Peur

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Point de vue de Soraya :

Anéon accepta d'un signe de tête, m'engageant à lui révéler ce que j'avais appris.

  • Lyrhana m'a parlé de plusieurs opales aux rôles primordiales. Des pierres d'énergies qui aurait le pouvoir de maintenir l'Équilibre de notre monde par une barrière qui le protégeait.
  • L'Équilibre du monde ? répéta-t-il, les yeux pensifs et teintés d'appréhension. Déjà, je sens que ce que je vais entendre ne va pas me plaire. Il est arrivé quelque chose à propos d'elles, pas vrai ?
  • Selon elle, Léviathan, le Grand Esprit de l'Eau, s'est fait dérober l'une d'elles par ce qui semble être un groupe aux mauvaises intentions. Du moins, elle se référait à eux comme étant des "ennemis". Sans cette opale que l'Esprit gardait, Lyrhana et d'autres qui devaient participer à leur protection risquent de voir se détruire la barrière... et donc l'Équilibre de se briser.

Je pris une courte pause pour voir Anéon passer de la réflexion à la réalisation, me faisant comprendre qu'il avait fait le lien entre ce que je lui avais raconté peu après notre rencontre et maintenant.

  • Je sais maintenant que c'est de ça que Lyrhana me mettait en garde dans sa prédiction d'il y a plusieurs semaines. Que si cet Équilibre venait à disparaître, ma vision deviendra réalité. Ce n'est pas tout. Elle m'a enfin précisé le but de mon voyage à Yggdrasil.
  • C'est pas trop tôt, bougonna Anéon, ce qui me fit le regarder de travers pour son impolitesse.
  • Lyrhana devait avoir ses raisons, argumentai-je contre son évident mécontentement.
  • Si tu le dis, soupira-t-il, n'ayant pas l'air de vouloir débattre sur ce sujet. Alors, pourquoi y aller ?
  • Une fois à l'Arbre Monde, me remémorai-je en citant ses mots, nous devrons demander à Oberon des Écrits... Lyrhana n'a pas précisé de quoi il s'agissait, puis descendre profondément dans ses racines.
  • Les racines d'Yggdrasil ?! Quand j'étais encore un Résident, seul le roi du Peuple Caché pouvait s'y rendre et s'y enfoncer !
  • Sais-tu pourquoi ?
  • Une barrière, me révéla-t-il, la main posée sur son menton alors qu'il plongeait dans ses souvenirs. Les lieux qui l'entourent sont l'un des endroits au monde où le Mana abonde, mais encore plus en approchant de lui. Et j'ai senti que son pouvoir provenait de ses racines. J'ai voulu savoir pourquoi, et personne n'en connaissait la raison, si ce n'est Oberon. Et il a bien gardé le secret ! pesta-t-il avec contrariété en lâchant sa pose. Donc j'ai essayé de voir par moi-même, pour être arrêté au bout d'un moment par un champs de force qui m'a empêché d'aller plus loin.

Ce détail était un peu contrariant. Si je suivais la logique qui s'imposait, alors seul Oberon pourra nous aider à progresser par la faute du sort que ne cédait que sous lui. Plutôt mauvais, car les récits décrivaient le dieu gardien de la Nature d'une nature joueuse et imprévisible, surtout envers les peuples elfiques, naines et humaines, apparenté à celui qu'il régentait. Je doutai qu'il sera enclin à céder facilement, même en nommant Lyrhana.

Il n'y a plus qu'à espérer le contraire, priai-je en imaginant déjà les difficultés à venir.

Et il y avait bien plus que ce que je venais de dire...

  • Je n'ai pas fini, poursuivis-je. Notre objectif est donc de récupérer les autres opales, afin de les protéger.
  • Comment ? me questionna-t-il.
  • Je l'ignore encore pour le moment. Enfin, par le vol qui a eu lieu, Léviathan serait devenu fou de rage. Je suis certaine qu'il est celui dont la Présence est celle que nous venons de percevoir à des lieues à la ronde. En plus de voyager sur sa mer, nous devrons le calmer et quémander son aide pour...
  • Attend ! Attend une seconde ! intervint alors Anéon avec une urgence non dissimulée. Comment ça : le calmer ?!
  • Oui, lorsque nous serons en mer...
  • Arrête, stop !!! protesta de nouveau Anéon.

L'entendre m'interrompre une deuxième fois coupa mon élan, et je le fixai sans comprendre. Que lui arrivait-il ? Le jeune guerrier venait clairement de perdre son sang-froid. Tout de lui me montrait qu'il était révolté : son visage, ses poings serrés et ses yeux sombres. Dans ce que j'avais dit ?

  • Qu'est-ce qui te prend ?
  • Ce qui me prend ?! Tu saisis au moins l'absurdité de ce que tu as dit ?! Aller calmer un Grand Esprit sur son domaine ?! Réclamer qu'il nous aide ?! Mais n'as-tu saisis les proportions de ce que tu insinues !
  • Et où est le problème ?! ne compris-je pas, en colère à mon tour. Pourquoi ça te dérange autant ?!
  • Le problème, c'est que nous sommes des mortels, Soraya ! Voilà ! Pas des dieux comme Lyrhana, ni des Esprits au pouvoir comparable de Lévianthan ! Et que tu sois Protégé, Résident, Manipulateur ou Mage, il y a juste un fossé énorme entre eux et nous ! Nous sommes leur charge, et soumis à leur bon vouloir ! Aucun titre ni exploit ne leur parle, car ils sont bien au-delà de ça ! Et je t'entend dire, comme si c'était la chose la plus normale au monde, d'aller le voir pour le calmer et réclamer son aide !!! Seulement parce que Lyrhana te l'a demandé !

Je restai silencieuse face à tout ce qu'il disait, tellement hors de moi que les mots injurieux que je souhaitais exprimer restaient bloqués dans ma gorge. Alors, je ne pus m'empêcher de serrer les dents et trembler sous l'émotion. Mais... j'écoutai aussi. Et comprenais malgré tout ce qu'il tentait de me faire saisir.

  • Tu... est-ce que tu te rends compte de ta bêtise à ce sujet ?! continua-t-il, toujours camper sur ses positions. Tu es d'accord pour faire ça, et la seule chose qui en résultera sera de nous faire anéantir ! En plus, ajouta-t-il d'un sourire démenti par ses yeux en levant un index, je parie que ceux qui ont volé l'opale sont justement des mortels ! Il ne faut pas douter que notre voyage en mer est donc fortement compromis à cause de ça ! Car avec le roi des mers contrarié, je suis sûr que nous ne flotterons pas sur des eaux calmes ! Alors ne laisse pas Lyrhana te faire croire que ce sera aussi facile que tu me l'as dit, bon sang !!!

Essouflé après avoir parler sans pause, Anéon s'arrêta enfin, et me dévisagea d'une manière à vérifier si j'avais compris l'essentiel. Ce qui était parfaitement le cas.

Oui, ce que demandait Lyrhana était hors de portée. Nous n'étions que de simples mortels. Et rien ne changeait ça. Léviathan était un être supérieur, qui maintenait en vie un nombre inimaginable d'existence. Il avait vu vivre et mourir une infinité de mortel, en avait parfois provoqué la destruction juste par caprice. Aller simplement le voir, alors que certains d'entre nous avait provoqué sa colère... c'était du suicide. Anéon avait parfaitement raison. Et je comprenais pourquoi une opposition pareille. Mais...

  • Je dois tout de même essayer, insistai-je avec résolution.

Si Anéon n'en dit rien, et qu'il ne bougea pas le moindre muscle, ses yeux pâlirent très nettement, tandis que son visage se durcit. Je profitai alors de son mutisme temporaire pour tenter de l'apaiser, et lui faire part de mes propres convictions sur mon but, et pourquoi j'avais accepté.

  • Je sais que ça a l'air fou, mais je sens, tout au fond de moi, que je dois le faire, m'expliquai-je en appuyant sur mon cœur. Pas que parce que Lyrhana me l'a dit. Avec Léviathan en colère, des centaines de vie sont en péril. Nous avons peut-être une chance, même infime, que l'Esprit nous écoute, alors il faut la saisir. Je ne sais pas pour toi, mais, en ce qui me concerne, je ne pourrais pas vivre en paix si j'avais abandonné sans avoir fait le moindre effort.

Le garçon ne sourcilla pas, mais ses traits se détendirent, et ses yeux avaient repris une teinte plus prononcée, bien que toujours un peu blâfarde. Il se passa un moment, avant qu'il ne respira un grand coup.

  • Et comment refuser après avoir entendu ça ? maugréa-t-il avant d'acquiescer. Je te suis. Le fait que Lyrhana nous en donne tant ne me plaît pas, je précise, mais tu marques un point : Léviathan doit avoir provoqué des ravages. Alors oui, nous devons tenter de le raisonner.

Je soupirai de soulagement en l'entendant, sentant un lourds poids s'ôter de mes épaules. Pendant un bref instant, j'avais eu peur qu'il refusa de poursuivre ce voyage.

Que les choses changaient ! Avant, j'étais contre l'idée qu'il vint avec moi, et maintenant je craignai qu'il reviendrait sur sa décision.

  • Merci, Anéon, souris-je avec bonheur.
  • Eh, n'en parle pas ! Même si je ne suis pas tout le temps d'accord avec toi, je ne vais pas te tourner le dos maintenant, dit-il simplement en prenant dans ses deux mains l'une des miennes qu'il serra doucement. De toute façon, reprit-il avec un air rêveur, je me demande à quoi peux bien ressembler le légendaire serpent des mers.

Lui alors !

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