Le hurlement de l'eau

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Point de vue d'Anéon :

Notre discussion avait fini ainsi ; Hélios était curieux d'en savoir plus sur nous, et je me faisais une joie de répondre à ses questions. Je lui ai donc raconté pas mal de choses qui nous étaient arrivés à notre trio, ainsi que la brève altercation entre nous et Rosa. Curieusement, il s'était beaucoup intéressé à son sujet, et s'ils m'avaient écouté silencieusement sur certaines de nos aventures, il n'avait cessé de décrire comment elle avait l'air. D'où elle venait, son apparence, son caractère. Par exemple, là, il venait de me demander l'impression que j'en avais.

  • Du genre coincé si tu veux mon avis, lui répondis-je en me remémorant la conversation que nous avions eu en privé. Et aussi trop consciencieuse pour son bien. Elle et Soraya sont amies, mais elle a fait en sorte de dresser une barrière entre elles. Je trouve ça désolant, et complétement injuste. Pour toutes les deux.
  • Ne juge pas trop sévèrement, sa décision doit aussi lui peser, objecta Hélios. Pour avoir un poste aussi important que de veiller sur l'héritière royale et la Protégée de Lyrhana, son travail et son comportement doivent être exemplaire. Faire ceci a dut la blesser, mais pour rester aux côtés de son amie, cela devait en valoir la peine.

Il soupira ensuite longuement, avec une mine pleine de compassion ensoleillée d'une détermination qui le fit se redresser sur ses pieds et lever le poing au ciel.

  • Rosa, ne t'en fait pas ! s'écria-t-il, plein d'une ardeur que je crus le voir se recouvrir d'une Aura flamboyante. Toi que je connais à peine, et seulement par la bouche d'un nouvel ami, quand je te rencontrerai, je jure de soigner tes sentiments blessés et de percer tel le soleil les nuages de ton existence ! J'en fais la promessse solennelle, et que les dieux m'entendent !

Son serment si puissant se répéta plusieurs fois à travers la cité. Il l'avait dit si fort que je sentis Regis réagir au loin, curieux d'entendre une nouvelle personne ici.

Tout va bien ? Je te sens auprès de quelqu'un d'autre qui n'est pas la petite Protégée.

N'est aucune crainte, c'est un ami, lui appris-je téléphatiquement, tout en surveillant Hélios qui continuait sa sorte de tirade passionnelle aux gestes ridicules. Il s'est juste enthousiasmé pour remonter le moral de quelqu'un que je connais.

Hmmm... Pris-le de garder ses cris pour lui-même, grogna-t-il en réponse avec agacement. J'essaie de récupérer un peu.

Pourquoi, qu'as-tu ?

Depuis la dernière intrusion, je fais en sorte de ne permettre aucun autre accès à ton âme, car je crois avoir compris comment l'homme qui a rencontré Soraya est parvenu jusqu'ici, même si cela me stupéfait par cette probabilité. J'en ai également essuyé quatre autres depuis peu. Donc, en plus de ta propre barrière, je m'efforce d'en augmenter l'efficacité pour empêcher une réussite.

Ce n'est pas le seul à essayer ?! paniquai-je. Et par quelle façon est-il arrivé ici ?!

Comme les autres, dit-il seulement. Tu devras te contenter de cette réponse pour le moment.

Avant que je ne puisse protester, il scella l'accès à son Esprit. Je soupirai d'énervement et grattai mes cheveux, ignorant pourquoi il avait réagi ainsi.

  • C'est moi tout de même qui se fait envahir, grognai-je. Pourquoi je ne devrais pas savoir comment ils y arrivent ?! Je pourrais peut-être mieux m'en défendre !

Je me rendis compte ensuite qu'Hélios s'était tu, et je remarquai ensuite qu'il me fixait avec interrogation.

  • Il y a un problème ? voulu-t-il savoir, ce que je niai d'un mouvement du bras.
  • On devrait rentrer. Onélo'ria pourrait commencé à s'inquiéter...

Tout à coup, sans signe avant-coureur, j'entendis un long hurlement strident, plein de douleur, de rage et de colère. Il était si puissant qu'il se répercuta en moi, forma une pression qui se referma en étau sur mon corps.

Hélios s'agenouilla dans un gémissement torturé, secouant son corps pour s'échapper de ce qui lui arrivait également, les yeux fous.

  • Par les dieux, qu'est-ce qui se passe ?!!

oOo

Point de vue de Soraya :

Je plaquai mes mains sur mes oreilles dans un cri, laissant s'échapper la tasse de thé que Rosa m'avait servi pendant que nous discutions. Elle tomba avec fracas sur le plancher, déversant son contenu ambré. Tout le monde autour avait la même réaction, gémissant de douleur sous le cri insistant qui ne cessait toujours pas, et au contraire s'amplifiait à mesure que les secondes s'égrenaient.

Mais pire était cette Présence : incomparable à nul autre, aussi ancienne que celle de Lyrhana, dans une colère folle et pleine d'un sentiment de vengeance. Elle nous écrasait telle des insectes, et continuait de se renforcer au point que j'en suffoquai, cherchant de l'air.

  • Bon sang !!! hurla Rosa en se pliant sur elle-même, les larmes aux yeux. C'est quoi ça ?!

Le bâtiment gémissait lui-aussi, les fenêtres explosèrent, et à l'extérieur un violent orage éclata en synchronisation avec une pluie assourdissante nous plongea dans un voile. Elle parvenait à franchir le verre brisé et nous martelait sans pitié, froide à l'instar de la glace et nous cinglant cruellement comme les fouets.

Les éléments se déchaînaient, et l'être ne cessait de se déchaîner sur nous. Je sentai clairement ses émotions, si puissantes que même au loin, elles étaient claires : la vengeance et le désespoir.

Une nouvelle décharge de douleur me frappa, mais différente : je sentis ma marque me brûler brutalement, si inattendue et intense que je perdis connaissance.

oOo

Point de vue extérieur

( Quelques instants plus tôt )

Le grand maître de toutes les tempêtes, mers, océans, rivières et fleuves déployait ses deux longues paires d'ailes translucides qui permettaient à son long corps serpentin aquatique aux écailles bleu luminescent de se hisser hors de son domaine. Par la pluie qu'il invoquait en trombe, il formait sous lui une accumulation d'eau qui lui permettait de glisser en ondulant et prendre une vitesse pareille à une feuille dans les rapides, sans éprouver la moindre fatigue. Ses yeux jaunes comme l'or fondu, brillant d'une folie meurtrière, vit de sa vue sans fin les bateaux couler sous les vagues titanesques se mouvant à cause de son agitation, les villages installer près de cours d'eau se faire emporter par les crues, les villes côtières se noyer dans les eaux et les mortels pleurer de peur sous sa colère sauvage.

Mais ce n'était pas contre eux qu'il s'emportait. Car à défaut de ses efforts, son trésor... son bien le plus précieux, qu'il gardait depuis le Commencement, était emporté toujours plus loin par des voleurs insidieux, cherchant après leur odieux méfait d'échapper à sa foudre. Et ses fidèles serviteurs d'eau, d'algues, de coraux et de chair ne purent également rien pour les empêcher de fuir son temple marin souillé par leur intrusion. Ils se faisaient tous pulvériser par les sorts de destructions et les armes qui les pourfendaient sans pité. Certains des malfaiteurs tombèrent néanmoins sous les griffes acérés et les crocs de ses gardes, mais pas assez. À travers leurs yeux, ils voyaient les plus avancés sur le point d'emprunter un portail qui les menaient là où il ne pourra se risquer d'aller. De désespoir, il leur envoya par le dernier de ses soldats debout un ultimatum :

  • Fuyez d'ici, et les eaux seront à jamais les ennemies des mortels jusqu'à ce qu'elles vous noient et me rendent ce que vous m'avez dérobé !!! Avoir ceci en votre possession sera pire encore, vous condamnez tous les mondes !!! Alors abandonnez sans attendre, misérables !!!

La seule réponse qu'il eut fut de voir une sphère rouge cramoisie et noire se former dans la paume d'un des membres des voleurs, portant lui un masque bestial à la différence des autres seulement cagoulés, puis voler pour exploser contre son intermédiaire.

Léviathan, Grand Esprit de l'Eau, fut stupéfait d'un tel agissement. Malgré les conséquences de leur vol, ils venaient de signer leur perte. Comme autrefois... les mortels réitéraient leurs erreurs au mépris de leurs efforts pour les protéger... et ce qui suivra sera à l'identique du passé...

Sa gueule, dans un grognement sinistre, découvrit ses longs crocs d'ivoires, ses fines moustaches blanches phosphorescentes s'agitèrent dans tous les sens et son capuchon recouvert à l'extrêmité d'épines se déploya, avant que son corps tout entier se recouvrit d'électricité.

  • Soyez maudits !!! rugit-il avec une ampleur qui fit fendre les eaux sur plusieurs centaines de pieds de profondeur, et remplir le ciel d'éclairs par milliers.

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Je voulais t’écrire
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Ça fait beaucoup de bruit et réveille beaucoup de choses
Tout me dérange
Pourtant
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________________________________________________________________________________________________________

Je rapporte tout à l’amour, constamment.
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