Chapitre 27 : Point de non-retour (1)

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Comme lorsque Kayle menaçait Nick, l’hésitation et la peur quittèrent Vyrian. Dans le feu de l’action, il ne se posa aucune question et parcourut les données de Mère en espérant y trouver un moyen de sauver Yomi.

Les lignes de code défilaient sous son regard, lorsqu’il aperçut enfin ce qu’il cherchait. Avant que l’intelligence artificielle ne se fasse pirater, elle veillait à la bonne santé des survivants. Pour cela, elle devait reconnaître et communiquer avec les divers appareils de monitoring. Vyrian comptait sur cette capacité pour relier les données que lui avaient transmise Mère à sa montre et ainsi pouvoir créer des objets issus de l’observation des trois mondes et lutter contre les obstacles auxquels il ferait face.

Il trouva l’onglet de paramétrage, lança une analyse et observa le nom de plusieurs technologies s’afficher ainsi que leur représentation. Il reconnut sa montre, ses lunettes et son exosquelette, tout comme la disquette qu’il y avait inséré et celle présente dans sa poche. Depuis qu’il avait utilisé les technologies, les connaissances de Mère semblaient être en mesure de les identifier, ainsi Vyrian relia la MoPaI pour Montre Portative à Impression 3D aux données de Mère et sélectionna l’information qu’il souhaitait transférer.

Un accusé de réception l’avertit de la réussite de la procédure et l’impression commença. Lorsqu’il atteignit le jeune homme, une fine dague à la lame aussi effilée qu’une aiguille finissait de se matérialiser dans sa main. Les lunettes de vue intra-corporelle ou LuVIC lui indiquèrent quels endroits viser pour interrompre la transmission nerveuse et ainsi paralyser le Régisseur et sauver l’Altérienne.

Vyrian se jeta sur le jeune homme et lui enfonça la lame dans l’articulation du poignet. A son contact, la main du Régisseur devint inerte et son épée tomba au sol dans un fracas métallique. Le scientifique assimila ce raffut à la réussite de son assaut.

La joie qu’il ressentît à ce moment-là fit place à la pitié quand une notification l’informa de l’identité de sa victime. Il ne s’agissait pas d’un soldat, mais d’un prisonnier de guerre.

Ses cheveux blancs et ses yeux vairons ne laissaient planer aucun doute. Il s’agissait d’un Matéria. La pigmentation de leurs yeux était considérée comme le reflet de leur âme. L’œil le plus clair symbolisait la bonté de l’âme, tandis que le plus foncé incarnait le penchant inverse, la cruauté.

Zaïk, tel était son nom, avait grandi au sein des Régisseurs et n’avait jamais connu les siens. Le Capitaine l’avait élevé et formé au combat. Vyrian ne put s’empêcher de considérer le jeune homme comme un animal de compagnie, enlevé de son milieu et détourné de son mode de vie.

Il était indigne d’un Matéria. L’existence des siens était vouée à apaiser la souffrance des êtres vivants quels qu’ils soient. Or, il l’avait surpris sur le point d’achever Yomi. Comment était-ce possible ? Vyrian connaissait la puissance de la jeune femme. Comment avait-il fait pour lui tenir tête ?

Le scientifique n’était pas le seul à se poser des questions. Zaïk observait sa main inerte regagner peu à peu en mobilité. Le biologiste émit deux hypothèses : soit son contact n’avait pas duré assez longtemps pour atteindre les nerfs, soit la capacité naturelle du Matéria à se soigner lui offrait une défense naturelle. Il opta pour la seconde possibilité qui lui semblait plus crédible. Vyrian était parvenu à éclaircir ses idées, mais ce n’était pas le cas de Zaïk.

— Comment… Comment avez-vous fait ?

Vyrian put voir de l’effroi dans son regard. Le jeune homme était un expert en anatomie. Pour maîtriser les aptitudes médicales propres à son clan, il se devait d’avoir des connaissances poussées.

Vyrian se félicita d’avoir réussi à le surprendre. Même s’il doutait pouvoir lui offrir autant de résistance que Yomi. Tout autour d’eux, des corps jonchaient le sol, le combat avait dû être rude. Le scientifique éprouva une pincée de fierté pour la jeune Exilée, elle ne s’était pas laissée faire. Le soir de la Cérémonie, sa vie avait basculé et depuis elle ne cessait de lutter pour sa survie. Il se devait de prendre exemple. Il s’adressa au prisonnier.

— Emmène-moi voir le Capitaine.

Zaïk fut choqué par sa demande. Tel un esclave, il s’attendait à recevoir une sanction de son maitre s’il ne parvenait à exécuter ses ordres. Vyrian eut encore plus de mépris pour lui. Les Régisseurs lui avaient volé son identité, mais il se conformait à leurs règles.

Alors qu’il attendait la réponse du Matéria, le biologiste vit le reste du groupe le rejoindre. Dezaël se précipita sur Yomi et vérifia son pouls, Vyrian vit ses épaules se détendre lorsqu’il réalisa que la jeune femme était seulement inconsciente. Un peu plus loin, Saern vérifiait l’état de santé des blessés, à en juger par ses expressions, certains étaient morts et d’autres justes évanouis.

Dinaïn vint se placer aux côtés du scientifique et observa Zaïk avant de s’exclamer de sa voix enjouée.

— Mais, je te connais, toi !

Zaïk se rembrunit et prit une posture défensive. Nick qui était arrivé entre temps, regardait tour à tour les deux hommes, cherchant visiblement à comprendre ce qui les reliait. Devant le manque de réponse de son interlocuteur, Vyrian insista.

— Alors vas-tu m’amener au Capitaine ?

Le biologiste découvrit la présence de Kayle et Vanea lorsqu’il les entendit s’insurger de sa question.

— Mais vous êtes fou !

Les deux Ombres s’étaient exprimées simultanément. Vyrian n’était pas étonné de voir Vanea s’inquiéter, mais c’était plus surprenant venant de la part de Kayle. Il ne laissa pas transparaître son étonnement.

— Il est temps que tout cela cesse.

— Vous devriez écouter vos compagnons.

Sur cette phrase, Zaïk se jeta sur l’épée qu’il avait lâchée. Vyrian s’empressa de l’éloigner d’un coup de pied. Mais, en faisant cela, du sang de sa plaie fraîchement cautérisée tâcha la lame.

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