Avant le Firmament

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Point de vue d'Anéon :

J'étais allongé sur une branche en hauteur, bras croisés derrière la tête pour un appuis, juste contre le tronc d'un arbre qui avoisinait le village d'Endors, lieu où vivaient les Alezans, des félins humanoïdes au tempérament pacifique. Je profitai de ma pause pendant que la princesse prenait son tour de garde durant les transactions. La situation ne me plaisait pas beaucoup, mais l'adolescente m'avait littéralement chassé à grands coups de bourrasque puissantes et avait exigé que je prenne du repos avant de reprendre mon poste. Je n'avais pas voulu tenter sa colère, aussi j'avais décidé de m'éclipser après m'être relevé plein de poussière, et un peu meutri dans mon ego.

Nous étions installés depuis hier dans ce village, où Soraya m'avait confié qu'à partir de là, Maurial n'était plus qu'à cinq jours de trajet. Bien sûr, ils nous fallaient encore rejoindre deux autres villages avant de rejoindre la ville que nous avait exigé de nous rendre la redoutable Rosa. En plus de compter les trois jours de halte imposé par le Firmament car, autant cette période était absolumment splendide, les monstres sensibles au Mana se révélaient beaucoup plus audacieux. Jusque-là, à part avoir vu des gobelins qui surveillaient de loin le défilé de véhicules, nous n'avions eu aucun soucis. Johnatan ne tenait donc pas tenter notre chance et prit la sage décision d'attendre que cela passe.

Bien que ce village ne soit pas très grand, il possédait comme presque l'ensemble des autres zones d'habitations rurales des piliers de protection posés circulairement qui déployaient en cas de besoin un dôme protecteur enchanté qui empêchait l'intrusion de bêtes sauvages à l'intention hostile. C'était assez pratique, même si cette protection ne suffirait probablement pas contre un Mage ennemi, un golem de passage, ou un dragon. Ces derniers, très rares à apercevoir d'habitude, étaient connus pour se manifester beaucoup plus durant le Firmament, où leurs pouvoirs se décuplaient. Il n'était donc pas rare d'en voir voler d'allégresse dans le ciel en produisant partout où ils passaient un chant mélodieux qui enchantait même ceux qui les craignait. Beaucoup ignoraient pourquoi un tel comportement de la part d'une créature aussi redoutable et dangereuse.

Enfin... j'avais ma propre idée sur la question.

Quoiqu'il en était, l'événement était dans deux jours. Toute la semaine, j'avais pesé le pour et le contre pour en parler à Soraya. Et chaque fois que je pensais en avoir trouvé le courage, sitôt arrivé devant elle, je me dégonflais et trouvais autre chose à discuter. Titania, qui n'était jamais loin à chaque fois, me regardait avec sévérité quand je changeais de sujet de conversation. Elle devait certainement se douter que j'avais fini par décider de ne rien dire.

Je grognai un peu en m'adossant plus sur le tronc en me rappelant ses regards perçants. C'était facile pour elle de m'imaginer en parler ! Elle n'était pas à ma place non plus ! Pourtant... elle n'était pas la seule à me faire des reproches. Chacune de mes pensées me discriminaient en me traitant de lâche, peureux et inapte à réellement faire confiance aux autres. Et ça, j'en étais bien conscient.

  • Mais qu'est-ce qu'on peut y faire ? soupirai-je en fermant les yeux sous le soleil froid. Peut-être la prochaine fois...

Un bruissement d'herbe m'avertit qu'une personne ne se tenait pas très loin d'ici, sans qu'il n'y ait le moindre danger. Ce n'était qu'Onélo'ria qui triait les herbes qui poussaient dans les alentours. Rien de grave. Je ne pus cependant m'empêcher d'ouvrir un œil attentif à ses gestes et son visage concentré, marmonant alors qu'elle examinait une fleur aux pétales violet avec des bords rouge. Depuis un certain nombre de jours, un peu avant que l'on arrive à Endors, j'avais trouvé que Onélo'ria se comportait d'une manière un peu... étrange. Je ne me jugeais pas non plus très qualifié pour décrypter le comportement d'une personne mais, chaque fois que je croisais son regard dans une rencontre aléatoire, lors du dîner ou quand je surveillais les caravanes, je me sentai épié d'une manière qui me donnait des frissons. À la manière d'un chasseur étudiant sa prochaine proie.

Après, les elfes étaient connus pour leur activité de chasse, l'une de leur favorite. Sûrement une habitude persistante de l'herboriste. Toutefois, je ne me souvenais pas de m'être senti ainsi auprès d'elle par le passé, sans compter la fois où j'étais resté avec Soraya avant de partir la chercher.

Alors, sans vraiment me faire remarquer, je guettais de mon côté la moindre étrangeté dans son comportement. Jusque-là, rien de compromettant. Mais je préférai douter que regretter de ne pas la surveiller un peu. Surtout quand son humeur ne changeait pas, ni à l'extérieur, ni dans son Aura.

Je ne me détendis réellement que quand elle partit plus loin. Néanmoins, ce bref temps de surveillance m'empêcha de me rendormir. Alors, rêveusement, je décidai de pratiquer un peu mon Mana. Je dépliai donc un bras et le suspendis au-dessus de ma tête. Bientôt, ma main émit une lueur bleuté qui se mouva comme des flammes bleues. Je traçai alors des traits qui se suspendaient quelques secondes dans les airs, puis formais cinq runes anciennes provenant de la langue oubliée.

  • Metri, prononçai-je en soufflant sur elles.

Le mot que j'avais écrit se déforma sous mon expiration, se condensa puis tomba sur mon ventre. Finalement, une petite boule de poil bleu rayé de blanc avec deux longues moutaches ressemblant à un chaton endormi ouvrit ses grands yeux de lumière. Sa fourrure se mouvait comme un feu qui ne brûlait pas, et un doux ronronnement affectueux jaillit de lui alors qu'il se leva et trotta jusqu'à ma tête où il frotta la sienne.

  • Content de te revoir moi aussi, Metri, riai-je en caressant du bout des doigts la forme d'ether. Cela fait des mois qu'on ne s'est plus vu, toi et moi.

Il s'agissait d'un petit familier que j'avais invoqué. Je n'avais plus usé de mes dons de Mage depuis l'éboulement, et je le regrettai un peu. Bien sûr, ce n'était pas le mien. Il appartenait à ma mère, et elle m'avait permit de l'appeler à n'importe quel moment. Pas indéfiniment hélas, juste pour une dizaine de minute, à cause de sa faible puissance qui ne lui permettait pas de se manifester trop longtemps dans le plan physique. Elle avait créé ce petit être spécialement pour me tenir compagnie car, à l'époque, elle souhaitait me consoler de son départ lors de mes sept ans. Je n'ai jamais compris pourquoi elle devait nous quitter, mon père, ma sœur et moi, et je me souvenais avoir beaucoup pleuré en apprenant qu'elle partait. Chaque que je le voyai, il me la rappelait. Ce sentiment était doux-amer, mais je ne regrettai jamais de le faire venir. Comme maintenant, ses manifestations de bonheur m'apaisèrent et je le caressai, plus serein.

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