Danse sylvestre

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Point de vue de Soraya :

Quatre jours passèrent depuis que j'étais revenue du monde spirituel. J'avouai que reprendre prise dans ce monde avait au début été assez compliqué. Bouger ne serait-ce qu'un seul membre, comme seulement l'index, était aussi difficile que si l'on avait ajouté un sac de pierre sur lui. Sans parler des affreux fourmillements qui parcouraient mon corps et de la fatigue extrême qui m'avait assailli. Mais les elfes-soigneurs, au début surpris de mon éveil soudain, m'avaient ausculté et affirmé que tout s'arrangerait avec le temps.

Aujourd'hui, je venais d'assez bien récupérer, et m'étais trouvée la force de quitter le bâtiment de soin pour faire connaissance avec les membres de la troupe qu'Anéon et Titania avaient rejoins pendant mon absence et qui s'étaient préparés à partir en apprenant ma sortie.

Le premier m'avait averti qu'ils m'avaient présenté sous un autre nom, Maria, afin de cacher mon identité. L'idée avait été bien trouvée et, lorsque je fis enfin connaissance avec eux, il n'y eut aucun dérapage. L'impression que j'eus des marchands avait été des plus agréables : c'étaient des personnes forts sympathiques, et ils manifestèrent avec ferveur leur joie de me voir enfin sur pieds. Surtout l'elfe herboriste qui se présenta en tant qu'Onélo'ria.

Les présentations se terminèrent après que le chef du groupe, Johnatan, se soit présenté en dernier. Anéon, qui était resté depuis le début près de moi, m'informa du contrat de travail qu'il avait bien voulu lui donner. J'avais intérieurement félicité l'initiative des deux compères, et plus encore en apprenant l'argent qu'Anéon était chaque jours payé.

Aussi, avant que nous prîmes la route, j'avais demandé à Johnatan si je pouvais assister Anéon, sans que cela ne leur coûte plus. Je souhaitai simplement les remercier d'avoir pris soin de moi et de leur générosité. Il avait accepté ma proposition en souriant, tout en ajoutant qu'il n'aurait en rien servi que je les dédommageais.

oOo

Il était encore tôt dans la journée, mais le soleil venait juste de se coucher et envoyait ses dernières lueurs. L'air était froid et sec. Chacune de mes expirations envoyaient un nuage qui partait s'envoler loin. Par bonheur, ma tenue gardait assez bien la chaleur du corps en dépit de sa légèreté. Nous avions quitté depuis plusieurs heures la ville et nous venions tout juste de nous arrêter. Le premier voyage que je fis éveillé avait été calme. Anéon m'avait averti qu'il n'y avait jamais eu d'attaque, hormis l'attaque des trolls qu'il m'avait raconté pendant mes journées de repos, ce qui était compréhensible. Un groupe aussi important était généralement à l'abris d'attaque des routes.

Néanmoins, l'énergie débordante occasionée par mon repos me donnait envie de me dépenser. C'était un peu étrange, mais peu après mon réveil, j'avais senti le besoin d'exercer mes pouvoirs. Aussi, je profitai que nous soyons arrêtés pour me défouler un peu. Je marchai alors pour m'éloigner du campement, non sans jeter un regard à la caravane où était Anéon. Sans l'avoir vu, je me doutai qu'il devait se reposer profondément. D'après les confidences que m'avait auparavant fait Titania lorsque nous étions seules dans la chambre où j'étais alitée, Anéon ne se reposait pas convenablement depuis quelques temps. Effectivement, chaque fois que je le voyais, bien qu'il essayait de garder sa mine joyeuse habituelle, ses yeux perdaient cette luminosité pleine d'énergie pour se ternir peu à peu comme un feu sans air. Une preuve flagrante de son état, surtout quand je savais ce qu'il avait du faire pour me sortir de l'emprise du Spectre.

Je soupçonnai le jeune garçon d'avoir voulu surveiller ma guérison avant de s'occuper de lui. Hélas, aucune fois il ne m'avait laissé le réprimander à ce sujet. Chaque que j'avais essayé, il faisait semblant de ne pas avoir entendu, et quand je commençai à insister, il partait en prétextant devoir reprendre son travail. Heureusement, il semblait qu'aujourd'hui il se soit enfin décidé à être raisonnable. Le fait que Titania n'avait pas été dans la caravane avec Onélo'ria et moi me conformait dans l'idée qu'elle devait veiller à ce qu'il se repose correctement.

oOo

Je marchai depuis une vingtaine de minute en direction de la bordure de forêt qui s'étendait, loin de la route et assez éloignée pour éviter le moindre désagrément, comme un membre des marchands ou d'autres voyageurs. Je m'enfonçai loin dans la végétation, tout en prenant mes précautions pour éviter de me perdre. Aussi, à mon passage, je créai une série de rocher en forme de croc aussi haut que mes genoux. Ils jaillissaient à chacun de mes pas sous un raclement familier. Avec de tels indices en si grande quantité, il était impossible que je vienne à me perdre. Curieusement, l'effort ne me coûta pas autant qu'auparavant. Une simple tension, rien de plus. Ce que je n'allais pas me plaindre.

Mes pas me portèrent jusqu'à un terrain dégagé des ombres du soir, où nichait la base coupé de ce qui fut un grand arbre. Et, lorsque je posai pied à l'intérieur, des petites flammes humanoïdes bleues et blanches à peine plus grande que mon pouce se manifestèrent sous moi et me firent reculer d'un bond en arrière. Je me détendis vite en les reconnaissant : des Esprits sylvestres. Les petites entités que j'avais éveillé s'approchèrent dans des chuchotements incompréhensibles de ma tête, laissant une flamme inoffensive sur leur chemin. Plus confiante, je m'avançai sur le sol recouvert de feuilles mortes, dévoilant un chaque fois que mes pieds se posaient les résidents spirituels qui s'élevèrent l'un après l'autre pour et tournèrent tout autour de moi. Bientôt, la clairière fut remplie de plusieurs centaines d'esprits sylvestre qui vinrent me voir avec des rires enfantins et des douces paroles dans leur langue forestière.

Après que j'eus atteint la souche et m'assis dessus, les êtres volèrent devant moi et, d'un seul coup, se mirent à danser. Ils formèrent une immense ronde dans les airs et tournèrent de plus en plus vite vite, puis l'éclatèrent pour former des traits en motifs odulés d'une fleur. Ils se séparèrent en plusieurs groupes et, synchronisés, placèrent plusieurs petits cercles éparses.

  • Que c'est beau, murmurai-je, ébahi par cette honneur si rare d'assister à ce spectacle d'Esprits qui se manifestaient si rarement que l'on les considéraient comme des mythes.

De nouveau, ils les défirent et se rejoignirent tous pour créer un voile qui flottait somptueusement, soumis à des mouvements de vagues, dans les cieux. Ils se mirent ensuite dans un enchaînement parfait en une ligne qui fusa tout autour de la limite des arbres. La ligne remonta en diagonale vers le haut, puis se divisa en deux branches divergentes qui se séparèrent pour revenir, laissant apparaître l'espace d'une seconde le dessin d'un cœur, avant de tournoyer l'une sur l'autre en volant droit vers le sol. Alors que les deux lignes l'atteignirent presque, elles se remirent droite pour venir vers moi, se séparer et m'entourer dans une tornade de lumière.

Prise d'une soudaine inspiration, je me levai et bravi le tourbillon. Ce dernier se stoppa avant même que je ne le traverse afin de m'ouvrir un passage. Les êtres de lumière m'entourèrent alors que je pris une grande bouffée d'air frais, levai les bras, les séparai dans un geste fluide et tournai lentement sur moi-même, avec des pas sûrs et précis.

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