec sa mère ou sa peluche préférée… Anna Maria se laissa faire sans broncher, même si elle n’appréciait pas du tout ce geste. Après quelques instants de câlin, la petite Galloise lâcha sa capitaine et s’allongea sur le sable. Le sommeil la gagna en un éclair. Il faut dire que les derniers événements n’avaient pas été une sinécure. Se reposer, savoir gérer son sommeil étaient une qualité indispensable en mer. En bonne leader, la Jamaïcaine accepta son quart. Le soleil commençait à décliner à l’horizon. D’ici quelques heures, elle pourrait déterminer leur position. Elle aviserait ensuite sur la meilleure chose à faire… Au fond d’elle, elle savait que partir à la recherche de Jia était peine perdue… La jonque voguait sans doute vers la Chine lointaine. Traverser deux océans ne l’enchantait guère… malgré la fortune que représentait la bouteille.

*

Jia ne pouvait lâcher des yeux l’écrin dans lequel reposait la bouteille. Sa séquestration lui pesait. Manchu ne démontrait aucune pitié pour elle et refusait toutes ses propositions de libération. Où pouvait-elle aller de toute façon ? Surveillée par une cinquantaine d’hommes sur une jonque au milieu de l’Atlantique. Il aurait pu l’enchainer par une cheville au mât principal plutôt que dans cet endroit confiné.

Elle observa les menottes de fer. Ses poignets saignaient à force de tirer dessus pour s’en défaire. Si seulement son bras déformé l’était un peu plus, il pourrait se glisser hors de l’anneau. Une idée lui traversa l’esprit et lui noua l’estomac… De petites larmes lui montèrent aux yeux rien qu’en repensant à la douleur que provoque ce genre de blessure. Il le fallait. Avec un bras libre, elle crochèterait la serrure et fuirait. Tant pis si elle se noyait, elle préférait ça que le sort qui l’attendait chez elle.

Elle saisit le col de sa chemise dans la bouche et serra fortement les dents. Un doute la traversa. Sera-t-elle capable de le faire ? De se faire ce qu’ils lui avaient fait ? Elle hésita, encore, cogita, regarda son bras, renonça, reprit courage, hésita encore… Dans un éclair de folie, elle se brisa l’avant-bras. La souffrance lui brula tout le corps. Elle se trancha un bout de lèvre malgré le tissu. Son esprit se brouilla. Elle pleura à chaude larme tout en retenant des cris de douleur. Dans un mouvement mécanique, elle retira son bras de l’anneau. Elle colla son avant-bras sur sa poitrine afin de soulager la douleur.

— Non non, il ne faut pas, je dois le tendre….

Tremblante comme une feuille, elle déploya son membre. Elle le bascula comme une chair morte vers sa tête afin d’en retirer une petite aiguille dissimulée dans ses cheveux. La tâche se releva cauchemardesque, ses mouvements incohérents la déchirai de douleur. Après plusieurs tentatives vaines, elle tenait enfin la précieuse petite épingle entre des doigts difformes. Elle s’accorda une petite pause pour souffler et faire diminuer la peine.

Une fois parvenu à se libérer de la seconde menotte, Jia se releva avec difficulté, le front couvert de sueur. Elle se traina jusqu’à l’écrin et récupéra la bouteille. Pour l’illusion, elle en mit une autre à l’allure semblable. Maintenant, elle devait fuir. Oui, mais comment ? Monter sur le pont signait son arrêt de mort. Pas sûr que son frère l’épargne si elle croisait sa route. D’ailleurs, elle se demandait toujours pourquoi il l’avait laissé en vie.

Avec toute la discrétion que sa forte corpulence lui permettait, Jia se faufila hors de la cabine de Manchu. Personne. Il avait confiance dans les entraves. Une chance pour la jeune femme. À pas de loup, elle fit quelques mètres dans le couloir. Elle aperçut des marins venant dans sa direction, la forçant à retourner dans la cabine.

Jia tourna un peu en rond dans la pièce à la recherche de quelque chose qui l’aidera à se sortir de ce guêpier. Soudain, elle entendit des bruits de pas devant la porte. Par réflexe, elle plongea vers les menottes, les cacha dans son dos et fit comme si elle était toujours prisonnière.

Manchu entra sans lui accorder un coup d’œil.

— Dis-moi petite sœur, tu espérais quoi en fuyant le temple de Gembu ?

Il prit un chiffon et commença à polir son armure, lui tournant le dos, persuadé qu’elle était toujours attachée.

— Et la famille et toi vous pensiez à quoi en m’y envoyant ? répliqua-t-elle pleine d’amertume.

— Que tu serves les intérêts de la famille voyons.

— Et c’est exactement ce que je ne ferais pas.

Elle frappa de toutes ces forces dans la nuque de son frère, qui s’écroula sous le choc.

Cette fois-ci il fallait filer coute que coute. Elle déboula dans le couloir et se jeta sur le pont. Il faisait nuit et seule l’équipe réduite de quart vaguait à leurs occupations. Elle n’hésita pas une seule seconde. Elle se passa par-dessus bord.

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Défi
KimBean

Des frissons, c'est d'abord ce qui vient. Je n'ai pas encore mal, mais je tremble déjà. Je sais ce qui arrive, je sais que je vais me noyer, même si la voix de Tyler est là, même si le rythme de Josh me tient encore debout.
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Je me hais souvent quand j'écoute cette chanson, elle me donne une perspective violente de tout le bordel dans ma tête, et elle donne de la puissance à tout ce qui n'a pas de voix dans ma tête, tout ce qui est gris et noir rampe alors et ne noie sur mes joues. Putain, ça doit être niais à voir je me dis souvent: une pauvre adolescente qui fond en larme en chanson, et pourtant, elle met fait un effet boeuf moi, cette musique.
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Don't let me be gone.
J'entend sa voix un peu éraillée trembler à la fin de sa phrase.
Il répète cette phrase quatre fois. Et à chaques nouvelles fois, sa voix est un peu plus cassée et faible. Il va bientôt lacher. C'est ce que je pense, il va sombrer, il faut l'aider, il a besoin d'aide, j'ai besoin d'aide.

Puis tout implose.

Il se met à hurler, et toute la noirceur sursaute et devient violente. Elle s'acharne sur lui, et Tyler se débat, moi aussi. Je cours pour attraper sa voix et m'y accrocher, il frappe, hurle, pleure et s'enrage pour vivre: il me réveille.
Je fais de même, je m'énerve et frappe pour faire reculer toutes mes pensées; Josh martèle sa batterie, il voit bien que le chanteur à besoin d'aide, mais il ne voit pas qu'il m'aide aussi. Sa batterie effraie le noir qui recule, comme révulsé.
Tyler se met à chanter, et sa voix ne fait plus que faire reculer la noirceur, elle illumine aussi ma tête, et il y fait moins froid: je suis serrée auprès de ce feu quand il fait trop froid dand ma tête.
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Catherine et Gabriel se connaissent depuis qu'ils sont petits, mais ils ne se sont jamais vraiment fréquentés. Et aujourd'hui, alors qu'ils ont renoué le contact et décidé de faire une randonnée en forêt, leur vie va prendre un virage à 180°C et c'est côté à côte qu'ils vont découvrir que la vie humaine ne se limite pas seulement aux bords de l'univers qu'ils connaissent.
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