Brutales apparitions

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Point de vue d'Anéon :

  • T'es certain de toi ?! cria Hélios qui me talonnait de près, ses yeux de lumière brillant follement de terreur.
  • Je reconnaîtrais ce cri n'importe où ! Et Onélo'ria a l'air d'être poursuivie, vu comment sa Présence se déplace ! lui certifiai-je en continuant d'accélérer.

Oui, je ne pouvais pas l'oublier... Ce hurlement à glacer tout ce qui l'entendait... L'herboriste était très certainement en train de tenter d'échapper à l'un des semblables du monstre qui m'avait attaqué plusieurs semaines auparavant !

Et si je ne me trompais pas, alors Onélo'ria faisait face à une gravissime menace. Il était hors de question de la laisser l'affronter seul !

Alors, dès le moment où nous avions entendu ce rugissement emplit de colère, et que j'avais averti Hélios de me suivre sans attendre, facile à convaincre en l'avertissant que la vie d'Onélo'ria était menacée, mes sens étaient à leur maximum et mes pouvoirs maintenus difficilement clos par la pression émotionnelle qui m'oppressait et poussait mes pas.

Nous nous approchions de l'apparition sanguinaire, je le sentai. Avec le froid de l'hiver s'ajoutait à mesure de notre progression le même malaise qui s'était emparé de moi lors de mon premier combat face à un Déchu. Elle me prenait aux tripes, et m'avertissait comme avant.

Cette sombre venue impactait aussi la faune. Alors que l'on entendait encore il y a peu les oiseaux, ceux-ci demeuraient silencieux et se cachaient plus loin. Ce qui rendait notre course perceptible de loin.

Enfin, après un ryhtme aussi soutenu, je pus enfin discerner à l'avant les grognements et cris du Déchu. Ils étaient proches.

Puis, alors que j'allais en faire part à Hélios, la tension s'accrut brusquement, au point d'en hérisser les poils de ma nuque et de m'arrêter sans faire un pas de plus. Je n'entendis presque pas le cri étranglé d'Hélios, surpris de mon arrêt.

  • Pourquoi tu t'arrêtes ?! s'énerva-t-il en se mettant à mes côtés, mais se calma aussitôt alors que je regardais en urgence partout les ombres produit par les feuillages.

Bientôt, les rugissements s'éloignèrent, plus lointains, et Hélios jura avant de tenter de reprendre la poursuite. Je ne lui en laissai pas l'occasion, sentant que nous avions été rejoins par nos propres ennemis, et le retins par le bras, gagnant un regard noir.

  • Quoi encore ?! Tu vois pas qu'on est en train de les perdre !
  • Hélios, Onélo'ria va devoir se débrouiller seule pour le moment, lui répondis-je en me concentrant sur la vision que m'a enseigné Yin. Nous avons un problème juste devant.

Effectivement, sous cette concentration particulière, des formes commencèrent à apparaître devant mes yeux. Cinq en comptant. Et elles étaient annonciatrices d'un sacré désagrément. Hélios, qui ne vit rien ainsi, ouvrit la bouche pour répliquer, mais pas avant qu'un bruit de déchirure ne l'avertit de reporter de nouveau son attention.

Toujours aussi horribles qu'à mon souvenir, les Déchus sifflant et grondant sortirent de leurs failles et firent un barrage arcqué. Il y en avait un nouveau, plus humain mais encore plus menaçant que les autres. Il me fit transpirer rien qu'en croisant son regard plein d'une intelligence malveillante.

  • Par les astres, déglutit Hélios en relevant son épée. Tu m'expliques avant qu'ils attaquent ?
  • Des Déchus. Des êtres dont l'Esprit a été dévoré par des Ombres, créatures du néant, et volé leur âme. De mémoire, ils sont assez faciles à tuer. Mais celui que j'ai eu été seul. Et il y en a un que je n'avais pas vu avant.
  • ... Tu me rassures à moitié.

Le premier à s'avancer, justement celui que se distinguait du lot, ne me quitta pas du regard. J'hallucinais, ou il en avait après moi ? Il ne daigna même pas s'intéresser à Hélios qui se positionna face aux quatres autres, toujours en arrière.

  • Je suggère de se séparer, pour éviter de se prendre un coup en traître. Nous ferons en sorte selon le nombre de créature à détruire.
  • Apparement, confirmai-je en empoignant fermement l'épée, magie prête à l'utilisation. Le premier qui finit rejoint Oné ! On s'éloigne chacun de notre côté...

Je déployai une sphère d'énergie sur le Déchu de devant qui siffla en l'évitant et sauta sur moi. Je ne pris pas la peine de l'attendre, que déjà je fis volte-face et filai.

  • ... Maintenant !!!

L'ordre donné, je pris mes distances et évaluai mes poursuivants. Sur les cinq, le chef me suivait sans surprise, avec un autre en arrière.

Alors Hélios en a trois, conclus-je en me forçant à ne pas les regarder plus que nécessaire. C'est bon, il devrait s'en sortir !

Hélios saura s'en tirer, et avec de la chance rejoindre Onélo'ria. Avec mes capacités physiques au-delà de l'ordinaire, je pouvais aller loin et espérer conserver l'avance pour préparer mentalement un plan d'attaque. Et il était d'une simplicité enfantine !

Je devais faire en sorte de mettre hors combat le second Déchu, assez pour évaluer le nouveau qui devait être, à ne pas douter, bien plus fort, si ce n'est qu'intelligent.

Je pris garde à ne pas faire le moindre faux pas, qui pourrait s'avérer fatal. J'évitai chaque racines, branches traîtresses et les zones trop pleines de feuilles mortes qui pourraient me faire potentiellement glisser. Sans les distancer, les Déchus ne parvenaient pas à me rattraper.

Une pression s'accumula bientôt dans mes muscles sollicités, toujours dans la limite de l'acceptable. Avec mes réserves de Mana, et mon propre corps capable de tant en supporter, je pouvais tenir la cadence. Mais je n'avais pas l'attention de courir comme un lapin indéfiniment.

Pour la première fois depuis des lustres sans trop de complications et à une vitesse record, j'alimentai ma main d'énergie, suffisament pour créer une sphère. Je concentrai le plus de puissance possible dans ce tir et, une fois que je jugeai que les dégâts occassionés seront terribles, je concentrai bien plus de Mana dans la force de mes jambes.

Allez !!! m'encourageai-je une fois mon attaque prête.

Je fis un dernier pas et, creusant littéralement un trou à cause de tant de puissance envoyé en un même endroit, sautai pour effectuer un salto avant à plusieurs mètres du sol. Par mon action, le temps autour fut à mon impression ralenti. Le monde inversé me dévoila mes deux cibles, dont mon principal ennemi qui ralentit brutalement. Ce ne fut pas le cas pour l'autre, qui tenta de me rejoindre en prenant son élan et se jeter sans réfléchir. Parfait.

Je lui lançai la sphère qui explosa contre son torse, et l'envoyai heurter un arbre qui fut fortement secoué. Le tronc fut même endommagé par la violence du choc, lorsque le corps du Déchu tomba mollement au sol, complétement inerte.

Je retombai sans problème, repris vite mon souffle que j'avais bloqué dans l'action, puis défiai du regard l'indemne qui ne bougea plus d'une griffe. Il étira néanmoins sa gueule en une expression pareille à de la satisfaction.

  • Maintenant que nous ne sommes plus dérangés, clamai-je en ramenant correctement mon épée, voyons ce que tu vaux !

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