Interrogations

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Point de vue de Soraya :

  • Tenez, s'exprima d'une voix grave l'Azelan mâle de très grande taille qui avança sa paume griffue tenant gemmes et drachmes d'une valeur de cinq cent quarante argós.
  • Merci bien, répondit le marchand de sculpture qui empocha le prix.

L'Azelan attrapa la statue de cristal représentant un phénix qui prenait son envol, puis quitta les lieux en nous saluant d'un bref hochement de tête. Cet échange me rappela l'insigne du phénix de l'homme dans l'étrange cité de mon premier voyage spirituel. Vu que nous étions proches de Maurial, j'espérais de mon séjour là-bas découvrir une bibliothèque qui pourrait me renseigner, sans oublier Regis. Je regrettai un peu de ne pas avoir pu le faire à la dernière ville, mais je n'avais pas voulu ennuyer les voyageurs qui s'étaient suffisament mis en retard à cause de moi. Avec un peu de chance, je trouverai tous les renseignements que je souhaitais.

En plus de régler le problème de cette fichue carte, grinçai-je intérieurement en me souvenant d'elle.

  • Maria !!!

Je me retournai pour distinguer dans la rue principale du village, remplit par les marchands où allaient et venaient les formes félines des Alezans, Johnatan qui me faisait signe de venir. Je pris polimment congé du vendeur de sculpture pour rejoindre le chef de la troupe.

  • Tu peux aller dire à Anéon de te remplacer.
  • D'accord.

Je partis sans attendre en direction de la sortie, où je l'avais vu aller en me jetant un regard noir. Je ris un peu à ça. C'était si drôle de voir ses yeux changer de couleurs selon son humeur. Maintenant que je connaissais bien les principales nuances, il ne pouvait plus me mentir. Sans prendre en compte mon don d'empathie qui croissait au fil du temps. Désormais, si je le souhaitais, plus besoin d'un contact pour ressentir exactement comme un autre. Plutôt utile.

Il ne me fallut pas trop chercher pour retrouver le jeune garçon endormi sur une branche un peu haute, une jambe suspendue dans le vide avec l'un de ses bras. Il ronflait doucement, sans que cela ne soit trop bruyant. Je ne voyai pas son visage, qui m'était actuellement caché à cause de la multitude de brindilles, mais il devait être assez loin au pays des songes. J'étais presque désolée de devoir le réveiller, cependant, si jamais je ne le faisais pas, il fallait parier qu'il m'en tienne rigueur et me fasse la tête. Ce que je n'avais pas spécialement envie.

  • Anéon, ma surveillance est terminée, c'est à ton tour ! l'appelai-je.

Il grogna un peu, sans pour autant bouger d'un poil. Je soupirai un peu face à ça, mais ne me laissait pas décourager.

  • A-né-on !!! Allez, lève-toi !!! insistai-je en criant plus fort avec mes mains en porte-voix.

Toujours rien. Cette fois, je fronçai les sourcils, agacée par sa surdité. Un mauvais sourire se plaça ur mon visage.

  • On va voir si tu vas toujours dormir avec ça.

Je puisai dans mon Mana et invoquai le vent pour le pousser contre les branches les plus fines. Elles vinrent glisser sur la tête de l'endormi, ce qui dut le chatouiller un peu car il gémit et se débarrassa des importunes soldates. Je le vis se retourner et, alors que je crus à ma victoire, il osa me lancer un regard vide qui se ferma instantanément alors qu'il se coucha sur le ventre dans un grognement.

  • Oh ! Alors c'est comme ça, m'énervai-je en avançant brutalement ma main dans sa direction.

Une importante rafale le cingla de plein fouet et, dans un cri de panique, il tomba de son perchoir. Heureusement, ses réflexes restaient bons en dépit de sa paresse. Le jeune guerrier se tourna souplement dans les airs et atterit sur ses pieds, s'évitant ainsi une mauvaise chute. Il respira de soulagement en se frottant le front du dos de la main, puis tourna ses yeux bleu nuit vers moi.

  • Sympa, grogna-t-il.
  • Pitié, répliquai-je en roulant les yeux. Tu n'as rien, alors ne te plains pas. Et puis, si je t'avais laissé te reposer, tu en aurais fait un tas.

Il siffla un peu entre ses dents, mais ne rajouta rien. Ses iris s'éclaircirent un peu, puis il récupéra Vesingrí qu'il avait adossé contre l'arbre. Logique, il n'allait tout de même pas dormir avec. Mais je n'aurais pas donné cher de lui si un voleur aurait profité de son sommeil pour la chaparder. Et je ne parlais des jumeaux qui, même si je les trouvais adorable, devaient être surveillés de très près. Je préférai ne pas réfléchir aux conséquences s'ils avaient mis la main sur son épée.

Anéon partit après avoir arrangé l'arme sur son dos, puis il me salua de la main sans se tourner pendant qu'il marchait. Quand je fus de nouveau seule, je partis un peu plus loin pour une courte exploration. Après quelques minutes de marche, j'eus la joie de découvrir une dizaine de pensées sauvages, luttant contre le gel et le froid en offrant leur splendides couleurs. J'en cueuilli une avec un centre violet, presque noir, où se détachait le pistil jaune doré, et un bord rose pâle sans défaut.

  • Quelle est belle...
  • Une fleur à l'épreuve d'une saison pareille, me surprit la voix reconnaissable d'Onélo'ria.

Je me tournai pour la voir tenant un panier sûrement rempli d'herbes, souriante mais, je le sentai, assez distante. Chaque fois que je la voyai, je me sentais un peu intimidée, comme maintenant. Je hochai pourtant la tête à sa phrase, puis revins à mes fleurs.

  • Oui. Elles font parties de mes préférées.

L'elfe ne dit rien, mais s'approcha de moi pour me rejoindre à la même hauteur, l'expression pensive.

  • Parfois, je ne peux m'empêcher croire que les végétaux, et spécialement les fleurs, se mettent sur notre chemin pour nous rappeler certaines choses importantes. Celle-ci, par exemple.

Elle attrapa de son panier et en sortit une fleur de lys blanc. Onélo'ria me la tendit, et je la fis pivoter rêveusement entre mes doigts.

  • Sais-tu ce qu'elle signifie ?
  • Beaucoup de chose, me remémorai-je. La pureté par exemple, l'amour pur. Plus poussé, elle est également le symbole de plusieurs nobles. Lyrhana est également associée à cette fleur.

Plus je parlais, plus un malaise s'empara de moi. Onélo'ria ne me disait pas ça pour rien, c'était évident. Mais je peinai à savoir quoi exactement. J'hésitai à lui demander, bien qu'elle ne m'en laissa pas l'occasion. Elle partit pour rejoindre le village, en ne me jetant après quelques pas qu'un rapide regard. Je restai donc sur place avec la fleur dans ma main, en proie à de nombreuses interrogations.

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