Qui es-tu réellement ?

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Point de vue d'Anéon :

Au moment où Onélo'ria était revenue avec tout nos sacs et affaires, que Soraya ait vérifié que tout était en ordre dans les siennes, et que j'ai fait une rapide inspection de mon côté, je nous fis voler haut dans le ciel dégagé, moins d'une heure après que nous nous soyons mis d'accord sur la suite du voyage.

Désormais, il faisait nuit, mais la lumière des vagues de Mana éclairait merveilleusement bien, sans compter sur le chant lointain et harmonieux des dragons qui, même si nous n'en avions pas encore croisé, partageaient au loin leurs sentiments et apaisaient ceux qui pouvaient comprendre le véritable sens.

J'étais le seul avec ma guide encore éveillé. Pour les filles, je pouvais sentir par leurs Présences endormies que Soraya et Titania s'étaient assoupies sur moi. Heureusement, mon corps était assez large pour éviter qu'elles ne tombent, et bien qu'en maintenant une vitesse assez élevée pour espérer rejoindre sous la direction d'Onélo'ria qui me guidait jusqu'à Maurial, je fis en sorte de ne pas faire le moindre mouvements ou accélérations brusques. Et, pour le moment, tout ce passait très bien.

C'était un peu égoïste mais, pendant que je continuais de nous conduire à destination, j'aurais souhaité continuer à discuter avec les deux filles entrées naturellement dans le royaume d'Ypnos. Nous l'avions beaucoup fait aujourd'hui, surtout Soraya qui avait enfin posé la question de la croissance soudaine de Titania. Une telle interrogation ne m'avait pas étonné d'elle, et Titania avait simplement dit que le Firmament lui avait offert suffisament de force pour lui permettre de faire grandir son corps. Soraya avait voulu approfondir le sujet, ce que Titania s'était soumise à faire sans trop de protestations, et je m'étais tenu respectueusement à l'écart, me contentant de garder une oreille sur les indications de l'elfe herboriste.

Curieusement, Soraya m'avait laissé plutôt tranquille sur ma propre transformation, à part ce matin. Je lui avais expliqué l'essentiel, et elle s'en était contentée. C'était assez contraire à elle. Plusieurs fois, j'avais senti une question qui brûlait sur ses lèvres, sans jamais la formuler. Cela me destabilisait.

  • Tu es réellement quelqu'un d'étrange, Anéon, me dit tout bas Onélo'ria, d'une voix si faible que même moi j'eu du mal à entendre. Je peux presque croire que tu serais mieux ainsi.

Je ne pus retenir un grognement intrigué à cette remarque. Mon bruit guttural fit gémir Titania, qui se retourna légèrement avant de soupirer et de se détendre à nouveau. Onélo'ria frappa silencieusement, mais fortement, une de mes blessures encore visibles, pour m'intimer de me taire. Je ne sentis qu'une piqûre à cette action justifée, même si je compris le message et fis plus attention à mes réflexes un peu pertubés par ma forme actuelle.

Que veux-tu dire ?

  • Ma phrase même. Répond seulement à ça, Anéon : as-tu jamais entendu parler d'un dragon qui fusionnerait avec un être normalement plus faible que lui, même s'il était blessé ?

Je me mis à réfléchir à ça. Effectivement, rien ne me vint en tête. Je ne fis que secouer la tête, à la fois pour exprimer mon ignorance sur les faits et la raison de sa question.

  • Je vais donc te dire ma vision des choses : en plus de cinq siècles de vie, jamais encore je n'avais entendu une telle chose se produire. Pas une seule fois. Des dragons offraient parfois protection à un domaine, abandonnaient leur enveloppe charnelle pour devenir des Esprits qui intégraient un élément quelconque, une arme, devenaient de nouveaux êtres afin de coexister à nos côtés, mais jamais fusionner. À ton avis, pourquoi ?

Je sentis mes pupilles se rétracter d'agacement sous les détours qu'elle prenait, tandis que ma respiration s'échappait beaucoup plus brûlante que la normale, chauffant différement ma gorge et mes narines. Ma patience n'était pas vraiment mon point fort en temps normal, alors c'était pire quand mon être était un dragon. C'était aussi la pensée qu'elle me trouvait idiot à ignorer une chose qui avait l'air d'être essentielle à ses yeux et de me tourner en ridicule qui m'insupportait. Surtout celle là.

Viens en au fait, Onélo'ria, lui intimai-je en levant rapidement mon cou pour la regarder droit dans les yeux afin d'alourdir ma recommandation.

  • Qu'il est impossible pour un être plus faible d'en contenir un autre plus fort, révéla-t-elle enfin, sans baisser ses yeux face à mon regard embrasé. Le second le dominerait instantanément, le soumettrait ou le dévorerait pour prendre sa place et conquérir son corps dès l'instant où il serait entré. Même si cela ne serait pas son but. Or, qu'as-tu ressentis lors de cette fusion entre ton Esprit et celui de Regis'daegganargentum tyarn aeria ?

Mes yeux s'ouvraient progressivement à ce qu'elle me disait. Et, pour la première fois, je sentis une peur complétement différente de celle habituelle qui me grignota. Ce n'était pas la peur de mourir, de perdre un proche ou un ami de quelque manière que ce soit, par la tragédie ou la déception. Non, c'était des insinuations qu'elle faisait planer. Qu'elle doutait clairement d'une chose que j'essayai de ne pas voir depuis des années. Même si c'était là. Et que ça faisait mal d'y penser, surtout que cela me conduisait à me le rappeler. Malgré tout, je tentai de lui offrir, plein de prudence, mon ressenti sur ce qui s'était passé lorsque Regis s'était intégré en moi, priant à la fois les dieux pour que cela lui suffise.

Je... C'est difficile à décrire, Mais, en peu de mots, j'ai senti non pas une bataille pour la domination. Seulement un soulagement. Comme si j'avais revu une personne chère après une longue séparation.

  • ... Cela n'a rien d'ordinaire. Ce que tu me dis n'a aucun sens.

Je ne mens pas.

Calme-toi, calme-toi, calme-toi...

  • Bien que tu sois clairement un Mage, et même si tu étais au-delà de ça, l'Esprit du dragon est plus fort que celui d'un être lambda. Les dragons sont au sommet des mortels et égalisent les immortels. Des créatures qui peuvent passer outre cette condition et atteindre à leur guise l'Ultime apparence, que même certains dieux se refusent.

Un silence mort se mit en place. J'étais sans réaction à l'extérieur, le regard qui ne fixait plus rien. À l'intérieur en revanche... c'était comme une tempête sur le point de m'engloutir. Un à un, ces mots creusaient et déterraient des discussions et des visages que je voulais oublier, voir disparaître, revenir, accepter malgré mon aveuglement et qu'elles faisaient mal. Des conclusions que j'aurais donné ma vie pour changer, éviter.

Onélo'ria, s'il te plaît, ça suffit... suppliai-je en le formulant difficilement, atteignant ma limite.

Je ne sais pas si elle m'avait compris ou non, ce qui ne serait pas étonnant. Elle continua cependant, plongée profondément dans ces observations qu'elle faisait enfin paraître, toujours plus douloureusement :

  • Et puis, ces pouvoirs que tu possèdes. Jamais je n'avais croisé une personne capable de manier le Mana à l'état pur. Un corps doit, pour survivre, le changer afin de l'intégrer en soit. Alors, pour le garder tel quel et l'emmagasiner, puis le réutiliser, je ne...

ONÉLO'RIA ! claquai-je en osant pousser un grognement sourd, mais pleins de menaces.

J'étais à bout. Totalement. Je sentai ma prise de mes pouvoirs se défaire, suffisament pour développer ma Présence bien plus qu'elle ne l'était. Sans bien les contrôler, les piques de ma crête qui s'étendait depuis ma tête jusqu'à la base de mon cou se faisaient entendre, hystériques et désordonnés. Ils reflétaient mon agitation mêlée d'impatience qui se muaient peu à peu en de la colère. L'herboriste se tut à mon commandement, et la lueur dans ses yeux qui caractérisait sa soif de connaissance s'éteignit, remplacée par de l'appréhension. Elle a dut se rendre compte d'être allée trop loin. Ce que je ne lui tardai pas à faire savoir.

Maintenant, ça suffit ! me rebellai-je en émettant un grondement continu du fond de ma gorge, sans plus faire attention à rester silencieux. Je ne sais pas pourquoi les événements ne se sont pas déroulés comme ils auraient du faire, mais il est inutile de me dire que je ne suis absolument pas normal ! Tu crois honnêtement que je suis aveugle à ce point, qu'on ne m'en a pas déjà fait la remarque, de toutes les manières possibles ?! Je manie sans changer le Mana ! Je peux intégrer sans problème l'Esprit d'un roi dragon ! J'ai une quantité impossible à contrôler de pouvoir ! Et tu veux savoir autre chose ?!

Ma voix, qui n'était que mentale, se déformait au fur et à mesure de mes phrases dans un ton moqueur, sarcastique et froid. Onélo'ria ne me répondit pas, alors je poursuivis :

Je ne pense même pas être un humain ! Ni quoi que ce soit de ce monde ! Encore moins proche d'un Esprit, même si je partage le fait de manipuler le Mana pur ! Je ne suis rien de tout ça ! Et je le sais sans aucun doute à cause d'une chose qui m'est arrivée il y a cinq ans ! Quand j'ai tué de mes propres mains les personnes que j'aurais pu sauver !

Tout en étant pris dans mon émotion, j'avais instinctivement arrêter de me déplacer dans les airs. Sous le coup de l'impulsion et sans y réfléchir, j'enclenchai un sort de vision en fortifiant le lien télépathique.

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