Le charme du soleil

5 minutes de lecture

Point de vue d'Onélo'ria :

Contrairement à la réputation que l'on accordait un peu trop souvent à ce genre d'établissement, La Rose du Lion était un environnement seulement plein de chaleur, où je voyais à chacune de mes visites, comme aujourd'hui, autant d'êtres d'horizons différents tels des elfes, des nains, des hommes, des anthropomorphes et divers se retrouver, boire et manger joyeusement, tout en écoutant et conversant entre eux. Les serveurs et serveuses portaient les plats avec d'agréables sourires, parfois retenus et rire dans la foulée des blagues et des citations de quelques clients aux joues que je discernai quelques peu rouges d'ivresse, bonnes conaissances ou étrangers que l'alcool rendait amicaux.

La musique enjouée contribuait également à cette bonne ambiance, jouée par le groupe habituel d'artistes composé d'un tretropla* violoniste chiquement vêtu, du nom de Jorhiane, avec deux de ses bras soutenant d'un côté chacun un violon où des archets frottaient avec enthousiasme les cordes. Une jeune femme avec de courts cheveux roux sortant à peine de l'adolescence, Cassie, avec son pull court mauve et sa jupe blanche aux motifs floraux qui jouait au même rythme et dansait avec passion. Toujours à ses côté était son jeune frère de quatre ans son cadet, Alexandre, avec un énorme béret gris qui couvrait le sommet de sa tête, un chandail rouge et un ample pantalon noir, qui jouait avec des cuillières argentées qu'il maniait avec ses jeunes mains expertes. Enfin venait Bruce, un Ursus*, à la fourrure noire à part à sa gueule et le début de son torse beiges, dôté d'une carrure imposante et vêtu uniquement d'un ensemble bleu. Il soufflait assis sur un tabouret avec ferveur dans une cornemuse et tapait du pied pour donner le rythme à ses camarades mélomanes.

Ce quatuor inséparable représentait l'âme de joie de la taverne, qui était ici depuis presque le moment de sa création. La majorité des réguliers et passant rivaient leurs yeux vers eux et se joignaient au rythme général. Je ne pus moi-même m'empêcher de les écouter jouer jusqu'au bout, et mes mains tapèrent en même temps que le tempo rapide pour les accompagner.

Elle dura longtemps, jusqu'à ce qu'elle se termina dans un brouhaha général, acclamant la performance remarquable des musiciens avec des applaudissements, une multiple quantité de chopes levées en leur honneur et des hurlements de félicitations. Je me joignis à tous les autres, comme toujours impressionnée de l'énergie qu'ils nous avaient envoyé.

Ils nous sourirent et levèrent leurs bras pour saluer, lançant également des remerciements chaleureux et des visages pleins de bonheur. Jusqu'à ce que Bruce me vit, et me dévoila un plus grand sourire.

  • Onélo'ria !!! Depuis quand t'es là ?! s'enthousiasma-t-il avec un rire grave.

Ses compagnons me virent également, et ils me demandèrent de les rejoindre avec une humeur bouleversante. Il était que, chaque fois que nous, marchands, revenions à Troyce, nous passions le plus clair de notre temps dans la taverne pour nous rafraîchir. Et, inévitablement, nous nous connaissions très bien. Chacun d'eux me posèrent des questions sur mon arrivée plutôt prématurée, et en pleine période de Firmament, sans le moindre signe de Johnatan et des autres, comment allaient les affaires, notre prochaine destination...

Ils les enchaînaient si vite que je ne pouvais pas leur répondre.

  • Houlà, houlà, doucement tout le monde, tentai-je de les calmer en plaçant mes mains devant moi pour les apaiser. J'ai du travail pour Hélios, c'est pourquoi je suis là. D'ailleurs, savez-vous où il est ?

Le bonheur que me témoignait depuis le début le groupe se refroidit soudainement, ce qui me fit les regarder avec un peu d'inquiètude. Chacun glissa un regard prudent à la jeune fille au tambourin qui se renfrogna à l'instant.

  • Ce dragueur ? grimaça avec mécontement Cassie, bras croisés. Probablement en train de mettre en action ses plans sur une autre victime au fond, comme d'habitude. Tant que j'y pense, si tu le vois faire...

Elle attrapa du plateau d'un serveur auquel elle s'excusa une chope remplie de bière mousseuse et me la tendit, avec un sourire féroce.

  • De la part de ma meilleure amie, Lucie. Pour le lapin qu'il lui a posé il y a deux jours, et dont il n'a pas eu la délicatesse de demander pardon. Tu sais quoi faire. Je compte sur toi pour ça, et le convaincre de fiche le camps loin, très loin d'ici.
  • Euh, sœurette, intervint son jeune frère en lui donnant un coup de coude. C'est pas un peu exagéré ?
  • Il a fait pleurer une fille, et en plus elle se trouve être une amie chère, gronda Cassie avec hargne tout en mordant sa lèvre inférieure. Donc, non, il mérite qu'on le refroidisse un peu. Personne ne joue avec les sentiments d'une femme et ne s'en sort indemne.

Pfff... Il n'aura décidément pas changer après presque une demi-année. Enfin, à quoi d'autre m'attendre d'un goujat pareil.

  • Ne t'en fait pas. Je pense même que ce que je vais lui proposer lui fera le plus grand bien, lui promis-je en m'éloignant, et me frayant un chemin entre les tables et les personnes debouts.

Sans surprise, après avoir atteint le fin fond de la taverne, je pus voir deux personnes près du coin d'un mur, dans une zone plus tranquille. C'était une jeune fille brune avec un chignon, adossée contre le mur, qui rougissait furieusement et gloussait bêtement face aux compliments doucereux d'un jeune homme qui ne m'avait toujours pas remarqué, avec de somptueux cheveux qui lui atteignaient le bas du dos. Ils étaient d'un rouge éclatant, et sous la lumière artificielle des cristaux, il y avait comme des vagues dorées qui y dansaient de manière presque surnaturel. Au-delà, les pointes de ses oreilles prouvaient son identité proche de la mienne.

Je soupirai devant la scène assez désobligeante, et pourtant familière. Tandis qu'Hélios poursuivait ses charmes irrésistibles, je levai la chope au-dessus de sa tête et, sans une seule hésitation, je déversai tout son contenu sur le charmeur, qui sursauta tout en hoquetant de surprise. Mon acte eut également un déclic sur la pauvre jeune fille, comme si elle sortit de son ébahissement. Elle cligna vite des yeux puis, me voyant, elle s'inclina rapidement devant l'Alfe arrosé et fila sans demander son reste.

La chope resta renversée jusqu'à ce que la dernière goutte du breuvage heurta le sommet du crâne du bourreau des cœurs, qui ne bougea toujours pas, ni ne me fit face. Personne ne remarqua notre manège, bien qu'à la pause allongée des musiciens, je devinai que Cassie devait savourer de loin la vengeance.

Finalement, l'Alfe du Soleil finit par glousser d'amusement, d'un rire clair et doux qui sonnait tel un chant.

  • Eh bien, eh bien, quelle drôle de manière de me saluer après tant de temps, se lamenta-t-il en ramenant une main sur ses cheveux humides et plus foncés.

Il se tourna et me révéla un visage, lumineux, d'une beauté impensable, encadré par deux longues mèches portant de grosses perles blanches et noires. Ses yeux ambrés pleins d'assurance paraissaient scintiller du feu solaire, et étaient soulignés de délicats et fins sourcils. Un sourire amusé le complétait, en dépit de l'humiliation subit.

Hélios attrapa avec son index droit délicat l'une des ses mèches, un autre de ses atouts de séduction, et l'enroula d'un mouvement lent exagéré.

  • Ta venue embellit beaucoup plus ma soirée qu'elle n'avait commencé, chère Onélo'ria, sussura-t-il, accoudé nonchalemment.

*tetropla : humanoïde avec quatre bras et des oreilles en forme de corne.

*ursus : ours humanoïde avec un grand intellect.

PS : L'apparence d'Hélios a été contribuée par Mimlay et Ayshah Hassan, que je remercie pour avoir voulu participer ^^

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 10 versions.

Recommandations

ChihuahuaBlack
Shanna Aguanieve est une étudiante totalement dissipée, qui se bat et qui ne porte que peu d'attention à son avenir. Luna est son exact opposée. Bonne élève, elle cherche toujours à en apprendre plus sur la psychologie humaine. Et alors qu'elle arrive au Lycée, son nouveau sujet d'étude est tout trouvé : la fameuse chef des délinquants...
1
0
0
84
Défi
el Sorio 2
un portrait chinois sur moi
5
1
9
1
Défi
Jérôme S

L'extase! L'extase totale! Imaginez vous cela? Je sortais du théatre et la piece "la machine infernale" de Cocteau m'avait ravi le coeur. Celui ci palpitait et battait la chamade.Bien que de nature timide naturellement , j'allais vers n'importe qui dire n'importe quoi! Je me sentais légé comme une plume et je courrais par les rues. "Le pavé du roi!" m'écriais-je et je bondissais comme un lunatique.
N'allez pas croire que je suis fou. Je suis simplement un être comblé.
 Par l'amour! J'allais voir ma promise et rien au monde n'eu pu me rendre plus heureux.
Je toquais a la porte. Je poussais le loquet.
Merde! Elle était entre deux gars qui la draguait ostensiblement. Je fus saisi d'une fureur sans pareil: je soulevais une chaise et la balançais sur les deux types. Ils détalèrent au taquet. Et je fut pris d'un dégout monumental pour cette petite catin .
Je pleurais beaucoup les jours suivants. Mon désespoir s'accrut de jour en jour et je tombais dans une mélancolie profonde comme cette chère Emma Bovary.
Pauvres âmes blessées! ayez pitié seigneur!Mais rien n'y fit.Mes prières étaient vaines.Un matin je pris mon revolver dans le tiroir de mon secrétaire. J'allais en finir .Mon état d'esprit à ce moment fut innéfable,inavouable même!
Japprochais l'arme de ma tempe.
C'était fini.

Jérôme S.....
1
1
0
1

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0