Chapitre 1 : Olympe

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Olympe qui marche d’un pas fatigué repousse une longue mèche brune de devant son regard sombre. La sorcière tire derrière elle une petite carriole en bois, dont une des roues arrière émet un léger couinement. Dans le chariot, des flacons contenant des liquides aux couleurs roses, bleues ou des filaments dorés, s’entrechoquent. Il s’agit des potions magiques qu’Olympe prépare dans son grand chaudron noir, et qu’elle vend tous les samedis matin au marché des nains. Ce bazar n’est pas seulement réservé à ces petits êtres, mais il se nomme ainsi, car il se passe sur une esplanade, où des siècles auparavant, les nains tenaient un magasin de farces et attrapes. Depuis l’endroit leur est resté associé.

Olympe est ravie de sa matinée. Dans la bourse en peau de chèvre accrochée à sa ceinture, les pièces d’or résonnent joyeusement. Comme à chaque fois, beaucoup de jeunes filles rougissantes sont venues lui acheter des potions pour rendre jolies, ou hypnotiser l’être adoré. Olympe rit doucement. Ses mixtures fonctionnent à merveille, mais n’ont qu’une durée limitée dans le temps… certaines personnes vont être drôlement surprises !

La sorcière traverse le bois, respirant à pleine goulée l’air sentant la résine, et les pins. Elle dépasse une tourbière humide, un marais à l’eau tourbillonnante et finit par arriver dans une petite clairière entourée d’une épaisse forêt de mimosas. En son centre, une maison de briques grises au toit bancal penche bizarrement vers le sol. Des marches de bois grinçantes mènent au porche. Olympe a un soupir de satisfaction… enfin chez elle.

L’intérieur de l’habitation est assez inhabituel. Le bas est une grande pièce au sol de lattes en chêne beige, servant de salon. Un vieux canapé démodé au tissu déchiré, trône dans la salle, face à un petit téléviseur des années cinquante, portant une antenne. Deux lampadaires aux abat-jour usés éclairent d’une douce lumière jaunâtre quelques recoins de la pièce. Au plafond, des araignées tissent leurs toiles, heureuses, et en terrain conquis. Une porte sur la gauche donne sur la cuisine, tandis que des marches au centre mènent à la chambre, à la salle d’eau et autres commodités. Sans oublier, encore un étage plus haut, le grenier : c’est là qu’Olympe prépare ses potions et pratique sa magie. Le lieu est difficile d’accès, car l’escalier en bois, vétuste, grince à chaque pas tout en tanguant légèrement. La sorcière va directement dans sa salle de bain où flotte une agréable odeur de savon.

Devant son miroir, Olympe fronce les sourcils, se pince les joues, s’observe minutieusement à la recherche de la moindre trace pouvant laisser deviner son âge. C’est une obsession pour elle. Sur le lavabo en émail blanc sont déposés de multiples pots de crèmes nacrés venant autant du monde des humains (dodermine, clorens…) que de l’univers de la sorcellerie (teint magique, acide couleur…).

Olympe, trente-cinq ans, guette le plus petit soupçon de ride depuis quelques années. Jusqu’à présent, elle a la chance d’avoir une peau lisse et douce. En revanche… la sorcière se penche un peu plus vers le miroir et pousse un cri d’effroi : là, au milieu de son épaisse chevelure brune, un traître ! Un mince fil blanc. Olympe l’arrache avec horreur et se dépêche de ne plus y penser. Rassérénée, elle constate qu’elle fait toujours plus jeune que ses trente-cinq ans.

C’est alors qu’un feulement se fait entendre, résonnant dans toute la maison. On dirait le cri d’un chat en colère. En fait, il s’agit de la sonnette à l’entrée.

D’un pas leste, Olympe dévale les étages. La sorcière adore recevoir du courrier, surtout qu’elle est abonnée à ʺStars et baguettesʺ, un magazine people. Elle ouvre la porte et se trouve face à un troll, qui, un sac en toile en bandoulière autour de son corps vert, lui tend ses lettres.

— Merci Jonas.

Sans lui adresser le moindre sourire, le facteur incline la tête, puis repart continuer sa tournée, laissant derrière lui, des traces de pas suintantes.

Beurk.

Fermant la porte derrière elle, Olympe s’affale sur son canapé. Un flot de poussière s’échappe du tissu la faisant éternuer à trois reprises. Décachetant les enveloppes, elle découvre de la publicité vantant des balais à l’assise confortable pour les vols longues distances et une lettre de son assurance magie qui lui rappelle ses délais de paiement.

Puis, il ne reste entre ses mains qu’un pli tout noir… cela intrigue Olympe qui l’ouvre fébrilement.

Hé là horreur ! En gras et majuscule sur le courrier est écrit : CALCULS DES POINTS POUR VOTRE COTISATION RETRAITE… Olympe lâche la lettre qui retombe lentement au sol. La sorcière s’agrippe au bras du fauteuil et la respiration soudain coupée, suffoque.

(à suivre...)

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