Premier sang

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Le sang vert du Hërd jaillit dans une gerbe magnifique qui arrosa le mur et répandit une odeur forte de souffre tandis que son propriétaire s’éteignait dans un gargouillis pathétique. Sa peau flasque d’un bleu pastel avait été largement entaillé en son torse dépourvu de pilosité et ses yeux entièrement jaune perdirent leur éclat presque aussitôt. Son corps massif bascula alors que ses bras retombaient mollement contre son tronc.

Sædhy extirpa sa lame translucide d’un geste vif et poussa sa victime vers ses ennemis, se remettant immédiatement en garde. Son regard pourpre les défiait de l’approcher, le sang acide avait éclaboussé ses mains et son visage de quelques gouttes et sa peau cendrée crépitait sous la brûlure. Mais Sædhy souriait, ses quatre petits crocs acérés dépassaient sur ses lèvres maquillées de blanc pour lui donner cet air aliéné qu’elle aimait arborait. La Körs avait une stature bien moins impressionnante que ses adversaires mais ses muscles saillants prouvés à quel point elle était redoutable. Son crâne était couvert d’un fin duvet blanc, qui contrastait avec son épiderme sombre, d’où s’échappaient, de parte et d’autres de son visage, deux petites oreilles terminées par une légère pointe.

La posture du Raxxen, Üdrr, faillit imperceptiblement alors que ses dix yeux d’arachnides noir brillant se posaient sur le cadavre à ses pieds. Il avait une peau solide anthracite et ses cheveux étaient coiffés en un paquet de longues dreads indigo. Il recula ostensiblement ses deux bras armés, ses mains terminés par trois doigts crochus tenaient fermement de petites dagues à boucle, et prépara les quatre autres à fouiller les poches qui pendaient à ses hanches pour s’en procurer d’autres. Sædhy fit claquer sa langue bruyamment pour qu’il interrompt son geste, il se figea dans l’instant, craignant la menace.

Elle tourna son regard sur le second Hërd dont la peau mauve avait viré au pastel, Gakoro n’avait jamais été le plus courageux de la bande ; il savait le combat perdu et ne souhaitait pas réellement y laisser sa vie. Ses yeux jaunes alternaient entre son allié à terre et l’ennemie, ses mains palmées vibraient d’angoisse et son nez plat répandaient les phéromones de l’effroi dans l’atmosphère.

« Mais bordel, que s’est-il passé ici ? Tonna la voix rauque d’un Grìzz en approche. »

Les trois jeunes recrues persistèrent à se guetter, restant sur le qui-vive et ignorant la présence de leur supérieur.

« Putain, ça sent le Hërd crevé ! Se plaint-il en se pinçant le nez, lui donnant une tonalité risible. »

Il apparut derrière Sædhy et observa avec suspicion la large plaie qui entaillait son dos nu, suintante de son liquide vital blanc, avant de tourner un regard las vers les deux mâles qui avaient fini par se mettre aux gardes à vous.

« Encore toi. Gronda-t-il en posant sa main sur l’épaule de la femelle. S’il est mort, c’est au général que vous en répondrez. »

Ses griffes acérées se plantèrent dans la peau cendrée de Sædhy, elle consentit à se mettre en garde à son tour, ignorant avec superbe son torse offert aux yeux gourmands de ses ennemis.

« Il est mort. Annonça Gakoro, le regard sombre. »

Les Hërd possédaient un sens communautaire très développé, aussi pouvaient-ils sentir les signaux de vies de leurs frères à plusieurs lieux de distance. Gakoro semblait fébrile de la mort de son camarade plus qu’en colère, de quoi faire sourire Sædhy, il avait perdu son protecteur. Üdrr la jaugeait avec encore plus d’animosité qu’auparavant, elle s’en fichait, pourvu qu’il la craigne. Deux caporal Grìzz les rejoignirent, alertés par un message mental du sergent, et se saisirent des deux mâles avec plus de violence que nécessaire. Sædhy sentit les lourdes menottes en cristal d’éther se refermer sur ses poignets, une violente nausée la prit quand les entraves commencèrent à oppresser son pouvoir. Elle lutta avec fierté mais ses jambes flageolèrent et elle s’écroula dans la terre, déclenchant un éclat de rire du Raxxen. La main du sergent se referma sur sa nuque comme un serre d’oiseau et il la fit relever à la force de son bras, ne lui épargnant pas la déchirure de ses ongles. Elle tituba un peu avant de retrouver l’équilibre, le Grìzz émit un soupir d’agacement et la bouscula hors de la ruelle. Elle frotta sa joue couverte de terre contre son épaule, Sædhy ne voulait pas apparaitre en vaincue devant ses camarades, elle devait sauvegarder son charisme à tout prix pour s’éviter ce genre d’altercation pénible. Dans son dos, le sang glissait sous son vêtement et s’insinuait dans le sillon de ses fesses, lui provoquant une sensation désagréable. Elle réprima un frisson et bomba le torse avec assurance pour jaillir de la ruelle. Immédiatement, elle sentit s’abattre sur elle les regards interloqués de la foule de recrue. Un bourdonnement de murmures lui chatouilla les oreilles alors qu’elle s’avançait entre ses camarades agglutinés. Elle verrouilla ses mâchoires alors que les mots « nue » et « poitrine » ne cessaient de faire écho dans les bouches. Elle s’était battue avec acharnement contre cette bande de vermine venu pour lui arracher sa virginité et si son hymen était resté intact, sa pudeur en prenait un sacré coup à présent. Comme elle n’avançait pas assez vite à son goût, le sergent Grìzz la gratifia d’un coup de pied dans l’arrière. Elle accéléra le pas en ronchonnant après l’entière race ce qui lui valut une tape derrière le crâne, suffisamment violente pour la faire chanceler. Sædhy méprisait les Grìzz plus que tous les autres ; dans son environnement, ils n’étaient qu’aux postes d’officiers. Elle les voyait sans cesse distribuer les coups ; les recrues étaient tous d’autres races et se faisaient équitablement lyncher par les maudites peaux de serpent.

Un mélange de cri d’horreur, d’acclamation et de haine se répandit soudain comme une trainée de poudre dans la foule. Sædhy releva la tête, souriant fièrement, crocs apparents. On venait de sortir le cadavre et elle voulait qu’on sache qu’elle était responsable. Plus personne ne viendrait pour la posséder si le bruit se répandait qu’elle avait tué le redoutable Argès.

Les Grìzz les entassèrent dans un petit ascenseur de service, le sergent agrippa ses cheveux naissants et la força à lever le visage vers lui. Il la dépassait d’au moins trois têtes, comme la majorité des Grìzz adultes. Le front, les pommettes, l’arête du nez et la mâchoire du sergent étaient recouverts de fines écailles dorées tandis que la peau de ses joues et de sa gorge étaient plus fines et d’une teinte pâle. Ses yeux étaient deux billes, d’un bleu sarcelle, fendues d’un épais trait noir, il la fixait avec une intense sévérité.

« Tiens ta langue devant le général où je me ferais un plaisir de te la couper. Menaça-t-il. »

Sur ces mots, il laissa ses deux langues coulisser sur ses lèvres et s’enrouler l’une sur l’autre avant de les aspirer à nouveau. Un geste que les Grìzz trouvait particulièrement érotique, Sædhy lui répondit d’une grimace répugnée. Le sergent la relâcha en pouffant, il n’avait pas pour habitude de se préoccuper de ses effronteries, si elle avait l’audace de lui faire honte devant le général, il appliquerait la sanction sans hésiter.

Elle observa l’extérieur avec lassitude, le petit ascenseur était fait de vitre sur la partie exposée. Lorsqu’il montait vers les quartiers du général, on pouvait apercevoir tout le pont avant du vaisseau. Il était séparé en trois quartiers distincts : sur la droite, peuplé uniquement de Grìzz : la partie commandement supposait Sædhy ; à gauche, les recrues de toutes races se mêlaient, la chair à canon devinait-elle ; quant au milieu, beaucoup de Grìzz et quelques autres races, les soldats de confiance avait-elle compris. Il était presque impossible de changer de quartier, à moins de faire une faute grave ou de réaliser un véritable exploit. Mais Sædhy savait que la plupart des rumeurs à ce sujets étaient fausses, ceux qui ne revenaient pas avaient péri, voilà ce qu’elle croyait. Elle expira un long soupir quand la scène du pont fut arrachée à elle par le sol des quartiers généraux.

Ce n’était que la deuxième fois que Sædhy foulait ce sol, elle observa avec une curiosité sereine la pièce alors que ses camarades tremblaient près d’elle. La salle était grande et lumineuse, les parois généraient une lumière blanche qui n’agressait pas la rétine et aucune décoration ne l’habillait. Sur la droite, elle se perdit dans la contemplation de l’univers, cette infinie étendue d’étoiles faisait résonner son âme comme un souvenir d’une vie antérieure ou future, d’un bonheur insouciant et d’un chagrin éreintant.

Le sergent se racla la gorge en la dépassant, brisant son songe. Elle le suivit du regard pour découvrir le général. Derrière une console holographique, un Grìzz massif, à la peau d’un bleu indigo presque changeant, lisait avec une concentration imperturbable ce qui ressemblait à un rapport. Comme de nombreux Grìzz, il n’était vêtu que sur le bas de son corps : un pantalon en maille d’un vert profond et des bottes dans un cuir épais noir.

« Sergent Zànnwerìs ? Prononça-t-il sur un ton neutre. »

Le sergent se mit aux gardes à vous, l’air soudain tendu d’angoisse. Sædhy eut un léger sourire, c’était la première fois qu’elle entendait son nom ; les recrues n’avaient pas l’honneur de connaitre le nom de leurs supérieurs, seulement leur grade ; elle le trouvait grotesque.

« Nous avons perdu un Hërd dans un incident, une recrue.

- Pourquoi me déranger pour le cadavre d’une simple recrue ? Tiqua le général, sans interrompre sa lecture. »

Sædhy sentit Üdrr se crisper et devina son expression pincée de colère. Sur ce point, ils se comprenaient facilement, toutes les recrues n’étaient que des espèces inférieures pour les Grìzz ; leurs vies n’avaient pas de valeur à leurs yeux. Ils partageaient donc un sentiment commun à l’égard de leurs geôliers.

« La Körs est impliquée. Répondit le sergent à demi-mot. »

Cette fois, le général leva les yeux, révélant une orbite vide à droite, traversée d’une profonde cicatrice, et une bille couleur feu à gauche, barré d’une pupille fine. Son regard se posa immédiatement sur Sædhy et il fit disparaitre le panneau holographique d’un geste imperceptible pour s’avancer. Elle soutint son regard avec bravoure mais se garda de le charger de défi. Cet échange lui confirmait ses soupçons, elle était la seule Körs à bord de ce vaisseau et jouissait d’une surveillance toute particulière, ce qui était loin de la rassurer.

« Tu as tué un de tes camarades ? S’enquit le général, reprenant son ton neutre.

- Oui, Général.

- Pourquoi m’as-tu privé d’une recrue ?

- Nous avons eu une querelle. Se contenta-t-elle d’exposer. »

Il fit claquer sa langue avec agacement et observa son torse dénudé avec réflexion, Sædhy priait pour qu’il s’en tienne à ça tout en sachant que ça n’arriverait pas. Elle craignait ce qu’il adviendrait s’il comprenait l’objet de la dispute, les Grìzz n’avaient que faire des notions de virginité et de consentement. Argès lui avait assuré que s’il la prenait contre son gré, personne ne s’en offusquerait et elle savait que c’était vrai. Mais au-delà de ça, avoir généré des problèmes pour une chose aussi futile que du sexe pouvait lui valoir une sanction aussi cruelle qu’être offerte à son ennemi. Elle retint un frisson de dégoût en pensant à cette éventualité. Le général détourna son regard d’elle et s’avança jusqu’à se retrouver face à Gakoro, le Hërd tremblait de la tête au pied et des petits couinements pathétiques lui échappaient. Le général secoua la tête, son expression chargée de mépris, et reprit son avancé pour atteindre Üdrr, avec qui il pourrait converser sans risquer un relâchement de sa vessie. Le Raxxen se tenait parfaitement droit et stable mais, par précaution, il gardait son regard fixé sur l’horizon. Avec ses yeux d’arachnide, il devait voir les pores minuscules sur le torse du général.

« Jeune recrue, j’imagine que tu es là parce que tu es toi-aussi impliqué dans cette querelle ?

- Oui, Général.

- Peux-tu m’expliquer avec plus de détail que ta camarade ce qu’il s’est produit ?

- Nous avons voulu dépuceler la Körs, Général. Avoua-t-il sans hésiter, tirant un sourire au général et une grimace à Sædhy. Comme elle n’était pas d’accord, on s’est battu et elle a tué la recrue Argès. »

Le général observa ses sous-officiers, haussant un sourcil, les Grìzz secouèrent leurs épaules, ne pouvant réellement confirmer la version. Il expira longuement en se massant les sourcils, réfléchissant à une sanction adaptée.

« Déshabillez-vous tous les trois. Exigea-t-il. »

Il n’avait pas eu besoin de hausser le ton pour que son ordre claque. Sædhy sentit une sueur froide lui remonter l’échine, elle craignait le pire. Üdrr était déjà presque nu et Gakoro peinait à se débarrasser de sa tenue couleur plomb tant il était fébrile. Elle n’avait pas esquissé le moindre geste malgré le regard insistant du sergent ; les menottes ne seraient pas une excuse à son inaction, elle le savait. Le général le remarqua mais ne s’en préoccupa pas immédiatement. Il dégaina sa dague épaisse de guerrier ; la première dague de chaque Grìzz, forgée à la sueur et au sang de l’enfant aspirant à devenir guerrier, elle avait la forme d’une griffe, légèrement recourbée et était souvent la plus aiguisée de leurs armes tant ils la chérissaient. Üdrr déglutit mais il voulait rester stoïque, il avait l’âme d’un soldat. Le général s’accroupit devant lui et observa sa verge molle d’un air rieur.

« Tant de bêtise pour un si petit bout de chair. Ironisa-t-il puis il ajouta sombrement : Je n’ai pas besoin d’animaux incapable de contrôler leurs pulsions dans mes rangs. »

Üdrr écarquilla les yeux quand le général glissa sa lame sur son bas-ventre et, avec une précision chirurgicale, il le débarrassa de son appendice en un instant. Le Raxxen s’écroula dans un râle de douleur, essayant difficilement de contenir son hémorragie. Un caporal s’approcha avec précipitation pour lui prodiguer des premiers soins. Gakoro se mit à pleurer et supplier bruyamment en couvrant son sexe pendant que le général approchait de lui d’un pas volontairement lent. Sædhy, quant à elle, était pétrifiée par la terreur, l’angoisse s’échappait de sa peau à grosses gouttes et, même si elle avait voulu obéir, elle n’avait désormais plus la force de retirer ses vêtements. Le Hërd voulu s’enfuir alors que le couteau approchait de son organe mais son agitation ne fit qu’empirer sa sanction et par un malheureux hasard, il se retrouva la panse déchirée par la lame. Le général grommela en essuyant le sang qui avait giclé sur son torse et lorsqu’il vit le second caporal esquisser un geste, il secoua la tête avec désaccord. Le pauvre Gakoro était condamné à se vider de son sang sur le sol froid, probablement à cause de sa lâcheté. Sædhy se fit violence pour retrouver contenance tandis que le général revenait face à elle. Il lui sourit avec sadisme, elle se força à ne pas fixer le sang sur son torse. La peau des Grìzz ne craignait pas le sang acide des Hërd, le liquide vert ne lui causerait aucune blessure contrairement à elle.

« Ces deux-là ne t’importuneront plus. Annonça-t-il sur un ton qui se voulait rassurant. »

Sædhy ne répondit pas, elle savait qu’une punition l’attendait également et, après cette démonstration de cruauté, elle était plus que jamais terrifiée.

« Je t’ai demandé de te mettre nue. Remarqua le général avec déplaisir. »

Un silence pesant les enveloppa, il attendait qu’elle obéisse avec patience, elle le fixait d’un regard vide. Sous son crâne, une tempête de pensées assourdissantes tourbillonnait et elle restait tétanisée, incapable du moindre mouvement.

« Tu es fière. Prononça-t-il. Ça ne me plait pas. »

Il glissa sa main dans l’élastique de son pantalon et la tira vers lui d’un geste brusque. Sædhy sentit son instinct reprendre le dessus, elle résista à son emprise pour reculer, mais sans ses mains ni son pouvoir, elle ne pourrait pas faire bien plus. Il s’esclaffa en contemplant la lueur farouche qui avait investis son regard.

« Là ! Se bidonna-t-il, en pointant son œil droit. Ah ! Tu me la montres ta vraie nature, petite impertinente. »

Il attrapa ses cheveux d’une poigne de fer et l’envoya embrasser le sol. Incapable d’amortir sa chute, c’est sa pommette qui percuta en premier la paroi, un craquement sinistre résonna dans son crâne et une douleur fulgurante lui embrasa la joue. Déjà le général était penché sur elle et lui retirait son treillis en raillant.

« Tu protège ta petite fleur avec tant d’ardeur ? On va régler ça sans attendre. »

Il lui infligea une claque sur les fesses et se releva pour défaire son propre pantalon. Comme elle bougea, il lui écrasa le visage contre le sol en pressant son crâne sous sa botte. La douleur de sa pommette brisée irradia un peu plus dans ses os et une goutte de sang lui glissa dans l’œil.

« Reste tranquille. Ordonna-t-il ponctuant sa phrase d’un sifflement agacé. »

Le général saisit son avant-bras gauche et la souleva sans peine pour la faire basculer sur le dos. Il s’était entièrement dénudé et son phallus jaillissait fièrement de son pubis imberbe, les Grìzz était dépourvu de pilosité. Sædhy réprima son envie de pleurer, elle s’était toujours refusé cette faiblesse et ne comptait pas céder maintenant. Il s’installa entre ses jambes et agita ses langues entre ses lèvres en signe d’excitation. Sa main droite effleura la cuisse de sa recrue avant d’atteindre son intimité, il s’amusa à la faire frémir au contact de ses doigts puis caressa son pubis velu à pleine main pour remonter sur son ventre et atteindre son sein droit. Il le pétrit entre ses doigts crochus, autorisant ses griffes à entailler la peau délicate de sa victime pour l’abandonner ensuite au profit de sa gorge. Là, il referma sa paume et ses doigts sur son cou frêle et joua de son pouce sur son menton pour la contraindre à ramener son regard vers lui. Dans le même élan, il installa son genou sur l’intérieur de sa cuisse gauche pour l’empêcher de se débattre et amena son membre gonflé à l’entrée de son temple. Sædhy eut à peine le temps de verrouiller sa mâchoire qu’il s’investit en elle brusquement, déchirant ses chairs. La décharge de douleur cambra son corps et lui arracha un râle rauque qui la laissa à bout de souffle mais elle garda ses iris pourpre plongées dans le regard feu de son ennemi. Il ne lui laissa pas le temps d’assimiler ce premier assaut que déjà il enfonçait son organe de plaisir plus profondément. Elle ne pouvait plus respirer, haletant de cette douloureuse intrusion. Son corps tout entier tremblait, recouvert de gouttelette de sueur, son aine et ses fesses se trempaient du sang de son hymen détruit et ses muscles génitaux se contractaient de douleur.

Le général émit un soupir d’aise alors que son membre avait disparu tout entier dans l’antre de Sædhy. Cette simple expression de son plaisir la rendit soudain folle de rage, elle l’abhorrait plus que jamais, elle voulait le voir mourir mille fois. Il lâcha enfin sa gorge et agrippa ses hanches férocement pour entamer un va et vient abrupt. Sædhy se surprit à gémir des maux qu’il lui infligeait en la poignardant avec tant d’acharnement. Il sembla s’enhardir en l’entendant et elle se maudit de lui offrir ce qu’il désirait. La brûlure lancinante de son vagin ne semblait pas trouver de fin et son corps finit par lui fournir les drogues pour apaiser sa blessure. Dans les brumes de l’épuisement, une infime goutte vint troubler la surface devenue lisse de sa douleur, une toute petite gouttelette de plaisir. Ses reins s’embrasèrent d’un feu doux et ses joues se colorèrent d’une fièvre délicate, pas assez pour prendre le pas sur la douleur cependant. Et cette goutte arracha à Sædhy une larme parce qu’elle ne pourrait jamais oublier cet instant de vulnérabilité où son corps la trahie en appréciant la torture de son ennemi.

Après quelques minutes de supplice supplémentaires, le général s’immobilisa enfin, son sexe complétement enfoncé entre les cuisses de Sædhy, il émit un gémissement pathétique et son membre gonfla légèrement avant de déverser sa semence chaude directement dans l’utérus profanée de la jeune femelle. Sædhy expira lentement, soulagée de voir son calvaire prendre fin. Ses yeux s’écarquillèrent subitement et elle poussa un cri désarticulé. Le général Grìzz la fixait avec une satisfaction sadique, il n’avait pas bougé et il pouvait presque sentir ses chairs brûler de l’intérieur, dévorées par son sperme bouillant.

« Seule une Grìzz peut accueillir ce feu fécond. Expliqua-t-il ravi. Ce que tu sens, ce sont tes organes reproducteurs qui meurent. »

Ses éclats de voix emplirent la pièce et quand elle se tut enfin, les Grìzz encore présent avaient les oreilles qui bourdonnaient. Sædhy n’avait plus de voix pour crier et ses yeux étaient restés parfaitement secs. Elle se calma en se concentrant sur sa respiration, la douleur s’estompait peu à peu : il n’y avait plus rien à détruire. Le général se retira en ricanant et se rhabilla avec empressement.

« Tu ne seras jamais une mère. Conclut-il. »

Sædhy ne bougea pas, elle n’en avait pas la force et sa concentration était focalisée sur ses yeux qu’elle se répétait de garder sec. Le général termina de se revêtir et lui jeta un dernier regard méprisant.

« Maintenant que tu n’as plus rien à protéger, je veux que tu te concentres sur ton service. Grogna-t-il avec dédain. »

Il l’enjamba pour retourner à sa console holographique et se replonger dans ses activités comme si rien de tout cela ne s’était produit. Le sergent s’approcha d’un pas feutré, n’osant déranger son supérieur du moindre bruit, et prit sa recrue dans ses bras pour l’évacuer.

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