3. Fétichisme des pieds

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Jack se réveilla dans un cachot qui n’était, étonnamment, ni froid ni humide. De là à dire qu’il dormit paisiblement, enchaîné sur un sol dur.

La veille, à l’issue de la « visite médicale », ses geôlières lui firent visiter les lieux. L’aventurier constata qu’il était enfermé dans un gigantesque manoir, dont le luxe et le confort faisaient presque oublier qu’il y manquait un détail essentiel : des fenêtres. Partout où il posait ses yeux, Jack ne discernait pas la moindre ouverture sur l’extérieur. En revanche, les myriades d’instruments et autres équipements destinés autant à des tortures qu’à des plaisirs charnels ne manquèrent pas de marquer ses mirettes. Le prisonnier choisit de ne pas s’y intéresser de peur de stimuler son imagination.

À la place, il tenta bien de questionner ses escortes, afin de savoir ce qu’elles fabriquaient seules dans cette vaste demeure. Seuls leurs rires répondirent à Jack. Les dames se contentèrent de lui expliquer sommairement les tâches qu’il aurait à effectuer : la cuisine, le ménage, la lessive, et bien sûr, le plus important, se tenir toujours à la disposition de leurs besoins et envies.

Avisant la confusion de Jack qui peinait à reprendre pied, confronté à ces perspectives qu’il n’avait pas envisagé, ses ravisseuses l’enfermèrent au cachot pour la nuit. Afin qu’il puisse réfléchir et faire murir sa décision. Sauf que de choix, Jack ne disposait guère. Les servir ou mourir ? Il n’eut pas à se poser la question longtemps.

Bien sûr, un bouillon d’appréhension lui tordait l’estomac, ainsi qu’une autre sensation grisante dont il ne comprenait pas l’origine. Pourquoi son sexe persistait-il à durcir alors qu’il se figurait la perspective de son esclavage forcé au service de ces déesses ?

Violet tira sur la chaîne qui menottait ses poignets pour le forcer à se lever et lui intimer de la suivre docilement. Jack se laissa entraîner comme un animal qu’on menait à l’abattoir. Que pouvait-il faire d’autre ?

Violet le fit s’agenouiller dans un boudoir dont la forme arrondie renforçait l’atmosphère étouffante. Mais ce n’était pas pour cela que Jack se sentit épris de bouffées de chaleur. Vermeil et Velvet attendaient déjà, nonchalamment étendues dans de moelleux fauteuils en velours. Leurs jambes interminables s’emmêlaient dans un étonnant contraste entre la peau caramel de l’une et la blancheur nitescente de l’autre. Violet s’installa dans un troisième fauteuil à leurs côtés et ses imposantes cuissardes s’ajoutèrent au tableau.

— As-tu pris ta décision, chien ?

Jack dut se détourner de cette vision hypnotique lorsque Velvet s’adressa à lui. Il savait ce qu’il fallait répondre pour ne pas les contrarier. Car à ce moment précis, les contrarier était la dernière chose qu’il désirait. Alors, Jack répondit :

— Oui, Maîtresses, j’accepte de vous servir.

Le visage si parfait de Vermeil s’auréola d’un sourire qui rendit impossible tout regret concernant sa décision.

— Bien sûr que tu acceptes, dit-elle. C’était bien là ton souhait, après tout.

Son souhait ? Le choc de la réalisation frappa Jack bien trop tardivement. Mais oui, il était venu chercher les génies au cœur de cette montagne. Et ils les avaient trouvés. Sous la forme de trois beautés, jalousées d’Aphrodite elle-même. Était-ce réellement ce qu’il avait espéré ? Jack aurait pu s’en étonner. C’était pourtant un désir réfréné par le tabou, relégué par la fierté et enterré par la norme. Ce n’est pas donc pas de cette manière que Jack aurait formulé son souhait auprès des génies, mais ces dernières n’avaient pas besoin de paroles. Elles connaissaient les besoins de Jack mieux que lui-même.

— Avance-toi et embrasse nos pieds pour sceller ton allégeance.

C’est ainsi, dépourvu de tout pouvoir décisionnaire, que Jack progressa à quatre pattes jusqu’à ses nouvelles maîtresses. Mais au lieu de s’en sentir affligé, son cœur se gonfla de félicité. Il l’avait trouvé ! La clé de son bonheur était à moins d’un mètre de lui, parfaitement atteignable. Il n’avait qu’à poser ses lèvres sur ces pieds gracieux qu’il admirait tant.

Et il le fit. Il commença par les cuissardes de Violet qu’il aurait pu caresser sans se lasser, tandis que l’odeur animale du cuir emplissait ses naseaux. Il déversa ses baisers d’une bouche avide sur cette malléole qu’il sentait poindre sous la texture, avant de la frotter allégrement sur le dos de son pied. Hélas, Jack ne pouvait s’attarder sur une seule paire alors qu’il fallait qu’il en embrasse trois.

Il bifurqua sur les escarpins de Vermeil. Fermés en un bout rond sur les orteils, le dessous de la chaussure rouge sang soulignait la cambrure impressionnante de son pied. Là encore, Jack aurait aimé pouvoir caresser la douceur incomparable de ses mollets pendant des heures, mais il y déposa seulement un baiser chaste avant de s’occuper de la dernière déesse.

Le parfum du monoï et du karité émanait des jambes de Velvet, terminées par des escarpins ouverts dont les lanières noires emprisonnaient le pied dans un carcan qui excitait beaucoup trop Jack. Il rêverait que l’impressionnante tigresse le ligote de cette façon. Mais s’il espérait voir cela arriver, il devait s’occuper d’elle. Il embrassa le calcanéum, traça la ligne du métatarse jusqu’à son extrémité. Comme il aurait aimé engloutir cet orteil verni de rouge entre ses lèvres !

— Tu veux les lécher, chien ? demanda Velvet comme si elle lisait ses pensées. Tu peux, je t’y autorise.

Il ne fallait pas le lui dire deux fois. Jack suça un par un les orteils comme de délicieuses confiseries, engloutit le talon aiguille dans sa gorge jusqu’à le sentir piquer sa gorge, tandis que les chaussures de Violet et Vermeil écrasait son corps de carpette sans ménagement.

Jack n’aurait pas pu mieux entamer sa nouvelle vie d’esclave.

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