Préparation pour l'inspection

6 minutes de lecture

Point de vue d'Hélios :

Fini, m'indiqua Anéon en abaissant sa patte, signe qu'il avait fini de me soigner. Encore désolé pour t'avoir molesté à ce point.

  • Déjà oublié, t'inquiète, le rassurai-je en m'étirant, soulagé de ne plus rien ressentir.

Nous nous étions tous éloignés de la zone de notre duel pour une autre plus dans les bois dans la crainte que des curieux auraient l'idée de voir ce qui se passait. Après s'être senti assez loin, Anéon avait proposé de me soigner, ce que je n'avais pas refusé.

Mais, alors que je regoûtai à mon corps fraîchement guéris, sans plus d'ecchymoses ni de dommages, une violente frappe m'assaillit sans pitié le sommet du crâne.

  • Ouïlle !!! protestai-je en aggripant ma tête, essayant de stopper la migraine qui menaçait.
  • Abruti ! Pourquoi t'a foncé comme ça ?! J'ai bien cru que tu allais y rester ! hurla alors la voix déformée par la colère d'Oné, qui profita de ma confusion pour me taper de nouveau, le coup plus fort que le précédent.
  • Hé ! me défendis-je en m'éloignant aussi vite que possible de cette furie. Depuis quand tu nous as rejoins ?
  • J'attendais juste tranquillement plus loin qu'Anéon t'est remis d'aplomb pour t'en mettre une, me renseigna-t-elle en croisant les bras.

Je vis justement ce dernier la regarder dans un grognement rauque, ses arcades sourcillières froncées, et Oné le fixa à son tour avec une profonde indignation quelques secondes plus tard. Apparement, il avait dû lui parler, et ce qu'il lui avait dit n'avait pas plu.

  • Je lui ai dit que c'était toi ! protesta-t-elle, furieuse. C'est lui qui a tiré des conclusions hâtives sur le fait de ta venue ici !
  • De quoi tu parles ? dis-je alors, intervenant dans leur accrochage. Tu as bien dit qu'il voulait me rencontrer pour me tester, non ?

Le silence s'installa à ma question. Aucun d'eux ne bougea, juste en me regardant longuement ; le dragon avec stupeur, Oné avec exaspération.

Mais enfin... Pas dans ce sens, me révéla alors Anéon, encore sous le choc. Je voulais seulement m'assurer que c'était sûr si tu nous accompagnais.

  • Ah ! m'exclamai-je en frottant maladroitement mes cheveux, embêté.
  • Ah ? Seulement "ah" ?! cria alors Oné en se postant devant moi, ses yeux bleus lançant des éclairs. Tu te rends compte que ça a failli mal tourner !
  • Ce qui n'est pas arrivé ! lui rappelai-je en plaçant mes mains devant moi pour maintenir une certaine distance de sécurité pour ma tête et mes oreilles qu'elle affectionnait pour me punir. Tout s'est très bien terminé finalement !

Ma remarque n'eut pas l'air de bien lui plaire, et je la voyais ouvrir la bouche pour continuer, mais Anéon intervint dans un claquement sonore de mâchoire, qui eut comme bon résultat de la faire taire.

J'aimerai autant qu'on ne s'étale sur le sujet plus que nécessaire, gronda-t-il avant de ne regarder seulement que moi. Passons à toi maintenant.

Son ton changea radicalement, ainsi que la lueur de ses yeux. Il n'y avait plus une seule once de chaleur, ni d'une quelconque émotion. Ses yeux n'étaient plus que deux glaciers. Je ne supportais presque pas de soutenir son regard et j'en bougeai d'inconfort, tant il sembla juger en ce moment le fond de mon Esprit. C'était une telle pression que je priai les dieux pour que nous passions vite à autre chose.

Sans que mon malaise sembla lui paraître, Anéon se tint alors dans une posture assis sur ses pattes arrières et recroquevillé un peu en avant, sa queue en arrière pour maintenir son équilibre. Ainsi face à moi, il leva sa patte droite qu'il ouvrit largement, puis joignit sur sa paume ainsi présentée la griffe de l'index de l'autre. Sans hésiter, il l'enfonça profondément dans sa chair, me faisant hoqueter sous l'acte incompréhensible, puis s'ouvrit diagonalement. Le sang ne tarda pas à se déverser en quantité par la lésion non anodine, et tomber goute par goutte hors de sa paume.

  • Que fais-tu ?! s'étrangla Onélo'ria avec la même expression que moi, dévoilant mes propres pensées.

Le dragon ne nous offrit qu'une brève attention, avant de se concentrer sur la terre et y creuser de sa main blessée.

Ne me dérangez pas, nous ordonna-t-il sévèrement dans un grognement. Restez tranquille, ça fait partie de la manipulation.

Manipulation ?! De quoi tu parles ?! À quoi ça ryhme ce que tu fais ?! Je voulais le dire à voix haute, mais comme si ma gorge se retrouvait bloquée, je n'en dis rien et me contentai de l'observer former un dessin.

Celui-ci était m'assemblage de deux triangles : un premier très grand au sommet inversé, et l'autre bien plus petit qui pointait l'opposer, coller au milieu de sa base comme une tête. Une fois fait, Anéon trança plusieurs rayons qui rejoignaient le plus petit et le touchaient de toutes parts. Enfin, il traça un cercle qui les englobait tous, sans qu'il n'y ait le moindre défaut. Tout rentrait parfaitement, sans que rien ne dépassait ou ne rejoignait le cercle.

Malgré sa simplicité, c'était un très beau travail. Du moins, c'était mon avis. Je n'étais pas un très grand fervent d'art, mais j'en devinais une certaine maîtrise pour le faire en une seule fois.

C'est bon. Maintenant, le dernier coup.

Il posa sa patte sur son dessin, puis son corps tout entier se recouvrit de son Aura. Ses tatouages et ses yeux s'illuminèrent, et je sentis clairement le pouvoir monter en lui. Simultanément, son dessin brilla d'une couleur rouge, et se mit à augmenter et diminuer d'intensité d'abord lentement, puis de plus en plus vite, avant de se ternir comme des braises ardentes. Il ôta ensuite sa patte, puis me regarda enfin, sans sortir de son état.

Hélios, si tu tiens réellement à venir avec nous, va à l'intérieur. Nous pourrons ensuite discuter ensemble.

  • Mais... pourquoi pas là ? voulus-je savoir.

Il ne me répondit pas, et se contenta d'attendre mon prochain choix. Devant ça, je perdis un peu contenance.

Qu'est-ce qu'il a en tête ? me questionnai-je tout en jetant un coup d'œil méfiant à ce qu'il venait de faire.

Je fixai ensuite Oné, tâchant de voir ce qu'elle me conseillera de faire. Contrairement à moi, elle était complétement fascinée par tout se déroulement, et j'eus l'intime conviction qu'elle savait parfaitement ce qui se passait. En sentant mon regard posé sur elle, mon amie hocha simplement la tête avec encouragement.

  • Vas-y. Il ne se passera rien de mal, j'en suis sûre.

Je regardais ensuite Anéon, toujours aussi impassible.

  • D'accord, acceptai-je à contre-cœur en avançant jusqu'au symbole rouge. J'espère juste qu'il n'y aura vraiment rien...

Ma phrase se perdit dès l'instant où je me mis au centre du cercle. Non seulement par la sensation de flottement étrange qui venait de m'assaillir l'espace d'une seconde et me fit tituber en avant, mais aussi que le paysage qui m'entourait avait changé du tout au tout. Je n'étais plus devant le lieu déformé par notre combat, ni dans un lieu que je connaissais, mais dans la place d'une étrange cité antique, complétement vide de monde. La seule chose présente était une immense statue d'un dragon dressé debout qui rugissait férocement, au réalisme stupéfiant. Toutes les habitations étaient visibles comme en plein jour par un soleil invisible, dont moi, mais le ciel était celui d'une spectaculaire nuit étoilée. Le changement de panorama complet quoi.

  • C'est quoi ce cirque ?! paniquai-je en tournant la tête de tous les côtés. Je suis où bon sang ?!
  • Chez moi, dans mon sanctuaire... ou mon âme si tu préfères ! me renseigna alors une voix inconnue qui me tapota légèrement l'épaule.

Je me retournais brusquement, et vit en face de moi un adolescent un peu plus jeune aux curieux vêtements, se situant entre seize et dix-sept ans. Je fis une rapide inspection de l'étranger, qui ne bougeait pas d'un poil et se contentait de me fixer avec amusement, une main sur la hanche et l'autre bras pendant dans le vide.

  • Eh ! Calme-toi ! me dit-il avec un sourire moqueur. Je ne te ferais rien, promis.

Sa carrure n'était pas très impressionante. Je ne dirai pas non plus maigrelet, mais pas au point de rendre menaçant. Juste celui d'une personne ordinaire, bien que plus développée. Pareille au sujet de sa taille : il n'était pas spécialement grand, bien que restant dans la moyenne d'un humain, et je le dépassai sans problème. Ses cheveux blonds pailles hirsutes lui arrivaient pour la plupart presque jusqu'à ces épaules, à en juger par deux de ses mèches sur chaque côté de son visage, quand ils ne partaient pas dans tous les sens, certains défiant ouvertement la gravité. Quand à ses yeux d'un bleu éclatant, ils reflétaient une bonne humeur chavirante, auquel s'ajoutait ses autres émotions, ainsi que visiblement rire de moi.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 9 versions.

Recommandations

Ange S SecretGarden
Comme tout le monde, j'ai ma propre vision, définition de ce monde qu'est la soumission/domination.

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous faire entrer dans mon monde durant une journée entière, afin de vous faire découvrir qui je suis et la vie que je mène.

Je me présente, Taryn, une jeune femme soumise aux désirs sadiques soient-ils de Son Maitre.

Je vous souhaite la bienvenue dans mon univers.
71
87
77
40
Johane
La planète nous explique ce qu'elle ressent face aux actions de l'humanité.
3
1
0
1
Défi
Aloysius May


1 : Le big-bang


L’univers est en perpétuelle expansion. Les galaxies s’éloignent les unes des autres, repoussant toujours plus loin les limites de l’univers. Le temps est linéaire : il est né avec la matière et il semble qu’il ne s’arrêtera jamais. Du moins c’est ce que tout le monde croit sans s’en apercevoir.
Jean-Daniel en tout cas s’en soucie peu : le big-bang, la naissance et l’expansion de l’univers tout ça ne le regarde pas. Tout juste est-ce bon pour les scientifiques et quelques illuminés fans de métaphysique ou de science-fiction.
Il se prépare comme à son habitude pour aller au travail. Il déguste une tartine qu’il plonge dans son café, et il pense à la journée qui l’attend. Aujourd’hui, décide-t-il, il ira à pied. Cela le changera. Il fait beau, il faut en profiter. Il enfile donc sa plus belle chemise puis le pantalon qu’il a repassé la veille, et il sort de chez lui. Sur la route qui le mène à son travail, il rencontre une jeune femme. Il la trouve belle, hésite à lui parler, mais y renonce finalement par timidité, et poursuit son chemin.
Il aide ensuite une vieille dame à traverser la rue. Il éprouve soudain une impression de déjà-vu qu’il ne peut expliquer. Mais alors qu’il est presque arrivé deux choses qu’il n’avait pas prévues se produisent.
Tandis qu’il traverse avec légèreté, la première chose est cette voiture qui perd le contrôle et qui va le percuter, lorsque le second événement se produit : l’univers a terminé son expansion. Le big-bang a pris fin, laissant sa place big- crunch. L’univers se rétracte, et le temps avec lui cesse d’aller de l’avant pour revenir sur ses pas, de ce moment charnière où Jean Daniel allait se faire écraser jusqu’aux origines des temps…


2 : Le big-crunch
Daniel-Jean voit une voiture qui s’éloigne de lui. Il marche à reculons, il veut s’étonner de ce nouveau paradigme temporel mais il n’a pas le temps d’y penser. Il aide la vieille dame à reculer sur le passage clouté. À peine se dit-il, dans un instant de fulgurance, que cette impression de déjà-vu était due à ce mouvement de l’univers, que déjà il a honte de sa timidité. Puis il revoit cette femme dont il sait pertinemment qu’il ne lui adressera pas la parole, et continue de marcher à reculons jusqu’à chez lui. Il enlève d’abord son pantalon puis sa chemise. Le café disparaît devant lui, et de plein qu’il était dans la cafetière il se vide. Il prépare ensuite le café toujours à l’envers puis va se coucher. Sa vie va continuer à défiler de cette manière jusqu’au jour de sa naissance, tandis que l’univers se rétracte inéluctablement jusqu’au moment de son apparition.
3
5
2
2

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0