Possible rédemption

5 minutes de lecture

Point de vue d'Onélo'ria :

  • Bon, tu as fini ? réprimandai-je l'Alfe en posant mes mains sur mes hanches.
  • Pas quand il est si amusant de rire de toi, se moqua effrontément le coureur de jupon en plaçant une main sur ses yeux, comme pour cacher un rire.

Même si voir sa bouche plissée comiquement rendait sa tentative ridicule de cacher son amusement. Je soupirai légèrement face à un tel comportement enfantin. Il avait beau être jeune, surtout du point de vue d'un être hors du temps, il avait tout de même trois siècles. Pour le ramener un peu à son sérieux, je lui mis une tape sur le front, pas du tout douce. Mon geste le fit quelque peu protester, bien que cela ne le départit pas de sa grotesque attitude.

  • Houla, je te trouve bien grincheuse aujourd'hui, s'inquiéta-t-il falacieusement en se penchant vers moi, avec une mine qu'il rendait alarmé. As-tu des problèmes auxquels tu souhaiterais parler ? J'ai toujours été une oreille attentive.

Il toucha à ses mots son oreille gauche pour appuyer sa proposition. Mon sourcil droit tiqua à son manque de coopération et, agacée, j'aggripai la pointe de l'oreille qu'il me désignait. Aussitôt, s'en était fini de ses bêtises. Hélios écarquilla les yeux et gémit face au pincement. J'en aurais presque souri si je n'étais pas si pressée. De toutes les choses pouvant calmer ses singeries, cette astuce était ma préférée, et la plus ridicule.

  • Aïe, Oné... aïe. Ok, j'ai... hé ! J'ai compris, arrête ! couina-t-il piteusement alors que des larmes s'échappait.

Sans faire attention à ses tentatives pour m'amadouer, je fis demi-tour et le dirigeai vers la sortie, afin d'être dans un endroit plus privé.

Cette fois, nous ne passâmes pas inaperçue tous les deux ; les clients du bar nous dévisagèrent pour la plupart, et rire de la position de l'Alfe que je tenai fermement.

  • Bah alors, vous vous querellez tous les deux ? ria fortement le barman.
  • Ha ha ha, fallait bien que ça tombe un jour, mon vieux ! commenta un autre.
  • Eh ouais, à force de les cueuillir, tu finis bien par te piquer !
  • Merci de nous l'embarquer, prenez tout votre temps ! s'écria une voix féminine, dont je n'avais pas besoin de chercher la propriétaire.

Nous sortîmes assez vite de La Rose du Lion, et je lâchai enfin ma prise sur le jeune charmeur. Celui-ci, maintenant libéré, massa précautioneusement son oreille endolorie, tout en me jetant un mauvais regard.

  • Ça... pas sympa, grogna-t-il.
  • Bien fait, ripostai-je en croisant les bras, pas le moins du monde désolée.
  • Ma réputation va en prendre un sacré coup à cause de toi ! pleura-t-il en me pointant du doigt.
  • Laquelle de tes nombreuses réputations ? dis-je avec sarcasme en levant une main. Par ce qu'il y en a une tonne à ton sujet que j'ai pu entendre depuis quelques années : celle de dragueur insensible, de chasseur de femme, de briseur de cœur, de champion d'endurance à l'alccol...

Je levai mes doigts à chacune d'entre elle. Et j'en atteignis bientôt une bonne dizaine, toutes proclamant des exploits peu flatteurs. Hélios, qui s'était tout d'abord blêmi face à tant de noms insultants, rageur, siffla et se détourna de moi, tout en tapant la semelle de sa botte gauche sur le pavé.

  • Et tu crois que je ne le sais pas ! maugréa-t-il de manière presque inaudible, mais que mes oreilles entendire parfaitement.

Visiblement, ça l'a au moins un peu calmé, constatai-je, même si mon cœur se pinça en le voyant ainsi.

Peut-être y étais-je allée un peu fort ? Après tout, Hélios, malgré ses nombreux défauts, avait une fierté auquel il tenait profondément. Encore plus que ce que la plupart pourrait croire. Au moins, lui mettre sous les yeux les nombreux éléments de sa déchéance m'aidera à le convaincre plus aisément.

Doucement, je le contournai et me mis devant lui. Il leva lentement les yeux, et je pus en effet voir qu'ils avaient perdu une partie de leur éclat.

Oui, j'ai dû le blessé. Mais peut-être enfin pour le mieux.

Alors, lentement, je mis de nouveau ma main en face de lui, et levai un dernier doigt.

  • Ou alors, celle de l'incarnation divine du soleil ? La représentation même de sa force et de sa suprêmatie ? Le futur guide de tout un peuple ?
  • Hein ? s'étonna-t-il en quitta momentanément sa tristesse pour me regarder avec surprise.

Mais, tout aussi rapidement, son visage s'assombrit pour ne plus voir que le sol.

  • De quoi tu parles ? Tu sais très bien que je ne suis pas ça. Ou du moins, je ne le suis plus. Depuis mon bannissement, plus personne ne me voit ainsi. En fait, je n'ai même été rien de tel dans les mémoires. Surtout parmi les miens.
  • Et si tu le redevenais ? tentai-je alors.

La seule réaction que j'eus de ça part était de le voir partir s'asseoir lourdement sur un tonneau posé contre la taverne. Hélios s'adossa contre le mur blanc-cassé et soupira longuement.

  • Ce que tu demandes est l'impossible. Ce que j'ai perdu... je ne peux pas le retrouver.
  • Le sort qui t'a été imposé est totalement injuste ! m'énervai-je en m'approchant de nouveau de lui. Tu n'es pas responsable de ce qui est arrivé !
  • He he... Va le dire à ces idiots qui m'ont jugé, gloussa-t-il sans émotion. Je suis sûr qu'ils seraient intéressés de t'entendre dire ça...
  • Mais tu peux leur imposer de te laisser une seconde chance ! insistai-je en le prenant par les épaules pour le secouer.

Mon geste eut l'air de le réveiller de sa dépression passagère, et il se leva avec colère pour retirer mes mains.

  • Et comment ?! s'impatienta-t-il en partant d'un pas énervé avec ses bras aux gestes aggressifs. Je ne suis plus rien pour eux ! Rien pour l'ensemble des Alfes !!! Juste un fantôme... non ! Moins que ça !!!

Je le laissai partir jusqu'à ce qu'il s'arrêta, comme prit d'une réflexion profonde. Il me regarda ensuite de côté, intrigué.

  • Tu as compris ? lui demandai-je en revenant à lui avec un sourire encourageant. Si je suis ici, c'est justement pour t'offrir une opportunité. Une chance unique ! Et je peux t'assurer que, si tu y parviens, les Alfes, et aussi ceux du Soleil, seront obligés de t'entendre. Tu pourras enfin laver ton nom.

Hélios buvait mes mots, plein de doute, de prudence... et aussi d'espoir. Je ne parlai plus, et attendis avec patience sa décision. Il aggripa son menton, pensif, le regard perdu, et resta longtemps silencieux.

Puis il finit par abaisser son bras, et me regarda de nouveau, les yeux de nouveaux éclatant de lumière.

  • Et ce serait quoi, ce travail ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Recommandations

Défi
cornelie
En réponse au défi de Chuck Mac Cracker. Conversation vidéo, chapitre 3.
10
52
17
2
Marie Smorta


Une image
J’ai toujours voulu te dire
J’ai toujours voulu
« Tu es semblable au vent, à la tempête
Gouttes de pluie dans tes yeux quand tu te calmes un peu »
Je voulais t’écrire
Ça se bouscule dans ma tête
Ça fait beaucoup de bruit et réveille beaucoup de choses
Tout me dérange
Pourtant
Tu sais, c’est difficile de se dire que les choses continuent d’avancer. C’est difficile de se rendre compte qu’on ne peut pas se souvenir de tout. C’est dérangeant quand on essaye de contrôler ce qui ne peut plus l’être.
C’est triste quand on se rappelle d’avoir vécu

________________________________________________________________________________________________________

Je rapporte tout à l’amour, constamment.
Comme si c’était ce qui importait le plus.
C’est juste que j’ai été profondément blessée, pas que par toi mais aussi de la société.
Ce sont des choses qui arrivent, j’imagine.
Tant de cicatrices qui ne demandent qu’à se rouvrir inlassablement.

Ça fait mal, n’est ce pas ?
3
5
3
1
Défi
Naomie

    "-Ravi de faire votre connaissance, moi c'est Edgard mais vous pouvez m'appeler Ed. Je suis pizzaiolo.

     -Enchantée, moi c'est Jane. Je suis lycéenne."
Wow, y'a un rat dans la pizza de Ed, c'est énorme!

    "-Ahah c'est marrant le rat dans la pizza...mais vous êtes une licorne?!
     -Eh ouais, la classe hein? J'ai une idée géniale...j'ai un bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons dans l'avion. Tu veux l'essayer?
Waouh! C'est trop bien toutes ces couleurs, en plus Ed change de couleur et de forme, il est bleu, gros, rouge, c'est trop drôle. Putain! Le top du top.
    "-Comment ton avion est arrivé ici sans faire de bruit, il est trop fort!
     -C'est plutôt nous qui sommes arrivés à côté de l'avion sans faire de bruit. Chut, il risque de se réveiller."
Putain les marches de l'avion sont en guépard. Merde y'en a un qui me regarde, je dis quoi?
    "-Tout ceci n'a aucun rapport avec Gisèle! Demande à Ed, c'est à Christen qu'il faut s'en prendre, c'est elle qui a balancé de l'eau sur le ciel. Je l'ai vue...je l'ai vue de mes propres yeux! Croooois-moooii!"
Ses yeux se sont retournés et de la lumière en sort...on dirait des minis concerts à l'intérieur! C'est vraaaaaiiiiiment troooooop trop bien! Je me sens tellement...bien.
    "-Jane! Viens voir mon bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons...
     -Putain!! Elle est trop cool ta balançoire. Je peux faire un tour?
     -Bien-sûr que oui."
Elle est confortable...mais c'est encore le guépard. Il est trop drôle.
Merde! Ca a disparu, Ed, le guépard, l'avion et la balançoire. Et j'ai un de ces mal de tête, c'est horrible.
    "-Elle était puissante, hein? Je t'avais prévenue, aller je te l'offre pour cette fois."
2
1
0
1

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0