Troyce, la ville des aventuriers

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Point de vue d'Anéon :

  • Pose-toi par ici, m'indiqua Onélo'ria en pointant du doigt, en contre-bas à ma gauche, une grotte creusée dans la paroie rocheuse d'une élévation aux curieuses pierres en piliers, qui marquait la fin de la forêt que je survolais depuis un moment.

Cette entrée, qui aurait pu m'échapper, était heureusement éclairée par le Firmamanent. Je fis ce qu'elle dit sans attendre, exténué après autant d'heures de vols sans le moindre repos. Je virai de bord, puis repliai légèrement les ailes afin de passer dans la cavité. Celle-ci se révélait assez grande pour passer sans encombre, et je retrouvai enfin la terre, respirant lourdement et profondément, les bruits de mon souffles amplifiés par l'écho de la roche creusée.

Tandis que je m'abaissai légèrement pour permettre à Onélo'ria de descendre sans encombre, j'usai de mon odorat surdéveloppé pour savoir si cet endroit a été habité par un être quelconque. Immédiatement, une odeur puissante, mais ancienne, envahie mes narines. Je l'identifiai sans problème à celle d'un tyranours mâle.

Aucun problème avec ça, fus-je soulagé.

Les ours géants n'étaient pas un problème en soit ; un rugissement ou quelques flammes pour les plus audacieux les faisaient déguerpir rapidemment. C'était si un autre dragon vivait là qui aurait été plus problématique. En croiser un n'aurait pas posé de soucis ( nous en avions vu un bleu ciel de loin cet après-midi, qui m'avait salué avec sympathie, ainsi que moi à mon tour ), mais s'immiscer dans sa demeure aurait pu être très mal pris. Enfin, qui ne l'aurait pas été ?

Ce qui n'était pas le cas, aussi je me détendis en m'étirant dès que Onélo'ria quitta mon dos. L'elfe regardait la sortie, qui dévoilait à une distance assez courte une ville, toujours animée par le brouhaha des habitants et aux lumières appartenant à des lanternes qui étincellaient ses habitations comme de nombreuses boules de feux. Une curiosité était l'absence totale de barrière. C'était assez étonnant, mais pas impossible. Les habitants avaient sûrement d'autres moyens de se défendre. Je ressentai la Présences de nombreux habitants, et le vent qui soufflait vers nous m'apportait l'odeur de mets au fumet délicieux qui me donnaient faim, de cigares et d'alcools, problablement dû à une taverne ou un bar non loin d'ici. C'était plaisant à regarder et à sentir.

Et maintenant ? l'interrogeai-je après avoir fait cette brève observation.

  • De mémoire, Hélios visite souvent une taverne pour manger, boire, et passer du bon temps : "La rose du lion". C'est donc une bonne chose que l'on soit arrivé pendant la soirée. En ce qui me concerne, je vais aller faire mes recherches là-bas. En attendant, reste ici. Ce ne serait pas une bonne idée pour toi de m'accompagner là-bas.

Pas question, je pars pour manger quelque chose, décrétai-je en m'approchant du bord.

  • Manger quoi ? s'étonna-t-elle en s'écartant pour me laisser passer.

Je vais voir en fonction de ce que je trouverai. En tout cas, je me sens capable de manger un magtame*.

Et je plaisantais à moitié. Je jeûnais depuis maintenant presque deux jours, à cause de tout ce temps à voler. En tant que dragon, j'arrivai à durer longtemps, mais avoir cette forme, bien que puissante et comportant une multitude d'avantages, me prenait tant d'énergie que je me sentais obligé de me recharger d'une manière ou d'une autre. Donc en mangeant.

  • Comme tu veux, accepta sans rechigner Onélo'ria en haussant les épaules d'indifférence. Tant que personne ne sache que tu es ici, cela me va. Cependant, ne tarde pas trop. Avec de la chance, je tomberai très vite sur Hélios.

Oui, je vais chasser seulement dans les alentours, lui promis-je en déployant une nouvelle fois mes ailes, qui protestèrent un peu à cause de l'effort supplémentaire. Alors, à plus tard !

Je pris ensuite mon envol en forçant sur mes muscles dorsaux, avec comme pensée heureuse d'avoir bientôt un repas sous la dent.

oOo

Point de vue d'Onélo'ria :

Après avoir descendue les multiples piliers géants qui composaient la paroie et m'avaient permis de descendre sans problème, j'étais vite arrivée à la ville de Troyce. Comme d'habitude, les rues étaient très animées. De nombreuses boutiques étaient toujours ouvertes, où les marchands proposaient de nombreux articles d'armes, de protections en tout genre ou des potions. Il y en avait même qui vendaient énormément de potions, et un ou deux marchands appelaient depuis le pas de la porte parmi les passants intéressés des testeurs ( souvent un complice ), pour bénéficier des effets du breuvage plus ou moins suspect.

Les gens s'interpellaient plus ou moins joyeusement selon les circonstances, bavardaient en marchant ou s'appuyant contre le mur d'une maison ou d'une échoppe, les enfants jouaient à se courser ou admiraient la marchandise, attiraient l'attention d'une mère ou d'un père.

Il y avait également les nombreux bastions de guildes qui parsemaient la ville. Ainsi qu'une des nombreuses affiliée à celle que notre groupe travaillait, bien qu'elle n'était pas dans ce quartier où je marchai actuellement. Elles étaient toujours actives, à toute heure, aux clients ou aux membres de leurs affaires. Chacunes portaient un blason différents qu'elles gardaient avec honneur, tentant de surpasser leurs concurrentes de manière plus ou moins civilisés. Il n'était pas rare de voir une rixe entre des hommes et femmes pour un fait dont ils s'accusaient. Même ici.

Je passai justement devant l'une d'elle, et regardai d'un regard moyennement intéressé des injures entre deux groupes, surveillés par une légère foule avec deux gardes vigilants, qui comportai sur une histoire de missions prises en premier, et dont je partai sans en connaître les raisons. Peu après, juste derrière, il y eut des cris, ainsi que des ordres graves aboyés.

oOo

J'avançai donc dans toute cette animation, jusqu'à arriver devant une taverne où il m'arrivait de venir, surtout dans le cas précis de ma visite. Juste au-dessus de l'entrée avec deux portes battantes, je pus voir le panneau familier représentant la tête de face d'un lion à la crinière comme le soleil qui tenait entre ses crocs d'ivoires une somptueuse rose rouge. D'où le nom de l'établissement écrit sublimement en lettres d'or, et où j'allais entrer.

Depuis l'extérieur, il y avait un raffut monstre, une fumée constante qui s'échappait dans l'air froid et glacial, ainsi que de la musique d'ambiance. J'y entrai sans hésiter, certaine de trouver l'Alfe que je recherchai.

*magtame : énorme mamifère des marécages au corps assez volumineux, plus haut qu'un homme, avec une peau cuivrée grise au dos pigmenté de noir et rose aux flancs et au ventre. Il possède de courtes mais robustes pattes avec trois gros doigts aux ongles marrons, dont un plus petit et frêle, et une grande et lourde tête aux courtes oreilles. Le magtame a une large et solide corne qui pousse sous son menton, qui lui permet de creuser le sol pour se nourrir d'insecte et de racines. Elle lui sert aussi à se défendre.

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