Mise au point préventive

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Point de vue d'Hélios :

Honnêtement, je n'avais pas imaginé que tout le déroulement de la journée m'aurait mené à entendre Onélo'ria me faire une rapide description de la solution qu'elle m'aurait trouvé. Pourtant, tout avait été normal : la grasse matinée dans la chambre de l'auberge que je louai, une vérification des offres d'emplois d'une mission assez bien payés, une partie de chasse dans la forêt pour abattre une meute d'hurle-mort avec un groupe que je fréquentais occasionellement, retour à la taverne en buvant un bon coup après nos prises assez conséquentes, une évaluation rapide de la gente féminine, quelques belles paroles et peut-être plus tard un rencard d'une soirée...

Oui, sauf que tout avait déraillé vers la fin. Disons que la venue assez brutale d'Onélo'ria ne faisait pas partie de mon emploi du temps. Enfin, au moins, je ne regrettais pas trop de l'entendre parler de cette proposition qui tombait plutôt à pic.

Me la couler douce avait de toute façon finit par m'exaspérer un peu. Et rien de trop excitant ne mettait arrivé depuis un sacré moment, à part la fois où j'avais tué des créatures bizarres sortis de nul part qui avaient attaqué un groupe de voyageur durant mon travail. Coïncidence, à l'entendre parler, ma prochaine mission semblait justement les concerner.

  • Revenons un peu à ce que tu dis, tu veux ? Alors tout ce que je dois faire, en tout et pour tout, c'est emmener une Protégée, qui est en plus la princesse Soraya, à Yggdrasil ? Ce qui inclue en outre de sauver Lyrhune de l'apparition de ces monstres étranges qui ont commencé à se manifester récemment. Je suis toujours ? récapitulai-je.
  • De ce que j'ai compris. En tout cas, tu tiens les grandes lignes, confirma l'herboriste en hochant la tête. Alors, qu'en penses-tu ?
  • Ce que j'en pense ? répétai-je doucement, avant d'attraper ses bras, complétement enthousiaste. C'est juste la meilleure idée que tu ais jamais eu ! Si ce que tu dis est vrai, alors peut-être que j'ai comme tu m'as suggéré une chance !

Onélo'ria, devant ma joie, ouvrit un peu plus ses yeux, assez surprise.

  • C'était... rapide, s'étonna-t-elle avec satisfaction. Tu n'as pas l'air de te poser trop de questions à ce sujet.
  • Allons, allons, secouai-je la tête en la lâchant. J'ai toute confiance en ta capacité de jugement. Tu ne serais jamais partie de ta troupe de marchands sans une bonne raison, ni être venue me voir pour seulement me donner des espoirs infondés.
  • Eh... bien, merci pour un tel compliment, rougit un peu Onélo'ria en s'éloignant un peu, gênée.
  • Sans dire qu'il serait insensé que moi, bon gentleman que je suis, n'offre pas mon aide à une princesse ! me justifiai-je mélodramatiquement en ammenant une main à mon cœur. Les dieux me puniraient d'abandonner une damoiselle en détresse !

Alors que je fermai les yeux, plein dans ma passion, je sentis de nouveau la brûlure de mon oreille, ce qui me fit à nouveau hurler et me pencher pour limiter l'horrible tiraillement. Lorsque je me risquai à regarder, je croisai le regard plein de fureur et de menaces de mon amie.

  • Alors il y a aussi ça ! Même si ça ne m'étonne pas de ta part !
  • De quoi tu parles enfin ? ne pus-je m'empêcher de dire en guise de défense, ce qui eut pour effet de l'énerver davantage et tirer encore plus, à ma plus grande douleur.
  • Je te préviens tout de suite, tu n'as pas intérêt à faire tes charmes sur la princesse ! grinça-t-elle comme un grognement. Sauf si tu veux risquer la colère du roi, et peut-être de Lyrhana ?!
  • Pour qui me prends-tu ? souriai-je innocement en levant ma main pour l'apaiser un peu. Je connais les limites.

Visiblement, mes talents de comédien que j'usais presque toujours durent la convaincre un peu. Toujours méfiante, elle relâcha ma pauvre oreille à nouveau traumatisée, et aggripa le col de ma veste jaune et striée diagonalement de lignes blanches comme des éclairs.

  • Je répète, juste au cas où : tu-ne-courtises-pas-la-princesse ! articula-t-elle, comme si elle s'adressait à un idiot. Et ne fais rien de désobligeant en sa présence, sinon...
  • Oui, oui, la coupai-je pour éviter un nouveau sermom. Je la laisserai tranquille. Tu as ma parole d'Alfe !

De toute façon, songeai-je, Onélo'ria m'a dit qu'elle était à Maurial pour partir chercher une amie. Dommage, mais j'espère que celle-là ne sera pas trop mal.

Et elle ne m'avait pas interdit de sympathiser avec elle au moins ! Intérieurement, je jubilai à cette perspective. Mais à l'extérieur, je restai totalement neutre. Il ne fallait absolumment pas que je laissai entrevoir la moindre chose.

L'elfe continua de m'observer, avec une telle attention que je ne pus m'empêcher de frémir un peu à la pensée qu'elle pourrait me griller. Heureusement, elle finit par souffler doucement, avant de devenir plus détendue et me relâcher. Bingo !

  • Très bien alors, souria-t-elle. Donc, si ça ne t'ennuis pas, je voudrais que tu rencontres l'un des membres de leur groupe. Il est avec la princesse depuis un certain temps, et il a souhaité te rencontrer avant les autres.
  • Ah ? m'intéressai-je, curieux de connaître l'un de mes futurs partenaires. Quel est son nom ?
  • Anéon, me révéla-t-elle. Il fait aussi un peu office de protecteur pour la princesse. Je lui ai demandé de nous attendre vers la fin de la forêt. Tu devrais relativement bien t'entendre avec lui. Pour ce qui est du caractère au moins.
  • Tiens donc ? m'étonnai-je, m'amusant un peu à en savoir plus. Est-ce qu'il est bon en combat ? Enfin, juste pour savoir s'il sera un boulet ou non ! Et il est quoi exactement ? Un autre Alfe, ou un humain, ou encore...
  • Va plutôt chercher ton arme, juste au cas où ! m'avertit-elle en courbant ses lèvres dans un sourire sournois. Sache que s'il est ici, c'est également pour voir de quoi tu as l'air. Il n'a pas précisé dans quelle mesure, mais prépare-toi !

Sa remarque assez inattendue me calma. Quand elle voulait dire "tester", insinuait-elle... voir ma force ? Je ricannai un peu à un propos aussi insolent, et je me tins orgueilleusement plus droit en mettant mes mains sur ma tête avant de partir pour l'auberge.

  • Comme tu veux, mais je pense qu'il ne sait pas trop dans quoi il s'embarque si c'est ce que je pense, lançai-je avec raillerie, sans aucune crainte. Ça risque même d'être trop injuste !
  • Comme dis plus tôt, tu verras. Il n'en a pas l'air, mais ce gamin risque de te surprendre, insista-t-elle.

Et, autant j'étais confiant pour ma rencontre à venir, une mise en garde pareille m'atteignit quelque peu pendant que je poursuivai ma route, vaguement inquiet.

Y a rien à craindre. Elle veut juste me faire peur... non ?

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