Espoir

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Point de vue de Soraya :

Je vis Anéon se prendre l'attaque de plein fouet, sans aucune chance d'y échapper, et la lueur fut si intense que je ne pus la regarder directement malgré ma condition. L'intensité du souffle parvint même à faire trembler les chaînes qui me retenaient. Une fois que tout fut calme, je regardai à nouveau où se tenait encore il y a quelques secondes Anéon. Que je n'aperçus pas. Devant moi, le Spectre contemplait aussi le résultat de son attaque. Bien que les choses se passaient différemment ici, je pouvais sentir sa satisfaction de l'avoir éliminer. Et peut-être bien, aussi curieux que cela soit, de la déception.

Alors il devait être celui qui allait vous sortir d'ici, Protégée de la gardienne de la Lumière. Je dois avouer que je m'attendais à bien mieux, dit-il d'une voix grave en usant de téléphatie pour me parler.

Je fustiguai du regard le Spectre, et souffris d'être impuissante par les entraves qui me liaient à lui. Encore plus de savoir que c'était par ma faute qu'il était aussi puissant.

  • Ne le sous-estime pas, l'avertissai-je dans un souffle, incapable de lui hurler dessus comme je le souhaitais. Anéon n'est pas du genre à baisser les bras aussi facilement.

Était-il possible d'avoir un reniflement télépathique ? Car je croyais en discerner un moqueur dans ses pensées.

Mon geôlier marcha jusqu'à moi ( enfin, je supposai qu'il le faisait et non flottait par la faute de son habit qui s'agitait au niveau de ses pieds, s'il en avait ), puis avança sa main griffue sous mon menton, qu'il obligea à relever. En dépit de son visage effrayant, je ne baissais pas les yeux et les plongeait droit dans les siens.

Il émit un horrible ricannement, comme si l'on grattait une roche sur de l'ardoise puis, sans retenue, il caressa ma joue avec son pouce glacé et ténébreux.

Quelle confiance en votre serviteur ! Certes, j'ai pu sentir et tester une force assez importante en lui, mais ici, les lois ne jouent pas en sa faveur. S'il n'avait pas cette maudite épée, il serait déjà devenu une Ombre ou un Déchu à son tour.

Écœurée par son contact répugnant sur ma peau, qui me laissait l'impression de me salir, ainsi que par ses paroles, je me dégageai de son emprise et lui mordis avec les forces qui me restaient sa main. À ce simple geste pourtant insignifiant, j'entendis sa peau noire grésiller et brûler. Dans un sifflement, il retira brutalement sa main de mes dents. Je pus voir avec surprise que mes marques avaient laissé, non pas du sang, mais à leurs emplacements des traits de lumière blanche qui dégageaient des volutes de la même couleur. Bien vite, elles furent remplacées par du gris, qui peu à peu se noircie, jusqu'à ce que sa peau reprenne sa couleur d'origine.

J'eus une certaine satisfaction, partagée avec mon hôte dont j'habitai le corps, à pouvoir le blesser ne serait-ce qu'un peu.

  • Ce n'est pas mon serviteur, rétorquai-je avec un sourire. C'est mon ami.

Je l'entendi grogner légèrement, tant ici que dans ma tête, avant qu'un nouveau rire atteignit mes oreilles. Je sentis sa colère contre moi, mais aussi sa surprise et son envie.

Surprenante. Même alors que je vous ai pris une très grande partie de votre Lumière, vous êtes encore capable de me purifier. Je vois maintenant pourquoi vous êtes aussi précieuse à mes maîtres et à votre déesse. Je ne peux m'empêcher de me demander à quel point je serai puissant après vous en avoir pris davantage !

  • Que veux-tu dire ? Je croyais que tu me retenais ici le temps que ceux que tu sers viennent me prendre !

Vous avez tant de Lumière dans votre Esprit. Cela ne fera pas trop de différence si je vous en prend un peu plus. Et puis...

Il laissa sa phrase en suspens, avant de se pencher jusqu'à mon visage. Il était si près que son souffle glacial se déposait aisément sur moi. Et pour la première fois, je sentis la peur m'envahir. Non pas pour moi, mais pour la force que je risquai de lui offrir, ainsi que ses projets.

Qui vous dit que je tiens à rester ici, comme simple pantin ? La forme de Déchu qu'ils m'ont offerte lorsqu'ils m'ont invoqué du néant n'était pas assez. Cet insecte que vous appelez << ami >> m'a très facilement éliminé lorsque je suis apparu. En tant que simple Spectre actuellement, bien que plus puissant, je ne peux guère interférer dans le domaine physique. Mais plus vous m'offrez de votre pouvoir, Protégée, et plus je sens que les restrictions s'amenuisent. Alors qu'est-ce qui m'empêcherait de vous garder pour mon simple bénéfice ? J'ai encore assez de temps pour vous prendre encore plus de votre Lumière, et me préparer à la venue de mes maîtres.

Il s'empara violemment de la chaîne à ma poitrine alors qu'il se redressait pour me mettre à sa hauteur, ce qui me fit hurler de douleur. C'était comme si l'on m'arrachait le cœur. Alors que je respirai bruyamment, j'ouvris peiniblement mes yeux que j'avais fermé et regardai à nouveau le monstre, qui n'avait toujours pas bouger de place.

Sa main, qui tenait toujours la chaîne, engloutissait comme une sangsue encore plus de mon pouvoir. Je pouvais le sentir m'échapper, ainsi que ma conscience qui, déjà bien affaibli, tomba encore plus dans l'oubli. Je ne pouvais rien faire pour l'arrêter, seulement le regarder faire, avec de plus en plus de difficulté à me maintenir éveillée.

Pardon, Soraya. Jamais je n'aurai dû te demander de venir ici. Mon égoïsme à vouloir être sauvée va te coûter. Si tu savais comme je regrette, se lamenta la pauvre femme.

Tu ne pensais pas que les choses se passeraient ainsi, la rassurai-je en sentant sa tristesse et sa culpabilité. Tu souhaitais aussi me prévenir. Et puis, ne baisse pas encore les bras.

Que veux-tu dire ?

Il y eut une réponse à sa question muette. Elle prit la forme du cri douloureux du Spectre, dont je voyais le ventre transpercé par une épée qui, comme ma morsure précédente, commençait à le purifier.

Il me lâcha, me faisant alors reprendre ma place d'origine. Soudain, l'épée disparut, puis alors qu'il se retournait, je vis Anéon qui levait la main, où l'arme revint dans une apparition à son propriétaire. Il était encore plus couvert de noir que tout à l'heure, avec une partie de son visage mangé par la souillure, à partir de ses cheveux à moitié obscurcis jusqu'à son œil gauche dont son iris était devenue aussi rouge que ceux du Spectre avec une pupille en fente qui lui donnait un air menaçant. La main qui tenait son épée était dans le même état que le reste de son bras, et se terminait également comme des griffes robustes. Mais l'éclat de son regard prouvait qu'il était toujours lui. Je le vis se détourner de son ennemi pour me regarder, et il me fit un doux sourire.

  • Merci pour ton avertissement de tout à l'heure Soraya. Si tu ne l'avais pas fait, je crois que je ne pourrais pas être devant toi.
  • Il n'y a pas de quoi. Je n'allais tout de même pas te laisser disparaître comme ça, lui dis-je en souriant à mon tour. Surtout que tu dois toujours me conduire jusqu'à Yggdrasil.

Il rit un peu à la remarque, avant de se concentrer à nouveau sur le Spectre qui avait mis sa main sur son abdomen blessé qui n'était toujours pas guéri de la purification.

  • Patientez encore un peu princesse. Je m'occupe de le finir, puis je vous ramènerai à bon port.

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