341. Léo

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Le rouquin haletait déjà quand le grand brun arriva pour se poser de tout son poids en face de lui. Comme s’il prenait son temps. Oui, apparemment. Léo aussi allait prendre son temps. Déjà, il fallait qu’il reprenne sa respiration. Mais il n’y arrivait pas. Toujours pas. Attend… Il se passait quoi la ? Sa respiration ne voulait pas se réguler… Peut-être que c’était à cause de sa rage ? Sans doute. Tout irait mieux une fois celle-ci passée. Pourtant… Il pensait qu’elle était passée quand il avait frappé le sol. Oui, pourtant…

Dans sa tête, tout allait à deux cents à l’heure, sans jamais s’arrêter, il n’arrivait pas à stopper pour piocher dans tout ça et pouvoir commencer. Il avait eu la même idée que son parrain, sauf que le tatoué avait était bien plus rapide, il venait de poser sa main sur son épaule. Regardant encore le sol, le roux se mit à sourire sincèrement. Il releva lentement la tête alors que son corps entier se mit à trembler alors qu’il haletait toujours mais bruyamment cette fois. Souriant alors à Glad’, d’un air d’excuse. Il ne voulait pas le frapper, il fallait qu’il endigue sa rage, car elle n’était pas à l’origine de son parrain. Il fallait que son cerveau se rentre dans les neurones que ce mec était là pour l’aider. C’est alors que des larmes coulèrent sur ses joues, et d’un seul coup, sans prévenir, le punk avança sa tête vers l’avant, pour enfin violemment la ramener en arrière pour la cogner au mur. Son corps cessa de trembler instantanément. Pourtant, il haletait encore, alors que ses larmes sortaient, de plus en plus. Son crâne lui, n’avait rien, apparemment. Voilà, il craquait à nouveau, un flot de larmes sortant de lui. Toute cette peine, cette angoisse, comment pouvait-il tout contenir ? Comment faisait-il pour contenir sa rage depuis tant d’années ? En cet instant, ce qu’il analysa de lui lui faisait peur. Sa tête était à nouveau en avant, les yeux fixant le sol. Sa main droite se leva pour venir empoigner le poignet de Glad’. Mais pas violemment. Lentement, et en douceur. Pourtant, la tension dans sa main prouvait qu’un combat intérieur se déroulait. Pendant une seconde, sa main tremblait, celle d’après, plus rien, et cette boucle infernale recommençait à chaque seconde. Ses lèvres bougeant mais aucun son ne sortait à part sa respiration de plus en plus difficile. S’y reprenant à plusieurs fois pour parler et surtout en français.

- Tu comprends pas ?… Tout est de ma faute… Même si c’est qu’indirectement !… C’est à cause de moi qu’Uta à subit tout ça ! Parce que je suis entré dans sa vie ! Et même si vu ce qu’il s’est passé on risque « plus rien », ça s’est passer quand même ! Parce que JE suis là ! Parce que j’existe ! Putain… Je suis rien ! Rien, t’entend ! J’ai toujours était qu’une merde à tignasse pour mes connards de darons junkies ! Je suis toujours le même ! J’apporte que de la merde autour de moi… Ce psy… Edgar… Son oncle… Et même César ! Pourquoi mon putain de cerveau s’est retourné quand il a été enlevé ?! Parce que j’étais impuissant ! Je pouvais rien faire pour retrouver l’homme que j’aime et qui s’est fait torturer par SA PROPRE FAMILLE À CAUSE DE MOI !! Je pensais juste que tout ce qui avait changé chez moi pendant ses quatre jours… C’était mon problème de parole et l’envie de fumer plus intense… Mais non ! Je supporte plus le perdre de vue ! PLUS DU TOUT ! Bordel !! Chui’ qu’un minable ! J’ai l’impression d’être encore plus pourri que son oncle ! J’ai peur… J’ai peur que si je le quitte des yeux… Il disparaisse encore ! Et même si je sais que ça peut pas forcément arriver et qu’on est dans le même appartement, ou dans le même bar… Mais dans des pièces différentes… Non ! MON CONNARD DE CERVEAU DE MERDE VEUT RIEN SAVOIR !

Léo avait continué à pleurer pendant tout le long. Haletant de plus en plus, il avait même lâché le poignet de Glad’, pour venir serrer la zone de son coeur avec son tee-shirt. Son coeur se serrait de plus en plus, au fur et à mesure. Lui faisant de plus en plus mal. Il avait l’impression qu’il allait mourir. Avec les forces qui lui restait, il s’agenouilla pour se retrouver plus près de Glad’. À quelques centimètres de lui. Attrapant avec sa main gauche le bas du tee-shirt de son parrain, le serrant de toutes ses forces alors qu’il posait son front sur l’épaule de celui-ci, haletant de plus en plus. Ce qui pouvait commencer à devenir inquiétant. Se tenant toujours le coeur avec l’autre main. Juste avant, il avait parlé avec des intonations plus ou moins fortes, la voix allant dans les aigus puis les graves. Sans contrôle, cette fois-ci, il chuchotait.

- J’en peux plus… Je suffoque… Pourquoi j’arrive pas à faire partir cette rage que j’ai au fond de moi… Pourquoi je ne peux pas m’empêcher de frapper certaines personnes, à certains moments… Même si mes crises se sont beaucoup calmées… J’ai toujours ça au fond de moi… Et puis… J’en ais tellement assez… Je veux que les gens me touche sans que j’ai envie de les frapper… Sans perdre le contrôle… Putain… J’ai enfin une vie, pas trop minable… Avec des gens que j’aime… Et ils peuvent même pas me toucher… J’ai l’impression d’être mit à l’écart… À cause de ce truc gélatineux qui me sert de cervelle…

C’est alors que les forces le quittèrent. Son corps ne lui obéit plus. Il s’écroula presque contre Glad’, toujours dans sa position, en haletant. Mince alors… Il hyperventilait. Il avait hyperventilé qu’une fois dans sa vie. Le jour ou il avait tué ce gamin à l’orphelinat. Depuis, il n’y avait plus pensé. Gémissant doucement de douleur à chaque fois qu’il respirait. Il luttait pour pouvoir parler.

- S’te plaît… J’ai trop mal… J’crois que… j’hyperventile… Me faut… un sac en papier… Vite… Et… Après… Prend le paquet de clope… Dans ma proche… Et allume une clope… Vite…

Il avait de plus en plus mal. Les crises d’hyperventilations étaient horribles. On avait l’impression de mourir. Pourtant, il n’en avait eu qu’une seule fois. Il n’avait pas eu le souvenir de la sensation, mais s’en doutait clairement. Il se sentait vulnérable, mais pas autant que quand Edgar était dans son appartement. Là Glad’ était avec lui, il ne risquait rien.

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