Un nouveau chapitre

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Vendredi soir. Soirée poker. La semaine a été longue, plus longue encore que d’habitude - si tant est que ce soit possible -, mais les y voilà enfin.

 

Georges pose la question qu’ils attendaient tous :

 

—     Alors, on va la chercher cette foutue fontaine de jouvence ?

 

Un grand oui collectif, fou-rire général - Jacqueline n’en est qu’au rictus, chaque chose en son temps -, et soudain monte en eux une fébrilité à faire exploser tous les tensiomètres de la Taule. René baisse le Sonotone qui s’est mis à siffler, Amir tente de soulever Marthe dans ses bras et se ravise brutalement - saloperie de tour de rein -, Georges se chope une quinte de toux impressionnante, et c’est seulement quand il vire au violet que tout le monde se calme et s’écrie que non Georges, c’est pas le moment de nous lâcher.

 

Jacqueline, étonnamment calme, semble finalement s’être laissé contaminer par l’enthousiasme général. Elle ne croit pas plus que la semaine dernière à ces balivernes de fontaine de jouvence, mais ce sera au moins l’occasion d’aller prendre l’air.

 

Passé le moment d’euphorie, vient le temps des choses sérieuses : comment faire pour sortir de la Taule et arriver jusqu’aux bois de Lartel ?

 

Georges expose son plan :

 

—     Bon, ça ne va pas être simple, mais voilà l’idée. C’est pas qu’on est vieux mais on est vieux, alors on ne peut pas se permettre une rando de vingt bornes en pleine nuit, vous êtes d’accord ?

 

Tous acquiescent.

 

—     Alors on va voler l’ambulance.

 

Brouhaha général.

 

Georges lève les mains en signe d’apaisement.

 

—     Ne vous inquiétez pas, j’ai tout prévu. René, tu sais encore conduire ? Bien. Les clés sont dans la loge du gardien.  Alors on va légèrement détourner son attention. J’ai fait mes recherches, et la morphine en capsule dans un thermos de café, c’est l’idéal. Aucun goût, aucune odeur, délai d’action de cinq minutes.

 

—     Mais qui va lui faire boire ça ? demande Jacqueline. Et où est-ce qu’on va trouver la morphine ? La pharmacie est fermée à clé et cette saloperie de vipère de Castel les garde toujours sur elle, ses clés.

 

—     C’est moi qui lui ferai boire le café, dit Marthe en rosissant des pommettes. Il a toujours eu un petit faible pour moi, le gardien.

 

—     Ah bon ? demande Amir, sourcils froncés.

 

—     Bon bon bon les enfants, on verra après pour les sentiments, les coupe Georges. Là on est dans le concret, l’action, le dur ! Donc on en était où ? Ah voilà. Récupérer les clés de la pharmacie. Alors c’est simple, on va détourner l’attention de cette vieille bique de Castel, l’attirer dans le local à médocs, la bâillonner, la ligoter, et roule ma poule !

 

—     Euh, t’y vas pas un peu fort là ? demande René.

 

—     Vous la voulez ou pas, cette virée vers la fontaine de Jouvence ? Oui ? Alors si on veut obtenir la fin, faut bien se donner les moyens. Puis ça lui apprendra à martyriser les vieux, Castel. Demain soir elle attaque son service à 21h, elle est toute seule pour l’aile ouest. On attend minuit, on la fait tourner en bourrique, paf, pharmacie, clés, café, gardien, on fonce au sous-sol direction le box de l’ambulance, et roulez jeunesse !

 

Georges leur montre ensuite les plans de la région qu’il a trouvés sur Internet et recoupés avec les informations données par l’auteur du roman. Au nord toute, direction la D656, bifurquer juste avant l’entrée dans Lartel, à droite direction la Vergnote, déposer l’ambulance et finir les derniers cent ou deux cent mètres à pied. A vingt mètres de la rivière, plein ouest, un petit renfoncement dans les bois et là, peut-être, cachée derrière une poignée de très grands arbres : la fontaine.

 

Les cinq compères rejoignent leurs chambres respectives excités comme des gamins le jour de Noël.

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