Sortilège de paralysie du sommeil

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Point de vue de Soraya :

J'ouvris les yeux brusquement pour me réveiller dans un ciel se réveillant à peine et me redressai dans la foulée, inspirant et expirant en tremblant. Mon manège ne manqua pas d'attirer le regard d'Onélo'ria qui se tourna vite vers moi, ainsi que l'alerte d'Anéon qui arrêta son vol.

  • Que se passe-t-il, princesse ?!
    Qu'est-ce qu'il y a, Soraya ?!

Je ne leur répondis pas tout de suite. Mon corps n'arrêtait pas d'avoir des secousses nerveuses à cause de mon engourdissement. Je fis ce qu'il fallait pour calmer mes nerfs, domptant le rythme de ma respiration, et entrant ainsi dans une phase de demi-méditation. Je sentai encore les effets du sort qui persistaient sur mon être mais, heureusement, ils s'effaçaient enfin sans effort. Donc, aucun risque que la personne qui m'avait fait ça recommence... logiquement.

  • Bon sang ! murmurai-je. Qui a put faire ça ?

Je regardai alors en urgence l'elfe et le dragon qui attendaient que je parle enfin.

  • Est-ce qu'il s'est passé quelque chose cette nuit ? Comme une attaque ou la moindre chose suspecte ?

Ce fut presque imperceptible, mais je crus sentis une tension se créer entre les deux. Mais trop subtil pour en être réellement sûre. Au cas où, j'amplifiai mon don d'empathie pour confirmer mon soupçon.

  • Non princesse. Nous n'avons pas eu le moindre problème, et Anéon et moi n'avons rien vu d'étrange se produire. Pourquoi ?

Cette fois, elle mentait. J'avais bien fait de vérifier. Onélo'ria était prudente à l'intérieur dans ses propos, et trop détendue de l'extérieur. Anéon, quant à lui, était assez nerveux. Je vis aussi ses yeux pâlirent, plus que d'habitude. Visiblement, ils cachaient tous deux un événement contrariant. J'ouvris la bouche pour leur exiger de dire la vérité, mais je rebroussai presque aussitôt chemin. Ce n'était pas le moment, il fallait leur dire ce qui venait de m'arriver !

  • Quelqu'un m'a jeté hier un sort de paralysie ! leur expliquai-je anxieusement. J'ai été placée dans une sorte de sommeil qui me bloquait, même si j'étais déjà réveillée. J'ai lutté toute la nuit pour m'en sortir, et je viens de parvenir à ôter suffisament de son emprise pour enfin me dégager de lui.

Sitôt que j'eus fini cette phrase, Onélo'ria rampa prestement vers moi pour se trouver à moins de deux pieds. Elle se rassit et plaça ses deux mains des côtés de ma tête en marmonant des mots intelligibles. Je sentis sa Présence, en même temps que son Esprit, s'exercer sur moi et me frôler. Je me tendis à toutes ses investigations, mais je serrai les poings et me résignai à passer l'inspection. Cela dura une trentaine de secondes avant qu'elle ne se retire, le visage plissé.

  • Effectivement, je sens que l'on a exercé un envoûtement sur vous. Mais il n'a pas l'air d'avoir fonctionné comme d'habitude. Il faut que le lanceur de sort soit près de sa victime pour la maintenir dans cet état, et il laisse en plus sa signature dans son corps et son Esprit. Or... c'est exactement l'inverse.

Que veux-tu dire ? lui demanda alors Anéon dans un sourd grondement.

  • Le sort a été fait par le corps de Dame Soraya elle-même. La signature est identique à sa Présence.

Je poussai une exclamation étranglée à cette découverte, imité par Anéon, bien que sa voix mentale ne le trahit pas.

Tu divagues enfin ! Soraya ne se serait pas jeté un sort elle-même ! ... N'est-ce pas ?

  • Bien sûr que non, m'injuriai-je en frappant ses dures écailles, indignée qu'il est eu un doute. Comme si j'allais m'amuser à me garder endormie artificiellement !

Anéon plissa de dépit les yeux, et je compris instantanément la bêtise de ma phrase, bien avant qu'il ne me réponde :

Tu l'as déjà fait avec la sphère en acceptant de lier ton Esprit à celui de la femme.

  • D'accord pour ça, mais cette fois je n'y suis pour rien ! En plus, tu n'as pas du tout compris Onélo'ria ! Elle a dit que le sort a été fait par mon corps, pas directement de ma volonté !
  • C'est exact, affirma Onélo'ria. Et pour ce cas, nous ne pouvons que supposer que, d'une manière ou d'une autre, une personne est entrée en possession d'une partie de Dame Soraya. Ce qui justifierait que nous n'ayons vu ni sentit personne et que les traces du sort soient imprégnées de sa propre Présence. Avec ça, le lanceur peut effectuer un sort à très longue distance sans risque d'être détecté et reconnu. Aucun besoin non plus de se tenir en zone d'influence.

Comme quoi ? Qu'est-ce qui lui permettrait ça ?

  • N'importe quoi provenant d'elle en bonne quantité : du sang, des larmes, des morceaux d'ongles, des cheveux-

Cheveux ?! cria-t-il simultanément en me regardant droit dans les yeux avec effroi alors que je portais ma main à mes cheveux en pâlissant. Oh Soraya, ne me dit pas que...

  • Si. Ce n'est pas moi qui est coupée mes cheveux, mais la vendeuse de fiole en voulant m'y aider ! maudis-je en claquant dans une grimace mon visage. Quelle idiote je suis !

Alors... ce serait la femme aux fioles qui aurait... pourtant, rien dans son comportement, ni dans ses émotions, n'indiquait qu'elle ait eu des idées belliqueuses. Quelqu'un d'autre qui serait entré en possession de mes cheveux ? Comment savoir ?! De toute façon, le mal était fait. Nous ne pouvions pas aller vérifier, c'était impossible. Je remplis mes poumons de l'air tiédi qui s'agitait continuellement alors que les ailes d'Anéon faisaient du surplace, puis je repris :

  • Il se s'est rien passé de grave. Quoiqu'il y ait eu comme objectif, celui ou celle qui m'a lancé cette paralysie n'a rien tenté d'autre, hormis de me couper temporairement du monde. Je n'ai ressenti que ce sort. En espérant que cela ne se reproduise pas, nous devons continuer et arriver à Maurial.

Tu es certaine que ça va ? s'enquit Anéon en émettant un doux grognement.

Cette fois, je ne lui dis rien. Évidemment que ça n'allait pas. Grâce à ma bêtise, celui qui possédait mes cheveux aura facilement une bonne main ancrée sur moi. Mais c'était ainsi, et il fallait seulement croire qu'il n'avait pas d'autres idées plus dangereuses. Je mimai alors un sourire et tapai à nouveau, mais plus doucement, son dos.

  • Allez, on se remet en chemin ! clamai-je avec plus d'entrain. Ce n'est pas en brouillant du noir que ça s'arrangera. Peut-être que le sort lui aura fait utilisé tous mes cheveux ? Bref, Rosa nous attend ! Allons la retrouver !

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