Propos curieux

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Point de vue de Soraya :

Il était vrai que je n'avais pas réellement prévu que Rosa n'était pas aussi facilement joignable. Et voilà pourquoi nous étions contraintes, Titania et moi, d'attendre toutes deux sur un banc depuis des heures, juste devant l'immense administration aux murs blancs avec des proportions dignes d'un manoir, possédant pas moins de cinq étages et plus d'une cinquantaine de salles administratives, construite au palier six, l'avant dernier niveau où nous avions accès, avant les trois derniers que nous ne pouvions pas atteindre, car là où vivait la noblesse et, pour le dernier, les membres de la famille royale.

oOo

En entrant, j'avais bien cru que nous allions nous perdre. Mais le soldat qui nous avait accompagné n'avait pas hésité une seule fois au tournant à prendre, ni à la salle où se diriger.

La secrétaire, que nous avions vu au troisième étage du bâtiment, avait été rapide pour nous dire que Rosa vivait actuellement à Maurial. La nouvelle a été un véritable soulagement pour moi. Cependant, il y eut un blocage : la secrétaire avait pris une moue désolée, et nous avertit que Rosa vivait dans des quartiers privés en compagnie d'un citoyen avec un important statut. Inutile de précisé la surprise qui m'avait submergé. Mais je n'avais pas eu le temps d'en savoir plus qu'elle nous indiqua qu'il nous était impossible de nous y rendre comme ça, et que le moyen pour y accéder était de demander une autorisation du seigneur de Maurial en personne !

J'avais tout de suite refusé. En plus que le souverain n'aurait sûrement pas le temps d'accorder une demande aussi banale d'une étrangère, la seule solution aurait été de décliné mon identité à la secrétaire. Avec plus d'une centaine de personne aux alentours car, oui, le secrétéria était vraiement remplis de monde. Ce qui était hors de question.

C'est Titania qui proposa une alternative, simple mais efficace : demander tout simplement à Rosa de venir à notre rencontre, par le biais d'un message. La secrétaire n'y trouva rien à redire, et nous avait indiqué où faire notre lettre.

Deux étages plus bas, toujours sous la garde du guide, nous nous sommes retrouvées dans une autre salle, cette fois plus petite et privée. Seule deux personnes attendaient leur tour, et l'attente passa extrêmemnt vite. Nous entrâmes sans même nous en rendre compte.

Contrairement aux nombreux comptoirs où se tenaient les secrétaires qui pianotaient comme les soldats à l'entrée, avec des écrans holographiques visibles cette fois, la pièce ne comportait qu'un bureau d'angle, plusieurs piles de feuilles, et une trappe dans le mur. Là, assis dans une chaise tournante, nous attendait un vieux scribe à lunettes rondes. Il se trouvait être un gnome en salopette verte, distingué par sa petitesse de la taille d'un nourisson, ses grosses oreilles de chauve-souris et sa peau violette claire. Il a vite pris en notes mon message grâce à une feuille à la couleur particulière et un stylo-plume.

Si la structure dut le surprendre, il n'en dit absolumment rien. J'ai été étonnée de le voir écrire sur du papier, étant donné que Maurial usait de technologie atlante, mais pour ne pas le contrarier, j'avais retenu le moindre commentaire, qui aurait pu paraîre désobligeant vis-à-vis de lui. Surtout que sa vitesse d'écriture, et sa qualitée, surpassées de loin des capacités normales.

Ma dictée dura moins de vingt secondes, sans qu'il ne me demande de me répéter une seule fois, puis je lui donnais l'adresse que l'on m'avait révélé plus tôt. Le gnome nous assura ensuite d'une voix grave, mais assez aigüe, que le mot arrivera à Rosa dans la journée, avant de nous demander poliment de sortir.

Et c'était ce que nous faisions depuis quelques heures.

oOo

  • Vois le bon côté Maria, me motiva Titania alors que je tenais avec un visage ennuyé ma tête et contemplai la multitude de personnes bruyantes qui parcouraient la place. Rosa nous attend toujours. Elle a réussi à atteindre Maurial juste avant nous. Ce n'est qu'une question de minute avant de la retrouver maintenant.
  • Peut-être bien, marmonai-je de lassitude avant de me redresser de ma position arcquée. Mais je n'arrive pas à comprendre comment ne serait-ce que la voir serait en rapport à même demander l'autorisation du dirigeant de Maurial. Ou celui qui est avec elle au moins. Va savoir dans quelle affaire elle a bien pu réussir à se mettre.

Titania haussa les épaules, l'air de dire " Je ne vois pas non plus ", avant de redevenir silencieuse. Pas très longtemps.

Le visage de la fée s'éclaira soudainement d'un sourire scintillant, et elle sauta sur le sol pavé.

  • Elle arrive ! s'excita-t-elle avant de courir dans la foule de gens.
  • Titania ! m'écriai-je trop tard en me relevant à mon tour avant de me lancer à sa poursuite dans un râle exaspéré.

Décidément, quand c'est pas l'un, c'est l'autre ! maugréai-je tout en me frayant un chemin à travers les gens, m'excusant au passage de mon empressement.

Ce n'était que par chance que je réussissai à ne pas la perdre de vue. En dépit des inhibiteurs, sa lueur blanche se distinguait encore très bien, presque pas atteinte de la restriction magique.

Notre course dura un moment, elle sans se retourner une seule, sûrement certaine que je suivai, et moi la talonnant et préférant me taire pour économiser mon souffle. D'autres parts, la hâte de retrouver Rosa m'avait également atteinte.

Finalement, Titania se dirigea vers une seconde administration, tout aussi peuplée, et finit par s'arrêter. Je la rejoignis à mon tour, dévisageant avec espoir chaque visage.

  • Alors, où est-elle ? lui demandai-je tout en poursuivait ma recherche visuelle.

La fée ne me répondit pas tout de suite. Elle était extrêment concentrée, et alternait d'une direction à une autre. Elle pointa ensuite, sans le moindre doute, vers l'avant, un peu décalée vers la droite.

  • C'est par là, m'indiqua-t-elle avant de m'empoigner la manche de mon habit et me guider.

Notre progression fut assez difficile, des pieds furent écrasés par notre avancée, des bousculades furent à déplorer et des excuses furent adressées, mais plus nous progressions, plus Titania se faisait rapide, jusqu'à presque trottiner.

  • Moins vite Titania ! lui recommandai-je après avoir entendu un juron à notre encontre. On va finir par avoir un problème !
  • On y est presque ! protesta-t-elle en maintenant toujours son allure précipitée. Elle est juste devant !

Nous finîmes par nous dégager de la foule, et atterir dans une zone beaucoup plus aérée, en vérité juste devant l'administration. Il y avait une vingtaine de personne en tout, discutant ou se préparant à entrer. Mais un couple en particulier attira mon attention.

C'était une jeune femme que je voyais de profil aux longs cheveux gris familiers, retenus par un nœud papillon. Son visage semblait contrarié, et elle fixait avec beaucoup d'attention un papier. Il y avait à ses côtés un homme albinos, quelque peu suspect, qui épiait avec intérêt les alentours. Son regard rouge finit par atterir sur nous, puis il tapota l'épaule de Rosa qui sembla l'interroger avec un peu d'agacement. En réponse à sa question inaudible, il nous pointa du doigt.

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