Demande

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Point de vue d'Anéon :

Sans le vouloir, je me remémorai la dernière fois que je vis ma sœur, les paroles de Yin faisant ressurgir de vieux souvenirs encore vivaces. Les choses avaient été pour le moins... différentes. Mais elle avait préféré la mort que rester dans son état. Et m'avait supplié de la libérer, ainsi que tous les autres, de leur calvaire.

oOo

Flashback ( 5 ans plus tôt )

Je respirai difficilement, tenant raidement ma position défensive face à mon ennemie, que je voyai difficilement à travers le flou que causaient mes larmes. Ennemie... même ce mot me faisait mal. Ce n'était qu'une victime, comme toutes les autres. Tous ceux que j'avais croisé, j'avais fait en sorte de ne pas les blesser. Ils m'attaquaient, mais ils me montraient à chaque fois leur visage emplit de souffrance, la peur dans leurs yeux, et la tristesse que leur causait toutes leurs actions. Je ne voulais pas leur faire de mal pour des choses qu'ils ne pouvaient plus contrôler. Voilà pourquoi, chaque fois qu'une rencontre avait lieu, je les avais évité au mieux. Mais lorsque je l'avais vu, après qu'elle se soit jetée sur moi dans un cri, je n'avais pu me résoudre à la fuir.

Ma sœur, Leïla, me dévisageait avec un air de pur angoisse et de souffrance, ce qui n'allait pas avec son visage habituellement calme. Elle haletait bruyamment et avec difficulté, s'opposant à son souffle presque imperceptible, même lorsque le silence était parfait. Ses yeux, normalement bruns avec des pigments dorés, étaient d'un rouge ardent, comme une braise perdue au mileu des cendres d'une cheminée. Ses mains sanglantes tenaient en tremblant son épée, alors que sa prise était toujours ferme et sûre. Et elle était dirigée vers moi dans le but de me tuer. J'en faisais de même, m'armant de courage pour ne serait-ce qu'oser garder la lame de l'épée que j'avais récupéré de notre père, afin de riposter.

J'avais essuyé d'elle deux assauts, ne me contentant que de la repousser et lui interdire de me blesser. Ce n'était pas évident, car nos compétences d'épéiste étaient presque équivalentes. La chose qui contrôlait Leïla était parvenue à m'entailler assez profondément au niveau de mon bras gauche, et m'avait éraflé à la joue droite, près de mon nez.

Elle esquissa un pas en avant et, dépassant la vitesse d'un humain normal, elle parcourut la distance entre nous et abattit son épée sur moi, que je bloquai. Chaque fois que nous croisions le fer, alors qu'elle luttait pour me mettre un coup fatal et que moi, tout au contraire, je faisais tout pour ne pas lui faire de mal, je pouvais voir de plus près les marques noires qui striaient désormais sa peau halée, marquant encore plus la malédiction qui la contraignait à m'attaquer. Et tout ça, c'était à cause de ces monstres !

Une flamme de vengeance parcourue mon corps, alimentant encore plus la colère et le désespoir qui était en moi. Une fois que je serais parvenu à la stopper, je m'occuperai de cette femme et de sa créature pour ce qu'elles avaient fait ! Mon pouvoir, déjà instable par mon manque de vigilance sur les émotions violentes que j'éprouvai, se manifesta sur mes bras par les projections bleutés familières. Lorsque je les vis, je fis en sorte de mieux me maîtriser et de me calmer, ne souhaitant pas blesser involontairement Leïla en le laissant m'échapper.

Leïla profita de ma légère déconcentration pour m'asséner un nouveau coup depuis le haut, profitant de sa taille qui l'avantageait. Bien que ses capacités s'étaient incroyablement développées dans son état, je parai et maintins le contact, sentant mes bras trembler sous le dur choc de l'attaque. Son visage, assez proche du mien, déposa son souffle glacial et saccadé. Je ne pouvais m'empêcher de la regarder droit dans les yeux. Voir tant de douleur dans son regard, je crus me briser de l'intérieur. Elle était la seule famille qui me restait, et j'étais incapable de l'aider ! Alors que je m'apprêtai à la repousser encore une fois, je l'entendis à ma plus grande surprise ouvrir la bouche et se mettre à bégayer. Puis, sans que je n'eus à faire quoique ce soit, elle se recula d'elle-même en fermant ses yeux. Elle se recroquevilla brusquement dans un gémissement, puis lâcha son épée et tint à s'en faire mal ses tempes tout en secouant la tête. Des cris lui échappèrent alors qu'elle avait l'air de se débattre, par son agitation, avec force contre elle-même.

  • Leïla ?! lui demandai-je en m'approchant et en laissant tomber moi aussi mon arme pour la rejoindre et lui prendre ses bras crispés.

Dans une tentative de comprendre ce qui lui arrivait, je frôlai avec mon Esprit le sien. Une fois à lui, je me retins de crier de joie : elle résistait ! La conscience malveillante qui la contraignait à sa volonté perdait de l'ampleur ! Peut-être que le monstre venait d'être vaincu ?!

  • Continue ! l'encourageai-je avec espoir. Tu va y arriver !

À ma voix, ma chère sœur rouvrit ses yeux, que je découvris à mon plus grand bonheur revenir à leur état d'origine, bien que le blanc demeurait d'un noir profond. Ses lèvres s'esquissèrent en un faible sourire, mais plein de chaleur qui me rassurait. L'une de ses mains, parsemée de secousses nerveuses, aggripa ma tunique et tira fortement dessus afin de m'approcher. Je l'entendis essayer de mieux reprendre son souffle, déglutissant sous l'effort que cela devait lui procurer. Elle semblait vouloir me parler. Je me penchai vers elle, suivant sa main, afin de mieux écouter. Ses bégaiements étaient constant, refusant de la laisser lui placer la moindre parole cohérente. Ce qu'elle souhaitait me dire commençait par un <<t>>, mais j'ignorai ce qu'elle voulait vraiment partager avec moi.

Ce ne fut finalement qu'après plusieurs essais que je sentis qu'elle reprit le contrôle. Et elle ne prononça que deux mots. Pas une phrase, faibles, aussi ténus qu'un murmure. Deux mots qui me glacèrent et éteignirent mon espoir.

  • Tue...nous.

oOo

Anéon, me sortit alors de mon souvenir Yin, me surprenant presque tant je m'y étais plongé.

  • Ah... je... désolé, balbutiai-je, la gorge serrée par l'émotion alors que je sortai peiniblement des images que je revoyai encore.

Tu pleures.

Quoi ? Je portai par curiosité ma main à mes joues, et je les sentis effectivement humides. Mes yeux aussi, maintenant que je me concentrai, étaient chauds et débordant de larmes. Je les essuyai d'un mouvement, agacé de m'être laissé emporté alors que ce n'était pas le moment. Je ne devais pas faiblir, et me laisser emporter par quelque chose qui s'était passé il y a tant d'années. Pas comme quand j'étais coincé sous l'éboulis.

  • C'est rien, niai-je en respirant fortement pour me rassénérer. Trois fois rien.

... Je suis désolée pour ce qui t'es arrivé. Je sais ce que c'est de perdre des êtres qui nous sont chers.

Comment pouvait-elle... Le lien. J'oubliai encore. Je me retins de soupirer. Je n'avais pas le temps de rester planter-là. Il fallait que j'avance. Dans tous les sens du terme. Je me remis donc en chemin, dirigé par les directives de Yin qui m'indiqua la route à prendre, m'assurant que je trouverai Soraya, sans que je ne sache pourquoi elle en était si sûre, ni lui arracher l'information malgré mes tentatives. Mes pensées se tournèrent vers d'autres, et j'oubliai finalement le souvenir cruel auquel j'avais fait face.

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________________________________________________________________________________________________________

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