Réunification

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Point de vue de Soraya :

Je regardai avec une certaine curiosité Anéon qui grimaçait et fixait avec douleur sa nouvelle épée. Je ne doutai pas qu'elle devait être la cause de son comportement, sans vraiment chercher à comprendre pourquoi. J'avais autre chose qui m'attendait, à l'intérieur du redoutable ennemi soumis à ma Lumière.

  • Attend moi là Anéon, demandai-je en m'avançant jusqu'à la forme crispée du monstre.
  • Pourquoi ? s'étonna-t-il en massant ses tempes, comme pour apaiser une tension sur sa tête. Nous devons le purifier, non ? L'épée que j'ai peut le faire.
  • Oui, mais pas de la manière dont tu l'envisages, expliquai-je en m'accroupissant devant le Spectre qui ne formait maintenant plus qu'une masse informe. Dans ce Spectre, il y a également les Ténèbres nécessaire pour rééquilibrer l'Esprit de la personne présente en moi. Lyrhana m'a expliqué.

Anéon me regarda avec incompréhension, puis il haussa les épaules et se rassit en frottant l'arrière de sa tête.

  • C'est un peu complexe à comprendre, donc je te laisse faire. De toute façon, je ne sais absolument pas comment réparer l'équilibre d'un Esprit. Si tu es sûre de toi, je ne vais pas te gêner. Par contre, je tiens à un peu me reposer avant que l'on reparte. Tout n'a beau qu'être spirituel, je me sens vidé.

Il ne prononça plus un mot ensuite et, fidèle à sa parole, se laissa tomber en arrière. Je me sentai comme lui : depuis que j'étais ici, l'extraction de ma Lumière par le Spectre, et sous ma forme actuelle formée par ma Lumière et le pouvoir de Lyrhana toujours actif, je me sentai prête à dormir pour l'éternité. Je décidai donc d'en finir au plus vite afin que nous retournions dans le monde physique, que j'avais quitté de mon point de vue depuis des siècles.

Sachant instinctivement quoi faire, comme si j'avais déjà entrepris ceci il y a longtemps et que je recommençai, je séparai peu à peu la conscience de la femme de moi-même, tout en lui offrant la quantité nécessaire de Lumière pour subsister. C'était assez compliqué de démêler tous les liens que nous avions créé, mais elle m'aida de son côté et facilita mon travail en se détachant elle aussi. Une fois l'opération terminée, qui me prit assez peu de temps grâce à nos efforts combinés, une sphère apparut progressivement dans ma main droite, tremblottante et à la lueur affaiblit. Mais au fur et à mesure que je lui offrais de ma Lumière, son éclat s'accentua et se fortifia. Finalement, sans que je n'eus à intervenir, elle finit par flotter dans les airs. Ensuite, elle s'étira de haut en bas, prit les contours d'un être humain. Puis elle se précisa, et je vis enfin la femme au court cheveux blonds qui m'avait montré ses terribles souvenirs.

Elle tourna sa tête lumineuse vers moi et me fit un sourire plein de reconnaissance et de sérénité que je lui rendis joyeusement.

  • Merci. Maintenant, c'est à mon tour, parla-t-elle d'une voix telle que j'en avais jamais entendu, comme venant d'elle et de ma tête.

Elle redirigea ensuite son attention vers l'être noir qui ne bougeait toujours pas, puis posa sa main sur lui. À son contact, une partie de l'obscurité fuma, et elle se mit à rétrécir peu à peu. Puis se releva un sosie sombre de la femme, dénué de lumière et aux yeux rouges scintillants, mais qui n'exprimaient aucune méchanté, et ce en dépit de sa nature. Les deux se regardèrent longuement, comme si elles conversaient dans un dialecte pour moi inaudible. L'obscurité me regarda ensuite, puis s'inclina profondément, suivit de son autre que j'avais gardé qui rejoignit son geste. Je les acceptai, sachant qu'il s'agissait là d'un adieu.

  • Avant que tu partes, puis-je connaître ton nom ? voulu-je savoir, en me rendant compte que jamais elle ne me l'avait dit.

Elles se regardèrent de nouveau, puis dirent d'une seule et même voix :

  • Qui je fus ne compte plus, chère Protégée. Par ton aide, j'ai pu retrouver les parties de l'être que je suis qui me manquaient. Maintenant, je peux enfin retourner là où j'aurais du aller le jour de mon trépas, et entamer un nouveau voyage. Je prie pour que les chemins qui suivront soient clairs et sans entraves, saluèrent-elles.

Je n'insistai pas, respectant sa décision. De ce que je croyais ressortir de son explication, elle allait entamer ce voyage comme une nouvelle vie. Du moins, c'était ce que je pensais et espérais, même si j'ignorais ce qui se trouvait au-delà de la mort. Et pour la dernière fois, elles se firent face, levèrent en même temps une main, puis les posèrent comme un miroir l'une contre l'autre. Une forte onde de blanc et de noir jaillit de ce contact, et une lueur de ces deux mélanges les recouvrit.

La déflagration fut si puissante que je tombai en arrière, juste à côté d'Anéon qui s'était redressé et contemplait le spectacle avec intérêt. Le terrain de lumière que j'avais fait auparavant fut remplacé par un ciel bleu étincellant et d'une magnifique vallée verdoyante emplit de coquelicots s'étendant à l'infini. Nous regardions tous les deux ce miracle, et je remarquai la présence d'un beau chalet entouré de balustres en bois poli. Au-delà, la porte d'entrée menant à l'intérieur était ouverte, formant le mur identique que j'avais trouvé derrière la gigantesque porte du temple.

Me remémorant ce souvenir assez désagréable, je regardai les environs, en m'attendant à moitié à recroiser l'homme qui m'avait envoyé devant l'escalier sans fin.

  • Qu'y a-t-il ? me questionna Anéon qui avait déjà fait quelques pas.

Je secouai légèrement la tête pour me redonner contenance, puis le rejoignis à mon tour.

  • Tu crois que nous pouvons entrer ? lui demandai-je avec suspicion.

Comme une réponse à cette question, un fort vent chaud me poussa en avant. Je n'eus pas besoin de plus de preuves, et le garçon non plus.

  • Je crois que c'est clair, plaisanta-t-il. Espérons revenir directement en passant par ici.

Je pensai la même chose et pris les devants, ayant hâte d'enfin retrouver mon corps réel que j'avais quitté depuis un temps indéfinissable. Nous montions les marches du petit escalier pour arriver devant la porte. Heureuse que tout se termine, je regardai à nouveau Anéon, mais le retrouvai à ma plus grande surprise non pas souriant, mais avec une expression sérieuse et fixant avec insistance son épée.

  • Un problème ?

Il secoua la tête, puis me dit sans cesser son observation :

  • Pars devant, je dois régler encore un dernier détail. De nous deux, tu es celle qui a le plus besoin de retourner dans ton corps.

Je fronçai les sourcils à sa demande, néanmoins j'avais suffisament confiance en lui pour ne pas craindre qu'il ne lui arrive quelque chose. Et il avait raison : mon corps, qui depuis notre arrivé ici avait perdu sa lumière, était encore plus transparent que le sien. J'acquiesçai donc, puis me dirigeai au pas de la porte, alors que j'entendai Anéon s'éloigner de là. Une dernière fois, je me retournai pour le voir. Il s'arrêta peu après moi et me fixa à son tour, avec une telle assurance que je ne doutai plus qu'il sera prudent.

  • À plus tard alors. Et merci d'être venu me sauver, le remerciai-je en chuchotant alors que je franchis le mur.

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