Explications (4)

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Point de vue de Soraya :

Je vis Anéon se tendre soudainement et regarder de là où venait la voix de l'elfe avec un grondement agacé. D'un mouvement rapide, il balança du sable humide avec sa patte droite. J'entendis avec les autres le juron d'Onélo'ria, qui sonna sur le coup comme "T'kir !" et sa partie supérieure recouverte par les grains projetés dans les airs. Une fois découverte, Anéon se releva et fit quelques pas dans sa direction, avant de s'arrêter et d'abaisser sa tête à sa hauteur, les yeux sombres.

Nous espionnais-tu, Onélo'ria ?

  • Vraiment ?! Tu n'aurais pas pu trouver un autre moyen pour me révéler ? Ou viser un autre endroit ?! s'énerva-t-elle alors qu'elle redevenait visible, ses mains plaqués sur ses yeux.

Excuse-nous. Ce n'est pas comme si je savais que tu serais ici, se moqua-t-il avec un ton sombre.

  • Alors tu devrais user de cette apparence avec plus de sérieux. Un véritable dragon m'aurait vite aperçu, même avec les herbes et les enchantements qui me dissimulaient. Sans parler de manier tes capacités générales pour mieux capter ma Présence au-delà de ça, grimaça-t-elle en lui rendant son regard.

Les pupilles d'Anéon se fendirent davantage, mais se dilatèrent pour presque engloutir toute son iris moins d'une seconde après, comme s'il se désinterréssait complétement de la conversation. Puis, d'un geste brusque, il avança sa gueule et claqua sa mâchoire dans le vide, juste à côté de Onélo'ria avant de la retirer prestement, crocs dévoilés.

  • Hey ! protesta-t-elle en tendant sa main dans le but de récupérer une chose...

... qui commença à ressembler à un arc pendant dans la mâchoire du dragon.

Pourquoi cachais-tu un arc ? demanda-t-il alors les narines fumantes, tout en gardant l'arme hors de portée de l'herboriste qui ne fit pas le moindre mouvement.

  • Je vous suivais, dit-elle alors en gardant son regard figé sur l'arc. Et, pardon s'il y a quiproquo, mais...

J'eus un sursaut de surprise en la voyant brièvement disparaître, avant de redevenir normale avec l'arc en main. Anéon, que je voyais lui aussi choqué, se reprit vite et se mit entre elle et nous dans un rugissement menaçant, épines de sa crête frémissantes et levées.

Qu'est-ce que tu prévois ?! gronda-t-il sauvagement.

Entre ses pattes, je parvenais à encore observer Onélo'ria. Son humeur ne changeait pas le moins du monde, et elle était plus préoccupée par l'état de son arc que du dragon furieux, qui s'agaçait à mesure qu'elle l'ignorait.

  • Attend Anéon, le calmai-je en posant une main sur sa patte droite. Elle n'est pas dangereuse.

Mais...

Déjà, Titania ne l'écoutait plus, et elle vola hors de la protection qu'offrait le corps immense d'Anéon pour venir à l'elfe. Celle-ci, qui semblait avoir fini son inspection, se concentra alors sur elle, plus sereine.

  • Onélo'ria, pourquoi es-tu ici ? Pas pour faire du mal, nous l'avons compris, dit-elle en accentuant sur le mot << nous >> à l'égard d'Anéon. Mais pourquoi ?

L'elfe ouvrit la bouche pour répondre mais, avant que le moindre son ne franchisse ses lèvres, elle écarquilla les yeux, prit une grande inspiration et éternua dans son coude.

  • Pardon, renifla-t-elle en s'enroulant dans ses bras avec des tremblements. Mon fortifiant commence à... à... tchoum !... Perdre effet.

Nous nous tûmes tous les trois. La phrase n'était pas vraiment prévu après tout. Anéon, qui avait perdu son attitude agressive, lui demanda :

Ne me dis pas... que tu as nagé dans cette eau glacée rien que pour nous rejoindre ?

L'herboriste hocha lentement la tête, tout en soufflant dans ses mains qui pâlissaient à vue d'œil.

oOo

Anéon souffla dans le tas de bois mort agrémenté de mousse séche qu'il avait ramené de la forêt quelques instants auparavant. Un gros feu les dévora en un rien de temps et s'éleva sur plus d'un mètre. Onélo'ria se tint au plus près, au point que les flammèches qui en jaillissaient la touchaient presque.

  • Merci.

Titania et moi nous rapprochâmes d'elle, tandis qu'Anéon compléta en s'enroulant tout autour de nous dans un cercle chaleureux qui ôta les restes de froid et nous emprisonna dans un cocon douillet. Nous restâmes dans un silence respectueux pour la laisser récupérer, attendant qu'elle se réchauffe suffisament pour se sentir mieux. Je n'en revenais toujours pas qu'elle est nagée dans ses eaux glacées rien que pour venir nous épier, même après avoir consommé un fortifiant. Elle avait réellement dû juger cela nécessaire.

Elle renifla à nouveau en frottant ses mains, puis elle commença à parler d'une voix un peu moins claire en me regardant :

  • Je sais qui vous êtes, Dame Soraya. Et devine également la raison de votre départ. C'est par la faute des monstres en rapport avec les enlèvements, non ?
  • Je pense, répondis-je, décidant de cette fois dire toute la vérité. Lyrhana m'a envoyé pour rejoindre Yggdrasil. Selon elle, il y aurait une solution à nos problèmes présents et futurs là-bas.
  • Assez vague, marmona-t-elle pensivement. Et un voyage en soit périlleux. Pour atteindre Yggdrasil au plus vite, vous aurez effectivement besoin d'un bateau. Cependant, ne pensez pas qu'il vous sera aisé de traverser la mer.
  • Bien sûr. Mais nous n'avons hélas pas le choix. Par les montagnes qui bordent la mer, il y a trop de monstres et de bandits. Nous perdrions beaucoup trop de temps.
  • Parfois, il vaut mieux ne pas se presser que d'échouer, sermona Onélo'ria avec des yeux durs qui s'adoucirent vite. Mais oui, la voie par les eaux est le chemin le plus rapide et sûr.

Le calme s'installa à nouveau, seulement perturbé par le bruit de nos respirations et le crépitement du feu. Après quelques minutes, Anéon reprit la parole :

Onélo'ria, pourquoi nous as-tu suivi ?

  • Tout simplement parce que j'ai appris que vous n'étiez pas des voyageurs ordinaires. Et que vous aviez dissimulé l'identité de la princesse... sans parler de poursuivants qui seraient à vos trousses.
  • Quand... quand est-ce que vous... hoquetai-je.
  • Il y a une semaine, lors de votre disparition dans les bois. Je revenais d'une cueillette, et ai surpris votre conversation. Je n'ai été intriguée qu'en entendant votre véritable nom. Et quand Anéon et Titania discutaient de sa transformation proche.

Anéon, Titania et moi nous regardâmes, inquiets de savoir qu'elle connaissait depuis un moment nos secrets respectifs. Onélo'ria dut surprendre notre échange, car elle ajouta :

  • Je n'en ai parlé à personne. Je ne souhaitai pas les mêler de cette affaire. La seule chose que je voulais, c'était m'assuré que vous ne représentiez pas de danger immédiat pour nous.
  • Ce qui n'est pas le cas malheureusement, soupirai-je. C'est pourquoi vous vous êtes révélée pour proposer votre aide afin que nous partions au plus vite.
  • Effectivement, mais vous êtes arrivés vous même à cette conclusion, me rappela-t-elle avec un mince sourire,... bien que j'aurais souhaité éviter de me prendre du sable dans les yeux.

... Désolé.

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