La bazar

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-Matthieu, me criait ma mère depuis ma chambre.

-Oui chère mère, dis-je sur un ton ampoulé en montant les escaliers.

Une fois arrivé en haut, ma mère me dit :

-Tu vas me faire le plaisir de ranger ce bazar.

-Non, mais tu vois ce bazar, c’est une forme conceptuelle de la complexité de mon esprit, dis-je en forçant mon accent parisien et en me frottant le menton.

-Arrête de dire des bêtises et range-moi cette chambre.

-Tu ne vas quand même pas m’obliger à détruire ce chef-d’œuvre.

-Matthieu.

-D’accord, je m’y mets.

Petite observation : des cahiers au milieu (qu’est-ce qu’ils font là ? 5 mois que j’y aie pas touché) ; panière à linge (pourquoi ranger ? dans deux jours, ils seront déjà sortis et on entre dans un cercle vicieux) ; jouets (non sérieux, depuis quand ils sont là ?)

Oh mais attendez, ce serait pas ? Mais si ! Mon jouet préféré de quand j’avais 5 ans. Après m’être amusé pendant bien 10 secondes, je retournais à mon observation : ma commode (encombré de… c’est quoi au juste ? On verra ça plus tard.) Mon bureau (pourquoi le ranger ? Je ne m’en sers jamais)

Fini ! J’ai le droit de prendre une pause maintenant.

Après quelques minutes, ou plutôt un bon quart d’heure passé sur youtube, me voilà prêt à ranger. Par quoi commencer ? Ma commode.

Ça ici, ça là, ça comme, ça où ça va ? Je vais le mettre ici. Oh, mon appareil photo. Je fis défiler les photographies me rappelant des moments auxquels elles se rattachent. Quand je tombe sur un stopmotion que j’avais fait, ça me donne envie d’un refaire un. Le temps de trouver mes playmobiles préférés…

Où sont-ils ? Pas ici, là non plus. Je fouille, je fouille mais rien.

-Je trouve que tu fais beaucoup de bruit pour quelqu’un qui est en train de ranger, cria ma mère sur un ton sarcastique.

-C’est normal, je dois bouger quelques trucs, ai-je rétorqué.

Bon j’abandonne, j’en ai marre de chercher.

Reprenons mon ménage, cette commode, jamais, je n’y arriverais jamais. Je vais passer à mon bureau, je reviendrais après.

Oh mon rubbik’s ! Faudrait que je le termine. Où j’ai mis la feuille déjà ? J’en ai marre de tout le temps tout perdre !

Là, en plus, je vais ranger alors rien ne va plus être à sa place.

J’arrête le bureau, je vais ranger mes habits. De toute façon, maintenant qu’ils ne sont plus sur la table du salon, autant les mettre à leur place. J’ouvre le tiroir, d’ailleurs pourquoi un tiroir ? C’est pas pratique, ça se bloque, tout est empilé, on ne trouve jamais ce que l’on cherche. Je pourrais avoir une armoire comme tout le monde. En plus, il y en a une en bas avant mes habits d'été dedans, c’était bien plus pratique. Imaginez, tous les matins vous descendez de votre chambre, encore à moitié endormi mais motivé pour cette nouvelle journée, vous voulez vous habiller, et là vous vous rendez compte qu’il faut que vous remontiez chercher vos habits. La motivation disparaît très vite.

Trêve de bavardages, allons-y ! Oh non, encore bloqué, ce truc. Je tire mais rien n’y fait. Soudain, il se débloque et viens cogner contre mon orteil. J’étouffe un cri et commence à me rouler par terre (j’ai toujours su que j’avais une âme de footballeur).

Je me remets à genoux péniblement, et commence à ranger. Chemises et sous-chemises ici, tee-shirt à manches longues là et à manches courtes au fond, c’est plus la saison. Les pantalons et vestes à droite.

Fini ! Je me frotte les mains, fier de moi.

Plus qu’à ranger les cahiers. Je ne sais pas trop où les mettre, c’est les anciens, je leur trouverais bien une place en bas.

J’allais me poser sur mon lit quand je me rappelle que j’ai encore mes jouets à ranger. Mais en même temps, ça fait plus d’une heure que je bosse : c’est l’heure de la pause.

Je descends me faire à manger quand je croise ma mère :

-Tu as fini de ranger ?

-Oui presque mais j’ai faim, je viens goûter.

Après un léger en-cas composé d’une brioche grillée au beurre et de jus de pomme, je remonte finir mon rangement.

Les jouets, on va mettre ça là-dedans, pousser ça là, mettre ça par-dessus et enfin poser ça… Ah non, ça ne passe pas. Je pense qu’en forçant un peu, ça peut rentrer par ici. Bingo !

Fier de moi, je descends les escaliers quand un bruit sourd parvient jusqu'à mes oreilles. Je me retourne doucement refusant d’affronter la vérité. Mais je dus me résigner, tout était tombé.

Remontant les escaliers avec dépit, j’établis une stratégie à la Tetris. En empilant la boîte rouge au-dessus des dominos et en les calant avec mon mini skate park, ça devrait le faire.

Ma technique fut payante et je pus descendre les escaliers en toute sérénité avec le sentiment du devoir fait.

-Ah, Matthieu, m’accueillit ma mère à ma descente. Tu as fini.

-Oui

-J’irais voir ça tout à l’heure.

-Mais il n’y a aucun problème. Un artiste doit pouvoir détruire ses plus belles œuvres pour pouvoir en créer de nouvelles.

Ma mère soupire et retourne à ses occupations tandis que moi, je vais m’allumer la télé.

Alors que l’odeur de la mousse au chocolat faite par mon père emplit la maison, ma mère me dit :

-Je vais voir ta chambre.

Je lui réponds d’un simple hochement de tête.

Soudain, dans ma tête, l’image du bureau et de la commode que j’avais oublié de finir de ranger, ainsi que de la pile de cahiers que j’aurais dû descendre me revinrent en mémoire. Mais c’est trop tard, ma mère l’a vu.

-Matthieeeuuuuuuu !!!!!!!!!

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