La comète de feu

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Färrem se réveilla dans un sursaut désagréable. En un réflexe vif, il saisit son couteau à cran et plaça ses bras en croix devant lui pour se défendre. La respiration haletante et la peau luisante de sueur, il fixait le vide de ses iris améthyste, sa pupille n’était qu’un minuscule point en leur centre tant sa concentration était aigue. Une main délicate se posa sur son poignet, les doigts fins le firent frémir et le ramenèrent à la réalité en douceur. Il laissa son amante abaisser ses bras et le désarmer avec lenteur. Kysâavi embrassa les joues humides de Färrem et essuya ses larmes avec la délicatesse d’une mère. Il se laissa faire sans réagir, toujours groggy par son cauchemar. Sa respiration et les battements de son cœur reprenaient un rythme régulier peu à peu.

« C’est encore ce rêve ? Demanda-t-elle dans un murmure. »

Elle glissa une main dans les cheveux blancs mi-long de son amant. Le Körs sembla sortir de son état léthargique et la repoussa plus brusquement qu’il ne l’aurait voulu.

« Ce n’est rien. Grommela-t-il. »

Elle effleura son torse cendré couvert de fine cicatrices blanches et expira lentement un soupir de désarroi en s’éloignant. Färrem l’observa se lever, Kysâavi faisait toujours preuve d’une élégance naturelle qui le rendait fou. Elle se mit debout, dos à lui : son corps était un plaisir pour les yeux, sa peau dorée était couverte de petites tâche noires. D’un geste gracieux, elle agita sa chevelure de jais qu’elle coiffait toujours en une multitude de tresses fines, deux petites oreilles rondes et velues en jaillissaient sur le haut de son crâne. Ses tresses tombèrent comme un rideau sur son dos jusqu’à dissimuler ses fesses voluptueuses, ne laissant que sa queue fine et velue dépasser. Färrem sentit son corps s’éveiller à la vue de sa déesse féline. Il se redressa et l’attrapa par les hanches pour la faire tomber sur le lit. Elle s’échoua dans ses bras dans un petit cri de surprise.

« Je suis désolé. Murmura-t-il à son oreille. Je n’aime pas en parler.

- Je sais. Concéda-t-elle à regret désespérant qu’il s’ouvre un jour à elle. Libère moi maintenant, il ne faudrait pas être en retard. »

Le Körs fit courir ses dents sur l’oreille de sa compagne, resserrant ses bras autour d’elle, et la pinça gentiment, Kysâavi gesticula en gémissant.

« Färrem, on n’a pas le temps. Se plaint-elle faiblement sans pour autant se dégager. »

Il ne répondit pas et caressa le ventre lisse et pâle de l’Oddlveïss jusqu’à atteindre sa poitrine généreuse. Elle sursauta quand il effleura les boutons dorés trônant sur ses seins. Renversant son crâne, elle le fixa dans les yeux de son regard jaune suppliant. Il lui sourit avec tendresse et frotta son nez contre le sien. Kysâavi lui attrapa le visage et attira ses lèvres contre les siennes pour y déposer un baiser chaste.

« Je suppose qu’on peut sauter le petit déjeuner. Murmura-t-elle le souffle chaud. »

Färrem sourit victorieux et la lâcha pour se relever.

« Ah non ! Je ne compte pas me priver ce matin. Scanda-t-il en sautant du lit. »

Il se retourna, une lueur taquine illuminée son visage. Kysâavi le fixait d’un regard froissé, l’air vexé. La peau dorée de son front se plissait finement pour exprimer son agacement et ses yeux jaunes étaient presque plein de sa pupille dilatée. Ses lèvres pâles s’étaient pincées et il devinait sa mâchoire verrouillée, elle était trop fière pour exprimer sa frustration. Il se rapprocha à grand pas et se pencha sur elle pour embrasser son front, elle se dégagea en grognant.

« Allons, si je dis ça, c’est parce que mon péché mignon m’est déjà servi. Susurra-t-il, glissant une main à son entrejambe. »

L’Oddlveïss s’empourpra dans l’instant et bégaya sans pouvoir formuler une réponse. Färrem prit d’assaut ses lèvres avant qu’elle ne puisse réessayer et les mordilla avec gourmandise. Ses doigts ouvrirent le fruit défendu de la jeune femelle et il soupira de désir en trouvant ses chaires délicieusement humides. Elle eut une plainte surprise lorsqu’il effleura son bouton de plaisir et il le massa avec douceur, lui arrachant de petits gémissements adorables. Färrem sentait son sexe se tendre douloureusement d’excitation, Kysâavi le remarqua et tendit la main pour l’effleurer. La douceur de ses doigts sur sa peau le fit frémir et il inspira bruyamment avant de s’arracher à sa main chaude. Elle l’interrogea du regard et il lui adressa un simple clin d’œil avant de s’agenouiller devant elle.

« Laisse-moi t’honorer. Souffla-t-il en plongeant la tête entre ses cuisses. »

Kysâavi fut prise d’une exquise contraction au creux de ses reins à l’entente de ces mots, la laissant un peu plus fiévreuse. Lorsque les lèvres humidifiées de Färrem embrassèrent délicatement son clitoris, elle rendit les armes dans une expiration profonde et s’allongea sur le lit. Il sourit de contentement en considérant la plaine qu’était son ventre, merveilleusement creusée par son nombril, et les collines attrayantes que formaient sa poitrine. Elle était belle et il ne s’en lasserait jamais. Il caressa sa cuisse et enfoui ses doigts dans la fourrure agréable de son pubis, puis il darda sa langue pour effleurer le point doré qui ferait chanter sa déesse. Et elle chanta. D’abord, sa voix n’était qu’un soupir d’extase et son corps se contractait avec lenteur sous les caresses de son appendice. Son eau parfumée glissait sur la langue de son amant et lui faisait gouter des notes florales et pimentées. Tranquillement, il faisait monter son plaisir pour la guider finalement vers une jouissance tendre et cotonneuse. Kysâavi se crispa alors que son être lui semblait disparaitre dans un nuage, ses doigts se refermèrent sur les draps, un instant, et tout son corps se relâcha dans un soupir d’aise. C’est ce moment que Färrem choisit pour insinuer son majeur dans la vulve gonflée de sa partenaire. Elle poussa un cri mêlant surprise et bien-être et son torse se cambra sous la stimulation intense qu’il lui infligea immédiatement. Il caressait ses parois avec précision, connaissant par cœur ses zones érogènes et les attaquant avec stratégie. Kysâavi se répandit bientôt en supplication suave, son corps s’agitant malgré elle, et son amant y répondit en lui offrant un deuxième puis un troisième doigt. Färrem commençait à perdre sa concentration, son phallus se rappelait à lui douloureusement, rêvant de répondre aux demandes terriblement excitantes de l’Oddlveïss. N’en pouvant plus, elle se redressa entre deux soubresauts et le poussa brusquement, craignant qu’il ne reprenne d’assaut son corps. Le Körs s’échoua sur le sol froid dans un grognement de frustration et avant qu’il ne puisse y remédier, Kysâavi s’accroupit au-dessus de lui et se pencha pour l’embrasser langoureusement. Il effleura sa hanche et elle frissonna tant elle était devenue sensible. Elle se redressa et lui fit les gros yeux.

« Ça suffit. Ordonna-t-elle d’une voix qui se voulait sérieuse et elle plaça son index sur les lèvres de Färrem pour l’empêcher de répondre. Je suis encore ton supérieur. »

Il prit un air faussement outré et lui caressa la joue, attendrie. Après tout, c’était la dernière fois qu’elle pouvait s’autoriser cette blague et cela lui faisait un petit pincement au cœur. Kysâavi s’empala doucement sur sa verge tendue, l’accueillant en son corps chaleureux presque timidement. Entre l’excitation de la voir s’époumoner et son antre divinement gonflée, Färrem sentait qu’il ne pourrait pas combattre longtemps. L’Oddlveïss resta, un moment, assise sur lui, savourant sa présence entre ses reins, ses paumes reposaient sur le ventre cendré et elle resserra lentement ses cuisses contre son torse, comprimant un peu plus son membre. Et puis, elle se mit à danser sur lui, ondulant son corps dans un tango endiablé, avalant son sexe avec gourmandise à chaque va et vient. Färrem se mit rapidement à gémir et grogner, se trouvant bien aise de cet échange intense. Comme il n’allait plus résister, il se redressa et lui agrippa les hanches pour tenter de la ralentir mais la diablesse ne voulait pas être contrôlée et le repoussa sévèrement, le grondant d’un regard farouche. Et puisqu’il la dévorait des yeux et qu’elle était somptueuse, son plaisir embrasa ses reins, explosa dans son bas ventre et se déversa en elle, étirant ses lèvres en un sourire comblé. Kysâavi se pencha sur lui pour l’embrasser mais fut surprise par sa main atteignant son intimité. Färrem se redressa sur un coude pour aller à la rencontre de sa bouche et, dans le même mouvement, pressa avec douceur son bouton doré devenu encore plus sensible. Il ne lui fallut pas longtemps pour qu’elle vienne dans un ultime cri qui la laissa tremblante entre ses bras.

« Tu es sadique. Soupira-t-elle contre son torse. »

Il lui caressa les cheveux sans un mot et pressa son crâne contre le sien.

Après une toilette précipitée, ils quittèrent les quartiers de Kysâavi vêtu de leurs plus beaux habits. L’Oddlveïss se déhanchait dans un tailleur bleu roi très chic qu’elle avait réussi à rendre presque vulgaire en le portant de manière provocante sur ses formes voluptueuses. Sur son épaule droite, l’étoile d’Aarokhin brillait de son éclat vert, le symbole des sergents.

Quant au Körs, il était vêtu d’un complet en lin indigo avec une chemise blanche, deux petites étoiles jaunes et une verte ornaient son épaule pour signifier son rang de caporal-chef. Kysâavi avait coiffé sa chevelure en une grosse tresse qui reposait sur son épaule droite, lui donnant un air un peu plus sérieux qu’avec ses cheveux libres. Quant à Färrem, il avait rassemblé sa tignasse en un catogan élégant qui tirait sur les traits de son faciès et lui donnait un regard de tombeur. D’ailleurs, l’Oddlveïss le dévorait de ses pupilles pleines en se mordant la lèvre inférieure, il lui sourit en secouant la tête et enfonça ses mains dans ses poches pour se mettre en route.

« Tu vas être un sergent tellement sexy. Soupira-t-elle en le rattrapant. Je vais avoir une floppée de rivaux, j’aurais mieux fait de m’y opposer.

- Tu n’auras pas le moindre rival, tu es trop effrayante.

- C’est bien vrai, le premier qui te touche je le jette par-dessus bord. »

Färrem eut un rire léger et enroula son bras autour des épaules de sa belle. La vérité, c’est qu’il était bien plus à plaindre en termes de rivalité, l’Oddlveïss était l’une des plus belles femelles de leur faction et être l’élu de son cœur lui avait causé bien des torts. Il déposa un baiser sur son crâne et la serra un peu plus contre son corps parce que tout ceci n’avait en fait que peu d’importance.

Färrem s’avança dans la salle de congrès la boule au ventre et les centaines de visages qui l’observaient n’y était pour rien. La main de Kysâavi se sépara doucement de la sienne, lui offrant une dernière caresse, et elle resta en arrière, le couvant d’un regard fier. Il marcha vers la scène la tête haute, réprimant son envie de se retourner, il aurait voulu voir son regard aimant une dernière fois pour l’imprimer dans sa mémoire. Sur l’estrade, trois adjudants et un adjudant-chef attendaient patiemment que les aspirants sergents s’alignent devant eux. L’adjudant-chef était un Oddlveïss à la peau parfaitement blanche et aux yeux d’un rouge écarlate, il jaugeait les caporaux avec curiosité. Trois Hërd, deux Oddlveïss, cinq Körs et une Raxxen seraient promus aujourd’hui, tous bien plus vieux que Färrem. Il se positionna en fin de ligne, puisqu’il était le dernier arrivé, et se mit aux gardes à vous. Son regard put enfin balayer la salle, il trouva Kysâavi discutant joyeusement avec des camarades au fond de la pièce, elle était ravie de le voir être promu. Il pinça sa langue entre ses dents et détourna le regard pour dévier ses pensées. Ses yeux se promenèrent sur la foule, la plupart était des caporaux et des soldats venus admirer leurs futurs supérieurs ou acclamer leurs camarades mais il y avait quelques adjudants dans les premiers rangs, s’étant déplacé pour voler les meilleurs éléments. Les sergents fraichement promus restaient souvent dans leur faction d’origine mais des officiers supérieurs venaient souvent pêcher chez leurs alliés, espérant trouver des compétences inédites. Enfin, de rares caporaux émettaient, avant la cérémonie, un souhait de faction différente et un représentant venait donc pour les promouvoir et les escorter.

Un dernier caporal rejoignit l’assemblée et s’installa au côté de Färrem. Elle faisait au moins deux têtes de plus que lui et avait une peau verte très lisse, parsemée d’éphélides plus claires, ses membres n’avaient rien d’humanoïde, ressemblant étrangement à des tentacules. Une Eravoe. Une des races connues à l’espérance de vie la plus élevée de l’univers, on les voyait rarement dans les corps armées car ils avaient une nature très sensible et détestaient semer la mort. Elle coula son regard vert d’eau sur son voisin et lui adressa un clin d’œil complice, Färrem se surprit à rougir mais c’était à cause de la notoriété extrêmement libertine des Eravoe. Elle se lécha la lèvre inférieure comme pour le confirmer et il dut faire un gros effort pour s’arracher aux pensées érotiques qui l’assaillaient. Le regard menaçant de Kysâavi l’aida à reprendre contenance, il pouvait déjà entendre ses reproches lui chauffer les oreilles. L’adjudant-chef s’apprêtait à entamer la cérémonie mais une exclamation générale agita la foule. Färrem porta son regard sur l’objet de cette réaction et faillit se liquéfier sur place en observant le Körs qui venait de faire son entrée.

Ikârvaîn s’avança dans la pièce sans se préoccuper de l’attention qu’on lui portait. Il était vêtu d’un complet blanc dont la veste reposait sur ses épaules avec nonchalance et son torse nu s’offrait à tous les regards, laissant voir une importante cicatrice en « X » d’un blanc presque argent. Il ne portait pas de chaussure, ce qui généra des murmures sur son passage, à moins que ce ne soit pour sa beauté indécente. Le mâle était âgé mais son visage était sublimé par les rides qui le marquaient et ses longs cheveux d’un bleu pastel encadré merveilleusement son faciès, réhaussé d’une barbe parfaitement entretenue et agrémenté d’un regard bleu électrique.

Mais sa beauté ou sa tenue n’avait rien à voir avec la surprise qui se lisait sur les visages, non, c’était la naine violette sur son épaule qui générait cette soudaine torpeur. Ikârvaîn était un colonel de la flotte Ubestoos, la faction de l’union intergalactique chargée de repousser la menace Grìzz. La flotte la plus en proie au conflit dont les pertes se comptaient en milliard au jour le jour. La faction maudite. Färrem sentit tous les aspirants sergents se crisper à sa droite, Ubestoos était si loin qu’aucun soldat de cette faction n’y avait jamais été envoyé et la simple idée d’être quémandé les terrifiait. Mais les autres sergents n’avaient rien à craindre car Ikârvaîn n’était là que pour lui.

Un long silence suivi son entrée mais le colonel s’installa dans un fauteuil du premier rang sans un mot. Seule une adjudante-cheffe se risqua à s’asseoir à ses côtés, une Oddlveïss au regard de braise et à l’allure assurée, elle venait d’une faction voisine qui vivait de terribles conflits récemment et avait sûrement beaucoup plus de sang sur les mains que tous les soldats réunis ici. Ce qui était probablement infime en comparaison du palmarès du colonel mais ils bavardèrent ensemble sans difficultés. L’Oddlveïss blanc entama la cérémonie, l’air un peu moins serein qu’auparavant. Les premiers sergents étaient destinés à rester sur cette faction, soit par choix, soit parce qu’on ne leur avait rien proposé de plus. Arrivant au quatrième, la Raxxen, deux adjudants-chefs se levèrent pour lui offrir une place dans leur faction. La Raxxen accepta la deuxième du tac au tac, la flotte de l’Oddlveïss où les conflits se multipliaient, elle devait être un bon parti pour être appelée dans cette zone. L’adjudante-cheffe se leva avec prestance et rejoignit la scène pour décerner le symbole sergent de sa flotte à son nouveau sous-officier, une rose des vents turquoise. Elle serra la main de la Raxxen et lui murmura un mot à l’oreille qui fit briller les yeux de la sergente. Puis elle retourna s’asseoir et personne ne bougea ou ne sembla même respirer avant qu’elle ne soit installée tant elle imposait le respect. Les suivants furent tous appelé par au moins un adjudant-chef extérieur mais seul deux d’entre eux acceptèrent la proposition et se virent décerner un écusson différent. Quand le tour de Färrem vint, l’Oddlveïss ne consulta même pas sa fiche d’information et l’évalua de ses yeux perçants.

« Caporal-chef Färrem Kovböe, confirmez-vous votre souhait de rejoindre la flotte Ubestoos en tant que sergent ? »

Les murmures s’élevèrent dans la foule et, comme il connaissait déjà sa réponse, Ikârvaîn se leva.

« Oui, mon adjudant. Prononça Färrem alors que son regard retrouvait celui de son amante. »

Kysâavi ouvrit la bouche, les yeux écarquillés et brillants d’émotion, puis elle se reprit, se gonfla d’une profonde inspiration, serra ses poings et lui renvoya un regard dur. Il lui avait brisé le cœur et le sien s’en trouva autant blessé. Mais ils s’étaient jurés que leur aventure ne serait jamais un frein à leurs carrières et il était absolument hors de question qu’il la laisse le suivre pour la faction maudite. C’était mieux ainsi, elle le détesterait et passerait à autre chose. Le colonel se posta devant lui, bloquant son champ de vision, et posa sur lui un regard empreint de critique. Il brandit l’écusson, une comète orangée, et le fixa à la place des trois étoiles qu’il laissa tomber dans la main de Färrem. Puis sans rien dire, il repartit et quitta la salle à la surprise générale. Färrem sentit son cœur se déchirer lorsqu’il réalisa que Kysâavi s’était éclipsée. L’Oddlveïss blanc reporta son regard rouge sur lui et eut un sourire amical à son égard.

« Pour qu’un tel héro de guerre se soit déplacé, c’est que tu dois être bon mon garçon. Remarqua-t-il. »

Färrem ne répondit pas, ces mots auraient pu le rassurer mais il savait que c’était tout l’inverse. Ikârvaîn ne voulait pas de lui, si sa candidature avait été accepté, c’est qu’on l’avait forcé et il s’était déplacé dans le seul but de profiter du voyage pour le dissuader. L’Eravoe avait, elle aussi, émis un souhait spécifique et Färrem fut surpris d’apprendre qu’elle se dirigeait également vers la menace Grìzz mais dans une flotte différente, dédiée à la réhabilitation des systèmes libérées. Sa présence ici faisait finalement sens et elle lui adressa un nouveau clin d’œil après qu’on lui ait remis son écusson, une feuille dorée. Ils étaient amenés à se revoir.

Lorsqu’il put enfin sortir de la salle de congrès, Färrem se dirigea vers ses quartiers d’une démarche monotone. Il ne remarqua pas le colonel qui l’attendait près de sa porte et faillit riposter quand celui-ci agrippa sa chemise pour le plaquer violemment au mur, plantant son regard électrique dans les yeux de son nouveau sergent.

« Ecoute-moi bien, petit merdeux ! Tonna-t-il. Si tu viens dans ma flotte pour foutre le bordel, je te jure que je dépècerai ton petit cul moi-même jusqu’à ce que tu appelles ta Mäé. »

Färrem posa sa main sur le poignet du général et le défia d’un regard parfaitement calme.

« Ma Mäé est morte, Colonel, vous vous souvenez ? »

Ikârvaîn le lâcha en crachant un juron particulièrement impoli à l’encontre de sa lignée toute entière et s’éloigna d’un pas furieux. Färrem déglutit et se frotta le front en soupirant. La situation était à des années lumières de ses suppositions et, ce, dans une direction qui ne lui souriait pas du tout.

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