Une heureuse rencontre

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Éblouie par d’immenses lustres aux ornements dorés et aux pampilles de cristal, l’innocente pénètre dans une salle aux dimensions dignes de Versailles. À chaque bout de la pièce, de vastes cheminées en marbre paraissent veiller sur les invités. Sur le sol, les talons des femmes résonnent comme une douce et languissante musique. Des petits groupes discutent et les déguisements en font des bandes hétéroclites. Ainsi, un loup converse avec une jolie marquise et une bergère, tandis qu’à quelques mètres, un homme à la peau turquoise rit avec deux sorcières aux chapeaux pointus.

Quelqu’un pose alors une main sur son épaule.

— Est-ce que tu trouves tout cela aussi étrange que moi ?

Rassurée devant ce visage connu, Natalia sourit à Alban.

— Oui. J’ai l’impression d’être dans un roman d’Edgar Poe.

— Je commence à vraiment regretter d’avoir été choisi par le maire pour ce bal.

Sa camarade hausse les épaules.

— Attend un peu, la soirée n'en est qu'à qu’à son début. C’est juste ce château qui est lugubre.

— Peut-être. Mais j’ai un mauvais pressentiment. L’impression que sous ces déguisements, il y a quelque chose de pire que ce qu’on pense.

Natalia esquisse un petit rire pour cacher le trouble qu’elle ressent, car Alban vient exactement de décrire ses émotions.

— Qu’est-ce que tu vas imaginer ? De véritables vampires, des légendes qui prennent vie ? Mais ce bal est justement donné par le Prince afin de couper court à toutes ces rumeurs.

— Et si ça n’en était pas Natalia ? As-tu seulement croisé notre hôte ?

— Non et je ne sais même pas à quoi il ressemble.

— On devrait s’en aller… tous les deux… maintenant.

Alors que la jeune femme s’apprête à rassurer le garçon, un homme vêtu d’une veste en queue-de-pie, s’incline devant le couple.

— Monsieur Del Sol demande à vous rencontrer.

Natalia fait un pas en avant, mais le majordome l’arrête d’un léger signe de la main.

— Excusez-moi mademoiselle, mais l’invitation ne concerne que monsieur Despret.

— Oh très bien.

Et elle observe son camarade suivre le domestique. Alban lui lance un regard apeuré. Le même que celui d’un animal face au fusil d’un chasseur. Natalia se demande si elle ne devrait pas faire quelque chose, mais quoi ? Elle est seule, et finalement Alban aussi.

(à suivre)

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